samedi 30 janvier 2021

Le cierge de la chandeleur Auteur : Alençon, M. d’ | Ouvrage : Et maintenant une histoire II, Fêtes de l'année liturgique. Histoires à l’usage des parents, catéchistes et éducateurs.

 Toute frissonnante, malgré sa cape de laine noire dans laquelle elle s’enveloppe étroitement, mère Yvonne se hâte de rentrer, sur la falaise, à l’abri dans sa maison. Elle a tenu à se rendre à l’office du matin, en ce jour de la fête des cierges, bien qu’à son lever elle ne se soit pas sentie très entrain. Grâce à Dieu, voici le toit familial, bien abrité du vent par la haie d’épines et de genêts. Avant de refermer la porte derrière elle, mère Yvonne jette un regard angoissé vers la mer qui moutonne à l’infini, sous le vent aigre et violent.

Pourquoi a‑t-il voulu partir cette nuit, son Yann, alors qu’aucun pêcheur ne risquerait sa voile par ce temps ? Aussi n’est-ce pas pour le poisson qu’il s’est embarqué avec ses mauvais amis qui gagnent tant d’argent à des besognes louches qu’elle ne peut que soupçonner…

« Lui, fils de pêcheur, murmure-t-elle, un contrebandier, est-ce possible ? »

Et cela ne le rend pas heureux ; il n’aime plus la maison où il paraît si peu, ni sa mère qu’il ne regarde plus en face…

Avec un grand soupir de peine et de lassitude, mère Yvonne est rentrée dans sa demeure, a retiré sa cape. Soigneusement, elle a placé dans le beau chandelier de cuivre qui orne la cheminée le cierge qu’elle a rapporté de la bénédiction, puis s’est accroupie devant le foyer pour ranimer le feu, car elle a froid, très froid…

Non, vraiment, elle ne se sent pas très bien… Elle ne s’occupera même pas de préparer quoi que ce soit pour son déjeuner ; elle ira se coucher tout simplement et, fermant les yeux, dira son chapelet pour ce fils qui est peut-être en perdition, par amour du gain, sur la mer déchaînée. Elle s’assoupit, bercée par le ressac des vagues sur les rochers, au pied de la falaise.

***

Toc ! Toc ! Qui frappe ? C’est Rosine, une brave petite qui habite non loin de chez elle.

 « Eh bien ! Quoi, mère Yvonne ? Pas de lumière et la nuit vient ! Je suis accourue quand j’ai vu tout noir chez vous. Et déjà couchée ? C’est comme cela que vous fêtez la Chandeleur ? Tenez, j’ai apporté deux crêpes pour votre souper. Voyez, elles sont dorées et sentent bon ; toute la famille s’en est régalée.

 – Tu es bien gentille, mon enfant, mais je n’ai pas faim. Vrai, je ne me sens pas très bien… Merci tout de même. Mets les crêpes dans le buffet… Quel temps, ce soir, la vague frappe comme un bélier !

– La Vierge protège ceux qui sont en mer ! » Fait Rosine pieusement.

« Mon fils ! Sanglote la pauvre mère… Oh ! Petite, pour me faire plaisir, veux-tu allumer le cierge bénit, là, sur la cheminée ?

– Mais c’est pour les défunts qu’on allume, mère Yvonne !

– Et aussi pour faire la lumière dans le cœur des pauvres incroyants ; allume, te dis-je, et tu pourras retourner chez toi, avec ma reconnaissance. »

***
La mère Yvonne est seule maintenant. Elle s’est levée seulement pour porter la flamme bénite de la cheminée sur une table, juste devant la fenêtre. Un instant, avec un regard plein d’anxiété, elle scrute la mer, toute sombre, puis elle a repris son chapelet…

Un moment plus tôt, sur les vagues furieuses, un petit côtre à moteur avançait péniblement. Il zigzaguait, incertain de la route à suivre, presque en face de la maison de mère Yvonne Le phare indiquant l’entrée du port n’était pas loin cependant, mais ce petit côtre avait des raisons pour aborder sans être vu des douaniers.

Il risque gros par ce temps et, dans cette obscurité, comment découvrira-t-il la petite anse où il pourra en toute sécurité aborder ?… Des écueils, puis encore des écueils… La côte en est semée…

« Plus à droite ! » commande le patron.

« Vous vous trompez, nous sommes déjà trop loin !

– Je connais la côte mieux que toi !

– Erreur, j’y suis né ! »

La dispute est si vive, auprès de la barre du gouvernail que, poussé peut-être par son acolyte, Yann, car c’est bien le malheureux fils d’Yvonne, perd l’équilibre et tombe dans les flots en tempête.

« Au secours ! À l’aide ! » Crie-t-il.

 Mais l’autre fait la sourde oreille, et le petit côtre, entraîné vers sa perte, lui aussi sans doute, disparaît dans la nuit.

Bien que Yann soit bon nageur, il se sent perdu, au milieu des écueils battus par les vagues. S’il savait seulement où il est ? Mais ce n’est autour de lui que ténèbres et fracas. Il appelle… en vain.

« Mère… mère ! » gémit-il. Et comme un éclair lui apparaît son enfance heureuse, le foyer qui l’attend, tout ce qu’il a dédaigne, piétine ; c’est comme une lumière qui tout d’un coup éclaire sa conscience et son cœur. Une lumière ? Oui, une lumière, toute vacillante, vient d’apparaître, là-haut sur la falaise ; elle semble grandir, grandir dans les ténèbres… Avec elle, un espoir renaît dans le cœur du naufragé : plein de confiance, il nage vigoureusement vers cette lueur car il a la certitude que sa maison est là, juste là, où brille cette flamme.

Tant de fois, alors qu’il était gamin, le soir, il a traversé la grève avec, pour phare, cette fenêtre éclairée ! Il sait que là, il y a une passe entre les rochers… Combien de temps met-il pour gagner le sable ? À bout de souffle, il se laisse tomber, épuisé. Puis il commence la lente ascension de la falaise, périlleuse, mais si souvent pratiquée.

La lueur le guide toujours : c’est bien la fenêtre éclairée de sa maison, de la chère maison où il revient après avoir échappé à la mort.

Grand Dieu ! Un premier regard à travers la vitre le glace : sa mère est allongée, toute pâle sur son lit, avec près d’elle un cierge, le grand cierge habituel, qu’il connait bien, dans le beau chandelier de cuivre, et qu’on n’allume que pour les morts. Serait-elle morte ? Son angoisse est telle qu’il ne peut s’empêcher de pousser un grand cri… Ce grand cri réveille en sursaut la vieille Yvonne, qui n’était que sommeillante.

« Yann, mon garçon ! »

Ils sont dans les bras l’un de l’autre. Point n’est besoin de paroles : ils se sont compris.

 « Mais tu es trempé, mon pauvre petit, tu vas prendre mal ! Va te changer, tandis que je vais ranimer le feu… »

C’est étrange comme la joie est un remède parfois. Yvonne retrouve des forces pour se lever, pour faire chauffer le vin sucré, mettre la table, servir les crêpes de la petite Rosine.

Quelle bonne veillée de Chandeleur ils ont passé la mère et le fils, dans la modeste chaumière, tandis que là-bas la mer en colère hurlait de vaines menaces ! Le cierge brûle entre eux deux, car ils n’ont voulu ni l’un ni l’autre l’éteindre.

« Le cierge de la Chandeleur qui a sauvé et m’a rendu mon fils », a dit la vieille Yvonne toute émue.

« Le cierge de lumière qui a éclairé mon cœur et chassé le mal », a murmuré Yann avec reconnaissance.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 21-28

 Guérison de l’homme à l’esprit impur

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.  On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.  Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :

« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »  Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. »

L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui.

Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »  Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ou L’homme qui parlait avec autorité.

