jeudi 29 novembre 2018

- Conte de Noël - Quand Néo sauva Noêl d’Anabelle Lachance


Comme chaque fois, Néo sut que l’année arrivait à sa fin parce que les vacances d’hiver débutaient enfin. Mais cette fois semblait un peu différente des autres. Les flocons ne dansaient pas frénétiquement avant d’atterrir sur le rebord de la fenêtre de sa chambre. Ils tombaient tout raides. Les boîtes aux lettres étaient tristement en attente de milliers de souhaits qui tardaient, et même le rouge se délavait. Le monde semblait inanimé, l’effervescence habituelle de Noël était absente. Même s’il n’avait vécu que cinq Noël jusqu’à présent, il sentait bien que quelque chose allait de travers. Mais, comme tous les soirs, Néo enfila sa veste bleue, se mit au lit sous sa courtepointe brodée et Agathe, sa chatte orange, vint se blottir contre lui.
Alors que, en bas au salon, la vieille horloge sonnait la onzième heure, un bruit le sortit brusquement du sommeil. « Une branche d’arbre doit frapper contre la fenêtre », se dit-il. Mais la nuit était d’un calme absolu : pas de vent. De son lit, il vit que c’était bien une branche, ou plutôt un bras de sapin qui frappait résolument à la fenêtre. Néo se leva et ouvrit. C’était toute une communauté d’imposants sapins qui se tenaient devant lui. Le meneur du groupe gronda d’un ton réprobateur : « Nous cherchons l’esprit de Noël et nous croyons qu’il est ici ! » Stupéfait, mais toujours prêt à aider, Néo leur dit : « Si vous n’étiez pas si massifs, je vous inviterais bien à entrer. » « Nous sommes grands mais très légers », trancha le grand sapin en chef. Et, en un rien de temps, ils se retrouvèrent tous réunis dans la chambre de Néo, le sommet de leurs branches pliant contre le plafond. C’est alors que le plus trapu d’entre eux la vit. « C’est elle ! », dit-il d’une voix enflammée. Il désignait une cocotte de sapin que Néo avait trouvée et ramassée lors d’une sortie avec sa classe. Néo s’empressa tout de même d’aller la chercher sous les regards insistants de la communauté des sapins. « Ce n’est pas qu’une cocotte, regarde de plus près en ouvrant bien grands tes yeux ». Il la vit alors ! C’était la plus étrange et captivante des créatures qu’il se serait attendu à voir. Cette chose minuscule était donc l’esprit de Noël ! Elle semblait affaiblie. Une tempête de pluie ayant fait rage quelques jours plus tôt, elle avait dû être prise dans le vent et emportée loin de chez elle. Elle avait eu de la chance que Néo la trouve. « Nous devons la ramener chez elle ! », s’empressa-t-il de proposer.
Il glissa la cocotte et sa locataire dans la poche de sa veste et, d’un ton décidé, regarda la délégation d’arbres immenses accroupis sous le plafond. Il ne pensa pas un instant qu’il n’avait pas de chaussures aux pieds, ne se demanda pas non plus comment se rendre à destination : « Messieurs, savez-vous voler ? » demanda-t-il. « Bien sûr que non ! Mais nos racines sont assez longues et solides pour que nous puissions nous déplacer très rapidement ». Néo s’accrocha vivement à la chevelure d’aiguilles du premier sapin qui sortait par la fenêtre. D’une seule enjambée, ils pouvaient traverser une ville entière. Ils franchirent plusieurs océans et continents. Comme Néo s’y connaissait peu en cartographie, il n’aurait pu dire où il se trouvait. C’était un lieu vaste, d’un blanc enveloppant et doux pour les pieds. « Sommes-nous arrivés ? »… « Pas encore ! »  Puis les conifères soulevèrent la couverture blanche et légère qui recouvrait le sol. Mais, dessous, ce n’était pas blanc du tout ! Une lumière rouge frappa ses yeux, puis il vit des animaux, certains immenses, parcourir un décor irréel et festif qui le remplit de toute la joie et de toutes les beautés de Noël qu’il avait oubliées et qui manquaient cette année. Il sortit la petite créature de sa poche, ne sachant trop où la déposer. Dans cette partie du monde, il était plutôt rare de voir un humain, mais un enfant pouvait aisément passer inaperçu. Escorté par ses amis conifères, il se rendit à un endroit où se dressait une sorte de siège de glace. Néo savait qu’il devait la déposer là. La petite créature sortit de sa cocotte et regagna son trône. Comme si ce siège n’attendait qu’elle, des rayons de glace d’un riche turquoise remontèrent à la surface pour transpercer la couverture blanche et se répandre en milliers de fragments.
Le jour commençait à se lever quand il retourna dans sa chambre, en passant par la fenêtre où tout avait commencé. Il n’arriva pas à trouver le sommeil et sortit du lit dès que ses parents se levèrent. L’esprit de Noël avait effectivement retrouvé son chemin : sa mère s’afférait minutieusement à la fabrication de la maison en pain d’épice la plus glorieuse qui soit, tandis que sa sœur et son père étaient déjà dehors à saluer, en riant, les flocons dansants.


