lundi 15 janvier 2018

L'ETRANGER

Quand il vint au village, personne ne fit attention à lui. Il y avait tant et tant d'étrangers qui descendaient des pâturages, qu'on ne faisait plus que détourner le regard quand il en passait un. Pourtant, celui-ci, il avait quelque chose de différent. Oh ! bien sûr, comme tout le monde il portait son costume de travail ; un long manteau lui descendait jusqu'aux pieds et, si l'on regardait de près, l'homme ne devait pas être très propre ou pas très bien rasé ! Une chose était sûre, il n'était pas riche du tout. D'ailleurs, vous avez déjà vu un vrai étranger riche ?

Il portait un petit sac dans lequel se trouvaient son pain et son fromage et un litre de vin aussi !

Il avait dû gagner sa nourriture en travaillant quelques heures chez un fermier des environs.

Il y avait pourtant chez lui quelque chose de différent, quelque chose d'étrange, à la fois un peu effrayant et attirant. Il n'aurait pas fallu grand- chose pour courir vers lui, pour lui serrer la main ! Il n'aurait pas fallu grand-chose pour qu'on l'invite à partager le repas du soir. Son visage rayonnait d'une sorte de joie, joie mystérieuse et grave, joie dont on aurait cru qu'il voulait la partager avec d'autres. Et puis, il y avait ses mains, elles paraissaient animées d'une vitalité extraordinaire. Sitôt que quelqu'un croisait son chemin, il faisait un grand signe de la main, même si son signe restait sans réponse... Jamais, il ne paraissait découragé, toujours il criait : " Bonjour " aux passants et faisait un grand signe de la main.

Au village, même si chacun avait remarqué en lui ce quelque chose de sympathique, personne ne lui avait parlé, personne n'avait fait signe de la main. " Chez nous, chacun est bien trop occupé par son travail. On n'en sort déjà pas comme ça, alors, s'il fallait dire bonjour à tous les étrangers qui passent... ! "

Chez nous, au village, on vivait heureux ! Les uns cultivaient leur petit lopin de terre, les autres travaillaient dans un bureau, beaucoup construisaient de belles maisons de toutes les couleurs : des magasins, des cinémas, des habitations, des rues, des tas de choses qui étaient utiles à tout le monde. Les enfants allaient à l'école comme partout ailleurs et, les jours de congé, une magnifique plaine de jeux les accueillait. Dans ce parc, tout respirait le bonheur.

Les magasins étaient remplis de produits, mêmes rares, pas chers du tout ! Chez nous, la faim n'existait pas ! En outre, ayant beaucoup de pelouses et d'arbres dans notre village, nous refusions la pollution et les usines salissantes. Nous avons voulu un village bien propre, bien beau où nous nous sentons vraiment à l'aise, vraiment chez nous.

Dans ces conditions, c'est clair qu'on n'avait pas le temps de s'occuper de l'étranger. Lui, pendant que tout le monde s'activait et travaillait d'arrache-pied, il ne faisait rien, il regardait.
C'était un étranger curieux ! Pendant plusieurs jours, il nous a observés, passionné par ce que nous faisions, se faisant expliquer comment on construisait les routes, pourquoi on construisait un stade sportif. Il admirait les outils du charpentier, du maçon ; il s'émerveillait devant les étalages des commerçants et n'avait d'yeux que pour les gens du village. C'est alors que se produisit un événement que personne n'oubliera jamais, car depuis lors, la vie des villageois fut transformée. Ca s'est passé pendant une nuit ; ça devait être au mois de mai, ça devait être...

A l'entrée du village, plus de clôtures ou de murs, mais partout de grandes plaques où l'on avait écrit en très grand " Bienvenue à toi ! " Devant chaque maison, l'étranger avait fait placer des pancartes avec des phrases comme celles-ci :

- Ici habite le charpentier, il aime son métier et travaille bien.

- Mon pain est bien fabriqué, il y en a pour tous.

- Si vous n'avez pas de toit, je construis de belles maisons.

- Si vous voulez parler à quelqu'un, moi je suis là pour vous écouter.

Ainsi l'étranger avait observé tous les habitants et pour chacun, il avait trouvé des talents. Il avait mis le temps, mais il avait trouvé pour chacun ce qu'il fallait.

samedi 13 janvier 2018

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1, 35-42

Maître où demeures-tu ? Venez et vous verrez !