Dieu a parlé à son peuple: d’abord par les prophètes, puis par le Christ qui a enseigné «en homme qui a autorité». Il parle encore et il le fera jusqu’à la fin des temps. Sa voix se fait particulièrement entendre par l’Église et tous ses membres.

 Comme tout bon juif pratiquant, Jésus va à la synagogue. Pendant la liturgie, après la lecture d’un passage de la Bible, un adulte est invité à faire un commentaire. Jésus prend la parole et il parle avec autorité. Il n’est pas autoritaire mais vraiment l’auteur de ce qu’il dit, il ne se contente pas de répéter. De plus, il ne se contente pas de parler, il agit : pour lui, parole et action ne font qu’un.

 Sa parole est Bonne Nouvelle, elle révèle l’amour de Dieu. Il ne s’agit pas d’une parole de condamnation, mais de libération.

 Jésus joint le geste à la parole : il chasse l’esprit impur. Derrière l’esprit impur, il y a un être humain que Jésus vient libérer. Il vient mettre fin aux forces du mal.

 Quand Jésus a guéri l'homme avec l'esprit maléfique qu'il nous montrait que Dieu ne veut pas que nous vivions dans la peur ou que nous ayons peur. En écoutant attentivement la parole de Dieu et en essayant de vivre plus comme Jésus l'a fait, Dieu peut travailler très puissamment dans nos vies afin que nous puissions aidez les autres qui sont troublés ou effrayés.

 Jésus a montré qu'il a le pouvoir sur le mal. Il a montré qu'il est plus fort que notre pire ennemi. Mais la meilleure chose à propos de Jésus est qu'il n'utilise jamais sa force pour blesser les gens. Au lieu d'une gifle au poignet, ou de prendre ce qu'il veut par la force, il utilise son pouvoir pour aider les gens. C'est parce que Jésus est venu sur terre pour montrer l'amour de Dieu pour nous. Lorsque vous et moi suivons l'exemple de Jésus, nous utiliserons notre force avec amour pour aider les autres plutôt que pour leur faire du mal.

 L’intervention de Jésus provoque la stupeur et des questions chez ceux qui l’observent. D’où tient-il ce pouvoir ? Qui est-il ? La question va revenir tout au long de l’évangile. Jésus ne veut pas qu’on se trompe sur sa manière d’être Messie. C’est la passion et la résurrection qui le révéleront.

 → La parole et l’action de Jésus s’enracinent dans l’Écriture : qu’en est-il pour moi ?

→ A la suite de Jésus, mes paroles et mes actes sont-ils Bonne Nouvelle pour ceux qui m’entourent ? Que vais-je faire pour qu’ils le deviennent ?

 Question

 1- En quoi l'enseignement de Jésus était-il différent de celui des enseignants de la loi?
2- Comment le démon appelle-t-il Jésus? 
3- Quelle est la signification du mauvais esprit reconnaissant Jésus?

4- Quelle a été la réaction des personnes qui ont vu Jésus chasser le mauvais esprit?

jeudi 28 janvier 2021

Contes et légendes - Les couleurs de l'arc en ciel – Maya

 


Un jour, les couleurs du monde ont commencé à se quereller. Chacune disait qu'elle était la plus belle, la plus importante, la plus utile, la favorite !

Vert dit :

- Je suis définitivement la plus importante. Je suis le signe de la vie et de l'espoir. J'ai été choisie par les champs, les arbres et les feuilles. Sans moi, les animaux ne vivraient pas. Regardez un pré de montagne et vous constaterez que je suis majoritaire. Lorsque le regard se pose sur toutes les végétations, un grand calme naît et toutes les tensions s’apaisent.

Bleu l'interrompt alors :

-Tu ne penses qu'en fonction de la terre mais considère le ciel et la mer. C'est l'eau qui est la base de la vie. Le ciel offre l'espace, la paix et la sérénité.

Jaune riant sous sa cape :

- Vous êtes tellement sérieuses, vous autres ! Moi, j'apporte le rire, la gaieté, la chaleur dans le monde. Le soleil est jaune et les étoiles aussi. Chaque fois que vous regardez un tournesol, le monde entier se met à rire. Sans moi, il n'y aurait pas de plaisir.

Orange n'était pas d'accord :

- Je suis la santé et la force. Je suis précieuse parce que j'apporte de la vie à l'humanité. Je transporte les plus importantes vitamines. Pensez aux carottes, citrouilles, oranges, mangues et papayes. Je ne suis pas toujours là à l'année, mais quand j'éclaire le ciel à mon lever et à mon coucher, ma beauté est telle que personne ne pense à aucun d'entre vous.

Rouge ne put alors s'empêcher de crier :

- Je suis le chef au-dessus de vous tous ! Je suis le sang et la vie, la couleur du danger ou de la bravoure. Je suis toujours prête à me battre pour une bonne cause. Je suis le feu, mais aussi la couleur de la passion et de l’amour, des roses et des coquelicots. Sans moi, la terre serait aussi morne que la lune !

Pourpre se leva  et de toute sa hauteur (Elle est très grande) et dit avec emphase :

- Je suis la couleur royale, la couleur du pouvoir. Les rois, les chefs et les archevêques m'ont toujours choisie parce que je suis le signe de l'autorité et du pouvoir. Les gens ne me questionnent jamais ! Ils écoutent et obéissent.

Indigo, jusque- là silencieux y va de son couplet :

- Pensez à moi. Je suis la couleur du silence. Vous tenez tous compte de moi.  Vous ne me remarquez pas mais sans moi, vous deviendriez superficielles. Je représente l’esprit, les idées, les pensées, les réflexions, la nuit et les eaux profondes. Vous avez besoin de moi pour équilibrer et contraster la vie, pour vos croyances, pour vos moments tranquilles ainsi que pour votre paix intérieure.

Et toutes les couleurs sont parties, chacune convaincue de sa supériorité. Leur querelle  devint de plus en plus importante avec les jours.

Soudain, un éclair apparut et un bruit de tonnerre se fit entendre. La pluie se mit à tomber drue et froide. Les couleurs prirent très peur et se rapprochèrent les unes des autres pour se réconforter et se rassurer.

Au milieu de ce tout de vacarme effrayant Pluie  apparut :

- Vous autres, stupides couleurs, chacune essayant de dominer l'autre. Ne savez-vous donc pas que vous êtes toutes faites pour un besoin unique et spécial ? Joignez-vous et venez à moi.

Les couleurs effrayées se réunirent. Pluie a continué à parler :

- A partir de maintenant, quand il pleuvra, toutes ensembles vous vous lèverez pour former un arc dans le ciel, et rappeler ainsi aux humains qu’ils peuvent ensemble s’unir dans la paix.

Cet arc-en-ciel sera le signe d'espoir, d’amitié et de réconciliation. Pour demain et quand une grosse pluie lavera le monde et qu'ensuite l'arc-en-ciel apparaîtra dans le ciel, souvenez-vous de vous apprécier les unes et les autres.

Il unit toutes les couleurs : le Rouge du feu de l’amitié et de l’amour ; l’Indigo des rêves qui remplissent nos cœurs ;  l’Orange chaleureux et rafraîchissant, comme une flamme qui ne s’éteint pas ; le Jaune solaire illuminant le jour ; le Pourpre de l’autorité et de la sagesse ; le Bleu calme du ciel et de l’océan, comme l’eau si pure; le Vert du peuple des végétaux, comme les plantes qui ne cessent de grandir.

mardi 26 janvier 2021

Théo et le bel Arc-en-Ciel – Conte de Béatrice du 2020-04-04

 

Théo est un petit garçon d’une dizaine d’années qui vit en France. Il vient de déménager à la montagne. Ses parents ont quitté la ville depuis plusieurs mois pour offrir à leurs enfants une vie plus proche de la nature. Si le changement a été difficile pour lui car il s’est retrouvé privé de ses amis, principalement de son meilleur et fidèle ami, il s’est habitué. Les enfants ont une grande capacité d’adaptation au changement. Il trouve que, oui, en fin de compte, en Savoie, la vie est plus agréable qu’en région parisienne mais cela, il n’a jamais osé le dire à ses parents.

