samedi 15 décembre 2018

Avent 2018 – Semaine 3


Cerf et ses amis

Cerf se promenait. Personne ne savait d’où il venait ni comment il était arrivé. Un jour, il était apparu dans la forêt sans le moindre bruit. Tout le monde le laissait tranquille. On voyait bien qu’il était très vieux. Son poil était gris et ses côtes soulevaient sa peau tant il était maigre. Il marchait tête basse, les bois au ras du sol. Oh, vraiment, qu’il avait l’air triste, ce cerf-là !
Plus les jours passaient, plus Cerf maigrissait. Il s’était mis à trembler. Et il avait un regard si désolé que les oiseaux avaient presque envie de pleurer.
- Ce n’est pas possible de continuer comme cela, dit un jour Sanglier au conseil des animaux. Cerf est triste, maigre, tout seul. Il faut faire quelque chose.
- Mais nous sommes bien trop petits, répondirent Castor, Fourmi, Renard et les autres animaux en choeur. Que pourrions-nous bien faire ?
- Personne n’est jamais trop petit pour aider, répondit le sanglier.
- Alors, que devons-nous faire ? demandèrent les animaux.
- À vous de le savoir, dit le sanglier. Que chacun réfléchisse et fasse ce qu’il peut.
Les animaux repartirent chacun chez soi. Ils ne parlaient pas. Ils réfléchissaient.
Le lendemain, Castor se mit au travail. Il abattit des arbres et alla chercher du bois mort.
Pendant quelques jours, il ne s’interrompit que pour dormir et manger. Puis, il alla chercher
Cerf.
- Regarde, Cerf. Quand tu auras soif, viens ici. Tu trouveras toujours de l’eau. J’ai construit un barrage pour toi. Tu ne dois plus avoir peur d’avoir soif.
Cerf but à grandes goulées et jeta un regard timide à Castor. Un regard qui voulait dire merci.
Deux jours après, Renard croisa Cerf.
- Bonjour Cerf. Tu n’es vraiment pas très gros ! Alors, j’ai une idée ! Je vais aller dans le quartier des Fleurs cette nuit. Il y a toujours de grosses poubelles remplies de choses délicieuses dans ce quartier-là. Je prendrai un sac à dos et je te ramènerai à manger.
Viens à ma tanière demain matin, on mangera ensemble !
Cerf ne put s’empêcher de se lécher les babines. Il jeta un regard gourmand à Renard. Un regard qui voulait dire merci.
Pendant ce temps, Fourmi se creusait la cervelle. Elle creusa si bien qu’elle finit par trouver une idée. Elle monta sur le dos de Lièvre et alla trouver Cerf à toute vitesse.
- Cerf, demain, je t’invite à la maison. J’ai très envie de te la montrer.
Le lendemain, Cerf se rendit à la maison de Fourmi. Des fourmis couraient dans tous les coins. D’autres marchaient en longues files. Certaines portaient des brindilles gigantesques.
D’autres entreposaient la nourriture dans un coin bien rangé de la maison. Quel spectacle !
Cerf n’en croyait pas ses yeux. Il ne pensait plus à rien et ses soucis s’envolaient un à un.
Quand il quitta Fourmi, il lui jeta un regard apaisé. Un regard qui voulait dire merci.
Écureuil se lamentait :
- Tout le monde a eu une bonne idée, sauf moi ! Je ne peux pas construire de barrage.
Cerf n’aimera pas mes noisettes… Et, en plus, je vis tout seul. Je vais aller trouver
Sanglier et lui expliquer que je ne peux pas aider Cerf.
Écureuil ferma la porte de sa maison et s’en alla en sautant de branche en branche. Tout à coup, il entendit un énorme éclat de rire. C’était Cerf !
- Saute encore ! demanda Cerf. Tu es tellement drôle quand tu sautes avec ta grande queue, Écureuil ! S’il te plaît, saute encore !
Tout l’après-midi, Écureuil sauta de branche en branche et, tout l’après-midi, Cerf rit de bon coeur. Pour entendre le grand rire de Cerf, Écureuil multiplia les cabrioles. Il grimpa tout en haut des arbres, plus haut qu’il n’était jamais allé, puis il descendit comme une toupie, il en avait un peu le vertige, mais comme il s’amusait ! Écureuil s’étonnait lui-même de son audace ! Quant à Cerf, il n’avait plus l’air triste du tout. Lorsque le soir tomba, son regard était pétillant. Et ce regard, c’est sûr, voulait dire merci.
Geneviève Bergé