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi). André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

Pistes de réflexion

Voici quelques questions pour l’Évangile de ce dimanche :

- Comment les autres parlent-ils de Jésus? Qu'en disent-ils?
- Comment est-ce que je regarde Jésus et j'en parle?
- Quelle est la recherche qui oriente ma vie?
- Comment est-ce que je marche à la suite de Jésus comme disciple?
- Comment est-ce que je demeure avec lui?
- Qui me montre Jésus le Christ? Et qui puis-je amener à Lui?
- De quelle personne de ce passage est-ce que je me sens le plus proche ? Pourquoi? Si c'est de plusieurs, de quelle(s) attitude(s) chez celles-ci?

Petit commentaire

Jean-Baptiste, un précurseur modeste

Ce sont ses propres disciples que Jean-Baptiste envoie suivre le Christ. On se souvient du grand succès du Baptiste sur les bords du Jourdain, des foules qui se pressaient pour recevoir de lui le baptême de conversion. Ayant rencontré le Christ, Jean n’est plus intéressé par ce succès, il préfère conduire les hommes au Sauveur. `` Voici l’Agneau de Dieu. `` Voici celui qui porte le péché du monde, voici celui qui est la conversion que prêchait Jean. Alors pourquoi rester disciple de Jean quand celui qu’il annonçait est là, devant nous ?

`` ils restèrent auprès de lui``

Il est intéressant de voir que Jésus, lui, reçoit ces nouveaux disciples avec simplicité, et presque en silence. Pas de grand discours, pas d’appel à la conversion, un simple `` Venez, et vous verrez `` suffit. Alors tout ce que font les disciples, c’est de demeurer auprès de lui. Demeurer, ce mot est important dans l’évangile selon saint Jean. `` Le Verbe a demeuré parmi nous `` nous dit le prologue (Jn 1,14). Face à un Dieu qui vient demeurer parmi nous, notre première tâche est de demeurer auprès de lui. Demeurer, cela signifie vivre avec, s’imprégner de sa façon d’être, de ses paroles… Et comme Jésus est véritablement la Parole de Dieu, demeurer avec lui, c’est bien entrer en compagnonnage avec Dieu lui-même.

Cet évangile est une belle invitation pour nous à passer du temps avec Jésus, par la lecture de l’Évangile, par la contemplation des tableaux et des icônes qui le représentent, par la prière silencieuse. Quand nous passons devant une église ou que nos yeux survolent un texte d’Évangile, entendons en nous cet appel : `` Venez, et vous verrez .``

Je prie !

Seigneur Jésus, moi aussi, je te cherche car je veux devenir ton ami.
A moi aussi, Jésus, tu dis « Viens, et vois ! »
Tu m’invites à te regarder, à t’écouter, à te suivre, à demeurer avec toi…
Seigneur Jésus, moi aussi, je te cherche car je veux devenir ton ami.

vendredi 12 janvier 2018

LA PLUS MERVEILLEUSE NUIT

Il y a pas très loin de chez nous, un merveilleux pays. Le roi, devenant trop âgé pour s'occuper de toutes les affaires de la nation, fait venir ses trois fils pour leur proposer une épreuve qui permettra de choisir celui qui lui succédera, et qui régnera à son tour. Le roi leur dit : "Mon trône appartiendra à celui qui me ramènera la plus merveilleuse lumière. Partez, parcourez le royaume, cherchez bien ! Voici chacun une bourse d'or. Rapportez-moi la plus merveilleuse lumière que vous trouverez ! " Voici les trois fils partant à l'aventure.

Le premier fils prend la direction du nord. La route est difficile, fatigante. Il fait de plus en plus froid et, la nuit, il a grand peine à dormir car son visage se couvre de givre dès qu'il s'endort.

Chaque matin, il lui faut faire des kilomètres pour trouver un peu de bois afin de préparer son seul repas de la journée. Après beaucoup de difficultés, il arrive chez un magicien qui vient d'inventer l'électricité.

