dimanche 21 octobre 2018

Histoire pour enfants


Comme moi ! Kylie Ward

Note : J’ai entendu cette histoire à l’église il y a 18 ans - je ne me souviens pas d’où elle venait mais je l’ai utilisée et racontée, et j’ai toujours eu des réactions positives. Au fur et à mesure, elle a changé et est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. L’idée est simple, c’est d’aller voir plus loin que notre bout du nez et de se mettre à la place des autres en communiquant avec eux.

Cette histoire peut être lue comme elle est écrite ; cependant, c’est mieux de la mimer. L’histoire a besoin de beaucoup de tons de voix et de gestes. Si elle est enregistrée, baisser le ton de voix pour démontrer l’humilité nécessaire aux changements. 1 personne peut faire les 4 caractères ou 4 personnes, chacune mimant une des parties de l’histoire. Il est possible aussi de se déguiser comme les animaux ou tout simplement en utilisant des masques. Cette histoire est drôle et touchante mais son message est clair, nous devons aller vers ceux qui ne sont pas comme nous, ou qui ne sont pas de notre famille - nous serons ainsi bénis. Il y a aussi des questions à la fin qui peuvent permettre au message de se dévoiler peu à peu.

Il était une fois une reine abeille qui était très belle. Elle s’ennuyait toute seule dans sa ruche. “Hmm,” se disait-elle. “J’aimerais bien jouer avec quelqu’un, quelqu’un comme moi. Beau, intelligent et gentil” alors qu’elle s’admirait dans le reflet de la fenêtre tout en criant pour appeler son fidèle serviteur abeille. “Oui Maître”, dit-il alors qu’il arriva péniblement, jambes enchaînées, en toussotant et essuyant son nez qui coulait. “Va et trouve-moi quelqu’un comme moi, avec qui je peux jouer. Beau, intelligent et gentil” disait-elle d’une voix douce mais trompeuse. Le serviteur abeille courut aussi vite que ses jambes enchaînées le lui permise. Il alla partout, loin et près, jusqu’à ce qu’il trouva une créature très intéressante - elle était noire avec 8 jambes. Quel genre de créature pouvait-il être ? Vous avez deviné - une araignée !!! “Votre Majesté, dit le serviteur abeille, “ Je vous ai amené quelqu’un avec qui vous pouvez jouer et qui est juste comme vous !”. La reine abeille fixa la créature. Elle fit une grimace comme si elle avait vu quelque chose d’horrible. “Fais-la partir et ramène-moi quelqu’un avec qui je peux jouer mais qui est tout comme moi. Beau, intelligent et gentil”, disait-elle d’une voix méchante. Le serviteur abeille s’essuya le nez et repartit. Il alla à nouveau partout et trouva le partenaire de jeu idéal - cette créature était magnifique et pleine d’énergie. Il s’est dit, cette fois j’ai trouvé le bon partenaire de jeu. Majesté, s’écria-t-il, “ J’ai trouvé quelqu’un qui peut jouer avec vous ”. Il s’arrêta, renifla et dit : “ Elle est belle !” La reine abeille stoppa son discours. “Ceci” dit-elle n’est pas beau. La créature était noire avec des ailes rouges marquées de points noirs. Quel genre de créature était-ce donc ? Oui, vous l’avez deviné - une coccinelle. Le serviteur abeille voyait bien que la reine abeille était très fâchée; elle s’en alla avec un visage plein de colère. On aurait dit qu’elle allait exploser. Elle s’approcha tout près du serviteur abeille : “Quelqu’un TOUT COMME MOI !!!” s’écria-t-elle : “ BEAU, INTELLIGENT ET GENTIL, MAINTENANT VA-T-EN !” Le serviteur abeille s’en alla sur les collines, sur les montagnes, à travers les vallées, jusqu’à ce qu’il trouve une créature comme l’abeille avec des ailes, pouvant voler et qui était toute noire. Quelle créature croyez-vous que c’était ? Oui, vous avez deviné - une mouche. Elle s’écria de toutes ses forces : “Beurk, beurk, beurk! Fais-la partir”. La reine abeille était très fâchée. “ Je veux quelqu’un tout comme moi. Je ne veux pas jouer avec quelqu’un qui n’est pas aussi beau et intelligent et gentil que MOI, rouspéta-t-elle. Elle tourbillonna dans tous les sens, jusqu’à en être épuisée. Elle commença à se sentir bien seule n’ayant toujours personne avec qui jouer... Soudain, elle entendit un bruit de la pièce d’à côté. Elle écouta et entendit des rires, des chants et des jeux. Elle se rapprocha de la porte en se demandant quelles abeilles pouvaient bien s’amuser comme ça... Elle ouvrit la porte juste un petit peu et regarda à travers la petite ouverture. Elle était complètement choquée ! Il y avait l’araignée, la coccinelle, la mouche et le serviteur abeille qui jouaient ensemble. “Comment cela est-il possible ?” Ces créatures ne viennent pas de la famille des abeilles. Comment peuvent-elles jouer ensemble ?” pensa-t-elle en les observant...ça ne gênait personne que serviteur abeille ne courre très vite, et quand il tombait, l’araignée l’aidait en utilisant toutes ses jambes. Lorsque dans un jeu il fallait voler, l’araignée n’ayant pas d’ailes, tout le monde se mettait d’accord pour n’utiliser que leurs pattes. Chacune avait sa place et elles s’amusaient tout le temps. Cela prenait du temps et de la réflexion vu leurs différences, mais elles trouvèrent toujours une solution. Alors que reine abeille observait, elle se rendit compte que ce qui se passait était merveilleux. Le fait que tout le monde était différent rendait les jeux encore plus drôles. Elle se regarda et compris qu’elle aussi était différente, elle était plus grande avec d’autres couleurs. Elle se demanda comment elle pourrait bien jouer. Elle espérait pouvoir, elle en avait vraiment envie. Elle ne pensa pas qu’elles voudraient maintenant jouer avec elle, elle n’avait pas été gentille. Mais peut-être, se disait-elle, je peux demander. “Ummmm excusez-moi” dit-elle d’une voix toute douce. “ Seriez-vous d’accord, j’étais juste en train de penser, est-ce que vous me laisseriez jouer avec vous ? Je sais que je suis un peu différente mais j’aimerais vraiment “. Le serviteur abeille en s’essuyant le nez comme d’habitude répondit :” Bien sûr, à ton tour de nous attraper” cria l’araignée alors que toutes les créatures coururent dans différentes directions.