mercredi 28 novembre 2018

Pirouette et l'hiver Un conte de Isabelle Semadet, 55 ans


Je vais vous conter la belle histoire de Pirouette et l’Hiver.
« Connaissez-vous Pirouette ? C’est une petite fille, une marionnette, aux yeux noisette, au nez en trompette, des taches de rousseur plein les joues et de longs cheveux roux.
On l’appelle Pirouette, car toujours elle danse et fait des pirouettes.
C’est une petite fille très joyeuse, comme vous, et pourtant Pirouette habite un drôle de pays.
Un pays où le temps n’existe pas. Il ne s’est jamais installé ici.
Ici, c’est un pays où il n’y a pas de saison : pas d’automne, pas d’hiver, pas de printemps, pas d’été.
Jamais le vent ne souffle, ni la pluie, ni la neige ne tombent. Le ciel n’a pas de couleur.
Parfois des nuages passent, doucement dans le ciel, mais sans déranger le temps.
On peut porter tous les jours les mêmes habits et les arbres ont toujours des fruits, beaux et bons. Quand on cueille une pomme, hop ! Une autre pomme pousse immédiatement, comme par enchantement, toute aussi bonne et toute aussi juteuse.
Voilà le beau pays de Pirouette où rien ne semblait devoir changer.
Et pourtant, un jour, Pirouette trouve un livre à la bibliothèque, et elle lit ….
« L’histoire du Papa Noël »
Le Papa Noël habite loin, loin, dans un pays où il fait très froid. Toute l’année, avec ses lutins, il fabrique des jouets, pour tous les enfants du monde. Puis, le soir de Noël, il charge tous ces jouets dans son traîneau et il les apporte aux enfants endormis… »
Çà alors ! s’écrit Pirouette, mais le Papa Noël n’est jamais venu ici.
Alors Pirouette se met à rêver. Comme elle aimerait que le Papa Noël lui apporte des jouets. Mais pour cela, il faudrait que l’hiver s’installe dans son pays et fasse tomber de la belle neige, bien blanche.
Alors Pirouette appelle l’Hiver : Hiver où es-tu ? Hiver que fais-tu ?
Tout d’abord, ce ne fut qu’un nuage, une brume qui s’enroula au pied du lit de Pirouette. Puis un long ruban couleur arc en ciel déploya des bras, noueux comme des branches. Un corps de terre où miroitaient des feuilles, des mers et des forêt s’éleva et tout en haut un visage rayonnait, tel un soleil.
Pirouette éberluée demande d’une voix tremblante : « mais qui es-tu ? »
- Tu m’as appelé, je suis le Temps. J’ai la tête dans les étoiles et les pieds dans les profondeurs de la terre. Tu as demandé l’Hiver, alors me voilà. C’est moi qui fait les saisons. Je suis donc très important ; tout le monde parle de moi :
« Bonjour ! Quel temps fait-il ?
Quel beau temps !
Je n’aurai jamais le temps !
Quel temps de chien ! »
Même à la télé, on essaie de savoir le temps qu’il fera. Mais je suis imprévisible ! je fais ce qui me plait. Je souffle parfois le chaud, parfois le froid. Cela dépend de mon humeur. Bref, je fais la pluie et le beau temps !
- Mais, dit Pirouette intimidée, j’avais demandé juste l’hiver !
- Ah, Ah, Ah ! S’esclaffe le temps, mais l’hiver tout seul n’existe pas ! iI lui faut l’automne qui fait tomber les feuilles des arbres. Il lui faut le printemps pour réchauffer la terre que l’hiver a glacée, mes saisons ont besoin les unes des autres. Ensemble, elles se donnent la main et forment une ronde éternelle.
- Mais pourquoi donc veux-tu l’hiver ?
- Je voudrais qu’il fasse froid pour que le Papa Noël passe cette nuit. Mais tu le connais- toi, le Papa Noël ? ».
- Bien sûr que je le connais ! Nous travaillons ensemble depuis bien longtemps. Je peux lui demander de venir ici, mais je dois d’abord installer mes saisons. Et que me donneras-tu en échange ?
- Je n’ai pas grand- chose. Je suis une toute petite fille. Et qu’est-ce qui pourrait te faire plaisir, à toi qui est si grand, si puissant ?
- J’aime quand les enfants chantent des chansons qui parlent de moi, ou bien me disent des poésies. Car vois-tu, je suis un peu poète.
Alors Pirouette réfléchit et se met à chanter : « Vive le vent, vive le vent, vive le vent d’hiver, qui s’en va soufflant crachant dans les grands sapins verts…. »
A la fin de chanson, le Temps charmé lui dit : « merci Petite fille. Tu m’as fait grand plaisir. Maintenant, tu vas aller te coucher, car il est tard. Pose tes chaussures au pied de ton lit et ferme tes yeux. Fais de beaux rêves et si tu rêves du Papa Noël, peut être il passera cette nuit… ».
Et le temps s’enfuit, laissant l’hiver derrière lui. La neige se mit à tomber et au milieu de la nuit, on entendit au loin une musique qui s’approchait. C’était les clochettes du traîneau du Papa Noël.
Depuis ce jour -là, le temps s’est installé au pays de Pirouette et le Papa Noël passe chaque année.
Merci Pirouette d’avoir charmé le temps!

lundi 26 novembre 2018

Conte de Noël : Le four à pain Martial Deléchat, pasteur


Noël approchait, était presque là… Il neigeait… Vous pensez peut-être que c’est une histoire très ancienne ou qu’elle se passait en haute montagne, car un Noël blanc, cela fait bien longtemps que cela ne s’est pas vu chez nous… Mais non ! Cela se passait bien chez nous, ou plutôt chez mon ami Antoine. Il neigeait donc. Il neigeait en bourrasque. Pas question de sortir en balade. Même une obligation aurait eu de la peine à convaincre Antoine de sortir… De l’autre côté de la cour de la maison, dans sa niche, le chien regardait son écuelle disparaître sous la neige, pendant que le vent jouait de ses grandes orgues dans les interstices qu’il trouvait sur le toit, dans les parois du hangar et dans le vieux four à pain abandonné aux souris… Antoine regardait, rêveur, par la fenêtre, en se balançant sur sa chaise à bascule. Le léger grincement de la chaise donnait la mesure aux crépitements du bois qui geignait en se tordant dans la cheminée. Tout cela entraîna Antoine dans un état de somnolence, mi-veille mi-sommeil, et il fit un songe…

Tout commença à tourner dans la tête, sans qu’il pût résister. Il n’avait d’ailleurs pas envie de résister car ce sentiment de chavirement n’était pas désagréable… était même fascinant : c’était comme si le corps et l’esprit de mon ami s’agençaient différemment… Et voici qu’il était devenu une petite ville… Avec des maisons, une église, une auberge, un grand magasin et une école… Ce qui était singulier, c’est que chaque maison avait, non… Plutôt était quelque chose d’Antoine. Et comme on était tout près de Noël, cette ville grouillait d’activités… Tout comme Antoine !

