jeudi 7 décembre 2017

LES MOTS ONT UN POUVOIR IMMENSE SUR NOS VIES. CE CONTE DE JACQUES SALOMÉ DANS LEQUEL VOUS POUVEZ AISÉMENT REMPLACER FILLE PAR GARÇON, PARLERA À TOUS.

Il était une fois une petite fille qui ne trouvait jamais les mots pour dire ce qu’elle ressentait.
Chaque fois qu’elle tentait de s’exprimer, de traduire ce qui se passait à l’intérieur d’elle, elle éprouvait comme une sorte de vide. Les mots semblaient courir plus vite que sa pensée. Ils avaient l’air de se bousculer dans sa bouche mais n’arrivaient  pas à se mettre ensemble pour faire une phrase.
Dans ces moments- là, elle devenait agressive, violente, presque méchante. Et des phrases toutes faites, coupantes, cinglantes sortaient de sa bouche. Elles lui servaient uniquement à couper la relation qui aurait pu commencer :
– De toute façon tu ne peux me comprendre. 
– Ça sert à rien de dire. 
– C’est des bêtises de croire qu’il faut tout dire ! 
D’autres fois, elle préférait s’enfermer dans le silence, avec ce sentiment douloureux  que de toute façon personne ne pouvait savoir ce qu’elle ressentait, qu’elle n’y arriverait jamais. Que les mots ne sont que des mots.
Mais tout au fond d’elle- même, elle était malheureuse, désespérée, vivant une véritable torture à chaque tentative de partage. Un jour, elle entendit un poète qui disait à la radio:
– Il y a chez tout être humain un Chemin des Mots qu’il appartient à chacun de trouver.
Et dès le lendemain, la petite fille décida de partir sur le Chemin des Mots qui était à l’intérieur d’elle. 
La première fois où elle s’aventura sur le Chemin des Mots, elle ne vit rien. Seulement des cailloux, des ronces, des branchages, des orties et quelques fleurs piquantes. Les mots du Chemin des Mots semblaient se cacher, paraissaient la fuir.
La seconde fois où elle chemina sur le Chemin des Mots, le premier mot qu’elle vit sur la pente d’un talus fut le mot « Oser ». Quand elle s’approcha, ce mot osa lui parler. Il lui dit d’une voix exténuée :
– Veux tu me pousser un peu plus haut sur le talus ?
Elle lui répondit :
– Je crois que je vais t’emmener très loin dans ma vie.
Une autre fois, elle découvrit que les mots étaient comme des signes sur le bord du chemin et que chacun avait une forme et un sens particulier.
Le deuxième mot qu’elle rencontra fut le mot « Vie ». Elle le ramassa, le mit contre son oreille. Tout d’abord, elle n’entendit rien mais en retenant sa respiration, elle perçut comme un petit chuchotement:
– Je suis en toi, je suis en toi.
Et plus bas encore:
– Prends soin de moi.
Mais là, elle ne fut pas très sûre d’avoir bien entendu.
Un peu plus loin sur le Chemin des Mots, elle trouva un petit mot tout seul, recroquevillé sur lui-même, tout frileux comme s’il avait froid. Il avait vraiment l’air malheureux, ce mot -là. Elle le ramassa, le réchauffa un peu, l’approcha de son cœur et entendit un grand silence.
Elle le caressa et lui dit:
– Comment tu t’appelles, toi ? 
Et le petit mot qu’elle avait ramassé lui dit d’une voix nouée :
– Moi, je suis le mot « Seul ». Je suis vraiment tout seul. Je suis perdu, personne ne s’intéresse à moi, ni ne s’occupe de moi.
Elle serra le petit mot contre elle, l’embrassa doucement et poursuivit sa route. Près d’un fossé, sur le Chemin des Mots, elle vit un mot à genoux, les bras tendus. Elle s’arrêta, le regarda et c’est le mot qui s’adressa à elle : 
– Je m’appelle  » Toi », lui dit-il. Je suis un mot très ancien mais difficile à rencontrer car il faut me différencier sans arrêt des autres. 
La petite fille le prit en disant :
– J’ai envie de t’adopter,  » Toi », tu seras un bon compagnon pour moi.
Sur le Chemin des Mots elle rencontra d’autres mots qu’elle laissa à leur place. Elle chercha un mot tout joyeux, tout vivant. Un mot qui puisse scintiller dans la nuit de ses errances et de ses silences. Elle le trouva au creux d’une petite clairière. Il était allongé de tout son long, paraissant détendu, les yeux grands ouverts.
Il avait l’air d’un mot tout à fait heureux d’être là. Elle s’approcha de lui, lui sourit et dit :
– C’est vraiment toi que je cherchais, je suis ravie de t’avoir trouvé. Veux- tu venir avec moi ?
Il répondit:
– Bien sûr, moi aussi je t’attendais…
 Ce mot qu’elle avait trouvé était le mot  » Vivra ».
Quand elle rassembla tous les mots qu’elle avait recueillis sur le Chemin des Mots, elle découvrit avec stupéfaction qu’ils pouvaient faire la phrase suivante : « Ose ta vie, toi seule la vivras. »
Elle répéta plus lentement :  « Ose ta vie, toi seule la vivras. »
Depuis ce jour, la petite fille prit l’habitude d’aller se promener sur le Chemin des Mots. Elle fit ainsi des découvertes étonnantes et ceux qui la connaissaient furent très surpris d’entendre tout ce que cette petite fille avait à l’intérieur d’elle. Ils furent étonnés de toute la richesse qu’il y avait dans une petite fille très silencieuse.
Ainsi se termine le conte de la petite fille qui ne trouvait jamais les mots pour se dire.