Application :

Quelle créature es-tu ? Comment tu te sens lorsque les autres ne veulent pas jouer avec toi ? Comment c’est d’être différent ? Qu’est-ce qui se passe lorsqu’on joue tous ensemble ? Qui dans cette histoire a fait des efforts ? Comment penses-tu toi aussi faire des efforts ? Dieu nous a créés chacun unique et spécial. Nous sommes tous précieux et magnifiques à ses yeux. Dieu nous aime et veut que nous nous aimions. Tu sais, c’est drôle de jouer avec notre famille et des gens qui sont comme nous, mais on peut aussi s’amuser avec des gens différents qui viennent d’autres familles. Certains viennent de grandes familles et d’autres de petites familles. Il y a parfois des familles avec seulement 1 adulte et d’autres avec plusieurs adultes. Certaines familles ont beaucoup d’enfants et d’autres pas du tout. Bien que chaque famille soit différente, chacun peut participer, soutenir, aider ou jouer avec d’autres familles. Quand nous nous rapprochons d’autres familles, nous serons bénis par Dieu.

 Kylie Ward est responsable des Ministères de la famille et des enfants de l’union de la Nouvelle Zélande des adventistes du 7e jour.

samedi 20 octobre 2018

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc. 10, 35-45


Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.
En ce temps-là, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. » Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.     Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. »

Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »



Petit commentaire

Être un bon roi, ce n'est pas d'abord porter une couronne mais bien diriger, c'est-à-dire bien servir. Les deux apôtres se préoccupaient de la couronne. Jésus leur a montré ce qu'il fallait faire pour bien diriger. Ensuite, il a fait comprendre à tous les autres apôtres comment il fallait se comporter pour participer à sa royauté. Quand on sert un roi dont la couronne est faite d'épines, nos priorités deviennent différentes. On ne connait rien concernant l'âge de Jacques mais on sait que Jean était le plus jeune des apôtres. En considérant leur intervention, on peut croire que leur démarche était futile. Quand des jeunes veulent s'engager, ils montrent souvent un empressement exagéré et semblent s'occuper de détails très secondaires plutôt que de s'attacher à l'essentiel. Nous, les adultes, ne devons pas premièrement repousser leur élan mais le rediriger vers l'essentiel. Ce fut d'ailleurs l'action du Christ. Il faut considérer ce que Jean a fait plus tard. Lui le seul parmi les apôtres, il s'est tenu au pied de la croix avec Marie et il s'est ensuite occupé d'elle, «le disciple la prit chez lui.» (Jean 19, 27) Il est l'auteur du quatrième évangile et de trois épîtres pleines de sentiments très évangéliques. La tradition nous apprend qu'il est mort à un âge avancé et qu'il est toujours resté fidèle à sa vocation. Il est clair qu'il a bien compris la leçon de Jésus concernant l'importance de boire le calice et que la question des sièges de droite et de gauche était bien secondaire. L'essentiel, le véritable message de cette péricope évangélique c'est le service d'abord. Les disciples du Christ se doivent d'être des disciples missionnaires, des serviteurs de leurs frères et sœurs. Porter l'Évangile au monde avec tout le monde, les jeunes et les moins jeunes, c'est s'ouvrir aux autres, leur être sympathiques même s'ils sont indifférents ou même parfois antipathiques envers nous. «Père, pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font.» (Luc 23, 34)

I. OBSERVATIONS / QUESTIONS

1. Que demandent vraiment Jaques  et Jean? Que veulent-ils vraiment? Quels étaient ces "sièges"?
2. Dans quelle sorte de «gloire» envisagent-ils l'entrée de Jésus?
3. Qu'est-ce que “la coupe” et le “baptême” dont Jésus parle?
4. Qu'est-ce que Jésus veut dire par “m'asseoir à ma droite ou à ma gauche n'est pas à moi d'accorder… c'est pour ceux pour qui cela a été préparé”?
5. Pourquoi les 10 autres disciples se fâchent-ils contre la demande de James et John?
6. Quelle leçon les disciples auraient-ils déjà appris dans Marc 9:33?
7. Comment la compréhension de la grandeur, du pouvoir et de l'autorité de Jésus diffère-t-elle de celle des dirigeants païens?
8. Le titre de Fils de l'homme de Jésus utilisé dans le v. 45 a-t-il une signification?
9. Quel est le principal défi de Jésus dans ce passage? Quel point veut-il le plus faire comprendre à ses disciples?