- " Eh magicien, qu'est-ce que c'est donc ? "

- " Jeune homme, cette ampoule de verre te donnera la plus belle lumière du royaume ; vois, tu peux commander à la lumière ! "

Le premier fils donne vite sa bourse d'or, et rapporte à son père la belle lampe électrique. Mille fois, durant le voyage de retour, il manque de casser la lampe. Il arrive enfin au palais, court vers son père et, à bout de force, lui tend la lampe :

- " Vois, père, c'est la plus belle lumière du royaume, tu peux la commander comme tu veux ! "

Le deuxième fils part vers le sud. Il traverse des régions désertiques et il lui faut faire des kilomètres pour trouver un peu d'eau. Il a grand peine à dormir car la nuit est tellement chaude que son lit est tout mouillé par la transpiration. Il parvient cependant à franchir toute une série d'obstacles pour arriver finalement dans un pays très chaud et sec. Ce pays est situé au somment d'une très haute montagne d'où l'on peut prendre les rayons du soleil. Mais un géant garde cet endroit. Chaque soir et chaque matin, il tend et replie un immense drap pour libérer ou arrêter les rayons. Le deuxième fils est très étonné par la forte lumière du soleil. Il donne sa bourse au géant et achète au gardien un des plus beaux rayons. Vite, il l'enferme dans une boite avec un gros cadenas. Ensuite, il rentre au palais, mais il ne peut plus dormir durant tout le retour, tant il a peur qu'on lui vole la boite précieuse. Dès qu'il arrive, sa découverte étonne tout le monde :

- " Vois, père, dès que j'ouvre la boite, une lumière éclatante illumine tous les environs ! "

Le troisième fils, qui est aussi le plus jeune et le plus doux, a passé la nuit dans une cabane où vit une famille simple. Le père travaille dur pour nourrir ses enfants et la mère est fort fatiguée.

Le fils du roi est ému, et, le matin, à l'aube, il quitte doucement la cabane en abandonnant sa bourse pleine d'or aux pauvres gens. Il revient vers son père...

Le soir suivant, il aperçoit un groupe de chasseurs réunis autour d'un feu, dans la montagne. Le bois y est très rare et le feu bien maigre. Le fils voudrait bien demander une petite braise pour la ramener au roi qui trouvera certainement cette lumière intéressante. Mais voyant que les chasseurs n'ont pas beaucoup de bois, il abandonne son idée.

Le jeune homme est triste, il n'a rien trouvé, le royaume ne sera pas pour lui... Mais, tout près d'une clairière, il rencontre un magnifique point brillant : c'est une luciole, un ver luisant. "

Quelle belle lumière, pense-t-il, je vais la prendre et l'amener à mon père. " Quand il veut prendre le ver, le petit animal lui dit :

- " Ne me prends pas, laisse-moi ma liberté. "

Alors, le prince décide de laisser la luciole en liberté.

Le voilà qui rentre au palais sans avoir rien rapporté. Il se dit : " Je n'ai pas de lumière, le trône ne sera pas pour moi, c'est fini! " Mais pendant qu'il raconte son voyage, le visage du roi s'illumine si fort que le roi arrête son fils et lui dit :

- " Mon fils, je te donne mon royaume, car je vois dans tes yeux la plus merveilleuse lumière.

C'est toi qui sera mon successeur et tu connaîtras beaucoup de joie, toi et ton peuple ! "

mercredi 10 janvier 2018

Le saviez-vous? Par Sylvain- Claude Filion (Almanach)

Sainte Marguerite Bourgeoys

LE 12 janvier est une date spéciale car, ce jour-là, on célèbre une des fondatrices de Montréal, qui est surtout la première sainte du Canada. Marguerite Bourgeoys est née en France le jour du Vendredi saint, en 1620. Rapidement, elle s’intègre à une congrégation de sa ville natale, Troyes, qui regroupe des jeunes filles pieuses et charitables, lesquelles contribuent à l’instruction des enfants provenant de quartiers pauvres de la ville. Elle n’a que 23 ans lorsqu’elle a une illumination et qu’elle décide d’aller prodiguer ses enseignements en Nouvelle-France. Elle débarque à Ville-Marie en novembre 1653. On lui doit l’érection de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours et on la considère aujourd’hui comme une des cofondatrices de Montréal, avec Jeanne Mance et Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve. Marguerite Bourgeoys ouvre la première école du pays dans une ancienne étable et fonde ensuite la congrégation Notre-Dame, qui sera, dans les siècles suivants, une des plus importantes communautés religieuses du Canada. Elle meurt à Montréal, le 12 janvier 1700, après avoir  offert sa vie à une jeune  sœur, ce qui serait son premier miracle. On lui attribue aussi le miracle d’avoir eu en sa possession des sacs de farine dont le contenu ne s’épuisait jamais, alors qu’elle craignait de ne pas pouvoir faire cuire suffisamment de pain avant la fin de l’hiver. Marguerite Bourgeoys a été béatifiée en 1950 et, le 31 octobre 1982, le pape Jean-Paul11 l’a canonisée, ce qui fait d’elle la première sainte du Canada.