lundi 4 décembre 2017

Lettre de Jésus...

Chers amis

 Comme vous le savez tous, la date de mon anniversaire approche. Tous les ans, il y a une grande célébration en mon honneur et je pense que cette année encore cette célébration aura lieu.
Pendant cette période, tout le monde fait du shopping, achète des cadeaux, il y a plein de publicité à la radio et dans les magasins, et tout cela augmente au fur et à mesure que mon anniversaire se rapproche. C’est vraiment bien de savoir, qu’au moins une fois par an, certaines personnes pensent à moi. Pourtant je remarque que si au début les gens paraissaient comprendre et semblaient reconnaissants de tout ce que j’ai fait pour eux, plus le temps passe, et moins ils semblent se rappeler la raison de cette célébration. Les familles et les amis se rassemblent pour s’amuser, mais ils ne connaissent pas toujours le sens de la fête.

Je me souviens que l’année dernière il y avait un grand banquet en mon honneur. La table de salle à manger était remplie de mets délicieux, de gâteaux, de fruits et de chocolats. La décoration était superbe et il y avait beaucoup de magnifiques cadeaux emballés de manière très spéciale. Mais vous savez quoi ? Je n’étais pas invité... J’étais en théorie l’invité d’honneur, mais personne ne s’est rappelé de moi et ils ne m’ont pas envoyé d’invitation. La fête était en mon honneur, mais quand ce grand jour est arrivé, on m’a laissé dehors, et ils m’ont fermé la porte à la figure... et pourtant moi je voulais être avec eux et partager leur table. En réalité, je n’étais pas surpris de cela car depuis quelques années, toutes les portes se referment devant moi.

 Comme je n’étais pas invité, j’ai décidé de me joindre à la fête sans faire de bruit, sans me faire remarquer. Je me suis mis dans un coin, et j’ai observé. Tout le monde buvait, certains étaient ivres, ils faisaient des farces, riaient à propos de tout. Ils passaient un bon moment. Pour couronner le tout, ce gros bonhomme à la barbe blanche est arrivé, vêtu d’une longue robe rouge, et il riait sans arrêt : ’ho ho ho !’ Il s’est assis sur le sofa et tous les enfants ont couru autour de lui, criant "Père Noël ! Père Noël !", comme si la fête était en son honneur ! A minuit, tout le monde a commencé à s’embrasser ; j’ai ouvert mes bras et j’ai attendu que quelqu’un vienne me serrer dans ses bras et... vous savez quoi... personne n’est venu à moi.