Théo est un enfant qui a le sourire accroché au visage, le sourire du cœur. Il a un grand sens de l’humour rafraichissant et il est espiègle à ses heures. Il est empli de vivance et de bienveillance. Théo aime sentir qu’il compte pour quelqu’un, en dehors de ses parents. Aussi, l’amitié est un lien important dans sa vie, il ne saurait vivre sans élan de coeur. Avec un ami, il peut s’amuser de tout et de rien, raconter aussi ses peines et ses soucis mais surtout jouer, dire des bêtises, faire rire l’autre. Dans son petit coin de pays, l’amitié, tout comme une fleur, a su trouver un espace pour naître et s’épanouir en lui. A peine quelques mois et tout plein d’enfants sont devenus ses amis. Il faut dire que sa présence est comme un rayon de soleil, une brise douce et légère qui emporte tous les soucis. Avec son cœur grand comme le monde, son empathie, il sait être à l’écoute des besoins de ses amis et de leur cœur. Les autres enfants le savent bien et tout le monde veut être ami avec lui.  Une activité sportive intense lui permet de canaliser son énergie débordante et lui permet ainsi d’être dehors, au contact de la nature qu’il affectionne tout particulièrement.

Théo est un enfant de l’ère numérique. Sa passion, comme tous les jeunes de son âge réside dans les jeux vidéo, des jeux où il pourrait passer des heures si ses parents ne le stoppaient pas. Il vit comme s’il était en fait dans 2 mondes : celui de la réalité avec sa famille, et celui du virtuel avec ses jeux vidéo. Il aime finir rapidement ses devoirs chaque soir pour aller se réfugier dans ce monde irréel. A chaque moment qu’il a de libre, il ne pense qu’à une chose : aller rejoindre les amis virtuels, des amis de partout sur la planète pour aller s’évader dans ce faux monde. Ses jeux préférés sont des jeux de survie, de combat. Il aime, dans les jeux, se couper du monde, s’envoler dans un lieu qui lui semble n’appartenir qu’à lui. Il a une grande dextérité qui lui fait réussir de belles performances. Là, il est libre de faire ce qu’il veut.  Il peut voyager, participer à des raids des plus audacieux, oser expérimenter ce dont il a envie, se battre avec des gros durs. A ses heures, il choisit ses mondes, soit une île où il doit combattre pour sa survie, soit un monde néo-futuriste où il devient un personnage hors la loi, obsédé par les explosifs.

Alors lorsque l’école a été temporairement supprimée de son paysage quotidien, en raison de la pandémie, de suite, il a été ravi de cette nouvelle. Au tout début, avec son frère, ils se sont sentis en vacances. Quel délice de rester chez soi, au fond de son lit juste à l’heure où il aurait fallu se lever avec empressement, avaler son petit déjeuner et sauter dans le bus pour rejoindre l’école. Les télé-devoirs n’ayant pas encore été organisés au tout début du confinement, il s’est adonné avec empressement et joie aux jeux vidéo jusqu’alors autorisés avec des plages horaires.  Tout nouveau, tout beau ! Mais le confinement obligatoire se prolongeant, il découvre une toute autre vie avec ses parents et son frère. Les fenêtres ouvertes, la nature s’invite chez eux avec les chants joyeux des oiseaux qui picorent sur le balcon les graines déposées, ravis qu’on les remarque. Toute la famille joue ensemble à des jeux. Des parties endiablées en famille donnent du relief aux journées. Lorsqu’il gagne, il se sent grand, fort et surtout reconnu et apprécié des siens et cela lui fait tellement de bien.  Il lui semble que tout plein de plaisirs donnent bon goût à la vie. C’est comme si la vie s’était emplie de moments d’appréciation, de bonheur, de présence de ses parents. Il apprécie ces moments du quotidien et trouve que la vie s’est ralentie. Le voici en train de faire de la cuisine avec son papa tandis que sa maman se repose. Il a tout le temps pour les câlins avec sa Maman. Alors il en profite au maximum. Il ne se lasse pas d’être bien avec eux. Sa famille éloignée lui manque un peu mais il peut les rejoindre quand il veut avec les applications de son téléphone intelligent. Il ressent ses parents heureux d’être avec lui et son frère et cela fait de lui un enfant heureux.

Ses jeux vidéo de bagarre, de combat perdent alors de leur intérêt. Il se rend compte que ses jeux l’emportaient dans un lieu qui le coupe des siens et lui, ce qu’il aime maintenant c’est d’être proche d’eux. Il veut savourer ce temps de relation avec les êtres qu’il aime. Sa vie s’emplit de temps… Le temps après lequel sa maman courait est devenu du temps de présence à la maison. Chacun se retrouve avec du temps. Sa maman a du temps pour lui, pour l’écouter, le rassurer aussi.

Être rassuré est important pour son cœur de petit garçon, surtout en ces temps incertains. Ce soir, il a entendu que le 1/3 de la planète était touché par la pandémie. Il a entendu que le virus touchait tout le monde, petits et grands, jeunes comme moins jeunes, celles et ceux qui avaient un système immunitaire plus faible que la normale. Personne n’est épargné.  Alors, ce soir, il ne sait pas ce qui se passe mais c’est comme si un ciel lourd s’était niché dans son cœur.  Il a l’impression d’être dans l’un de ces jeux de combat mais avec la touche pause manquante. Autant c’était amusant de combattre dans un jeu vidéo, autant là, dans la vraie vie, c’est tout autre chose. De jeu, il s’agit en fait du jeu de sa vie et le combat n’a plus du tout la même saveur. Le combat est bien réel et la règle du jeu est inconnue ou plutôt impose une confrontation brutale à la vie ou la mort.  Le scénario s’écrit de jour en jour, les personnages sont tirés au hasard de la vie. Les gouvernements de chaque pays tentent de trouver des stratégies pour sauver les peuples mais il semble que rien ne puisse empêcher la propagation du virus. Pas d’astuce, pas de contournement, pas de négociation possible ! Une menace repose sur sa vie, celle des êtres qu’il aime et sur le devenir de l’humanité, sur la planète tout entière. Le village voisin est en quarantaine. Alors ce soir, il aimerait pleurer, être rassuré mais il n’ose pas parler à ses parents. Il les a entendus chuchoter que l’on était comme en temps de guerre et que la guerre était contre un ennemi invisible. Tous ces mots effrayants se bousculent et tournent en boucle entre ses 2 oreilles. La peur tenaille son ventre. Comment confier à ses parents qu’il a peur de perdre des gens qu’il aime, qu’il entend trop de choses difficiles ? Il aimerait avoir un bouclier de super héros pour repousser la peur, le désespoir, ou avoir entre les mains une épée aux pouvoirs magiques qui pourraient anéantir ce virus. S’identifier à un héros dans sa vie réelle, il aimerait bien mais il ne peut pas, il se sent impuissant…

Perdu dans ses pensées de peur, de tristesse, Théo regarde dehors. Il pleut. Il pleut sur sa vie En regardant la pluie, il voit alors se dessiner dans le ciel un arc en ciel, il ouvre la fenêtre et le voilà chevauchant l’arc en ciel qui l’emporte loin de sa maison, de son village, de sa vie. Le voici dans les nuages, il traverse le brouillard, la poussière, le silence profond et se retrouve dans la voie lactée, pour voir de loin la planète terre mais celle-ci semble tout embrumée. Il y distingue quelques rares points lumineux vacillants. Des nuages gris voilent l’atmosphère. Il ressent alors le monde plongé dans le désespoir. Oui il voit émaner de partout sur la planète des nuages gris de peur, de désolation, de doutes, d’inquiétudes. Il se rend compte que de partout, se joue le même scénario. Peu importe la couleur de la peau, sa langue, ses vêtements, le pays qu’il habite, l’être humain habite la même planète et est habité des mêmes sentiments. Toutes ces différences ne sont qu’apparences.