Pour tester tes connaissances de ce texte, essaie ce quiz!

 1. Marguerite Bourgeoys était une enseignante.
A) vrai
 B) faux

2. Seulement les enfants allaient à l’école.
A)  vrai
B) faux

 3. Marguerite Bourgeoys a ouvert plusieurs écoles en Nouvelle-France.
A) vrai
B) faux

 4. Pendant ses années passées en Nouvelle-France, Bourgeoys n’a fait qu’enseigner.
A)  vrai
B)  faux

 5. La première école de Bourgeoys était un abri pour les animaux.
A)  vrai
B) faux

 6. Les soeurs n’enseignaient pas toutes dans les écoles.
A)  vrai
B)  faux

 7. Marguerite Bourgeoys n’était pas une missionnaire.
 A) vrai
B) faux

 8. Bourgeoys a contribué à améliorer les conditions de vie des colons.
A) vrai
B)  faux

 9. Le roi de France a envoyé plusieurs orphelins vivre en Nouvelle-France parce qu’il y avait peu de colons.
A) vrai
B) faux

 10. On peut dire que Marguerite Bourgeoys était un leader.
A)  vrai
B)  faux

Réponses : 1. A)  vrai - 2. B) faux - 3. A) vrai - 4. B) faux - 5. A) vrai - 6. A) vrai - 7. B) faux - 8. A) vrai - 9. A) vrai -10. A) vrai



dimanche 7 janvier 2018

QUIZ Que savez-vous de l’Épiphanie ? Christophe de Galzain

Les chrétiens célèbrent l’Épiphanie début janvier, peu de temps après la Nativité. Mais à part le prénom des rois mages et la galette des rois à déguster, que savez-vous de la fête de l’Épiphanie ?
Épiphanie, que savez-vous de cette tradition ?

1- A quelle date est célébrée l’Épiphanie ?
Le 1er janvier
Le 6 janvier
Cela dépend des pays

2- Quelle est l’origine de la fête de l’Épiphanie ?
Une fête païenne célébrant le soleil
Saint Paul qui, dans sa lettre aux Thessaloniciens, leur demande de célébrer la lumière du Christ
Le pape saint Sylvestre Ier, au 4e siècle

3- Depuis quand l’Épiphanie est célébrée dans l’Église d’Occident ?
Depuis le règne de l’empereur Constantin
À partir du 4e siècle
Depuis Vatican II

4- Quelle forme a traditionnellement le gâteau des rois ?
Une forme de galette, comme le soleil
Une forme de couronne, pour rappeler celles des rois mages
Qu’importe, pourvu qu’on ait la fève !

5- Faut-il plutôt appeler cette fête...
« Épiphanie » ?
« Théophanie » ?
Cela dépend des traditions

6- Que symbolise la myrrhe apportée par l’un des mages ?
La royauté
La mort
La divinité

7- Lequel de ces évangélistes parle de l’adoration des mages ?
Marc
Matthieu
Luc

8- Pourquoi dit-on que les mages étaient au nombre de trois ?
C’est écrit dans l’évangile de Matthieu
Cela rappelle l’étoile dite « multiple », un système stellaire composé d’au moins trois étoiles
Cela symbolise les continents africains, asiatiques et européens

9- A Rome, qui donne des cadeaux le jour de l’épiphanie ?
Une sorcière
L’enfant-Jésus
Les rois mages