 Soudain ils se sont tous mis à s’échanger des cadeaux. Ils les ont ouvert un par un, en grande excitation. Quand tout a été déballé, j’ai regardé pour voir si, peut-être, un cadeau était resté pour moi. Qu’auriez- vous ressenti si, le jour de votre anniversaire, tout le monde s’échangeait des cadeaux et que vous n’en receviez aucun ?

 J’ai enfin compris que je n’étais pas désiré à cette soirée et je suis parti silencieusement.
 Tous les ans ça s’empire. Les gens se rappelle seulement de ce qu’ils boivent et mangent, des cadeaux qu’ils ont reçu, et plus personne ne pense a moi. J’aurais voulu pour la fête de Noël cette année, que vous me laissiez rentrer dans votre vie. J’aurai souhaité que vous vous rappeliez qu’il y a plus de 2000 ans de cela, je suis venu au monde dans le but de donner ma vie pour vous, et en définitive pour vous sauver.

 Aujourd’hui je souhaite seulement que vous croyiez à cela de tout votre coeur. Comme nombreux sont ceux qui ne m’ont pas invité à leur fête l’an passé, je vais cette fois organiser ma propre fête et j’espère que vous serez nombreux à me rejoindre.

 En guise de réponse positive à mon invitation, envoyez ce message au plus grand nombre de personne que vous connaissez. Je vous en serai éternellement reconnaissant.

 Je vous aime très fort !

 Jésus

samedi 2 décembre 2017

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 13, 33-37

 Se tenir prêts pour le retour du Seigneur

 
En ce temps-là, Jésus disait  à ses disciples : <
Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin; s’il arrive  à l'improviste il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.  Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! ``>>

Réflexion

Le temps de l'Avent désigne les semaines qui précèdent Noël: du premier dimanche de l'Avent, 3 décembre cette année jusqu'à la veille de Noël.

Entrer dans l'Avent, c'est partager avec d'autres une espérance de bonheur pour ce monde et agir pour ce bonheur.

Entrer dans l'Avent, c'est se tenir prêt, être un veilleur : si Dieu vient frapper à notre porte, serons-nous prêts à l'accueillir?

Entrer dans l'Avent, c'est avoir envie que Dieu vive dans le cœur de tous les hommes. Noël n'est donc pas une fête du passé, comme on pourrait l'imaginer, mais une fête du présent et de l'avenir...

Entrer dans l’Avent, c’est faire de la place en nous pour accueillir Dieu qui prend notre condition humaine pour nous accompagner chaque jour de notre vie.


Entrer dans l’Avent, c’est se laisser habiter par la joie et la paix et en devenir le modeste témoin.

  
Petit commentaire

Premier dimanche de l’Avent

C’est aujourd’hui que commence la nouvelle année liturgique! Le temps de l’Avent est un temps d’attente ” et de “ veille ”. Nous, croyantes et croyants, chrétiennes et chrétiens, sommes invités à attendre avec joie, dans un climat empreint d’espérance, la venue du Seigneur. C’est un temps de grâce, un temps de réjouissance!

L’Avent est un temps où nous attendons dans la joie et l’espérance la grande fête de Noël. La célébration du temps de l’Avent comporte deux aspects. Le premier consiste en la préparation pour célébrer la venue de Jésus Emmanuel dans une mangeoire à Bethléem. Le deuxième aspect de l’Avent est l’attente joyeuse du retour de Jésus. La couronne de l’Avent nous rappelle dans ce temps d’attente et de préparation, de ce grand cadeau que Dieu nous fait : son Fils Jésus.