La tristesse voudrait gagner son cœur quand il remarque que sur son arc en ciel, il n’est pas atteint par le paysage de désolation.  Non, il se surprend à observer tout cela, en étant détaché. Son regard se tourne sur l’arc en ciel où il est posé et remarque que les 7 couleurs brillent, qu’elles se fondent non seulement à ses yeux mais qu’elles vont jusqu’à atteindre son cœur pour se diffuser en lui. Oui, il devient tout à la fois, le rouge du rouge-gorge, l’orange de la mandarine, le jaune du soleil, le vert de l’herbe, le bleu du ciel autant que le violet de la fleur odorante. Il est couleur, il est senteur, il est Bonheur. Il est en telle harmonie avec la vie qu’il devient vie, il se sent atome de l’univers. Il devient sérénité.

Cette sensation le porte, le transport, l’élève. Son cœur est serein, il est si bien !  Il reconnait cette sensation… Oui il a déjà connu cet état. Il retrouve la mémoire d’une journée passée avec son grand père au Canada qui lui avait rempli aussi son coeur. Oui, il se remet en lien avec cette souvenance d’un jour d’automne, où son papy, grand amoureux et passeur de nature, l’avait initié au Tout Vivant. Son grand père lui avait expliqué alors que Tout est Un et que la vie venue des profondeurs de la terre touchait toute la création. Avec son papy merveilleux, il avait senti la vie. Ensemble, ils avaient marché en caressant le sol, parlé aux arbres, aux rochers, aux fougères qui se froissaient avant la venue de l’hiver. Ensemble, ils avaient cocréé un monde d’harmonie entre l’homme, les vertus, la nature et avaient même fait revenir à la vie les dinosaures, ces oubliés d’un temps lointain qui avaient vécu là même où il se tenait. Théo est un garçon qui aime profondément la nature. Depuis tout petit, et encore plus après son voyage au Canada il a une connexion particulière avec la nature, principalement les animaux. A chaque rencontre avec un animal, il lui semble comprendre le langage sans voix qui émane du regard de tendresse inconditionnelle de ces créatures. Au retour de son voyage, habité par la sève de la vie, enthousiaste,  il avait voulu partager cette trouvaille avec ses amis, sa famille mais à force de se faire rire de lui, il avait fini par étouffer cet élan et la sève de la vie était redescendue, attendant la saison d’un printemps futur où elle pourrait de nouveau circuler.  Au-dessus des nuages, voilà qu’il est dans la lumière, la beauté du monde, la vie dans toute sa splendeur. Mais plus que cela, il lui semble être lumière et éclairer le monde. Et c’est ici, dans la voie lactée, qu’il se sent vivant, faire partie à nouveau de ce Tout.  En un éclair, il se met à comprendre que l’univers lui dévoile un secret. Au ciel, tout est sens. Oui, se dit-il, ce sont les nuages gris qui empêchent de voir le soleil. Il comprend que les nuages gris sont les nuages de peur, de doute, des nuages d’égoïsme aussi,  des habitants de la planète et que la lumière est celle de l’espoir, de la foi, de l’amour !

Sans savoir ce qui se passe, Théo se retrouve en un clin d’œil de nouveau sur sa chaise, dans sa maison. Rêve ou réalité, il ne sait plus très bien ce qui s’est passé.  Mais réveillé ou semi endormi, à la fois ici et ailleurs, il prend une grande feuille de papier, cherche frénétiquement des crayons de couleur qu’il retrouve et se met à dessiner un immense arc en ciel. Ses yeux semblent être restés dans la contemplation de la lumière de l’arc en ciel qui s’est révélée à lui, dans l’infini du ciel. Théo en coloriant cet arc en ciel a les larmes aux yeux, sans trop savoir ce qui se passe en lui mais il s’exécute à dessiner, colorier l’arc en ciel. Un éclat de lumière venu de nulle part se pose alors sur son dessin qui prend soudainement vie et lui parle avec tendresse

« Oh petit ! je suis perdu. Je cherche à être vu. Je ne suis plus reconnu, on ne me voit plus. Avant, lors de mon apparition dans le ciel, les gens levaient les yeux pour me voir mais maintenant, les gens baissent la tête, ferment trop souvent leurs fenêtres, baissent les volets à peine le jour terminé. Plus personne ne se promène, plus de nez au vent, plus d’esprit vagabond. »

« Oh »  dit Théo « détrompe-toi, les enfants regardent encore le ciel. C’est comme cela que moi, je t’ai vu. Continue de briller, bel arc en ciel, continue de briller dans le ciel. Élève-toi comme si tu avais des ailes. »

« Je cherche un coin de ciel qui voudra bien me recevoir en invité » dit le bel arc en ciel

« Oh » dit Théo « moi je vais te faire un ciel qui pourra te recevoir, oui, je vais te colorier un ciel immense, un ciel d’infini où tu seras un véritable émerveillement. » Et il se met à colorier un ciel magnifique d’un bleu azur intense, teinté de rêve et d’immensité. « Regarde mon ciel » dit Théo. « Ne te plait-il pas ? Ne vois-tu pas qu’il t’attend ? Tu es important, bel Arc en ciel, tu es le lien entre le ciel et la terre, entre le cœur et la tête, tu permets de rendre visible l’invisible. Viens dans mon ciel, bel Arc en ciel pour y briller de la lumière de l’espoir car je viens de voir la planète figée dans la tristesse, la désolation, le désespoir. Né de l’eau et du soleil, tu es un vrai miracle, rayonne pour montrer que le miracle est possible du moment qu’on y croit. Bel Arc en Ciel, vois-tu, je vais te mettre ici, à ma fenêtre en signe d’espoir d’un meilleur à venir.  En te disposant ainsi, à la vue du ciel, j’envoie du petit coin de la terre où je suis, un signal de lumière à l’univers, un signal qui puisse percer les nuages pour éclairer la voie lactée. J’ai beau être un enfant, je comprends bien des choses qu’un grand ne comprend pas ou a juste oublié.  On peut être petit et grand de cœur, tu sais… »

Croyez-le ou non ! Au même moment, en Italie, au Canada, en Espagne, d’autres enfants se sont mis à dessiner des arcs en ciel. Sans le savoir, les enfants de tous pays se sont, tout comme Théo, branchés sur la vibration du cœur universel, sur l’égrégore de l’Amour et ont alors trouvé un trésor d’une valeur inépuisable. Les enfants sont d’une grande générosité. Ils savent qu’un trésor n’existe que pour être partagé et s’agrandit en se partageant. Et voilà les enfants du monde entier se tendant non pas la main mais reliés de par ce merveilleux élan arc en ciel se sont mis tous à dessiner des arcs en ciel en les faisant déjà briller dans leurs cœurs. Une chaine de solidarité s’est élevée dans tous les pays du monde entier créée par les enfants eux-mêmes. Des milliers d’arcs en ciel se retrouvent, aux fenêtres des maisons du monde entier. Mais, bien plus encore, par le plus grand mystère, les arcs en ciel égaient aussi les rues, les devantures des magasins. Il y en a de tous les genres, des amusants, des simplistes, des perfectionnés, des imaginaires, des réalistes. Sur la toile web, les gens publient leur photographie avec un arc en ciel. Des grandes villes du monde entier illuminent des monuments, des ponts, des bâtiments aux couleurs de l’arc en ciel pour éclairer la nuit. Les gens arborent des vêtements avec son dessin ou avec ses couleurs, les savonnières d’un village ont fabriqué un savon arc-en-ciel et je pense que ma liste n’est pas exhaustive. Unanimement, les gens ressentent l’importance du message de l’arc en ciel.