Mot clé : répondre

Évangile : Luc (3, 10-18)

En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient :
« Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! »

Pour aller plus loin…

- « Que devons-nous faire ? » demandent les gens qui viennent se faire baptiser. La réponse de Jean est simple : donner à ceux qui en ont besoin. Mais donner quoi ? Et quoi à qui ? S’agit-il seulement de donner ?
- Quand on est enfant, donner des vêtements ou de quoi manger n’est pas à sa portée.
C’est un peu comme si on était une fourmi ou un écureuil et qu’il fallait aider un grand cerf. Te sens-tu parfois trop petit, trop jeune pour aider ? Pour répondre à une demande ?
- Quand les animaux demandent à Sanglier ce qu’ils doivent faire, que répond
Sanglier ? Pourquoi ? Est-ce que tu aimerais bien qu’on te réponde comme ça si tu demandes ce que tu peux faire ?
- Écureuil s’amuse comme un fou. Et Cerf aussi. Tu pourrais compléter la réponse de
Jean : « Celui qui a le coeur joyeux, qu’il … »


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 3, 10-18


Que devons-nous faire?



En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. » Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. » Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. » Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

Question

Comme Jean, quels conseils donnerais-tu pour préparer la venue de Jésus?
Que fais-tu pour préparer sa venue?

Comment puis-je manifester la mission prophétique de Jean-Baptiste dans ma vie? Communauté? Ministère? Famille? Quels sont les moments de joie dans ma vie

PARTAGER AVEC CELUI QUI N'A AUCUN

C'est le troisième dimanche de l'Avent et l'évangile de Luc se poursuit avec Jean-Baptiste. Beaucoup ont demandé à Jean: «Que devons-nous faire?»

Que pouvons-nous dire face à ces mots, nous vivons dans un monde où plus d’un tiers de l’humanité vit dans la misère, luttant chaque jour pour sa survie, tout en remplissant nos placards de toutes sortes de vêtements et nos réfrigérateurs de tous les types d'aliments?
Et que pouvons-nous dire, chrétiens, face à cet appel si simple et si humain? Ne devons-nous pas commencer par ouvrir les yeux de nos cœurs pour vivre plus conscients de cette insensibilité et de cet esclavage qui nous obligent à nous prosterner devant un bien-être qui nous empêche d’être plus humains?

Que nous faut-il faire ? Si nous posons cette question à notre tour, la réponse de Jean-Baptiste, de vivre dans la droiture et l’honnêteté, est-elle pertinente pour nous aujourd’hui ? Oui, elle l’est, mais dans la mesure seulement où elle est un préalable, un signe de notre bonne volonté. Car ce n’est pas ce que nous faisons qui nous sauve, qui nous rend juste devant Dieu : ce que nous faisons est lié à notre imperfection. Seule la grâce de Dieu, manifestée en nous par Jésus-Christ, nous permet d’être justes devant Dieu, de sorte que la gloire n’en revient pas à nous-mêmes, mais à Dieu.

Le plus décisif et le plus réaliste est d’ouvrir nos cœurs à Dieu, en accordant une attention particulière aux besoins de ceux qui souffrent, partager, ne pas vouloir plus que ce qu’on a, ne pas faire de mal aux autres, et  d’arrêter de penser uniquement à nous et de commencer à penser aux autres." Jean -Baptiste sait comment résumer sa réponse à leur propos avec une formule réputée pour sa simplicité et sa vérité: « Quiconque a deux tuniques doit partager avec celui qui n'en a pas, et celui qui mange doit en faire autant». Si simple et clair.

Le véritable esprit de Noël!

Complétez le paragraphe en remplissant les espaces vides avec les bons mots de l'histoire.