Petit QCM sur la mission ! À vous de jouer...

«L’ Église étant tout entière missionnaire, et l’œuvre de l’évangélisation étant un devoir fondamental du Peuple de Dieu, le saint Concile invite tous les chrétiens à une profonde rénovation intérieure, afin qu’ayant une conscience vive de leur propre responsabilité dans la diffusion de l’ Évangile, ils assument leur part dans l’œuvre missionnaire auprès des nations.»(Vatican II, Ad gentes. 35).

1. Un missionnaire c’est :
a) un prêtre barbu
b) un voyageur international
c) quelqu’un qui annonce l’Évangile
d) un agent pastoral solidaire de l’humanité

2. Jésus a dit :
a) « Allez, développez tous les peuples !»
b) « Allez, faites des disciples et baptisez-les !»
c) « Allez, bon voyage et soyez prudent !»
d) « Allez voir à Katmandou si j’y suis !»

3. Combien y-a-il d’œuvres dans les Œuvres  Pontificales Missionnaires ?
a) 2
b) 4
c) 8
d) 16

4. Quel(le) saint(e) est vénéré(e) dans une chapelle de ND de Paris ?

a) Pauline Jaricot
b) Marie Madeleine
c) Georges Darboy
d) Paul Chen

5. En 1990, 472130 baptêmes étaient célébrés en France ; combien en 2015 ?
a) 128214
b) 262314
c) 403648
d) 492703

6. Entre 2005 et 2014, le nombre de baptisés dans le monde connaît une évolution :
a) -15%
b) -3%
c) +5%
d) +14%

7. Combien y a-t-il de prêtres dans le monde en 2015 ?
a) 138207
b) 303418
c) 415656
d) 638212

8. Qui est le (la) Saint(e) Patron(ne) des missions ?
a) Sainte Jeanne d’Arc
b) Saint François-Xavier
c) Saint Pierre Clavier
d) Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

9. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus est docteur de l’Église depuis :
a) 1925
b) 1950
c) 1981
d) 1997

10. Le nombre de circonscriptions ecclésiastiques catholiques dans le monde (diocèse, vicariat, préfecture apostolique) est en 2015 de :
a) 1002
b) 2004
c) 3006
d) 4008

Réponses : 1c quelqu’un qui annonce l’Évangile  – 2b « Allez, faites des disciples et baptisez-les !» – 3b 4 – 4d Paul Chen  – 5b 262314  – 6d  +14%  – 7c  415656 – 8b et 8d Saint François-Xavier, Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus – 9d  1997 – 10c 3006

https://www.opm-france.org/la-journee-missionnaire-mondiale/


jeudi 18 octobre 2018

L’ami pommier


Au sortir de la ville, dans une vieille maison timidement cachée au fond d’un beau jardin, vivait jadis un homme qui avait de bons yeux rieurs derrière ses petites lunettes rondes, et un air doux comme un mouton sous sa toison de boucles brunes.
      Il s’appelait François. Chaque matin, en se levant, François contemplait son arbre : un magnifique pommier qui poussait sous ses fenêtres. Rien qu’à le voir, si grand, si beau, il était heureux. Et chaque soir, en rentrant du travail, il passait des heures à regarder les oiseaux qui nichaient dans son feuillage.
      Car on ne s’ennuie pas à regarder les arbres : certains sont même de véritables magiciens. Au printemps, ils disparaissent sous un grand manteau de fleurs où butinent les abeilles. Au plus chaud de l’été, ils offrent leur ombre fraîche à tous ceux qui, le visage en feu, fuient le soleil brûlant.
      Puis, quand vient l’automne, ils lancent à la volée des gerbes de feuilles jaunes, rouges ou rousses qu’un vent fougueux éparpille au loin sur les trottoirs et les pavés… en attendant que l’hiver referme sur eux sa grande cape blanche.
 François aimait son arbre depuis toujours. Quand il était petit, il grimpait souvent dans ses branches et y restait caché lorsque sa maman l’appelait pour le dîner. Et maintenant qu’il avait grandi, le seul fait de l’admirer lui procurait toujours autant de joie. Il ne lui fallait rien de plus pour être heureux. Parfois, quelqu’un s’arrêtait derrière la clôture – le plus souvent un homme, ou une femme avec un enfant – et il les entendait dire : « Regarde, le bel arbre ! » Mais la plupart des gens, trop pressés, passaient sans le voir.
   Les années passèrent.