La vocation profonde de l’homme est d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie. Au
ssi, en ces temps de bouleversement planétaire, l’homme revient à l’essentiel. Coupé des préoccupations qui en temps ordinaire assaillent son esprit et sa vie, il se reconnecte avec l’essentiel : son cœur. L’arc-en-ciel, c’est le symbole du beau temps après la pluie, de la lumière qui éclaire l’ombre, de l’espoir qui élève plus haut que la peur.

Comprenant que l’arc en ciel des enfants fait circuler l’espoir, rayonnant une vibration d’amour universel, d’élévation de regard, d’ouverture d’esprit, l’adulte rejoint l’enfant dans cet élan fraternel. Des gens inspirés se lèvent pour redonner espoir et marchent en priant pour l’humanité, d’autres offrent des méditations, invitent à des visualisations d’arc en ciel tout autour de la terre, des poètes lui offrent des odes, des chansons inspirent à voler au-dessus. Certains appellent à des défis afin de faire rayonner en chacun, chacune, son arc en ciel intérieur. L’arc en ciel s’invite dans le ciel, de tous bords, tous côtés, tous pays confondus, rayonnant ainsi sa vibration d’amour universel. Tous ces mouvements, ces communautés inspirées ont choisi pour thème central l’arc en ciel pour inspirer vers la conscience et permettre de reconnecter avec la paix, l’amour, la confiance en la vie. Ainsi, de toutes dimensions, de tous pays, les arcs en ciel habitent tous les ciels, tous les cœurs et se rejoignent dans l’infini pour converger ensemble en un rayon puissant d’amour de Lumière. Nous sommes tous UN. Petits et grands, réunis en un même élan, font briller des arcs en ciel. L’arc en ciel de nature éphémère est devenu permanent et universel nous permettant d’être unis-vers-ciel (unis vers notre ciel).

Le souhait du bel arc en ciel est exaucé. Il a trouvé plus qu’un ciel, il a trouvé des cieux infinis et merveilleux pour y rayonner. S’il est cru oublié pendant un temps, le voici admiré !,

Si vous vous interrogez sur le message du bel arc-en-ciel… Voici ce que Théo sait et qu’il partage avec grand cœur.

Puisque cela prend de la pluie pour faire un arc en ciel, il appartient à chacun de faire avec ses larmes de peur, d’égoïsme et le soleil de son cœur, un arc en ciel qui, s’unissant aux autres arcs en ciel, devienne un arc en ciel géant de lumière qui éclaire l’univers ! De ton nuage d’insécurité, dessine-toi aussi un arc en ciel pour t’élever dans la vibration d’Amour, de Bienveillance envers toi déjà. Cette vibration t’élèvera, harmonisera ton cœur et pourra rejoindre les autres arcs en ciel en fusionnant en un arc en ciel géant de lumière qui éclaire l’univers !  Ensemble, faisons rayonner notre arc en ciel intérieur pour envoyer dans l’univers le message de notre lumière, nos propres couleurs. Je fais le rêve que de toute part de la planète, des arcs en ciel s’allument dans les cœurs et s’élèvent dans le ciel pour élever la vibration de la terre !

L’arc-en-ciel est la promesse d’une nouvelle aube, d’une nouvelle ère, d’un nouvel Être ! IL est tel un arc d’Infini tiré dans le ciel qui relie l’être à sa Force Intérieure, tout en l’ancrant dans la terre.


S’il arrive de nouveau qu’un arc-en-ciel emporte Théo pour un voyage dans l’espace, je lui souhaite de pouvoir contempler une planète illuminée aux couleurs de l’arc-en-ciel. Et cela ne pourra se réaliser que si chaque être humain sur terre se souvienne de rayonner son essence, soit d’être l’arc-en-ciel dans son ciel car c’est là, l’essentiel (essence ciel) !

samedi 23 janvier 2021

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 14-20

 Venez derrière moi !...

Après l’arrestation de Jean le Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.

« Venez à ma suite ».

 Jésus commence son ministère public. Ce sont ses premières paroles, ses premiers gestes dans l’évangile selon saint Marc. Ses paroles concernent le Règne de Dieu. Par Jésus, Dieu s’est approché des hommes, il est devenu l’un d’eux. En Jésus, Dieu est à l’oeuvre. Chacun est invité à se convertir, c’est à dire à changer ce qui ne va pas dans sa vie, et à croire à l’Évangile, c’est-à-dire à accueillir la présence de Dieu. 

Jésus vient à notre rencontre dans les situations de nos vies. La diversité des personnes qu’Il appelle à sa suite montre la diversité des situations concrètes qui sont les nôtres. Les personnes appelées ne sont d’aucune manière préparées; Jésus non plus ne va chercher des adeptes d’une religion, mais il va à leur recherche là où elles vivent au quotidien. L’appel de Jésus est donc un évènement de grâce dirigé à tout être humain. Être à la suite du Christ n’est pas une décision d’éthique autonome, ni une adhésion intellectuelle à une doctrine. C’est une décision et une pensée nouvelles qui naissent d’un évènement de grâce. Il n’y a que Dieu qu’on puisse suivre sans se poser de question.

 Puis Jésus appelle ses premiers disciples. C’est lui qui a l’initiative. Il les voit, les rejoint dans leur vie de tous les jours. Il les appelle et c’est à eux de répondre. Eux qui étaient pêcheurs de poissons vont devenir pêcheurs d’hommes. Ce n’est pas tout à fait la même chose : quand on pêche des poissons, ça les fait mourir, mais lorsque Jésus veut faire des pêcheurs d’hommes, c’est pour que ceux-ci vivent.

 Aujourd’hui, Jésus n’agit pas autrement. C’est toujours lui qui a l’initiative, il nous voit, il appelle à le suivre. A chacun de donner librement sa réponse.

 Question

 → Quels moyens je me donne pour accueillir la présence de Dieu (sacrements, lecture de la Parole de Dieu, temps de prière…), pour comprendre ses appels ?
→ Quel (s) pas pourrais-je faire pour grandir en liberté intérieure ?


vendredi 22 janvier 2021

Arc en ciel et le coffre au secret

 


Conte thérapeutique : Il était une fois, il y a très longtemps de cela, dans un pays merveilleux, une jeune princesse...

Écrit par Ghylaine Manet le 15 Novembre 2014

Il était une fois, il y a très longtemps de cela, dans un pays merveilleux, une jeune princesse qui vivait au château entourée de sa mère la reine et de ses sœurs. Elle se sentait différente des autres jeunes filles de son âge, et son passe- temps favori consistait à observer la vie au travers d’un kaléidoscope. Cela lui permettait de changer, tout à loisir, les couleurs et les formes de la vie.

C’est pour cela que les habitants du royaume l’avaient surnommée la princesse arc en ciel.

C’est ainsi qu’elle pouvait leur dire que la neige tombait rose, que les pommes poussaient bleues et que l’herbe tendre poussait mauve, et tout cela l’enchantait. Son entourage ne la comprenait pas aussi elle appréciait la solitude, les heures passées à rêvasser ou à dormir, en pensant aux voyages qu’elle ferait !

Son précepteur qui l’avait prise en affection lui conseilla un jour de se mélanger aux jeunes garçons à qui il enseignait l’art du tir à l’arc.

Elle refusa spontanément, mais comme elle était curieuse, elle décida ensuite d’accepter !

Afin de ne pas y être reconnue, elle décida de s’y présenter déguisée.

C’est ainsi qu’au fil des séances, elle acquit la bonne maîtrise du tir à l’arc, dans une tenue qui la rendait méconnaissable,

Elle portait une grande cape, rêche et informe, qui cachait ses cheveux, son corps, et lui grattait la peau.

La princesse arc en ciel montait souvent sur la plus haute tour du donjon, et rêvant de voyages, elle scrutait l’horizon, en s’imaginant qu’elle s’évadait bien au-delà de l’immense forêt qui encerclait le château.