Et voici qu’un inconnu arriva dans la ville. Il n’avait rien de bien particulier… Il aurait pu être n’importe qui. Il n’était pas de la ville, à voir comme il errait de lieu en lieu, comme un visiteur un peu perdu… L’inconnu frappa d’abord à la porte de l’auberge. C’était un peu la cuisine d’Antoine, le coin de son être où il fallait penser – ces jours – au repas de Noël…

Y-a-t-il de la place pour l'étranger ?

« Bonjour, puis-je entrer ? » demanda l’homme. « Non, mon brave Monsieur, vous ne pouvez pas entrer. L’auberge est débordée : j’attends pour Noël une quinzaine de personnes et tout est en chantier ici : il faut dresser des tables et choisir les places des invités. Et ce n’est pas facile, croyez-moi. Et puis, la cuisine est pleine de dinde, de marrons, de saumon, de toast, de petits légumes, de pommes de terre, de grandes bûches et autres biscuits, chocolats, vins et champagnes, sans parler des nappes et serviettes, de la vaisselle, de l’argenterie et j’en passe. Désolé, Monsieur, il vous faut aller voir ailleurs »…

L’inconnu s’en alla, et comme il passait devant la maison de ville, il entendit du bruit et tenta là sa chance. « Bonjour, puis-je entrer ? » Il ne savait pas qu’il frappait à la porte de la « vitrine » d’Antoine, de cette partie de son être qu’il s’efforçait de toujours montrer sous son meilleur aspect.
– « Ah ! Vous tombez mal, Monsieur, Vous ne pouvez pas entrer »…

Les apparences sont sauves

Antoine était sorti devant la maison et avait fermé la porte derrière lui : il ne voulait même pas qu’on puisse entrevoir la surprise qu’il préparait à ses invités. Il faut dire qu’il s’appliquait à décorer le sapin, à monter la crèche et à disposer les cadeaux. Il fallait aussi enlever et cacher tout ce qui était laid, nettoyer quelques regrets, débarrasser les remords, polir les oublis, sortir les rancunes… Bref, soigner l’accueil… La peur d’être démasqué jetait une ombre dans le regard d’Antoine et cela fit de la peine à l’inconnu. Toutefois, étant congédié, il repartit aussi discrètement qu’il était venu.
Il passa devant plusieurs maisons désertées par leurs occupants habituels : les volets étaient clos et aucun son ne s’en échappait. Même les cheminées ne crachaient pas leurs filets de fumée. L’inconnu ne put s’empêcher de lire sur les boîtes aux lettres : « projets de vacances », « travail », « sports et loisirs »… Et de l’autre côté de la route, il vit une autre maison délaissée où il était écrit sous la sonnette « factures »…

« Aïe ! » pensa l’homme, « j’espère qu’Antoine ne va pas faire trop de folies pendant ces fêtes »…
Chemin faisant, il passa devant l’église. C’est là qu’Antoine mettait son sentiment religieux. Il poussa la porte et entra. Il n’y avait personne en ce moment, mais le lieu était propret et accueillant. On y sentait encore l’odeur d’un cierge brûlé et on entendait presque encore l’écho de cantiques de Noël… Sûr qu’Antoine ne manquera pas la veillée ! L’étranger se réchauffa un instant et repartit.
Passant devant le grand magasin, il aborda Antoine : « Excusez-moi, Monsieur »…
L'hôte en trop ?

« Non Monsieur », cria presque mon ami, l’air à la fois énervé et embarrassé. « Vous ne voyez pas qu’on a déjà assez de frais avec ces fêtes ! Et en plus, il y a les impôts, les assurances de la voiture et des tas d’autres factures qu’il faut reporter. Et aussi les cadeaux, les repas, sans parler de la Chaîne du bonheur qui m’a déjà coûté, tout comme la marmite de l’Armée du Salut… Passez votre chemin »…
L’inconnu partit vite fait, un peu surpris et, c’est vrai, déçu. Il passa devant une maison que l’occupant venait de quitter. Cela se voyait aux traces de pas dans la neige et à la cheminée qui commençait à s’essouffler. Sur la porte, il était écrit « sommeil ».

« Mmh ! Encore un qui va s’épuiser dangereusement ! » Ne put s’empêcher de remarquer l’inconnu. Il se surprit alors à user d’un ton un brin paternaliste et se reprit en souriant… En passant devant l’école, il hésita à frapper mais se ravisa en se disant que dans une telle période de stress, il ne servait à rien de faire appel à l’intelligence des gens.

Juste derrière l’école, il y avait une petite maison qui s’appelait « bons sentiments ». L’inconnu, qui commençait à être fatigué et qui était transi, se remit à espérer et frappa à la porte : «Bonjour… Puis-je entrer ? » « O non, mon pauvre Monsieur », dit la générosité d’Antoine, « je suis désolée, mais il n’y a plus de place ici… Mais attendez… Je ne peux pas vous laisser partir comme ça – il fait froid, et c’est Noël… Écoutez, ça me gêne un peu de vous y envoyer, mais il y a de l’autre côté de la cour un vieux four à pain dont je me sers comme réduit. C’est un peu sale car il a aussi servi d’écurie, mais au moins, vous y serez à l’abri et je vous y apporterai une soupe. Si vous voulez bien vous en contenter. Nais ne regardez pas trop l’état des lieux ! »… Et il glissa encore à l’oreille du visiteur : – « Vous savez, comme je suis seul à connaître et à aller dans cet endroit, j’y attache moins d’importance ».