Baptiser, manger, personne,  soldats, Jean,  vêtements, violence, N’exigez, publicains, solde

Des foules qui venaient se faire __________par ________ lui demandaient :<< Que devons-nous faire? >>,  Jean leur répondait :<< Celui qui a deux ________, qu’il le partage avec celui qui n’en a pas, et celui qui de quoi ____________, qu’il fasse de même. Aux  ____________il leur répondit :<<_____________ de="" plus="" rien="" span="" style="mso-spacerun: yes;"> 
que ce que vous est fixé.>> Aux__________ il leur répondit :<

Réponses : baptiser- Jean- vêtements- manger- publicains- N’exigez- soldats- violence- personne- solde

jeudi 13 décembre 2018

Un conte à méditer : La transformation de Noël... Barbara Hocquette


Comme chaque année dans un petit village de Laponie, se retrouvait toute une famille pour réveillonner. Certains membres venaient du village d'à-côté alors que d'autres faisaient beaucoup de route pour se rendre sur le lieu des festivités.

Ce n'était jamais au même endroit que cela se passait. Parfois c'était les grands-parents qui recevaient et parfois, c'était un vieil oncle qui voulait organiser ce réveillon de Noël, très particulier.

La famille s'agrandissait au fil des années et chacun était heureux de se retrouver et de passer ce temps des fêtes, tous ensemble afin de partager de joyeux moments de convivialité.

Depuis que cette famille avait commencé à réunir tout le monde, il s'en était passé des choses dans chacun des foyers. Certains avaient trouvé un nouvel emploi et avaient dû déménager. D'autres s'étaient mariés et étaient partis vivre près de leur nouvelle famille, un autre avait décidé de s'embarquer pour un long voyage et on ne l'avait pas vu pendant de très nombreuses années...

Mais dès lors où le carton d'invitation arrivait dans leur boîte aux lettres, chacun se mettait en quête de pouvoir participer au mieux à cette fête familiale si joyeuse et si féerique.

Il avait été dit, il y a de très nombreuses années, qu'il était inutile de venir les bras chargés de cadeaux de toute taille, chacun devait bien au contraire s'assurait d'avoir chez lui tout ce qui lui fallait pour vivre correctement et avait le droit et le devoir d'amener sa bonne humeur mais aussi son esprit de partage, seuls présents autorisés!

Chacun pouvait, néanmoins, apporter ou non, une création de son choix pour garnir la belle tablée. Certains savaient cuisiner admirablement alors ils amenaient des mets très appréciés.

D'autres fabriquaient des objets qui servaient à décorer. Les petits enfants, eux, faisaient des guirlandes en papier, des dessins qu'on accrochés sur les murs et des sablés sucrés. Une cousine lointaine avait des champs plein de pommiers, elle ramenait des cagettes entières de pommes très colorées et on en faisait des pyramides imitant les sapins de noël pour le goûter. Un ami de longue date qui lui aussi était convié chaque année était artisan chocolatier et n'oubliait jamais de rapporter pour chaque convive un sachet rempli de chocolats aux goûts exquis.

Pas un seul Noël sans que la magie opère dans ce grand foyer reconstitué : tout le monde était si heureux de se retrouver, d'échanger sur leur vie quotidienne et surtout de se réconforter face aux aléas de la vie qui parfois viennent frapper à notre porte sans qu'on n'ait rien demandé.

Et puis, une année, alors que comme à l'accoutumée, tout était réuni pour que les fêtes se passent le plus chaleureusement possible, car même le cousin Octave, cette fois, avait pu se déplacer, il y eut une panne de courant en plein milieu des préparatifs de début de soirée. Plus moyen de préparer le repas et encore moins de se réchauffer, il allait falloir trouver vite une solution pour que cette soirée festive se passe au mieux.

La réserve de bois était déjà bien entamée : l'hiver était rude dans cette région désertée, alors comment tenir toute la soirée ?

Pendant que certains s'affairaient déjà pour allumer le feu de la cheminée pour que les enfants et surtout les plus jeunes ne se refroidissent pas trop vite, les hommes de la famille décidèrent de se rendre dans la proche forêt pour y ramasser du bois le plus rapidement possible.