Mais la reine sa mère tendait de l’en dissuader. Car en effet, au plus profond de la forêt, une ancienne légende rapportait que dans une grotte gardée par un dragon, se trouvait un coffre étrange dont le contenu secret devait rester mystérieux.

Puis un matin, …ce jour ! Ou peut-être un autre jour, sans que l’on sache pourquoi, la princesse arc en ciel décida de…commencez à trouver la solution.

Rassemblant son arc, ses flèches, sa cape, elle se mit en route aux premières lueurs de l’aube, et commença à …avancez !

Elle marcha ainsi pendant de longues heures à travers la forêt ombragée, dense et profonde, lorsqu’elle trouva enfin une clairière, qui baignait dans une lumière douce et rassurante.

Au pied d’une colline verdoyante se trouvait l’entrée d’une grotte.

Elle s’approcha de l’orifice lorsqu’en jaillit brusquement un monstre hideux et menaçant qui lui faisait face, crachant et fumant.

Elle prit le temps de …respirez calmement ! Puis bandant son arc, elle décocha une flèche en plein coeur du monstre qui s’écroula terrassé par ce coup fatal. Maîtrisant parfaitement la situation, arc en ciel décida de …continuez à avancer !

Pénétrant dans la grotte, elle s’enfonça peu à peu dans la pénombre souterraine.

Malgré l’obscurité qui l’entourait, arc en ciel réussit à …progressez encore!

Une lueur la guidait, provenant d’une immense salle voûtée, qu’éclairait en son centre un trait de lumière, jaillissant d’une sorte de cheminée naturelle qui…communiquait avec l’extérieur !

Au milieu de la lumière se trouvait un vieux coffre, posé sur un rocher, émergeant de la large rivière souterraine.

Arc en ciel posant son arc et ses flèches plongea dans l’eau fraîche et pure, qui la délivra de sa cape rêche et informe, tandis qu’elle nageait jusqu’au rocher. Le contact de l’eau sur sa peau était agréable et cette caresse réveillait en elle des sensations savoureuses qu’elle osait…appréciez !

Elle se sentit allégée lorsqu’elle toucha la rive opposée, elle marcha avec courage vers le coffre sur lequel ses mains se posèrent pour l’ouvrir lentement. Au premier abord, le coffre semblait vide, mais plongeant plus profondément ses mains, elle en ressortit un objet lourd, serti de pierres précieuses qui brillaient dans la lumière pâle.

Tendant le miroir à deux mains devant elle, arc en ciel y vit une jolie jeune femme aux longs cheveux ondulés qui recouvraient ses épaules, à la peau lisse et soyeuse. Devant ses yeux émerveillés, le miroir s’anima.

La jeune femme du miroir tourna doucement sur elle-même, avec grâce et aisance, en disant : « je vois bien que tu ne me reconnais pas, mais je suis toi, et tu es moi.

Je suis cette enfant et tu es cette femme tout à la fois, il te suffira de te regarder pour te voir telle que tu es vraiment ».

A cet instant, la princesse arc en ciel, découvrant sa nouvelle apparence, sentit dans son âme et dans son corps une énergie nouvelle, car elle n’avait plus de secret pour elle-même, depuis ce jour où elle avait tant…changez !

Dès lors, personne ne l’appela plus jamais arc en ciel, car la vérité ne lui faisait plus peur et qu’elle avait …acceptez ! De voir les choses telles qu’elles étaient.

 

Anne et Laurent le 30/10/2008 

mardi 19 janvier 2021

Une belle histoire à partager : Les 3 vieillards ou L'Amour, la Richesse et le Succès.

 


Un jour, une femme sort de sa maison et voit trois vieillards avec de longues barbes blanches, assis devant chez elle. Elle ne les reconnaît pas.

Elle leur dit : « Je ne pense pas que je vous connaisse, mais vous devez avoir faim, s'il vous plaît, entrez et je vous donnerai quelque chose à manger ».

« Est-ce que les enfants de la maison sont là ? » demandent-ils. « Non, ils sont sortis » leur répond-elle. « Alors nous ne pouvons pas entrer ».

En fin d'après-midi, lorsque les enfants reviennent de l'école, la mère leur raconte son aventure avec les trois hommes. « Va leur dire que nous sommes à la maison et invite-les à entrer » disent-ils à leur mère. La femme sort et invite les hommes à entrer dans la maison.

« Nous n'entrons jamais ensemble dans une maison », répondent-ils. Un des vieillards explique : « Son nom est “Richesse” », dit-il en indiquant un de ses amis et, en indiquant l'autre, « lui c'est “Succès”, et moi je suis “Amour” ».

Il ajoute alors, « Retourne à la maison et discute avec ta famille pour savoir lequel d'entre nous vous voulez dans votre maison ».

La femme retourne à la maison et rapporte à sa famille ce qui lui avait été dit. « Comme c'est étrange » s'exclament les enfants. « Puisque c'est le cas, nous allons inviter “Richesse” ».

La mère n'était pas d'accord : « Pourquoi n'inviterions-nous pas “Succès” ? » Votre père en aurait bien besoin dans ses affaires ... ».

La plus petite, Raffie, qui suçait encore son pouce, s'exprime à son tour : « Veux mamours, veux mamours ... ».

Les parents fondent devant tant de câlinerie enfantine et la mère sort inviter “Amour” à entrer ...

“Amour” se lève et commence à marcher vers la maison. Les deux autres se lèvent aussi et le suivent. Étonnée, la femme demande à “Richesse” et “Succès” : « J'ai seulement invité “Amour”. Pourquoi venez-vous aussi » ?

Les vieillards lui répondent ensemble : « Si vous aviez invité “Richesse” ou “Succès”, les deux autres d'entre nous seraient restés dehors, mais vous avez invité “Amour” et partout où il va, nous allons avec lui, puisque partout où il y a de l'Amour, il y a aussi de la Richesse et du Succès.

 

Moralité : « L’Amour est tout, l’Amour a tout »

Cette histoire inspirante nous rappelle ô combien l’Amour est puissant et que si tu te mets à cultiver l’Amour dans ton quotidien, cela peut te transformer intérieurement et ton environnement. 

La valeur d’une personne se mesure toujours au bonheur  qu’elle donne aux autres

Chaque jour qui passe vous donne l'occasion de faire un choix... vivre dans l'amour ou pas, quelle sera votre décision aujourd'hui ?

 

samedi 16 janvier 2021

Le miracle de Messire Joseph Auteur : Des Brosses, Jean

 

Il pleuvait depuis bientôt trois jours, mais cela n’empêchait point Thomas, Jacques et Mathieu, les trois apprentis du sieur Bille, maître ébéniste en la commune d’Auteuil-en-Parisis, d’avoir la joie au cœur. La fête de l’illustre corporation des Artisans Charpentiers-Menuisiers-Ébénistes était proche. On la célébrerait le lendemain avec tout l’éclat accoutumé. Pour les trois jeunes garçons qui, depuis trois ans, œuvraient en apprentissage sous la direction de Maître Bille, cette journée était d’importance. Ils allaient présenter à Messieurs les Syndics de la Corporation leurs « chefs‑d’œuvre ». Une acceptation ou un refus, et nos trois apprentis se voyaient accéder à la dignité de « compagnons », ou bien ils demeuraient encore, au moins pour une année, d’humbles apprentis sans gages ni renom.

Pour l’heure, Thomas, Jacquot et Mathieu s’appliquaient avec entrain, sous l’œil de Maître Bille, à orner la boutique de toutes sortes de guirlandes fleuries et de jolies verdures.

* * *

Enfin, sur le coup de cinq heures, tout fut bien astiqué, serré et ordonné. Au dehors, la pluie tombait toujours. On était à la mi-mars, et le printemps, en cette année 1784, semblait décidément vouloir se faire désirer.