L'Invité du Jour au coeur de nos turpitudes

L’inconnu accepta avec reconnaissance l’abri qu’Antoine lui prêtait. L’endroit était petit et sale, sombre et encombré. Il y avait une foule de rancunes, de haines, de peurs et de souffrances. Une odeur de vieille solitude y régnait. Des actes manqués jouxtaient des pensées peu louables. L’inconnu manqua de tomber sur un mensonge caché et se blessa à un clou d’amertume… Finalement il put se trouver une position étrange mais qui lui parut la meilleure : Debout… Les bras ouverts, grands ouverts, pour accueillir son hôte en lui montrant que c’est là, dans cet endroit, qu’il est attendu…
Et en attendant, l’inconnu pensait et repensait avec émotion à l’écurie où il était né, il y a déjà très longtemps, à Bethléem… La maison du pain.

samedi 24 novembre 2018

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 18, 33-37


Fête du Christ Roi



 En ce temps-là : Pilate dit à Jésus : Es-tu le roi des Juifs ? Jésus répondit : Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? Pilate répondit : Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les princes des prêtres t’ont livré à moi ; qu’as-tu fait ? Jésus répondit : Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu, pour que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais mon royaume n’est point d’ici. Pilate lui dit alors : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis, je suis roi. Voici pourquoi je suis né, et pourquoi je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité, écoute ma voix.


Commentaire

L’année liturgique se termine aujourd’hui avec la fête du Christ Roi de l’Univers.

Cette fête du Christ Roi nous invite à réfléchir sur la Royauté de service proposé par Jésus et à agir selon sa vérité, afin de transformer notre monde.

Honorer le Christ-Roi, ne consiste pas à faire brûler de l’encens devant la statue du Christ, ou à organiser des cérémonies triomphales, comme celles que célèbrent les puissants de la terre. Honorer le Seigneur, c’est «écouter sa voix» et conformer notre vie familiale, professionnelle et sociale, à la sienne. «Toute personne qui appartient à la vérité écoute ma voix.»

Le Christ est Roi, c’est affirmer, à un premier niveau, que le Christ a pouvoir non seulement sur la terre, mais sur le cosmos tout entier.
C’est proclamer aussi qu’il est le maître de l’histoire pour tous les peuples et dans tous les temps, et qu’il mène souverainement le destin de chaque homme, de chaque couple, de chaque famille, de chaque communauté…
Prier le Christ Roi, c’est reconnaître que l’amour du Christ lui donne tous les droits; c’est reconnaître que le Christ a le droit de nous aimer comme il veut, autant qu’il veut.
 Celui que fêtons comme notre Roi, c’est le Fils de Dieu qui est aussi le fils de Marie. Le maître du monde et de l’histoire a dit « maman » à une femme de la terre, et c’est ce même Jésus Christ qui a tout pouvoir dans le ciel.
Bien des gens, il est vrai, même parmi les chrétiens, pourraient s’offusquer de cette fête du Christ Roi, en disant : « cette seigneurie du Christ sur l’histoire n’est vraiment pas évidente ! » Mais Jésus nous a prévenus d’avance, lorsqu’il a répondu à Pilate : « Ma royauté n’est pas de ce monde » (Jean 18, 37)
 La fête du Christ Roi ne célèbre par le triomphe de l’Église, mais bien plutôt l’entrée de l’Église dans l’œuvre universelle du Christ miséricordieux. Mais dans ce Seigneur si proche de nous, nous reconnaissons avec allégresse, avec enthousiasme, le maître du monde et de l’histoire, « afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre, et dans le monde des morts, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. »
Complétez le paragraphe en remplissant les blancs avec le bon mot  de la banque de mots de l'histoire.

 Livré  prêtres   voix battus   Roi  palais  vérité     Juifs  Royauté   monde nation gardes témoignage

Pilate est ensuite retourné à l'intérieur du __________, il appela Jésus et lui demanda: "Es-tu le  __________ des __________?"

Jésus lui demanda : Dis-tu cela de toi-même, ou bien  d'autres te  l’ont dit à mon sujet?"

Pilate répondit : Est-ce que je suis  Juif, moi?" Ta ____________  et les grands  _____________t’ont livré à  moi. Qu’as-tu donc fait? "

Jésus a dit: "Ma ___________ n'est pas de ce  __________. S'il en était ainsi, j’aurais  des _________ qui se  seraient __________ pour que  je ne sois pas  __________ aux Juifs.  En fait ma royauté  n’est pas d’ici. "

Pilate lui dit : Alors, tu es roi? Jésus répondit: "C’est toi-même qui dit que  je suis  roi. Moi, je suis _______, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre ____________ à la _____________écoute ma ___________
  
Réponses : Palais – roi – Juifs- nation- prêtres – Royauté – monde – gardes- battus – livré – né-  témoignage -vérité- voix