Le repas allait être un peu retardé mais au moins ils auraient de quoi se chauffer.

Dans la nuit noire du réveillon de Noël, tout semblait calme et paisible, pas un habitant au loin, ni même un animal égaré.

Les hommes avancèrent prudemment et puis, tout à coup, comme par enchantement, ils entendirent une voix leur parler : "c'est par là que vous trouverez votre bonheur." 

Les hommes figés se regardèrent ébahis, ne voyant rien ni personne à leurs côtés. "Oui, venez vers moi et c'est là que vous pourrez trouver votre bonheur", dit à nouveau la voix dans la forêt.

Les hommes bien décidés à ramasser leur bois, finirent par emprunter cette voie et au moment où l'un d'entre-eux pointa sa torche vers le sol, il vit comme par miracle, posé là, un tas de bois haut de plusieurs mètres, prêt à être ramassé.

Ils remplirent leurs sacs et les brouettes qu'ils avaient amenés et cherchèrent si quelqu'un les avait suivis : l'auteur de cette petite voix qu'ils avaient tous bien entendue. 

Ils se regardèrent et dans un grand éclat de rire, dirent à haute voix "merci Dame nature."

Ils retournèrent rapidement vers leur foyer et là, retrouvèrent avec joie toute cette belle famille réunie. Les uns avaient emmailloté les petits dans des couvertures et d'autres se servaient de leurs bras pour leur tenir chaud.

Quel bonheur sur tous les visages de les voir arriver avec autant de bois.

Les bougies avaient pris place partout dans la maisonnée et on déposa les marmites dans le feu pour réchauffer au plus vite le dîner.

Tout le monde se mit à table heureux de ce contre-temps finalement qui les avait encore plus rapprochés car la maison prenait une autre allure avec toutes ces bougies de toutes les tailles qui scintillaient et ce feu de cheminée si ardent qui crépitait.

Au moment du dessert, les hommes décidèrent de parler de leur aventure dans la forêt, et l'un d'entre-eux annonça fièrement que Dame nature les avait profondément aidés.

Chacun écouta l'histoire du tas de bois avec une grande attention. Et depuis cette année si mémorable, ils décidèrent, tous ensemble, que les Noël se feraient uniquement à la lueur des bougies blanches et autour d'un feu de cheminée pour que petits et grands se souviennent qu'un jour Dame nature leur a été d'une aide très précieuse.

Lui rendre hommage est le plus beau cadeau qu'ils puissent tous lui faire avec leur coeur, en cette fête de Noël où chacun aime trouver réconfort et harmonie.

Belles fêtes à tous...Paix et amour…

dimanche 9 décembre 2018

Conte de Noël: La visite d'un ange


26.11.11 - Il était une fois... un ange qui descendit du ciel pour rendre visite aux humains  en pleine effervescence de Noël... Un conte à lire autour du sapin.

Les parfums de cannelle, girofle et mandarine embaumaient cette soirée d’hiver, au point de gagner les jardins du Ciel. Agréablement surpris, un ange se souvint: «C’est aujourd’hui qu’on fête l’anniversaire du Roi dans le monde des hommes. J’ai bien envie de faire un tour sur cette petite planète bleue.»

On voyait briller de loin d’innombrables lumières dans la nuit du ciel terrestre. Le voyageur pensa qu’on avait allumé des milliers de bougies en l’honneur de son Roi. Il entreprit une course fulgurante à travers les villes du monde entier, sans que rien pourtant n’échappe à l’attention de son regard perçant. La lumière était partout, criarde, aveuglante, image d’un monde avide, qui ne savait plus, au juste, ce qu’il fallait fêter. L’ange eut l’étrange impression d’assister à un anniversaire où les convives se conduisent en pique-assiettes, ignorant celui qu’il convient d’honorer.