C’était alors la tradition que chaque apprenti avant de devenir compagnon, puis plus tard chaque compagnon avant de devenir patron, présente à la corporation à laquelle il appartenait un modèle de travail exécuté exclusivement par lui et qu’on appelait « le chef‑d’œuvre »

« Eh bien ! vite, s’exclama Maître Bille, montrez-moi maintenant les merveilles que vous avez conçues, mes petits, et qui, je n’en veux point douter, feront l’honneur de ma devanture. »

Fort ému, chacun des apprentis déposa devant son patron la boîte vernissée contenant son chef‑d’œuvre. Thomas, le premier, ouvrit la sienne. Il en sortit une ravissante petite table coiffeuse à deux corps de marqueterie à la rose, pouvant contenir en ses innombrables petites cases tant de parfums et de colifichets… de quoi faire pâmer d’aise la plus enragée coquette,

« Voilà qui est fort joli et bien conditionné, approuva sincèrement Maître Bille. Ajouterais-je que tu as grandement raison d’œuvrer ainsi pour les dames. Leur clientèle est agréable. Avec elles, un artisan est toujours sûr de faire argent, car il leur faut sans cesse du neuf. Nous exécuterons ta coiffeuse ici-même. »

 Thomas était rouge de plaisir. Le tour de Mathieu vint ensuite. Il présenta une sorte de console de la plus rare élégance, plaquée des bois les plus fins, lesquels étaient agrémentés de poignées et de ferrures de cuivre doré et finement ciselé. En fait, ce n’était là qu’un « trompe‑l’œil ». L’intérieur, tout bardé de fer, laissait apparaître un coffre bien sûr, bien profond, bien solide, où quelque financier eût pu mettre son or en toute sécurité.

Maître Bille s’enchanta sans retenue :

 « Tu as bien agi, Mathieu, en proposant à tes pratiques un tel abri pour leur argent. Qui parle d’écus et de pièces d’or sait toujours flatter son homme. J’approuve donc à plein ton idée et l’art dont tu as su la parer. Et toi, Jacquot, poursuivit le patron, fais-nous voir quel est ton chef‑d’œuvre ? »

Maître Bille, abasourdi, vit Jacquot sortir de son coffret la figure sculptée d’un homme barbu en longue robe. Cela lui parut extravagant :

« Eh quoi, que vois-je ? Une statue ?… Que diable as-tu voulu faire là ?

— Une effigie de saint Joseph, le patron de tous les menuisiers, notre Maître. Sa fête ne tombe-t-elle point demain, 19 mars ?… »

Le patron éclata tout à coup :

« Triple sot que tu es ! Pauvre niais ! Grand nigaud ! Ainsi, auras-tu perdu tes heures de labeur et une matière aussi précieuse, car c’est bien là du vieux chêne, à tailler une idole, la statue d’un homme mort voici plus de mil sept cents ans et que personne ne connaît plus. »

Jacquot était prêt à pleurer. Maître Bille n’en avait cure et continua à gronder fort.

« Ta conduite a‑t-elle le sens commun ?… Aller gâcher ton temps à de pareilles sornettes, quelle ânerie ! Quelle inconséquence ! Mon pauvre Jacquot, tu te montres à cette heure aussi sot et superstitieux qu’un gratte-bois du moyen âge ! Ferme cette boîte, et mets-toi quelque peu de plomb dans la cervelle d’ici qu’il te faille à nouveau chercher une idée pour ton brevet. Un saint Joseph en ma boutique ! On se moquerait de moi ! On me montrerait du doigt ! Là-dessus, assez jasé, mes enfants, je m’en vais chez Maître Papelard, le libraire ; Thomas et Mathieu, vous pouvez tous deux disposer vos chefs‑d’œuvre bien en vue à la devanture. Quant à toi, Jacquot, ôte-moi cette maudite image. Tu pourras l’exposer dans la rue, si cela te fait plaisir, mais pas chez moi !… » Et le bonhomme, furieux, sortit, claquant les portes.

* * *

 Mathieu et Thomas firent de leur mieux pour consoler le pauvre Jacquot. Dès lors que le goût du jour était à la coquetterie, au plaisir et au jeu, mieux convenait à de futurs artisans comme eux de travailler pour les belles dames ou pour ceux qui amassaient de l’or que de tailler des images pieuses.

 « Faites à votre gré, mes amis, répliqua Jacquot : le, mien me porte à travailler selon l’inspiration de mon âme, et j’entends garder ma dévotion envers saint Joseph. Celui-là fit le même métier que nous. Il ne m’abandonnera pas, je le gage, dans l’épreuve présente que je subis pour lui. Puisqu’il me faut à présent le mettre à la rue, je l’y mettrai donc. Nous le fixerons à la maîtresse poutre du gros chêne qui domine la boutique ; ce sera magnifique. Qui veut m’aider ? »

Thomas et Mathieu acceptèrent avec enthousiasme. Les deux apprentis favorisés par le sort aidèrent gentiment le malheureux ami à fixer sa statue comme une enseigne au-dessus de la porte de Maître Bille. La farce, en vérité, paraissait assez plaisante envers un vieux parpaillot de sa sorte.

* * *

Une heure plus tard, il faisait déjà presque nuit. Certes, on ne voyait pas grand-chose, mais on entendait, au fond du magasin, d’affreux gémissements, comme ceux d’un homme blessé. Les trois apprentis pénétrèrent à l’intérieur. Ils trouvèrent leur patron effondré sur le plancher, gémissant et geignant à fendre l’âme. Ils s’effarèrent :

« Eh ! Maître Bille, oh là ! Notre patron, qu’avez-vous ?…

— Je suis mort ! » Larmoyait le bonhomme…

« Mort ? Mais, par Dieu, vous parlez encore… et les morts ne parlent point.

— Je ne serais donc mort qu’à demi !

— Contez-nous ce qui vous advint… »

Ce disant, les trois jeunes gens s’appliquèrent à remettre l’ébéniste sur pied et le calèrent dans un fauteuil.

« Ce qui m’advint ? Ah ! Mes enfants ! J’étais debout contre ma porte, à guetter Maître Papelard, lorsqu’il m’est tombé du ciel une chose énorme, colossale ! Pour le moins un boulet de canon ! Tenez, voyez ça, sur le seuil. Voici des débris de la chose. »

Thomas ramassa un des objets à terre et s’égaya, tout étonné :

 « Et quoi ?… Maître Bille, voulez-vous rire ? Ce sont là les débris d’une tuile de votre toit que le grand vent aura soulevée.

— Une tuile ? Ciel !

— Vous a‑t-elle atteint ?… Non, sans doute, et c’est tant mieux. Car si pareil malheur s’était produit, Maître Bille, pour l’heure vous seriez mort bel et bien. C’est une tuile épaisse de trois pouces et large d’une demi-coudée.

— Trois pouces, une demi-coudée .…» suffoquait le sieur Bille, épouvanté !

Enfin, peu à peu, il se calma et reconnut que l’objet s’était brisé au-dessus de sa tête, avant de l’avoir atteint

« J’ai vu les morceaux s’envoler de toutes parts, dit-il, mais voyons… non !… non !… décidément, rien ne me manque. j’ai mes deux yeux, ma bouche, mes oreilles… En vérité, je suis sain et sauf. »

Il respira un grand coup, et conclut, vite rassuré :

« Comment un tel prodige a‑t-il pu se faire ?… C’est à coup sûr une de ces merveilles que la science seule saurait expliquer. »

Jacquot intervint discrètement :

— Il n’y a là ni prodige, ni merveille de la nature, notre Maître, mais un miracle de Messire Joseph. C’est lui qui a détourné de vous ce coup qui vous eût été mortel ! »

Revenu à la réalité, le vieil artisan s’étonna :

« Saint Joseph ? Où est-il, celui-là ? »

Il fallut expliquer à Maître Bille, abasourdi, comment les trois apprentis avaient placé la statue juste au-dessus de la porte de la boutique.