vendredi 23 novembre 2018

Le conte du grand-père qui n’aimait pas les gâteaux

Il était une fois un vieux grand-père qui assistait au repas de mariage de sa dernière petite-fille. Il était heureux, serein, apaisé devant le merveilleux spectacle de toute sa famille réunie. Leur joie, leur bonheur à tous l'entouraient d'une émotion tendre.
 Comme elle était belle, sa petite-fille dans une éblouissante robe blanche ! Elle riait de bon cœur en découpant avec son jeune époux la somptueuse pièce montée toute scintillante de caramel blond et de dragées roses.
 - « Servez-vous tous et faites passer à vos voisins de table, disait-elle en déposant les choux tout rebondis de crème sur les assiettes chaudes. »
 Quand la petite-fille passa l'assiette à son grand-père :
-«  Tiens, Pépé Paco ! Prends donc du gâteau ! »
- « Mais non ! Fais passer le plat, l'interrompit sa mère, toujours attentive, tu sais que Pépé n'aime pas les gâteaux. »
 Il y eut un instant de silence et l'on entendit soudain la voix joyeuse du grand-père :
- « Mais oui ! J'aime les gâteaux. Tiens, je vais prendre ce beau chou-là. »
 Regard stupéfait de sa fille.
- « Comment ça, tu aimes les gâteaux ? Mais tu n'as jamais aimé les gâteaux ! Moi ta fille, j'ai cinquante ans et je ne t'ai jamais vu manger un gâteau de toute ma vie… »
 -«  De ta vie à toi, ma fille, oui…Mais pas de la mienne ! C'est que je les aime, les gâteaux ! J'ai toujours aimé les gâteaux… Seulement, nous étions si  pauvres  quand vous étiez petits avec tes sœurs et ton frère, tu le sais bien…Des gâteaux, votre mère ne pouvait en acheter qu'une fois de temps en temps, et encore seulement les dimanches de fête… Elle en prenait un pour chacun, c'est sûr, mais moi, quand je voyais tes yeux à toi, ma toute petite, quand tu venais t'asseoir sur mes genoux et que tu dévorais ton gâteau avec tant de plaisir, mon plaisir à moi, tu vois, c'était de te regarder manger mon gâteau que je te donnais si volontiers. 
Et j'ajoutais toujours pour que ton plaisir soit complet : ” Mange ma petite petitoune, va !…moi je n'aime pas les gâteaux : “ »
 Le grand-père en disant cela souriait tendrement, dodelinant doucement de la tête.
 Il dit encore en riant franchement :
 - « Tiens, ma fille, aujourd'hui c'est fête, donne-moi aussi celui qui reste sur le plat, là… D'ailleurs il va finir par tomber si tu continues à trembler comme ça ! Tu as froid ou c'est l'émotion de marier ta fille ? »
 Il arrive quelquefois que les cadeaux d'amour mettent de longues années avant d'être reconnus comme tels.  Il suffit parfois d'un moment de tendresse, qui vient se poser sur un souvenir avec la délicatesse d'un pétale de fleur pour qu'ils se révèlent au grand jour.

(Jacques Salomé  - « Contes à aimer… Contes à s'aimer. »)

mardi 20 novembre 2018

Le gâteau


Parfois on se demande...qu’est-ce que j’ai fait pour mériter cela ?
Pourquoi la Vie laisse-t-elle ces choses m’arriver ?
 Voici l’explication...
 Une fille dit à sa mère que tout tourne mal pour elle. Elle a probablement échoué son examen de maths, son petit ami vient de la laisser .....pour sa meilleure amie.
 Dans ces périodes tristes, une bonne mère connait la chose à faire pour encourager sa fille…  « Je fais un gâteau délicieux. »
À ce moment, la mère prend sa fille dans ses bras et la guide vers la cuisine, tandis que sa fille essaie de sourire.
 Tandis que la mère préparait les ustensiles et les ingrédients, sa fille s'est assise au comptoir.
Sa mère demande:
 « Ma chérie, aimerais-tu un morceau de gâteau ? »
 Sa fille répond:
« Sûr, maman, tu sais combien j'aime le gâteau. »
 “D’accord...” dit la mère,
“Bois un peu de cette huile de cuisson.”

Choquée, la jeune fille répond:
“Quoi ?!!! Pas question !!! ”
 “Que dirais-tu alors de quelques oeufs crus ?”
 À cela la fille répond: “Est-ce que tu plaisantes ?”  
 “Que dirais-tu d’un peu de farine?”
 “Non maman,  je vais être malade!”
 La mère répond :
 “Toutes ces choses ne sont pas cuites et goûtent mauvais, mais si tu les mets toutes ensemble elles font un gâteau délicieux !”

La Vie se passe un peu de la même manière.
 
Quand nous nous demandons pourquoi il nous faut passer par ces périodes difficiles, nous ne réalisons pas ce que ces événements peuvent nous apporter.
Nous n'avons pas besoin d'arranger les ingrédients crus.
Seulement de croire en la Vie…
Et entretenir la certitude que quelque chose de fantastique va survenir !
 La Vie nous aime tellement...
Elle nous envoie des fleurs chaque printemps.
Elle fait se lever le soleil
tous les matins.
 Et chaque fois que tu as besoin de parler,
La Vie t’envoie quelqu’un pour écouter ! 
L’Amour peut vivre n’importe où dans l’univers...
Mais il choisit de vivre dans ton coeur !

dimanche 18 novembre 2018

L'étoile de Noël - Conte de Chantal Biedermann-Beaumont



Il y a de cela fort longtemps, la nuit ne ressemblait pas à celle que tu connais aujourd’hui. Le ciel était tout noir et sombre car aucune étoile ne l’éclairait. Certes, elles existaient, elles avaient été fabriquées le troisième jour de la Création, il y a des millions et des millions d’années ! Mais elles étaient toutes grises et ne brillaient pas du tout.
Parmi toutes ces étoiles, il en existait une spéciale la plus petite des étoiles du Ciel. Elle était si minuscule que tout le monde l’appelait « Minitoile ». Elle avait aussi une autre particularité qui lui valait les railleries de toutes ses camarades : elle était si timide que lorsqu’on lui posait une question elle se mettait à avoir très chaud et rougissait. Mais sa façon à elle de rougir c’était de se mettre à briller intensément. Tu me diras « mais c’est très joli une étoile qui brille ! » Il faut te mettre à la place de Minitoile : elle était la seule de toutes les milliers d’étoiles du ciel à luire. Les autres étaient grises, ternes, et se trouvaient très jolies comme ça. Comme elles étaient toutes de teintes différentes, elles se chamaillaient beaucoup, discutaient sans cesse de qui était la plus jolie sans, bien sûr, réussir à se mettre d’accord. Mais là où elles étaient unanimes, c’est lorsqu’elles voyaient Minitoile briller. Elles se moquaient en disant « comme Minitoile est bizarre, regarde cette lumière qui sort d’elle, elle n’est pas comme nous !». Tu imagines bien comment notre petite étoile devait se sentir.
D’abord, sous le coup de l’émotion, elle brillait de plus belle, et puis, bien sûr, à l’intérieur de son coeur, elle se sentait triste et seule. Elle se demandait bien pourquoi elle avait été créée avec cette particularité. Elle trouvait cela très injuste car elle voulait simplement être exactement comme toutes les autres étoiles et surtout ne pas se faire remarquer. Quand le chagrin la saisissait trop fortement, elle se rendait auprès de la plus ancienne des étoiles, la première créée par Dieu, qui, pleine de sagesse, lui disait : « nous sommes toutes créées pour une raison spéciale, tout a un sens, mais on ne le connaît pas toujours dès le début de notre existence. Parfois, ce n’est que vers la fin que nous comprenons le pourquoi des choses. Il faut avoir confiance, rien n’est pour rien. ». Minitoile avait de la peine à le croire, mais cela la consolait un peu.
Un jour pourtant, alors qu’à nouveau on lui avait posé une question, que, gênée, elle s’était mise à briller et que les autres étoiles avaient formé une ronde autour d’elle en se moquant, la vieille étoile convoqua Minitoile et lui dit « Je pense que tu devrais partir un moment, parcourir le monde, découvrir les planètes ; ici, tu n’es pas heureuse, peut-être qu’ailleurs tu le seras. Tu pourras toujours revenir, tu seras la bienvenue. Mais il faut que tu voles de tes propres ailes. Courage ! Pars à l’aventure et n’aie pas peur ».
 Minitoile, craintive mais résolue, quitta donc son univers en prenant la voie lactée, qui à cette heure n’était pas trop encombrée. Elle partit pour de nouvelles aventures, pour se réaliser, enfin, et découvrir un autre monde.
(Un conte de Chantal Biedermann-Beaumont), Argos Production