«S’ils comprenaient l’importance de ce qu’ils commémorent, le monde en serait changé! Le Ciel entier s’en émerveille depuis deux mille ans! Le Fils de Dieu, devenu l’un d’eux, par amour, leur communique la Vie qu’ils ont perdue. Mais ils ignorent la valeur du don qui leur est fait! Pour qu’ils s’y intéressent, il faudrait le coter en Bourse!» L’ange ne croyait pas si bien dire. La naissance du Fils de l’Homme, ignorée des uns, servait d’alibi aux rêves les plus fous de beaucoup d’autres. Grandeur, luxe, promesses de prospérité... L’homme ramenait toute chose à lui, toujours. Cela en devenait lassant.

L’ange serait rentré chez lui, s’il n’avait remarqué de minuscules lueurs en rien semblables aux autres. Elles étaient chaudes, vivantes, humaines. On eut dit des braises tombées du Ciel. Il y en avait sur toute la surface de la terre, et chacune semblait dire: «Joyeux anniversaire à toi, Jésus, notre bien-aimé». Dans leur sillage se répandait un parfum d’amour et de reconnaissance qui montait jusque dans les jardins du Ciel.

Alors l’ange entrevit le sourire de Dieu.

Nathania Boschung, romancière


samedi 8 décembre 2018

Avent 2018 – Semaine 2


Les bougies

Aujourd’hui, c’est le tour d’Élisa. Maman a dit que chaque enfant aurait son tour. Ses frères y sont déjà allés et aujourd’hui, c’est son tour. Élisa peut accompagner maman au supermarché. Quand elles arrivent dans le parking, elles ne prennent pas de charrette comme d’habitude. Elles entrent dans le magasin les mains vides et le coeur un peu battant.
Ça va marcher aujourd’hui ?
Nabila, la copine de maman, les accueille. Elle est contente ! Le 10 décembre approche. Les clients du supermarché sont venus nombreux au stand. Ils ont acheté beaucoup de bougies.
Nabila a pu leur parler d’Amnesty International. Les bougies rappellent que personne ne peut aller en prison simplement parce qu’il pense ou qu’il dit quelque chose. Nabila dit que c’est chouette d’allumer une bougie dans le coeur de quelqu’un.
Nabila s’en va. Maman accueille déjà les premières personnes qui viennent vers le stand.
C’est facile : le stand est juste à l’entrée du magasin. Tout le monde passe devant ! Élisa est fière : elle peut s’occuper de la caisse. Quand les gens achètent une bougie, elle reçoit l’argent et elle rend la monnaie si elle a reçu un billet. Parfois, elle compte sur ses doigts.
- Fais bien attention, lui a dit maman. L’argent sert à aider les prisonniers.
Maman a promis à Élisa de lui acheter les biscuits avec les autocollants dans la boîte si elle restait calme.
Oh, mais ça ne va pas, ça ! En arrivant, Élisa était tellement excitée qu’elle n’a pas vu la femme et son fils assis à côté de la porte. Elle voit souvent cette femme pourtant. La femme demande de la nourriture ou de l’argent. Maman dit qu’elle est pauvre, parce que son mari est en prison. Elle lui donne souvent un peu d’argent. Ou elle achète quelque chose au supermarché et elle lui donne. Mais aujourd’hui, maman ne l’a pas vue non plus. Élisa n’est pas très contente. Non, ça ne va pas, pense-t-elle, aujourd’hui, c’est notre tour ! Elle n’a qu’à venir un autre jour, après le 10 décembre, quand il n’y aura plus de stand de bougies.
- Je n’ai qu’un gros billet, tu peux me rendre la monnaie, ma grande ?
Élisa compte les billets. Elle s’embrouille un peu. Elle compte sur ses doigts, mais ça ne va pas. Elle est fâchée sur la femme. Ça lui fait un peu de tempête dans la tête.
- Allons, Élisa, qu’est-ce qui se passe ? Tu es déjà fatiguée ? demande maman. Voici votre monnaie, monsieur, et merci ! N’oubliez pas d’allumer une bougie à votre fenêtre le 10 décembre.
Élisa observe la femme et son fils. Les gens déposent régulièrement un peu d’argent dans le bol, ou ils donnent une bouteille de shampoing, ou des biscuits. Le garçon s’ennuie, on le voit bien. Une dame lui offre du chocolat, mais on dirait qu’il s’en fiche. Il regarde toujours en direction du stand et Élisa se sent un peu gênée. Elle essaie de ne pas regarder dans sa direction. Puis, un vieux monsieur offre un paquet de biscuits. Les biscuits avec les autocollants dans la boîte ! Il en a de la chance. Mais on dirait aussi qu’il s’en fiche. Pff, celui-là alors !
- Mais Élisa, qu’est-ce qui se passe ? demande maman. Oh, regarde le garçon t’appelle, là !
C’est vrai, il fait un signe de la main. Il montre son paquet de biscuits.
- Vas-y, dit maman. On dirait qu’il essaie de te dire quelque chose.
Élisa n’a pas envie, mais elle est bien obligée d’aller jusque chez le garçon.
- Bonjour, dit Élisa.
- Bonjour, dit le garçon. Tu veux un biscuit ?
- Merci. Tu as trop de chance ! répond Élisa en apercevant plusieurs paquets de biscuits derrière le garçon.
- Pff, je ne les aime pas, ces biscuits. Les gens me les donnent, parce qu’il y a des autocollants. Mais ils ne me demandent jamais si je les aime.
- Ah, et qu’est-ce que tu voudrais à la place ?
- Moi, ce que je voudrais, c’est m’amuser et ne pas rester ici. Je peux venir au stand avec toi ? Je suis très fort en calcul mental. Je vais t’aider avec l’argent des bougies.
Élisa est un peu gênée, parce que le garçon a vu qu’elle calcule sur ses doigts. Mais elle beaucoup plus contente que gênée ! Peut-être que c’est ça, allumer une bougie dans le coeur de quelqu’un ?
Geneviève Bergé