      François avait vieilli. De profonds sillons creusaient à présent son visage, et ses cheveux d’abord grisonnants, puis blancs, avaient fini par se clairsemer, emportés par le temps comme les feuilles par le vent. Seule sa barbe avait poussé, telle une longue écharpe de laine blanche. François était cependant toujours aussi heureux et ne se lassait pas d’observer son arbre et les oiseaux.
      S’il lui arrivait de surprendre des enfants en train de lui chiper des pommes, il riait de bon cœur en disant : « Les fruits volés sont toujours les meilleurs, pas vrai ? »
      Sur quoi les coupables, gênés, s’enfuyaient à toutes jambes.
  Mais un jour, un terrible malheur arriva. L’automne était de retour et un vent furieux faisait claquer les volets et voltiger les feuilles. Au-dessus des collines voisines, les nuages noirs semblaient si menaçants que chacun s’était empressé de rentrer chez soi. François ferma lui aussi sa fenêtre au premier éclair, mais il resta dans la pénombre à observer l’orage.
      Bientôt, d’énormes gouttes vinrent s’écraser contre la vitre, et l’averse s’abattit avec une telle force sur la petite ville qu’on eût dit qu’une main furieuse déversait sur elle un gigantesque tonneau. Déchiré d’éclairs, le ciel d’encre résonnait de coups de tonnerre, de plus en plus proches, de plus en plus violents.
      Et soudain, le cœur de François cessa de battre : dans un vacarme assourdissant, la foudre venait de tomber sur son pommier ! Sous ses yeux, le tronc se fendit dans un long craquement.
      Puis la pluie vint laver sa blessure.
      Quand l’orage s’éloigna, il laissa derrière lui un bien triste spectacle. Le pommier, jadis si beau, était là, tout pantelant, plus biscornu encore que la vieille maison. Du haut des branches jusqu’aux racines, une longue cicatrice entaillait le tronc.
      « Ça fait mal, je sais », murmura François pour le consoler, tout en caressant l’écorce calcinée. L’arbre gémissait à voix basse. Et si les hommes savaient que les arbres pleurent, eux aussi, François aurait sans doute remarqué les perles d’eau qui scintillaient le long du tronc.
Le printemps suivant fut chaud et ensoleillé. Les oiseaux chantaient à tue-tête. Seule sur le ciel bleu, se détachait la triste silhouette sombre et noueuse du pommier. Des feuilles minuscules avaient bien repoussé sur ses branches, çà et là, ainsi que quelques fleurs dans lesquelles butinaient les abeilles comme autrefois.
      Mais l’arbre avait beau faire, il n’avait plus la force de retrouver sa beauté d’antan. Sa plaie béante le faisait souffrir dès qu’un rayon de soleil l’effleurait ou que le temps changeait.
      Mais ce n’était pas le pire…
      Ces derniers temps, les gens qui passaient s’arrêtaient souvent pour le regarder et, l’air dédaigneux, le traitaient d’horreur ou bien d’affreux épouvantail.
      « C’est une honte, il faut l’abattre ! » lança un jour une femme. Et quelqu’un renchérit, disant qu’il serait temps de le remplacer par un parking ou un joli gazon.
      Plus triste de jour en jour, l’arbre arrosait tant de ses larmes les quelques fleurs qui lui restaient qu’elles fanèrent plus vite encore. François était furieux d’entendre les gens parler ainsi.
      Il aimait son arbre tel qu’il était et, chaque soir, allait caresser son écorce tout en guettant le chant des oiseaux dans ses branches mortes.
      « Allez-vous-en ! » criait-il parfois, hors de lui, en chassant les mauvaises langues à grands coups de balai. Mais en vain.
      Le lendemain, d’autres passants s’arrêtaient et le critiquaient de plus belle.

Alors un jour, François se décida.
      De bon matin, il partit sur son vieux vélo rouillé, souriant si gaiement en pédalant que ses voisins s’en étonnèrent. Quelques heures plus tard, il revint chargé d’un gros paquet qu’il déposa au jardin. Puis il alla chercher sa pelle et se mit à creuser avec ardeur au pied du pommier, ne s’arrêtant pour se reposer que lorsque le trou fut bien profond. Et dans ce trou, François planta un tout jeune pommier qui arrivait à peine à la hauteur de sa barbe blanche.
      « Il s’est enfin décidé à arracher ce vieil arbre ! » se dirent les gens.
 Mais François se contenta de sourire. Il recouvrit les racines du petit arbre, l’arrosa avec soin, et alla ranger sa pelle.
      Printemps, étés, automnes, hivers se succédèrent à nouveau. François avait désormais le dos vouté et passait le plus clair de son temps assis à la fenêtre, le sourire aux lèvres.
      Au jardin, le petit pommier était devenu un arbre splendide qui portait tant de fruits que François ne pouvait plus les manger tout seul.
      Et le vieil arbre était toujours là, lui aussi, tout contre lui.
      Soutenu par les branches vigoureuses de son jeune voisin, il vivait là des jours heureux, paisible et tranquille.

Chaque année, il voyait avec joie renaître quelques feuilles et des fleurs sur ses branches. Et il riait en secret quand un enfant, de temps à autre, volait aussi l’une de ses rares pommes qu’il lui restait.
      La plupart des gens, toujours pressés, passaient sans les voir. Mais parfois, quelqu’un s’arrêtait et les contemplait longuement, tous les deux.
      Un soir d’automne, le vieil arbre sentit soudain une main amie sur son écorce rugueuse.
      Le vieux François était venu le voir sans bruit.
      Tout bas, il lui parla.
      Alors, en silence, l’arbre inclina ses branches.
      Lui aussi l’avait senti : l’hiver approchait.
      Il était temps de se reposer.
      Tandis que les premiers flocons voltigeaient aux fenêtres et que François s’allongeait bien au chaud dans son lit, le vieil arbre s’assoupit au jardin.