samedi 17 novembre 2018

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 13, 24-32


La venue du Fils de l’homme

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « En ces jours-là, après une grande détresse, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et avec gloire. Il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel. Laissez-vous instruire par la comparaison du figuier : dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père. »

Petit commentaire : La venue du Fils de l’homme Réflexions sur Marc 13,24-32 (33ème dimanche ordinaire B)

Ce passage de l’Évangile nous invite à voir les signes qui annoncent ce changement. Dès que les branches du figuier deviennent tendres et que sortent les feuilles, nous savons que la belle saison est proche. De même, chaque fois que fleurissent l’amour, le partage, la tendresse, le pardon, c’est lui, le Fils de l’homme qui est proche. C’est lui qui est à notre porte. Il est notre présent et notre avenir. En ce monde, tout passera, mais l’amour accueilli au cœur de nos vies ne passera jamais. À l’aide d’images mystérieuses et grandioses, Jésus annonce son retour glorieux à la fin des temps : tout finira, tout s’achèvera par le rassemblement dans la cité éternelle, le Royaume d’amour, de l’humanité tout entière, dispersée. Pour nous parler, Jésus utilise une comparaison très intéressante : celle du figuier: ̏quand ses branches deviennent tendres et que les feuilles commencent à sortir, c’est l’annonce de l’été˝. Il nous invite, de même, à reconnaître les signes d’espérance qui annoncent la venue du monde nouveau, le retour glorieux du Fils de l’homme. En fait, il est toujours là pour se faire proche de nous quand les épreuves nous frappent. Le plus grand désir de Dieu est de se faire proche au plus profond de notre humanité et d’être à notre porte au plus fort de la crise. En son Fils, Jésus, il a vaincu les forces du mal. Ainsi, les temps derniers dont nous parle l’Évangile commencent au matin de Pâques. Jésus, pour nous libérer de tout obstacle, s’est offert une fois pour toutes ; il s’est assis pour toujours à la droite de Dieu. Et il nous rassemble en chemin vers le plein accomplissement du salut déjà commencé. Dans l’attente du retour du Fils de l’homme dans sa gloire, nous sommes invités à redécouvrir le don merveilleux de la foi. Une foi qui nous fait vivre dans la confiance et l’assurance que la vie est toujours plus forte que la mort grâce à la parole de Dieu, au pain de l’eucharistie et aux sacrements qui nous nourrissent au quotidien de la vie. Le Fils de l'homme est proche. Nul ne sait ni le jour ni l'heure de sa venue. Mais il est là à chaque instant. Il frappe à la porte de notre cœur pour repousser le vieil homme et installer l'homme nouveau et pardonné. Pour cela, n'attendons pas la fin des temps. C'est maintenant qu'il nous faut vivre en vrais disciples. Le Fils de l’homme vient; il veut nous mener à la perfection. Il est à notre porte et il nous dit : « Cette génération ne passera pas avant que tout cela n'arrive» (cf. Mc13, 31). Cette génération, c'est nous, c'est toute génération qui au moment même où elle vit dans le temps donne la main à son éternité.
 Louiders Jean pierre, prêtre

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jeudi 15 novembre 2018

La maison du partage d’après un conte de Noël d’Isabelle Descours


Dame Tortue se prépare pour l’hiver… Dame Tortue avait bien préparé l’hiver. Car savez-vous que les tortues hibernent ? Tout l’hiver, elles s’enfouissent et bien protégées de leur carapace, elles attendent le printemps. Dame Tortue avait donc bien préparé l’hiver : elle avait soigneusement et lentement – car une tortue, tout le monde le sait, n’est pas rapide – sillonné la campagne tout l’été et fait provisions de petites merveilles qui l’aideraient à patienter durant tout l’hiver. Elle avait ainsi ramassé une pomme de pin un peu rongée, quelques brins de paille fraîchement coupée, un morceau de miroir poli par le temps qui reflétait le soleil et dans lequel elle pouvait s’admirer, quelques branches de lavande et de romarin pour garder les parfums et la douceur de l’été. Et Dame Tortue était heureuse, il ne restait plus qu’à trouver un coin tranquille, bien abrité pour s’endormir jusqu’au printemps.