Veiller c’est d’abord être présent à soi-même.

C’est un éveil à autrui, à ses besoins, à ses manques. C’est la prise de conscience des « plus petits », des exclus, des malades, des isolés.

C’est un éveil à la présence de Dieu en nous et en chacun.

Veiller engage toute la personne. Et particulièrement dans ce temps de l’Avent où Dieu vient nous surprendre. Serons-nous suffisamment désencombrés pour que la rencontre ait vraiment lieu ?

Partage :

- Que veux dire « Veiller » ?
- Que veux dire « Arriver à l’improviste » ?
- Moi aujourd’hui, quels moyens je prends pour Veiller ?
- Et nous sur quoi et sur qui veillons-nous ?
- Qu’est-ce qui peut nous pousser à veiller?
- Mais, qu’est-ce que veiller?
 - Quand et comment cela portera-t-il des fruits ?

mercredi 29 novembre 2017

UN CONTE POUR SE PREPARER AU TEMPS DE NOEL…

Une ville dans la nuit.

II  était  une  fois  une  ville où régnait la nuit. Il  y  avait  des  nuits  de  pleine  lune et des nuits remplies d'étoiles. Et quand la nuit était trop noire, on allumait des lampes. Mais c'était toujours la nuit. Et puis voilà qu'un voyageur arrive.

Il  raconte  qu'il  vient  de  loin et qu'ailleurs il y a des villes où après les heures de nuit viennent des heures de jour. Il  raconte  que  le  jour  est  si  clair qu'on n'a même pas besoin de lampes. Les gens emmènent aussitôt le voyageur chez Monsieur le Maire. Ils veulent tous que l'on fasse venir le jour dans leur ville.

Le maire se met à bougonner : - Le jour, le jour ! Et où voulez-vous que j'aille le chercher, moi, le jour ? Et puis d'abord, combien ça coûte ? Le voyageur répond : - mais, le jour ne s'achète pas, il vient ! Le maire fait :-ah ? Et pourquoi donc n'est-il jamais venu chez nous ? Le voyageur répond : - Comment le jour viendrait-il si personne ne l'attend ? Le maire et tous les habitants en restent la bouche ouverte. Ils n'avaient jamais pensé à ça ! Puis le maire dit : -Attendre, attendre l Mais... comment fait-on pour attendre le jour ? Alors une petite jeune fille blonde s'écrie en rougissant : - moi, je sais ! Quand j'attends une lettre de mon amoureux, je cours à la boîte aux lettres dix fois, vingt fois, jusqu'à ce qu'elle arrive. C'est sûrement comme ça qu'il faut attendre le jour, comme une lettre d'amour ! Le poète lève son doigt taché d'encre et il dit:- moi, je sais ! Quand j'attends un vers, une rime, la musique d'une chanson, je m'assieds, je ferme les yeux et j'écoute dans ma tête. C'est sûrement comme ça qu'il faut attendre le jour, comme un poème, comme une chanson ! Et puis la boulangère secoue son tablier plein de farine et elle dit : - moi, je sais ! Quand mes pains sont au four et que j'attends qu'ils cuisent, je fronce le nez jusqu'à ce que je sente la bonne odeur du pain doré.

C'est sûrement comme ça qu'il faut attendre le jour, comme du bon pain ! Et tous, le jardinier et le maçon, la couturière, le pêcheur et l'épicier, le peintre et la maîtresse d'école,  tous s'aperçoivent qu'ils savent comment attendre le jour. Mais le maire bougonne encore ;  - C'est bien joli, tout ça, mais ça prendra combien de temps d'attendre ?

Alors les gens s'écrient : - On va commencer tout de suite ! Et la petite jeune fille blonde se met à courir dix fois, vingt fois, jusqu'aux portes de la ville pour voir si le jour arrive. Et le poète reste les yeux fermés, à écouter dans sa tête si le jour arrive. Et la boulangère fronce son nez pour sentir si le jour arrive. Et tous, le jardinier et le maçon, la couturière, le pêcheur et l'épicier le peintre et la maîtresse d'école, tous se mettent à attendre le jour.