    Et les deux amis s’endormirent en rêvant du printemps.
  
Bruno Hächler
L’ami pommier
Zurich, Nord-Sud, 1999


mercredi 17 octobre 2018

L'Homme Riche et le Mendiant par Toine


Il était une fois un homme riche. Riche mais démesurément riche. Riche mais désespérément riche car, comme disent... surtout les riches, l'argent ne fait pas le bonheur.

Cet homme riche avait cinq palais plus magnifiques les uns que les autres, avec des écuries pleines de pur- sang de toutes les couleurs, et des myriades de serviteurs. Il avait des collections de bijoux, de meubles, de timbres rares, un parc plein d'animaux, un garage rempli de voitures de collection. Il avait à son service des comédiens et des musiciens qui jouaient où et quand il le voulait, et un harem plein de femmes les plus belles qu'on puisse imaginer. Mais pourtant il s'ennuyait. Alors il aimait aller se promener dans les rues de sa ville, et chiner sur les marchés pour agrandir sa collection.

Un jour, il a vu sur un étal une coupe, d'un or si fin qu'il s'est dit qu'elle était faite pour lui.
- Combien pour cette coupe, marchand ? Je la prends !
Le marchand, un vieil homme, l'a regardé de bas en haut :
- Je suis désolé mais elle n'est pas à vendre.
- Je t'en offre 10 pièces d'or... 20 pièces d'or même...
- Je vous dis qu'elle n'est pas à vendre !
- 100 pièces d'or ! .... 500 et n'en parlons plus ...
- Je suis désolé c'est un cadeau qu'on m'a fait je ne la vends pas.
- Je vous l'échange contre des bijoux... des meubles !... un pur- sang ! ... une rolls ! .... un palais ! ... un harem !

- Vraiment désolé monsieur, je pourrais vous la donner si vous étiez vraiment dans le besoin, mais il n'est pas question que je l'échange.

Le riche est rentré chez lui, ne cessant de penser à la coupe. Il a essayé de se distraire, avec ses comédiens, ses musiciens, son harem, mais toujours il repensait à elle. Il n'avait jamais manqué de rien, alors ce qui lui manquait lui manquait plus que tout. Vraiment, il ne désirait rien d'autre.

"Le vieil homme a dit qu'il me donnerait cette coupe si j'étais vraiment dans le besoin... Je n'ai qu'à abandonner mes biens, je deviendrai pauvre !"

Alors le riche a vendu ses bijoux, ses meubles, ses timbres rares, ses voitures, ses palais avec musiciens, comédiens et harem en prime, donnant tout l'or qu'il récoltait aux bonnes oeuvres. Et plus il se débarassait de choses plus il se sentait léger, léger... Finalement il n'a gardé que ses habits de riche, car il était tout de même attaché à un certain standing, et il a descendu les rues de sa ville en chantant : "Je suis pauvre ! Je suis pauvre ! Je vais avoir la coupe ! Je suis pauvre", bousculant sans même y faire attention un mendiant en arrivant sur le marché.

Il est arrivé devant le marchand :
- Ca y est, je suis pauvre, je peux avoir la coupe ?
Le vieil homme l'a regardé de bas en haut...
- Hum, tout d'abord jeune homme vous ne m'avez pas l'air bien pauvre... Ensuite, je suis vraiment désolé, mais cette coupe je ne l'ai plus.
- Comment ça vous ne l'avez plus ? Vous aviez dit que vous ne la vendriez pas !
- Oui... Je l'ai donné à un pauvre hère, l'homme que vous venez de bousculer.
- Quoi ? Comment avez-vous osé !? Vous l'avez donnée à n’importe quelle mendiant alors que moi j'ai tout sacrifié, abandonné toutes mes richesses pour elle !!

L'homme riche, enfin l'ex-homme riche a manqué de frapper le vieillard, puis se ravisant est parti en courant, essayer de rattraper le mendiant.

Il l'a cherché toute la journée dans les rues de la ville, mais ne l'a pas trouvé. Alors il s'est dit qu'il n'avait plus de choix que d'essayer d'oublier cette coupe en or si fin. Rentrer chez lui, essayer de se distraire, convoquer ses comédiens, son harem et ses musiciens... Mais quand il est rentré à son palais, ses propres serviteurs l'ont jeté dehors, il avait vendu son palais. Et il n'y avait personne pour vouloir le distraire, il ne pouvait pas payer.

Il a essayé d'emprunter à ses amis, de l'argent pour repartir dans la vie. Mais iriez- vous prêter de l'argent à quelqu'un qui le jette par les fenêtres ? L'ancien homme riche s'est vite rendu compte qu'il n'avait que des anciens amis de riche, qu'il ne pouvait compter sur personne.

Alors il a quitté la ville. Il est parti sur les routes. Il a dû survivre, apprendre à travailler de ses mains. Faire toutes sortes de travaux d'autant plus rudes qu'il n'y était pas habitué. Et finalement, le dos rompu, les muscles déchiré, il en a été réduit à mendier. A aller de ville en ville tendre la main aux passants...