Dame Tortue partage et offre un peu de chaleur…

Dame Tortue, souvenez-vous, cherchait un coin abrité pour passer l’hiver. Mais elle savait où aller et emprunta tranquillement le sentier des bois, quand un peu plus loin, des pleurs lui firent tendre le cou… Dame Tortue est très curieuse, elle s’approche : Un écureuil frottait ses deux pattes avant avec désespoir … - Ohé, l’ami écureuil, que se passe-t-il ? - C’est bientôt l’hiver et on a pillé ma maison. Il ne reste plus aucune provision dans mon arbre creux ! Sans aucune hésitation, Dame Tortue rentre alors la tête dans sa carapace et en retire la pomme de pin. - Tiens ! Prends-la ! Elle n’est pas bien grosse, un peu rongée, mais elle t’aidera à apaiser ta faim ! Et dès que l’écureuil eut séché ses larmes, elle poursuivit sa route un peu plus légère, quand soudain des gémissements se font entendre et, vous le savez déjà, Dame Tortue est curieuse ! Alors, elle regarde aux alentours : c’est une mésange qui se désespère… - Qu’as-tu, Dame Mésange, s’inquiète-t-elle ? - Un coup de vent a abîmé mon nid ! Mes petits ne pourront pas se protéger du froid ! Il faudra trouver de quoi combler les trous, l’hiver arrive et le temps presse ! Oh la la, que vais-je faire ? - Attends, j’ai quelque chose qui pourrait te servir, réfléchit Dame Tortue. Elle rentre la tête dans sa carapace et en retire les brins de paille qu’elle avait rangés. - J’ai ramassé cette paille pour rendre ma coquille plus confortable. Mais je crois que tu en as plus besoin que moi… Et Dame Tortue aida la mésange à refaire son nid.

Dame Tortue partage et offre la lumière et la douceur

Après avoir aidé Dame Mésange à refaire son nid, Dame Tortue poursuivait sa route à travers les bois. Et puis, près d’un arbre, un gros soupir intrigua notre amie Tortue : c’était une taupe. Dame Tortue, toujours aussi curieuse, s’approche, s’approcha sans que la taupe ne la voie : - Ohé ! l’amie ! Qu’as-tu donc à soupirer ? - Oh ! Je ne t’avais pas vu. Je vois mal d’ailleurs et ma maison est toute sombre ! Quel triste hiver je vais encore passer ! - J’ai quelque chose qui peut te faire plaisir ! Et Dame Tortue rentra dans sa carapace et en sortit le petit morceau de miroir. - Mets-le à l’entrée de ton trou ! Le soleil viendra s’y refléter et toute ta maison en sera illuminée ! Tu en as plus besoin que moi… Et tandis que la taupe faisait briller le soleil dans son miroir, Dame Tortue repartit à la quête d’un endroit confortable pour hiberner, encore plus légère… Déjà, elle apercevait un tas de feuilles craquantes où se reposer un moment, mais une vilaine odeur l’empêcha de s’attarder. C’est alors qu’elle vit un animal noir et blanc qui déambulait tout triste. Toujours curieuse, Dame Tortue l’interpelle : - Eh l’ami, pourquoi sembles-tu si triste ? - Je vais passer l’hiver seul, sans ami, tant ma maison et moi-même sentons mauvais ! - Ah ! Tu es un putois ! mais je crois que j’ai quelque chose pour toi ! En fouillant une dernière fois dans sa carapace, Dame Tortue en sort les brindilles de romarin et de lavande. - Tu pourras en remplir ta maison et recevoir tes amis ! Et Dame Tortue reprit sa route, pressée d’arriver maintenant dans la grotte obscure qu’elle avait repérée au fond des bois, pour y passer tout l’hiver.

Dame Tortue accueille la paix de l’enfant qui vient de naître

Dame Tortue avançait toujours… Comme la hotte du Père Noël, sa carapace était maintenant vide… Alors qu’elle approchait de la grotte, des chants résonnèrent dans la nuit : Dame Tortue, intriguée, tenta de presser le pas. La musique s’atténua et quand elle arriva près de la grotte où elle pensait s’abriter pour l’hiver, une grande lueur éclairait les lieux et illuminait le visage d’un petit enfant, couché sur la paille d’une mangeoire. Dame Tortue s’avança encore. Il régnait une douce paix dans la grotte. Il y avait là, Marie et Joseph et des bergers qui entouraient l’enfant. Un bœuf et un âne s’étaient assoupis dans la paille et des petits moutons souriaient paisiblement à l’enfant. Dame Tortue, alors toute légère, s’enfouit pour l’hiver, dans sa maison vide du superflu, mais le cœur rempli de la chaleur qu’elle avait distribuée sur son chemin. Elle rentra la tête, ses yeux se fermèrent, mais ils brillaient encore de la douce lumière qui régnait dans la grotte et elle reçut alors comme un cadeau la paix de l’enfant qui vient de naître.

Comme Dame Tortue, nous accueillons la paix de Jésus Dans sa maison vide de tout ce que Dame Tortue a donné sur son chemin, il y a maintenant de la place. Dame Tortue peut s’y blottir et recevoir dans son cœur l’amitié de tous ceux qu’elle a croisés sur sa route, elle reçoit aussi la paix de Jésus dans son cœur.


mercredi 14 novembre 2018

Dame Hiver conte des frères Grimm,


Une veuve avait deux filles. L’une était belle et travailleuse. L’autre était laide et paresseuse. Mais comme la laide et paresseuse était sa vraie fille, la mère la préférait. Et de très loin. Quant à la fille qui était belle et travailleuse, il lui fallait tout faire : elle était la Cendrillon de la maison. Même que, tous les jours, on l’envoyait dans la grand-rue où, assise sur la margelle d’un puits, elle filait tant et tant que les doigts lui saignaient.