Et bientôt, là-bas, au bord des toits,  une minuscule ligne rosé grandît, grandit, et brusquement, un éblouissant rayon d'or saute par-dessus les toits et il éclabousse la ville de lumière.

Tout le monde crie en même temps : -Aaaaaah !

Comme au feu d'artifice. Mais c'est encore plus beau que le feu d'artifice. C'est le jour qui est venu ! Alors, pendant tout le jour, la ville entière est en fête. Et puis, quand la nuit revient, le maire se racle la gorge et il dit : - Bon, eh bien voilà, demain, vous élirez un autre maire. Il  faut  que  désormais,  sur  notre  ville, le jour revienne sans cesse après la nuit Alors moi, maintenant, je serai veilleur de nuit et je passerai mes nuits à attendre le jour. Et depuis ce temps-là, sur la ville, il  y  a  des jours  et des  nuits. Parfois, le soir, la boulangère, le maçon, la couturière ou le jardinier vont faire un petit tour dans le noir. Et quand ils rencontrent le veilleur qui marche dans les rues avec sa lanterne, ils lui disent :


- Eh bien, veilleur, quelle nuit noire ! On dirait qu'elle ne finira pas. Et le veilleur répond avec un petit sourire : - Oh, elle finira, mes amis, elle finira ! Allez dormir. Le jour vient, je l'attends…

Quelques questions pour avancer ….

Qu'est-ce qu'ils attendaient ?
Que fallait-il qu'ils fassent pour que la lumière revienne ?
Qu'est-ce qu'un guetteur ? Un veilleur ?                   
En Alsace, la ville de Turckheim a encore un veilleur de nuit qui passe dans les rues de la ville pour annoncer la tombée de la nuit
Et nous, qu'attendons-nous ? Est-ce facile d'attendre ?
Aimez-vous attendre ?
Comment fait-on pour attendre ?
Aimez-vous avoir de la visite ? Comment leur montrez-vous que vous les attendez ?
Que ça vous fait plaisir ! Qu'ils sont les bienvenus !

 Attendre, c'est se réjouir par avance d'une fête qui est déjà là dans le secret.

Marie- Hélène Delval (Pomme d’Api no 298) 

samedi 25 novembre 2017

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu, 25, 31-46

Christ Roi de l’univers.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples de sa venue:`` Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.  Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : 'Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi !'  Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu...? Tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? Tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ? Tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? Tu étais nu, et nous t'avons habillé ? Tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?' Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.' Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : 'Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité.' Alors ils répondront, eux aussi : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?' Il leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait.' Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. ``

 Petit commentaire

Nous célébrons (en effet) aujourd’hui la Solennité du Christ Roi de l’univers. Sa royauté ne réside pas dans le pouvoir, l’honneur, la richesse, mais dans la faiblesse et l’anéantissement de la croix par amour pour nous sauver.

L’Évangile nous rappelle que le Christ veut nous associer tous à sa royauté au service des plus démunis. Un jour quelqu’un avait trouvé un crucifix mutilé dans les combles d’une église après la guerre. Le sacristain s’était proposé pour lui sculpter de nouveaux bras. Mais le prêtre a répondu : « Non, nous le laisserons tel qu’il est. Il nous rappellera que ses bras et ses mains, ce sont désormais les nôtres ». C’est ainsi que le Christ a besoin de nos mains pour exercer sa Royauté. Il nous envoie vers le petit, vers celui qui manque du nécessaire pour vivre. Ils sont de plus en plus nombreux ceux et celles qui n’ont pas de quoi se nourrir, s’habiller, se loger. Nous pensons aussi aux étrangers, aux sans- papiers et aux exclus de toutes sortes. L’Évangile nous dit que c’est d’abord pour eux que le Christ est venu dans le monde. Avec lui, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée aux pauvres. Ils sont son bien le plus précieux. L’Évangile nous demande de les aimer comme Jésus les a aimés. Il nous dit aussi que nous serons jugés sur notre amour ou notre manque d’amour. A l’heure du jugement final, nous serons tous rassemblés devant le christ berger. Tous les masques tomberont. Il n’y aura plus d’argent, de gallons ou d’uniforme pour nous protéger. Chacun apparaîtra tel qu’il est avec ce qu’il a fait de sa vie, des autres et de Dieu.