Réponses : 1- Cela dépend des pays.  Pour l’Église catholique, « l’Épiphanie est célébrée le 6 janvier », comme le notent les normes universelles annexées au Missel romain. Ce principe connaît des exceptions, en particulier dans les pays où le 6 janvier n’est pas un jour chômé. Dans ce cas, l’Épiphanie est fixée « au dimanche inclus dans la période du 2 au 8 janvier ». C’est ce qui se passe en France depuis la signature du Concordat, en 1802. 2-  Une fête païenne célébrant le soleil. La fête chrétienne de l’Épiphanie a été créée en rapprochement avec la fête païenne de Sol Invictus (du « Soleil invaincu »). Il s’agit une divinité solaire apparue dans l’empire romain au 3e siècle. Elle reprend des aspects de la mythologie d’Apollon et du culte de Mithra, venue d’Orient. Cette fête a connu une grande popularité dans l’armée romaine. 3- À partir du 4e siècle.  L’Épiphanie arrive en Occident vers 350 (elle est fêtée à Lutèce dès 361), rassemblant en un même événement les premières manifestations publiques de Jésus : l’adoration par les mages, le baptême au Jourdain et les Noces de Cana. À Rome, la célébration insiste davantage sur l’adoration des mages que sur la célébration du baptême, à laquelle l’associaient les chrétiens d’Orient.
La distinction entre Épiphanie et baptême ne sera toutefois entérinée qu’en 1570 par le Concile de Trente et ce n’est qu’après Vatican II, qu’une véritable fête du Baptême sera instituée, en général le dimanche suivant l’Épiphanie. En Orient, cette fête connaît une évolution inverse et se recentre sur le baptême. Encore aujourd’hui, les orthodoxes marquent cette fête par une bénédiction des eaux. 4- Qu’importe, pourvu qu’on ait la fève ! Qu’importe, en effet, il existe en France deux sortes de gâteau des rois. Dans le nord de la France, c’est un gâteau en forme de galette feuilletée très souvent fourrée à la frangipane, une crème d’amande inventée au 16e siècle. La galette ronde, plate et de couleur dorée, représente le soleil. C’est une tradition typiquement française.
En Provence et dans le Sud-Ouest, comme en Espagne et au Portugal, il s’agit d’un gâteau ou d’une brioche en forme de couronne qui évoque la couronne des rois. En Provence, elle est fourrée aux fruits confits. 5- Cela dépend des traditions. En grec ancien, le mot « épiphanie » (du grec phaïnô, « faire apparaître ») désigne l’apparition de Dieu à travers l’incarnation du Christ à Noël, que tous les chrétiens célèbrent le 25 décembre. Mais les orthodoxes vont utiliser le terme « théophanie » pour désigner la manifestation de Dieu comme Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, lors du baptême de Jésus, qu’ils fêtent le 6 janvier. 6- La mort.  La tradition veut que Balthazar, l’un des trois mages, offre à l’Enfant Jésus de la myrrhe. Ce baume précieux produit à partir d’une résine rouge importée d'Arabie, la myrrhe était utilisée pour les parfums des noces et des ensevelissements.
Mélangée à du vin, elle en augmentait la vertu euphorisante et, selon une coutume juive, ce breuvage était parfois proposé aux suppliciés pour atténuer leurs souffrances ; ce qui, d’après l’Évangile de Marc, sera le cas de Jésus lorsqu’il sera sur la croix (Mc 15,23). Aussi ce parfum évoquait, comme le décrira saint Ambroise de Milan au 6e siècle, l’humanité de Jésus destinée à la mort et à la sépulture. La royauté est symbolisée par l’or et la divinité, par l’encens.7- Matthieu. C'est dans l'évangile de Matthieu que l'on trouve le récit de l’Épiphanie. Il raconte que des mages venus d'Orient ont été guidés par une étoile jusque vers Jésus qui venait de naître. "Ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents...", écrit-il au chapitre 2.8- 8- Cela symbolise les continents africains, asiatiques et européens. Le chiffre trois symbolise d’abord les seuls continents connus à l’époque : l’Asie, l’Afrique et l’Europe. C’est aussi l’image des trois fils de Noé - Sem, Cham et Japhet - et du nombre de cadeaux qui, selon l’évangéliste Matthieu, étaient au nombre de trois : l’or, l’encens et la myrrhe. Enfin, le chiffre trois figure les trois âges de la vie. Melchior, représenté avec une longue barbe, est le plus âgé des trois. Gaspar est le plus jeune et le visage de Balthazar est souvent peint barbu sans pourtant être âgé. 9- Une sorcière. À Rome et en Italie-du-Sud, c’est « la Befana » qui apporte les jouets le jour des Rois, pendant la nuit de l’Épiphanie. La Befana est une sorcière âgée, mais très gentille. Elle se déplace sur son balai et passe par les cheminées pour distribuer les cadeaux. A Venise aussi, les gondoliers défilent déguisés en sorcières.
Dans d’autres pays, comme en Espagne, des carrosses paradent dans les rues et les trois rois mages - Gaspar, Balthazar et Melchior - défilent sur des chars en jetant des bonbons. En Allemagne, trois jeunes gens ou des enfants, déguisés en rois mages, font du porte à porte pour bénir les maisons.