Et c'est comme ça qu'un jour il est revenu dans sa ville natale, et qu'il a vu sur un étal... La coupe, qui semblait ne pas avoir bougé. Toujours aussi brillante, qui le narguait de son or si fin. Décidément, comme elle était belle. Mais l'homme n'était plus qu'un pauvre mendiant alors, quand le marchand lui a demandé ce qu'il voulait il a simplement dit :

"Donne- moi ce que tu voudras bien me donner."

Le marchand qui a vu qu'il regardait la coupe avec convoitise la lui a tendu.

Et l'ancien riche s'est senti plus riche qu'il ne l'avait jamais été. Vraiment il n'avait jamais désiré qu'elle. Il a serré la coupe contre son coeur, a remercié le marchand, et est parti en gambadant. Tellement heureux qu'il n'a pas fait attention à un homme habillé richement qui l'a bousculé en chantant : "Je suis pauvre ! Je suis pauvre ! Je suis pauvre !".

lundi 15 octobre 2018

Jayda


Il était un jour une jeune fille nommée Jayda. Elle n’avait aucun bien sur terre, sauf ses deux mains, son corps agile et son regard sans cesse étonné par la lumière du monde. Elle vivait dans une hutte de branches au bord d’un ruisseau, se nourrissait de l’eau que lui donnait la source, des fruits que lui donnaient les arbres. Sa pauvreté était rude mais elle ne s’en plaignait pas. Elle l’estimait ordinaire. Elle ignorait qu’en vérité un esprit maléfique l’avait prise en haine et s’acharnait sans cesse à faire trébucher ses moindres espérances, troubler ses moindres bonheurs, à tout briser de ce qui lui était destiné, pour qu’elle n’ait rien, et qu’elle en meure.

Or un matin, comme Jayda dans la forêt faisait sa cueillette d’herbes pour sa soupe quotidienne, elle découvrit dans un buisson une ruche sauvage abandonnée par ses abeilles. Elle s’agenouilla devant elle, vit qu’elle était emplie de miel tiédi par le soleil. L’idée lui vint de le recueillir. Elle pensa, bénissant le ciel : “J’irai vendre cette belle provende au marché de la ville, j’en gagnerai assez pour traverser l’hiver sans peine ni souci.” Elle courut chez elle, prit une cruche , s’en revint au buisson et la remplit de miel. Alors l’esprit méchant qui veillait à sa perte sentit se ranimer sa malfaisance quelque peu endormie par la monotonie des jours. Comme Jayda s’en retournait, sa récolte faite, il ricana trois fois, esquissa autour d’elle un pas de danse invisible, empoigna une branche au-dessus du sentier, et agitant cette arme de brigand, comme passait la jeune fille il brisa la cruche qu’elle portait sur l’épaule. Le miel se répandit dans l’herbe poussiéreuse. L’esprit mauvais, content de lui, partit d’un rire silencieux, se tenant la bedaine et se battant les cuisses, tandis que Jayda soupirait et pensait : “ Quelle maladroite je suis ! Allons, ce miel perdu nourrira quelque bête. Pour moi, Dieu fasse que demain soit meilleur qu’aujourd’hui.” Elle s’en retourna, légère, les mains vides.
Comme elle parvenait en vue de sa cabane elle s’arrêta, tout à coup sur ses gardes. Un cavalier venait entre les arbres, au grand galop. A quelques pas d’elle il leva son fouet, le fit tournoyer, traversa le feuillage d’un mûrier, fit claquer sa lanière sur la croupe de sa bête et lui passa devant, effréné, sans la voir. De l’arbre déchiré tomba une averse de fruits. “Bonté divine, pensa Jayda, le Ciel a envoyé cet homme sur ma route. Voilà qu’il m’offre plus qu’une cruche de miel !”. Elle emplit son tablier de mûres et reprit vivement le chemin du marché. Aussitôt, l’invisible démon qui n’avait cessé de la guetter se mit à s’ébouriffer, pris de joie frénétique, à se gratter sous les bras comme font les singes, puis se changeant en âne il s’en vint braire auprès de Jayda. Elle le caressa entre les deux oreilles. Il en parut content. Il l’accompagna jusqu’au faubourg de la ville. Là elle fit halte un instant au bord de la grand-route pour regarder les gens qui allaient et venaient. L’hypocrite baudet, la voyante captivée, profita de l’aubaine. D’un coup sec du museau dans le panier il fit partout se répandre la provision, et se roulant dedans la réduisit en bouillie sale. Après quoi, satisfait, il s’en fut vers le champ. “Tant pis, se dit Jayda. On ne peut tout avoir. J’ai l’affection des ânes, un vieux croûton de pain m’attend à la maison. Mes malheurs pourraient être pires.”