Mot clé : écouter

Pour aller plus loin…

- Écouter, ce n’est peut-être pas si facile que ça en a l’air. Car souvent, les choses vont
vite et on écoute en croyant déjà connaître la réponse. C’est une tendance que nous avons tous. En vois-tu des exemples dans cette histoire ?
- As-tu déjà eu l’impression qu’on ne t’écoutait pas bien ? Qu’on ne te donnait pas la réponse que tu attendais vraiment ? Comment t’es-tu senti(e) ?
- As-tu déjà eu l’impression de ne pas bien écouter ? De répondre un peu à côté ?
Comment t’es-tu senti(e) ?
- As-tu déjà entendu parler d’Amnesty International ? Qu’est-ce qu’un prisonnier d’opinion ?
- Amnesty ne fait pas que tenter de libérer les prisonniers d’opinion. Elle les soutient aussi. Par exemple, en envoyant des lettres. Penses-tu qu’envoyer des lettres, c’est répondre à un besoin, c’est écouter une demande des prisonniers ? Laquelle ?
- Élisa va tenir le stand d’Amnesty avec le garçon. Au début, elle n’a pas envie de partager. Pourtant, quand elle accepte, elle est contente. La joie, être contents tous les deux, c’est peut-être un signe qu’on a écouté et répondu… Qu’en penses-tu ? Tu te souviens d’une situation qui ressemble à cela ?
- Qui aide qui dans cette histoire ? Est-ce souvent comme cela ?




Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3, 1-6


L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe, dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.

Petit commentaire

Préparez le chemin du Seigneur

Quel est donc ce chemin qu’il nous faut suivre dans le désert ? Est-ce le désert de notre cœur, celui provoqué par notre vie trépidante ? Est-ce notre difficulté à trouver le temps de la préparation pour accueillir celui qui vient?
Ce chemin c’est notre cœur. C’est dire que nous sommes invités à entrer en nous-mêmes ; c’est-à-dire là où il n’y a plus que nous-mêmes et le Seigneur. Nous sommes invités à faire en quelque sorte notre examen de conscience ; à faire la vérité à la lumière de la parole de Dieu qui est parole de vie et de vérité.
Préparer le chemin au Seigneur, c’est donc tout simplement ouvrir ma vie à cet amour, ouvrir la porte de mon cœur et entendre Dieu me dire, dans le silence, « Tu es mon enfant bien aimé, en toi, j’ai mis tout mon amour. » Ainsi, je pourrais entrer dans la dynamique de l’amour de Dieu. À mon tour, je pourrais répondre à cet amour par pure gratuité, par pur amour de Dieu et lui répondre : « Mon Dieu, que tout se passe pour moi selon ta Parole. »
A quelques jours de Noel, nous sommes invités plus encore à nous questionner sur la présence du Christ que nous ne remarquons pas ou que nous refusons de voir
Qui es-tu toi qui frappe à ma porte ? Pourquoi fais-tu l’aumône ? Et toi d’où viens-tu… ?