samedi 6 janvier 2018

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2, 1-12

La visite des mages

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef,qui sera le berger de mon peuple Israël. »Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez-vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Coche vrai ou faux

1/ Jésus est né à Nazareth. ____ Vrai ______Faux
2/ Les mages viennent d’Occident. ____Vrai _____ Faux
3/ Les mages ont été guidés par une étoile. _____Vrai ____Faux
4/ Pour les mages, Jésus est le roi des juifs. _____Vrai ______Faux
5/ Les mages offrent des cadeaux à l’enfant Jésus. _____Vrai _____Faux
6/ On fête la visite des mages le jour de l’Épiphanie. ______Vrai _____Faux

Solutions : 1/Faux  (Bethléem)
2/ Faux. (d’Orient)
3/Vrai
4/ Faux
5/ Vrai
6/ Vrai

Méditons l’Évangile

Cette fête de l’Épiphanie nous invite à ouvrir nos horizons. Ce n’est pas seulement aux juifs que le mystère de Dieu est offert. Il n’est pas seulement pour ceux qui se reconnaissent chrétiens. Il est pour toute l’humanité. Tous peuvent, en toute liberté, découvrir les merveilles d’amour, de justice et de paix que Dieu leur propose. L’Épiphanie c’est donc la fête de tous les chercheurs de Dieu. Ils sont nombreux aujourd’hui tous ceux et celles qui se posent des questions sur lui.
L’Évangile nous parle de ces mages, des étrangers venus d’Orient pour se prosterner devant le roi des juifs qui venait de naître. Si nous lisons ce récit au pied de la lettre, nous risquons de nous poser des questions : pourquoi l’étoile s’éclipse-t-elle sur Jérusalem ? Que peut faire Marie avec de l’or, de l’encens et de la myrrhe ? En quoi cette naissance concerne-t-elle des étrangers ?
En fait, l’évangéliste n’a pas cherché à faire un reportage. Son vrai message est ailleurs. À travers ces étrangers, c’est le monde entier qui est appelé à Jésus. Pour le découvrir, nous sommes invités, nous aussi, à nous mettre en route. Comme il l’a fait pour les mages, il nous rejoint dans ce que nous vivons. Il nous donne à tous une étoile pour nous guider vers le beau, vers le bien, vers son Royaume d’amour. Même chez les plus endurcis, il peut y avoir un geste de tendresse. Ce n’est pas pour rien que la Bible nous dit que nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Mais voilà que les mages ont perdu de vue l’étoile qui les guidait. Ils se sont dirigés vers ceux qui doivent savoir, les scribes et les chefs des prêtres qui connaissent la Bible. C’est aussi important pour nous : Dans notre cheminement, nous avons besoin d’être guidés par les Écritures et de nous en nourrir. Les paroles de Jésus sont celles de la vie éternelle.
Les mages arrivent donc à la crèche. Ils y trouvent l’enfant avec Marie sa mère. Ils se prosternent et lui offrent leurs cadeaux. Ils ont choisi ce qu’il y a de mieux : l’or nous dit qu’il est roi ; l’encens nous dit qu’il est Dieu. La myrrhe, qui sert à embaumer les morts, nous dit qu’il est homme, destiné à mourir. Tout cela est révélé à des païens totalement étrangers à la religion juive. Et nous, qu’avons-nous à offrir au Roi du monde ?Il n’a pas besoin de pierres précieuses. Le trésor auquel il tient le plus, c’est une vie remplie d’amour. C’est cela que nous pouvons lui offrir.
En ce jour de l’Épiphanie du Seigneur, il n’est plus possible de rester bien entre nous. Le Christ est venu pour tous les hommes du monde entier. Nous les portons tous dans notre prière. Notre priorité doit être comme celle du Christ pour tous ceux et celles qui ne connaissent pas Dieu. En ce dimanche, notre solidarité et notre prière sont tout spécialement pour les communautés chrétiennes d’Afrique. Et bien sûr, nous n’oublions pas nos pays d’ancienne chrétienté qui ont un besoin urgent d’une nouvelle annonce de l’Évangile. Le Christ doit être présenté à tous avec la même chaleur et la même joie que Marie aux mages.
« Où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? » Il est dans le Pain Partagé, dans l’Eucharistie que nous allons célébrer ensemble. « Allez-vous renseigner avec précision sur l’enfant… » Paradoxalement, Hérode nous donne un bon conseil : Se renseigner sur le Christ, être des chercheurs de Dieu pour mieux le connaître et en témoigner autour de nous. Les incroyants attendent de nous une foi plus éclairée. Après nous être nourris de la Parole et du Corps du Christ, nous sommes invités à repartir « par un autre chemin » pour rendre compte de l’espérance qui nous anime. Que cette Épiphanie soit la fête de tous ceux qui cherchent Dieu.