Dans l’eucharistie que nous célébrons chaque dimanche, nous apprenons à te reconnaître, Seigneur, dans la Parole et le Pain de Vie. Apprends-nous aussi à te reconnaître dans les pauvres. C’est auprès d’eux que nous sommes renvoyés si nous voulons te rencontrer. Nous te supplions : « Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets dans nos ténèbres ton Esprit d’Amour ». Amen !

WEB




























vendredi 24 novembre 2017

Mot de passe : Matthieu 25-40

La nuit était sombre et glaciale, en ce 24 décembre et une tempête de neige faisait rage.
Le petit vendeur de journaux avait si froid sous ses vêtements légers et troués qu'il se demandait avec inquiétude comment il allait supporter de passer la nuit dehors, protégé seulement par un carton et quelques journaux. Un homme lui acheta un journal puis lui dit : “Descends donc jusqu’à la maison au bout de la rue, et frappe à la porte. Quand on t’ouvrira, dis juste : Matthieu 25.40 et on te laissera entrer.” Drôle de mot de passe, se dit le petit garçon. Il hésita longtemps, mais le froid était vraiment trop prenant. Pourquoi ne pas essayer ?

Arrivé à la maison indiquée, le garçon frappa à la porte et une dame ouvrit. “ Matthieu 25.40 ? ” dit-il timidement, sans trop oser la regarder. Et voilà que la dame lui répondit:
Entre vite ” et lui ouvrit largement la porte pour le conduire devant une grande cheminée où les flammes dansaient joyeusement. Le jeune garçon se dit en lui-même: "Matthieu 25.40, je ne comprends pas ce mot de passe, mais ça réchauffe ceux qui ont froid, comme moi. "

La dame demanda alors: “ As-tu faim ? ”. Il répondit qu’il n’avait rien mangé depuis deux jours. Elle l’emmena dans la cuisine et lui proposa un vrai repas de fête. Le garçon pensa alors : " Matthieu 25.40, je ne comprends vraiment pas, mais ça nourrit ceux qui ont faim, comme moi."

La dame lui proposa ensuite de prendre un bain, et lui apporta quelques vêtements propres et chauds ainsi qu'un pyjama. Le garçon pensa encore : " Matthieu 25.40, je ne comprends pas ce que ça veut dire, mais ça habille ceux qui n'ont pas de vêtements, comme moi."

Puis la dame le coucha dans un grand lit et l’embrassa en lui souhaitant une bonne nuit avant d’éteindre la lumière. Alors qu’il était dans le noir, le jeune garçon pensa : " Matthieu 25.40, je ne comprends toujours pas, mais ça donne un toit à ceux qui sont dans la rue comme moi."

Et il s'endormit avec une pensée reconnaissante pour le monsieur qui l'avait conduit là.
Le matin, après lui avoir proposé un bon petit déjeuner, la dame l'amena à nouveau près de la cheminée sur laquelle il vit la statuette d'un bébé couché dans de la paille, avec ses parents penchés sur lui. Elle prit un gros livre posé à côté. “ Sais-tu ce que veut dire
Matthieu 25.40 ? ” Demanda-t-elle gentiment. Il répondit : “ Non, Madame, je ne sais pas du tout. La première fois que j'ai entendu ça, c’est par un monsieur qui m'a dit de venir chez vous, hier soir ! ” Elle ouvrit le gros livre sur lequel était écrit "Bible" et lui lut lentement une phrase qui vint s'inscrire dans son coeur, le remplissant de joie et de paix pendant qu'il contemplait les statuettes, car il comprit aussitôt qu'il était ce plus petit évoqué dans le beau livre. " Qui est ce roi dont on parle ? " demanda-t-il avec curiosité. Alors la dame lui raconta l'histoire vraie et merveilleuse de ce Roi d'amour qui aime tellement les hommes qu'Il a envoyé son Fils unique, Jésus, devenir un enfant petit, faible et pauvre comme lui, le petit vendeur de journaux, pour les conduire dans son Royaume de bonheur et d'amour. Et comment tous les hommes étaient enfants de Dieu, frères entre eux grâce à ce Jésus qui a donné ensuite sa vie pour eux.