Quand nous rencontrons notre prochain, quand nous accueillons celui que nous ne connaissons pas, quand nous sommes attentifs et disponibles pour répondre à des sollicitations individuelles ou collectives, alors le Christ se fait encore plus présent parce que « ce que vous faites au plus petit d’entre nous c’est à moi que vous le faites ».
Complétez le paragraphe en complétant les espaces avec les mots corrects de la banque de mots au bas de l'histoire.

rocailleux–Montagne- péchés – colline-  droit- voix –désert- passages – ravin- aplanis sentiers- salut

Jean-Baptiste prépare le chemin Il est allé dans tout le pays autour du Jourdain, prêchant le baptême de repentance pour le pardon des __________. Comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète: "__________ de celui qui crie dans le __________, 'Préparez le _________ du Seigneur,  rendez _______  ses ________.
Tout ­­­­___________sera comblé, toute _________et toute _________seront abaissées, les ___________ tortueux deviendront droits, les chemins  __________ seront  __________. Et tout être vivant  verra le ______ de Dieu.

Réponses : péchés, Voix, désert, chemin, droit, sentiers, ravin, montagne, colline, passages, rocailleux, aplanis; salut



 Prière

Debout ! Le Seigneur vient !
Une voix prophétique a surgi du désert.
Un désir, une attente ont mûri nos esprits.
Préparons-nous !

Debout ! Le Seigneur vient !
La parole s’infiltre, elle ébranle nos cœurs.
Et voici le Royaume, il s’approche, il est là.
Réveillons-nous !

Debout ! Le Seigneur vient !
L’espérance nouvelle entre à flots dans nos vies.
Son mystère féconde un silence de foi.
Purifions-nous ! Le Seigneur vient !

Hymne AEL

mercredi 5 décembre 2018

Le marchand de cierges




Emportés par le vent frais de décembre, les savoureux parfums de boudin grillé et de vin chaud se faufilaient entre les chalets accueillants du marché de Noël.

Joliment présentés à l'abri de ceux-ci, les multiples produits des artisans locaux scintillaient de mille cristaux et les couleurs de la fête dansaient dans un décor d'or et d'argent au rythme des traditionnels grelots de « Jingle bells ».

Étourdis par la ronde des jouets du bon Père Noël, les bambins chaudement emmitouflés ne savaient où poser leurs yeux écarquillés et tentaient adroitement d'attendrir l'autorité paternelle devant l'étal aux alléchantes friandises.

Merveilleuse ambiance de fête, certes, mais j'aurais aimé y trouver, en cette veille de Noël, ce peu d'émotion qui nous rend réceptifs au sens profond des réelles valeurs.

Perdu quelques secondes au-delà de ma réflexion, je m'étais arrêté inconsciemment devant une crèche artisanale réalisée avec un talent incontestablement animé d'une motivation particulière.

Mon regard croisa celui de l'artisan et, en guise de 
bonjour, je lui adressai un sourire amical.

« Elle est jolie, n'est-ce-pas ? », me dit-il d'une voix chaude et profonde.

« Superbe ! Les personnages sont extraordinaires; on dirait qu'ils vont prendre vie ! »

Tout en sortant les mains des poches de son vieux manteau râpé, l'artisan ajouta : « Elle n'est pas à vendre, mais tenez, ceci devrait vous intéresser ! »

Il me tendit une jolie boîte couleur ciel, aux étoiles dorées, contenant un cierge blanc comme la 
neige.

Un peu surpris, je lui répondis : « Eh bien oui, pourquoi pas ? », et portant instinctivement la main au portefeuille, je lui demandai combien je lui devais.