« Et si elle n’y avait point été, compléta Mathieu, la tuile vous eût, mon bon Maître, pourfendu l’os de votre crâne de bout en bout et de haut en bas ! »

Bille était tout ému

« Qu’il soit loué et honoré, s’écria-t-il dans un grand élan de sincérité retrouvée. Va chercher ton beau saint, petit, notre grand Patron à nous tous les menuisiers. Je veux qu’il trône en ma maison. Tu seras compagnon comme les autres demain…

— Dieu soit béni », lança Jacquot de tout cœur.

— Béni sois-tu toi-même, enfant, répliqua Maître Bille, tout attendri. Oui, béni sois-tu, toi qui portes fidèlement dans ton cœur le respect de la tradition sainte. Foin des vilains discours des hommes qui cherchent, comme Maître Papelard, à vous détourner de la piété. Aussi longtemps que je serai sur terre, saint Joseph demeurera le protecteur de ma boutique et le maître en ma demeure. »

 

Jean DES BROSSES.

 

https://www.maintenantunehistoire.fr/le-miracle-de-messire-joseph/

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1, 35-42

Maître où demeures-tu ? Venez et vous verrez !

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi). André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

Commentaire

« Ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui »

Tout se joue dans ce texte dans l’écoute et le regard… et si c’était cela l’essentiel de notre vie spirituelle. Savoir « entendre » la parole de Jean qui pose son regard sur Jésus. Suivre Jésus pour « voir » où il demeure. Comme André, parler de Jésus à nos proches, les amener à Lui. Jésus « pose son regard sur lui » et Pierre est changé. Nos yeux sont saturés d’images de toute sorte. Savons-nous encore « voir » non seulement avec les yeux, mais aussi avec les yeux du cœur… ? Savons-nous voir les lieux où Jésus demeure et où il nous attend. Nous laissons-nous toucher par ces regards qui nous transforment, nous redonnent confiance, nous envoient en mission ? Ces regards nous aiment et nous espèrent. Nos oreilles n’écoutent plus à force d’être assaillies par de multiples messages. Elles ont besoin de silence, pour entendre ces mots qui donnent du sens à nos relations, à nos projets, à notre rencontre de Jésus. Les paroles vraies naissent du silence et elles donnent vie. C’est au milieu du silence, au plus profond de notre cœur, se loge l’appel de Dieu. Pour celui ou celle qui l’entend commence un chemin de foi, une mission.

Question

→ Dans mon aujourd’hui, est-ce que je sais entendre et voir à la manière des deux disciples ?
→ Est-ce que j’accepte d’être transformé par le regard de Jésus sur moi ?

TEXTE A TROUS. Complète avec les mots:

 le Messie, suivaient, quatre, l'Agneau de Dieu, verrez, Pierre, parole, Jésus, André, Rabbi, restèrent, disciples, cherchez-vous.

Jean Baptiste se trouvait avec deux de ses ......................
Posant son regard sur ..................... qui allait et venait, il dit: «Voici ...................................»
Les deux disciples entendirent cette ......................, et ils suivirent Jésus.
Celui-ci se retourna, vit qu'ils le........................., et leur dit: «Que ............................?»
Ils lui répondirent: « ..................... (c'est-à-dire: Maître), où demeures-tu?»
Il leur dit: «Venez, et vous .......................»
Ils l'accompagnèrent, ils virent où il demeurait, et ils ........................... auprès de lui ce jour-là. C'était vers ........................... heures du soir.
..............................., le frère de Simon-Pierre, était l'un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d'abord son frère Simon et lui dit: «Nous avons trouvé ........................»
André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit: «Tu es Simon, fils de Jean; tu t'appelleras Képha» (ce qui veut dire: .....................).


Te suivre, Seigneur...



Te suivre, Seigneur, n'est pas une aventure
commencée à la légère et poursuivie avec désinvolture.
Un jour oui et l'autre non!
Cela, tu n'en veux pas.

Te suivre, Seigneur, c'est prendre du temps,
beaucoup de temps pour te comprendre,
t'approcher et apprendre à t'aimer.

Te suivre, Seigneur, ce n'est pas l'affaire d'un jour
mais c'est l'affaire de tous les jours.
Fidélité, par-delà les obstacles et les ténèbres.
Fidélité, par-delà la peur et le doute.

Te suivre, Seigneur,
c'est aussi trouver le temps et la patience,
laisser la fleur sortir de terre,
s'épanouir et se tourner vers le soleil.
Rien, jamais rien, ne pourra se réaliser par la force.

Te suivre, Seigneur, c'est aussi travailler chaque jour,
à la construction de notre vie de chrétiens
en puisant en Toi les forces nécessaires
pour tenir et tenir jusqu'au bout de l'aventure.

Christine Reinbolt


jeudi 14 janvier 2021

CONTE : "LE TABLEAU DE MA VIE" Par RV

 

Ma vie est un tableau que je me suis efforcé d'enrichir chaque jour avec de belles couleurs, ajoutant patiemment, à l'aide de mon pinceau, un détail ou un reflet à ce merveilleux décor que Dieu m'avait demandé de créer pour Lui.
     
Un matin, en me réveillant, il me sembla que j'étais arrivé au terme de mon œuvre et que mon tableau était parfait. Oui, j'avais l'impression qu'il ne lui manquait rien, qu'il était pur et sans défaut.

C'est alors que, dans un moment d'inattention, le pinceau m'échappa des mains… et je fis une vilaine tâche noire au centre du tableau !

Quel drame ce fut pour moi ! Vous ne pouvez pas vous imaginer !
La tâche était si laide que tout le reste du paysage me paraissait horrible. Un peu comme un beau costume blanc sur lequel on aurait renversé un produit indélébile, et que l'on ne pourrait plus mettre pour se rendre à un mariage. Un peu aussi comme un mal qui toucherait un seul organe, mais qui rendrait tout le corps malade.
Ah, Seigneur ! Tout ce que j'avais mis des années et des années à créer avait été gâché en une seule seconde ! Mais comment cela avait-il pu m'arriver à moi, qui suis d'ordinaire si prudent !
Le tableau me faisait honte et j'avais envie de le jeter à la poubelle ! Je ne pouvais plus le supporter ! J'avais si peur des reproches que Dieu pourrait me faire !

Je passais des jours et des jours à pleurer ainsi et à me lamenter devant mon œuvre. J'étais tellement malheureux ! Toute ma vie semblait réduite à néant !

    Un soir, mon pinceau entre les mains, l'idée me vint de faire de cette tâche noire un méchant serpent… un peu, sans doute, pour exorciser ma peine et pour donner une "forme concrète" à la rage qui bouillonnait en moi.

C'est alors qu'emporté par le tourbillon de la création, je décidai de peindre également une femme très belle - et d'une douceur ineffable - juste au-dessus du serpent. Avec son pied, elle écrasait l'animal. Peu à peu, je donnai à cette femme les traits de la Vierge Marie.

Après plusieurs heures de travail intense, je pris un peu de recul pour contempler ma nouvelle œuvre et là, ô miracle, elle me paru vraiment superbe ! Oui, elle me sembla extraordinaire ! Je dirais même qu'elle me plaisait beaucoup plus qu'auparavant !!
En effet, elle était désormais "habitée" par une présence qui dominait la tâche, tant et si bien que cette dernière n'était plus centrale. Pour mon plus grand bonheur, j'étais parvenu à transformer un paysage où le mal n'existait pas en un paysage où le mal était présent… mais vaincu ! Je sentais avec bonheur et soulagement que Dieu, dans le ciel, me souriait, et que mon œuvre lui plaisait.
     
C'est depuis ce jour, je crois, que mes péchés ne me poussent plus à me haïr moi-même, mais qu'ils m'appellent au contraire à aller toujours plus loin sur le chemin de la conversion, et ceci en mettant toutes mes imperfections sous les pieds de la Mère de Dieu !