Or, tandis qu’elle s’apprêtait à rebrousser chemin, vint à passer la reine du pays dans son carrosse bleu orné de roses peintes. Elle vit les mûres répandues, l’âne trottant, l’échine luisante de suc. Elle en fut prise de pitié. “Pauvre enfant, se dit-elle, comme le sort la traite durement !” Elle ordonna à son cocher de faire halte et invita Jayda à monter auprès d’elle. La reine fut tant émue par l’innocence de cette jeune fille qui n’osait rien lui dire qu’elle lui fit offrir une demeure de belle pierre. Jayda s’y installa, et devint bientôt une heureuse marchande. Mais le mauvais génie veillait, ruminant des fracas. Il découvrit un jour où étaient les biens les plus précieux de sa maison : dans une remise, derrière le logis. La nuit venue, il y mit le feu. Jusqu’au matin il dansa autour de l’incendie, sans souci de roussir les poils de ses genoux. A l’aube, il ne restait que cendres et poutres noires où s’était élevée une belle bâtisse. Jayda, contemplant ce désastre, se dit que décidément elle n’était pas faite pour la richesse. Elle s’assit sur une pierre chaude. Alors elle vit une colonne de fourmis qui transportaient leur réserve de blé, grain par grain, de dessous les gravats en un lieu plus propice. Jayda pour les aider, souleva un caillou qui encombrait leur route, et se vit aussitôt éclaboussée d’eau fraîche. Sous la pierre bougée se cachait une source. Les gens autour d’elle assemblés s’émurent et s’extasièrent. Une vieille prophétie avait situé en ces lieux une fontaine de vie éternelle que personne n’avait jamais su découvrir. Le grimoire disait que seule la trouverait un jour, après un incendie, au bout de longues peines, une jeune fille autant aimante qu’indifférente à ses malheurs. Cette jeune fille était enfin venue. On lui fit une grande fête. Jayda depuis ce temps est la gardienne de cette source, la plus secrète et la plus désirable du monde. A ceux qui viennent la voir, s’ils savent aimer, et s’ils savent que le malheur ne vaut pas plus que poussière emportée par le vent, on dit qu’elle offre à boire l’immortalité dans le creux de ses mains.

Extrait de Contes des sages soufis de Henri Gougaud, seuil.

dimanche 14 octobre 2018

Un conte


Nous allons vous raconter un conte. Peu importe d’ailleurs si c’est un conte ! Chacun le prend comme il le ressent. »

Ils me montrent un lieu merveilleux, un autre monde qui est toujours dans la réjouissance, dans la paix, dans la joie. Sur ce monde, il n’y a pas besoin d’y avoir un jour comme Noël, un anniversaire ou ce que vous appelez le nouvel an pour se réunir, pour faire la fête, pour être heureux. Sur le monde que je perçois, les êtres sont toujours en fête dans leur cœur, ils sont toujours dans la sérénité, dans la paix, dans la joie.  Je vois un couple avec un enfant.

« Les parents disent à l’enfant : veux-tu venir avec nous ? Nous allons te montrer un monde qui s’éveille.

L’enfant est très réjoui d’aller avec ses parents. Ils montent donc dans une magnifique sphère de lumière et quittent leur monde. Très rapidement, ils traversent leur système solaire, leur galaxie, et s’approchent d’un autre système solaire.

Les parents disent à l’enfant : vois-tu cette toute petite planète, cette minuscule planète qui brille d’un pâle reflet, mais qui brille tout de même ? C’est vers ce monde que nous te conduisons pour que tu puisses comprendre l’aide que tu pourras apporter quand tu seras un peu plus grand.

L’enfant répond : ce monde est minuscule ! Y a-t-il des habitants sur ce monde ? Les parents répondent : oh oui ! Il y en a tellement que tu serais dans l’incapacité de les compter ! Même nous qui pouvons compter avec une rapidité inimaginable ne pourrions pas le faire ! L’enfant répond : pourquoi y a-t-il tant d’êtres humains sur ce monde ? Ce n’est pas normal ! Sur notre monde, il n’y a pas plus d’êtres humains que l’harmonie veut qu’il y en ait ! Les parents répondent : le monde où nous te menons est une immense école où se trouvent des êtres venant de tous les coins de l’Univers. L’enfant demande : y en a-t-il de notre monde ? Les parents disent : non ! Ce monde est trop difficile pour nous ! La seule chose que nous pouvons faire et que nous faisons, c’est venir l’aider. Comment pouvons-nous l’aider ?  Demande l’enfant. Ses parents répondent : nous allons te montrer comment nous pouvons aider les hommes.

Le vaisseau se rapproche de plus en plus de la Terre et l’enfant commence à être étonné. Il ressent certaines énergies qui le perturbent. Il dit à ses parents : que se passe-t-il ? Pourquoi, dans mon cœur, est-ce que je commence à ressentir un peu de tristesse, un peu de souffrance ? Je ne connais pas cela ! Que cela veut-il dire ?

Le père lui répond : tu es maintenant suffisamment grand pour qu’à ton tour tu puisses comprendre, tu puisses aider. Afin que tu ne souffres pas des énergies émanant de ce monde, entoure-toi d’un grand cocon de lumière dorée. Pour l’instant tu es là en observateur, tout simplement. Nous n’avons rien à craindre car nous savons ce que nous devons faire pour ne pas être perturbés par les énergies émanant de ce monde.

Le vaisseau s’approche maintenant et fait tout le tour de la Terre. L’enfant dit : je ressens de la tristesse, et cependant qu’est-ce que ce monde est beau ! Pour quelles raisons les gens qui vivent sur ce monde sont-ils si malheureux ? Pourquoi ne connaissent-ils pas la gaîté comme nous la connaissons sur notre monde ? Pourquoi y a-t-il tant de souffrance ? Cette planète est pourtant tellement belle !