« Rien, me dit-il, vous me l'avez déjà payé ! »

J'insistai, naturellement, et tentai en vain de lui glisser un billet.

Il s'assit sur sa vieille chaise cannée, abrita ses mains sous les revers de l'épais manteau et, faisant mine de de s'endormir, me rendit mon sourire avec un émouvant « Joyeux Noël ! ».  

  
Sur la route du retour, j'étais toujours sous le charme de ce que je venais de vivre.

Dans le quartier commerçant aux lumineuses vitrines décorées pour la circonstance, la densité de la circulation m'obligea à retrouver toute mon attention et la garder jusqu'au domicile où l'on préparait fébrilement la soirée de réveillon.

« C'était bien, ce marché de Noël ? », me demanda ma petite famille.

Afin d'échapper à une interminable série de questions, je répondis un peu distraitement : « Oh oui, vous savez, comme chaque année ! ».

Sur la table du salon, quelques gâteries apéritives attendaient devant le feu de bois l'arrivée de nos invités.

Au milieu de celles-ci, dressé sur son socle de fer forgé, un cierge patientait jusqu'à l'ambiance du soir pour emprunter à l'allumette la flamme de la fête.

Poussé par je ne sais quelle intuition, je le rangeai dans un tiroir du buffet et le remplaçai par le cierge de l'artisan à la crèche.

Il me fascinait, là, entre la télé que les 
enfants n'avaient pas débranchée et le fauteuil dans lequel je venais de m'asseoir.

Sur l'écran, les images d'une année de lourdes incertitudes, l'album honteux des 
photos de tous ces évènements qui font de l'homme le plus redoutable prédateur de l'humanité.

Un long métrage de douze mois de violence et de corruption, l'histoire d'un veau d'or qui partout dans le monde engendre le plus réaliste des films d'horreur.

Le feuilleton d'une société aux urgences, malade de sa vanité, de sa gourmandise de pouvoir et dont les premières victimes sont ceux qui souffrent le plus de l'égoïsme des autres.

Et moi, comme tant d'autres, j'étais là, dans le confort de mon fauteuil et de ma famille, prêt à fêter avec des 
amis l'éternelle renaissance de l'amour et de la paix entre hommes de bonne volonté ! Quel paradoxe !

Mal à l'aise, je saisis le boîtier de télécommande et mis fin à la terrible rétrospective.

Instinctivement, je craquai une allumette et donnai vie au cierge de l'artisan.

La flamme chaude et lumineuse vacilla quelques secondes et puis se dressa, 
belle et régulière devant l'écran que j'avais volontairement aveuglé.

Complètement étranger au brouhaha des 
enfants et à l'intense activité de ma maîtresse de maison préférée, je me mis alors à comprendre le message du cierge de l'artisan du marché de Noël.


La flamme de ce cierge était lumineuse comme le soleil de l'autre côté d'un tunnel : elle était l'ESPOIR                  
              
La flamme de ce cierge était chaude comme le bien-être d'un véritable foyer :
elle était la FAMILLE.

La flamme de ce cierge était droite et semblait vouloir m'éclairer le temps qu'il faudrait :
elle était la 
BONNE VOLONTE.

La flamme de cierge était pure, sans fumée, sans odeur, sans bruit : 
elle était le RESPECT.

La flamme de ce cierge m'avait réconforté :
elle était la PAIX.

Toute cette 
nuit de Noël, elle diffuserait sa lumière au sein de notre famille, et à tous ceux qui ne la percevraient pas, je raconterais mon histoire du marchand de cierges.

Lorsque je me suis arrêté devant sa crèche, cet artisan savait que je pourrais comprendre le 
message du cierge de Noël.

Lorsque je lui ai souri, il avait estimé que je l'avais payé.

Le 
message de Noël ne se vend pas, il se donne, il se partage.

Pour tout 
homme capable d'oublier quelques instants son statut de consommateur pour offrir un sourire ou tendre une main, il y aura toujours un cierge de Noël.

Tout cela finalement était très simple.

Simple comme une flamme de bougie mais que l'émotion de Noël peut doter de la plus 
belle des facultés, celle de ranimer l'espoir...

Jean Marcelle