Le garçon se disait : "Je dois avouer que je ne comprends pas comment Dieu a pu désirer envoyer Son Fils mourir pour moi, et pourquoi Jésus a pu consentir à faire une telle chose. Je ne comprends pas comment un Père et tous les anges dans le ciel ont pu regarder Jésus souffrir et mourir. Je ne comprends pas cet amour immense pour moi, un petit vendeur de journaux de rien du tout. Matthieu 25.40, je ne comprends toujours pas, mais ça transforme les gens tristes et seuls comme moi en frères du Fils de Dieu ! " Et là, devant la grande et vieille cheminée, fêtant Noël pour la première fois, le jeune garçon donna son coeur et sa vie à ce Dieu qu'il découvrait.


Matthieu 25.40 "Le Roi leur fit cette réponse : En vérité, tout ce que vous avez fait à l'un de ces plus petits qui sont mes frères, c'est à Moi que vous l'avez fait."

lundi 20 novembre 2017

La soupe au caillou ou Comment partager, ça donne du goût à la vie.

La soupe au caillou est un conte populaire qui parle de solidarité, partage et accueil de l’étranger.

La Soupe au caillou est un repas synonyme de solidarité qui se partage entre différentes personnes de différents milieux. L’objectif est de créer des liens entre ces dernières et défaire les préjugés envers les personnes vivant la pauvreté et l’exclusion sociale.

Il était une fois… Une période de grande famine régnait à travers le pays. Chaque personne gardait jalousement le peu de denrées qu’elle pouvait trouver. Un jour, dans un petit village, arriva un soldat demandant de l’aide pour préparer un repas. On lui dit : « il n’y a rien à manger ici, tu ferais mieux de partir! » Le soldat répondit qu’il avait tout ce qu’il lui fallait pour faire une soupe au caillou et qu’il aimerait la partager avec tous les villageois. « Tout ce dont j’ai besoin, c’est d’un chaudron ». Interloqué et curieux, un homme lui apporta un chaudron. Le soldat commença par y faire chauffer de l’eau et y ajouta quelques cailloux. «Hum, c’est délicieux, dit le soldat, si seulement il pouvait y en avoir pour tout le monde! Quel dommage que nous n’ayons rien d’autre à mettre dedans! Elle serait encore meilleure cette soupe!» C’est alors qu’une petite fille arriva et lui tendit une carotte, puis petit à petit, tout le village finit par venir apporter quelque chose à mettre dans la soupe : une pomme de terre, un navet, des épices, des haricots, des choux, des oignons… Le soldat la goûta et dit : « Cette soupe est vraiment très réussie et chacun de nous aura à manger, si seulement… Si seulement on y apportait un peu de bœuf, elle serait digne d’un roi!» C’est alors qu’une vieille dame apporta sa contribution, comme tous les villageois, avec un beau morceau de viande. « La soupe est prête ! » dit le soldat, et tout le village se réunit pour déguster cette soupe au caillou, un repas chaud et inespéré pour chacun d’entre eux!

Morale de l’histoire? Ce que l’on ne peut pas faire seul, on peut le réaliser à plusieurs.

Et en participant, en partageant ce qu’on a avec les autres, loin de s’appauvrir, on s’enrichit.