Les parents répondent : parce que beaucoup d’êtres humains vivant sur ce monde sont encore endormis, ils n’ont pas encore subi l’éveil. L’enfant dit : je pensais que sur toutes les planètes, sur tous les mondes habités, les êtres étaient éveillés, que partout, dans l’Univers, les êtres étaient heureux, qu’ils honoraient la Source, qu’ils honoraient la vie ! C’est vraiment surprenant de venir sur ce monde !

Les parents répondent : c’est notre travail maintenant, et bientôt ce sera ton travail. Nous qui avons la chance de vivre sur des mondes de paix, d’harmonie, de sérénité et d’Amour devons aider nos petits frères qui sont encore endormis. Nous devons aussi nous protéger des émanations de souffrance, de violence qui émanent de leur monde. La seule protection réelle est l’Amour !

L’enfant dit alors à ses parents : moi aussi j’ai beaucoup d’Amour ! Pourquoi ai-je ressenti cette souffrance ? Le père répond : ton Amour n’est pas encore suffisamment stabilisé, suffisamment fort pour constituer une protection. Sur les mondes d’où nous venons nous n’avons à nous protéger de rien ni de personne car tout est Lumière, tout est beauté, tout est Amour. L’enfant dit alors : quand ce monde deviendra-t-il Lumière ? Quand deviendra-t-il comme le nôtre ? Les parent répondent : très bientôt mon fils, très bientôt !

Que pouvons-nous faire pour aider ce monde afin qu’il ne soit plus jamais malheureux ? Les parents répondent : aimer, envoyer tout l’Amour dont nous sommes capables ! Toi aussi, mon fils, envoie tout ton Amour à ce monde !

L’enfant est très perplexe parce qu’il a toujours été habitué à donner de l’Amour là où il se trouve, sur son propre monde, mais à donner de l’Amour à ceux qui en ont déjà ! C’est un échange, c’est tout naturel ! Il est très surpris de constater que sur ce monde les gens ne s’aiment pas, tout du moins qu’ils n’ont pas conscience de s’aimer.

Les parents conduisent maintenant leur vaisseau de lumière au-dessus d’une grande ville. Ils disent : mon fils, maintenant tu vas apprendre à donner ce qu’il y a de plus beau, de plus sacré en toi ! Vois-tu comme cette ville est sombre ? Vois-tu comme ces gens sont tristes et malheureux ? Entre comme nous en méditation et projette sur eux et sur cette ville les merveilleuses énergies d’Amour qui sont dans ton cœur. Tu verras le résultat !

L’enfant est très surpris, mais il fait comme le demande son Père et se met en méditation. Il émane de lui des projections roses, des projections dorées, et il continue encore et encore parce qu’il voit que l’Amour qui émane de son cœur pur commence à éclairer un tout petit peu cette ville, il commence à sentir que les énergies s’allègent et qu’il y a un tout petit peu moins de souffrance. Ses parents font de même, et projettent sur cette ville et tous ses habitants des flots et des flots de lumière dorée, de lumière rose, des flots et des flots d’Amour.

L’enfant dit à ses parents : c’est absolument merveilleux de projeter de l’Amour de cette façon ! J’aime aider ! Je suis infiniment heureux que vous m’ayez amené sur ce monde ! Je veux faire comme vous, aimer, aider, aider tous ces gens à s’éveiller car lorsqu’ils seront éveillés ils seront tellement heureux ! Ils comprendront, ils n’auront plus de souffrance !

Les parents sont ravis de voir que leur fils a compris, qu’il est maintenant prêt à donner ce qu’il y a de plus beau en lui-même, qu’il est prêt à aider les mondes qui s’éveillent. Ils disent :
Maintenant  nous allons quitter ce monde. Nous voulions simplement faire une toute petite incursion sur ce monde qui s’éveille pour te montrer à quel point notre mission est importante. Le travail que nous avons accompli en très peu de temps va permettre à ceux qui sont suffisamment réceptifs de s’ouvrir à l’Amour, de s’éveiller davantage, et eux pourront continuer le travail que nous avons commencé, les ouvertures que nous avons faites dans leur cœur Nous devons cependant doser l’énergie Amour que nous projetons sur ce monde. Il faut que l’éveil se fasse en douceur. Il ne faut pas bousculer les êtres qui s’éveillent parce que l’effet attendu serait contraire à celui que nous espérons.

Maintenant les parents et l’enfant quittent ce monde. L’enfant est un petit peu triste et dit à ses parents : je voudrais tellement encore et encore donner de l’Amour ! J’aimerais tellement que ces êtres soient aussi heureux que nous, qu’ils connaissent la sérénité, la fraternité et la joie, qu’au lieu d’être tristes ils s’ouvrent à une plus grande conscience et se relient à la Source qui nous unit tous, qui unit les mondes d’Amour et de fraternité !

Le vaisseau de lumière quitte ce monde et retourne tout doucement vers son propre monde. L’enfant est émerveillé. Il a pu fait ce qu’il n’avait jamais fait sur son monde : donné de l’Amour à ceux qui en ont réellement besoin, permettre, par ce don d’Amour, que des êtres s’éveillent !

Quel est le plus beau don que celui-ci ? Le don d’Amour que nous pouvons faire afin de permettre à ceux qui reçoivent cet Amour Inconditionnel, Universel, de s’éveiller, de se réveiller !

« Voilà le conte que nous désirions partager avec vous. Est-ce un conte ? Est-ce une réalité ? C’est à vous de choisir ! »

Monique Mathieu