Source:WEB

vendredi 5 janvier 2018

Conte La légende de la Galette des Rois

Qui ne connaît l’histoire des rois mages qui, guidés par une étoile, se rendirent à Bethléem rendre hommage à l’enfant Jésus ?







Le premier s’appelait Gaspard. Il avait le teint clair des Européens, et apportait de l’or.

Le second, Melchior, avait la peau brune des gens de Palestine et d’Arabie. Celui-là était porteur d’encens.

Le troisième, Balthazar, était couleur de nuit sans lune et ses dents brillaient comme brillent les dents des Africains. Ce dernier offrit à l’enfant Jésus de la myrrhe.

On sait moins ce qui leur advint sur le chemin du retour. Ils étaient savants en beaucoup de choses, certes, mais cela n’empêcha point qu’ils se perdirent bel et bien, n’ayant plus le secours de l’étoile pour les aider. Après avoir erré plusieurs jours dans le désert, à bout de nourriture et sans eau, ils aperçurent enfin une misérable cahute devant laquelle se tenaient un couple et deux enfants. Les joues décharnées, les yeux brillants de faim, ils firent pourtant bon accueil aux mages, les invitèrent à entrer, et leur offrirent un peu du peu qu’ils avaient : de l’eau pour se rafraîchir.

- C’est que nous avons faim aussi, dit Melchior. Un peu de pain, même rassis, ferait l’affaire.

- Hélas, soupira la femme, nous n’avons plus qu’un peu de farine, de lait, d’huile d’olive, une noisette de beurre ; juste de quoi faire une galette que nous partagerons entre les enfants.

Ensuite, il ne nous restera plus qu’à nous jeter dans le puits ou à mourir de faim. Les mages se regardèrent.

- Faites la galette ma brave femme, dit Gaspard.

La femme obéit. La galette était tout juste suffisante pour une personne.

Gaspard, qui avait le teint clair des Européens, plia la pâte en deux, et la galette doubla en volume. Melchior, le mage à la peau brune des gens de Palestine et d’Arabie, plia de nouveau la pâte en deux, et il y en eu pour quatre. Balthazar, le roi Nègre couleur de nuit sans lune, plia encore la pâte en deux, et il y en eut pour huit. Le couple remercia chaleureusement les mages. La femme étala la pâte et mit la galette à cuire. Elle était dorée à point. L’homme se gratta la tête, le couteau à la main.

- C’est que cette galette est une galette pour huit, et nous sommes sept. Le partage sera difficile.

- La huitième part est celle du mendiant, dit Balthazar.

- Quel mendiant, dit homme ?

- Celui qui vient et que vous ne voyez pas encore.


À ce moment-là le plus jeune des enfants, un garçon, recracha quelque chose. C’était une bague que Melchior avait glissée – volontairement ou non, l’histoire ne le dit pas - dans la pâte. L’enfant voulut rendre le bijou. Le mage sourit, ôta la couronne de sa tête et en coiffa l’enfant. Tout enfant est roi, dit-il. Tel est le message que délivrera un autre enfant, né il y a peu non loin d’ici. Pour commémorer ce jour, je veux que chaque année on fasse une galette, qu’on n’oublie pas la part du pauvre, qu’on y glisse une fève pour désigner un roi ou une reine, ne serait-ce que pour une journée. Les pauvres gens promirent de respecter la volonté des mages. C’est ainsi que naquit la tradition de la galette des rois, qu’elle se répandit, et qu’on se la transmit jusqu’à nos jours.