Un soir que sa bobine était toute trempée de sang, la fillette se pencha pour la laver dans l’eau du puits. Or, la bobine lui échappa et tomba tout au fond. L’enfant pleura et courut voir sa belle-mère pour lui raconter son malheur. Mais la marâtre fut sans pitié et l’accabla de reproches :
- C’est toi qui as fait tomber ta bobine au fond du puits ? C’est à toi de la remonter !
La fillette redescendit la grand-rue, sans plus savoir à quel saint se vouer. Sa détresse était si grande qu’elle sauta dans le puits afin d’y repêcher sa bobine.
Là, elle perdit connaissance, puis se réveilla. Et quand elle eut repris ses esprits, elle se retrouva au beau milieu d’une prairie fort jolie. Le soleil brillait. Des milliers et des milliers de fleurs l’entouraient. La fillette traversa la prairie et vit un four à pain. Le four en était plein. Et le pain lui cria : - Oh toi ! Tire-moi de là Avant que je ne brûle ! Il y a tant de temps déjà que je croustille !

La fillette s’en approcha et, une longue pelle de boulanger à la main, elle sortit les pains du four, un par un. Puis elle reprit son chemin et arriva au pied d’un arbre couvert de pommes, qui lui cria :
- Oh toi ! Secoue- moi, secoue moi !
Quand les pommes sont mûres, il faut les manger !
La fillette secoua le pommier. Les pommes tombèrent en pluie si drue que, sur l’arbre, il n’y en eut bientôt plus.
L’enfant les ramassa, puis, toutes les pommes mises en tas, elle reprit son chemin.

Comme elle avait beaucoup marché, elle finit par se trouver devant une pauvre chaumière. Une vieille dame regardait par la fenêtre. Elle avait de si grandes dents que la fillette prit peur et voulut se sauver.
Mais la vieille dame lui cria :
- Ma chère enfant, de quoi as-tu peur ?
Reste auprès de moi ! Si tu travailles comme il faut dans ma maison, tu t’en trouveras bien.
Je ne te demanderai qu’une chose : refaire mon lit et bien secouer mes édredons pour que, les plumes volant au gré des vents, il neige sur terre. Je suis Dame Hiver.

La vieille lui ayant parlé avec une grande gentillesse, la fillette se sentit pleine de courage et accepta d’entrer à son service. Chaque jour, à la grande satisfaction de Dame Hiver, la fillette secouait son lit avec énergie. Les plumes volaient partout comme autant de petits flocons de neige.
En retour, la vieille la traitait avec bonté. Jamais elle ne la grondait. Sans compter qu’elle lui servait chaque jour quelque viande : tantôt du pot-au-feu, tantôt du rôti.

Le temps passa. La fillette se prit de mélancolie. Tout d’abord elle n’en comprit pas la raison, mais finalement elle réalisa qu’elle s’ennuyait de chez elle. Elle était pourtant mille fois plus heureuse en ces lieux, oui vraiment, mais voilà il fallait qu’elle retourne à la maison. Elle finit par dire :
- Je m’ennuie de chez moi. Il est vrai que je suis bien ici, mais je ne peux y rester plus longtemps. Il faut que je remonte auprès des miens.

Dame hiver répliqua :
- Je suis heureuse que tu veuilles rentrer chez toi. Et comme tu m’as servie avec fidélité, je vais t’accompagner jusque là-haut.
Sur ces mots, elle la prit par la main et la mena au pied d’un grand portail, qui s’ouvrit.
Comme la fillette passait sous le grand porche, une pluie d’or s’abattit sur elle, une grosse pluie d’or qui resta collée à ses vêtements et la recouvrit toute entière.
- Tout cet or est pour toi ; tu as si bien travaillé que tu l’as mérité, dit Dame Hiver en lui rendant aussi la bobine qui était tombée dans le puits.

Quand elle entra dans la cours, le coq, qui se tenait sur le rebord du puits, se mit à crier: "Cocorico! Notre précieuse jeune fille est de retour!" La fillette entra dans la maison et, parce qu'elle était toute recouverte d'or, fut bien accueillie par sa mère et sa soeur. Elle leur raconta alors tout ce qu'elle avait vécu.

Lorsque la mère entendit comment elle avait reçu tant de richesse, elle voulut que sa première fille, celle qui était paresseuse, aille se procurer le même bonheur. Celle-ci dut s'asseoir auprès du puits et se mettre à filer. Trop paresseuse, elle ne fila pas: pour qu'il y ait du sang sur la bobine, elle se mit plutôt les mains dans les églantiers et se piqua les doigts. Elle lança ensuite la bobine au fond du puits et s'y jeta elle-même.

Elle se réveilla elle aussi au milieu du magnifique champ fleuri. Elle emprunta le même chemin que sa soeur, et lorsqu'elle arriva près du four, les pains lui crièrent: "Hé, sors-nous du four, sors-nous du four, nous allons brûler! Nous cuisons depuis bien trop longtemps déjà." Mais la paresseuse leur répondit: "Je n'ai pas envie de me salir!" Et elle passa son chemin. Elle arriva bientôt près du pommier qui lui cria: "Hé! Secoue-moi, secoue-moi, mes pommes vont se gâter! Elles sont mûres depuis bien trop longtemps déjà." Mais elle lui répondit: "Pas question! Je pourrais en recevoir une sur la tête." Et elle passa son chemin.

Lorsqu'elle parvint à la maison de Dame Hiver, elle ne s'effraya pas, sachant déjà que la vieille dame avait de très longues dents, et elle se fit aussitôt engager. Le premier jour, elle accomplit toutes les tâches qui lui étaient assignées, car elle pensait à sa récompense. Mais le deuxième jour, elle recommença à être un peu paresseuse, et un peu plus le troisième. Finalement, elle ne voulut même plus se lever le matin et ne secoua plus l'oreiller comme elle avait convenu de le faire.

Dame Hiver en eut bientôt assez et décida de la congédier. La paresseuse s'en réjouit, songeant à la pluie d'or qui l'attendait. Mais lorsqu'elle traversa le seuil du grand portail, ce ne fut point de l'or qu'elle reçut, mais plutôt un plein chaudron de poix gluante et collante. "Voilà ta récompense pour ta paresse et tes mauvais services!", lui dit la vieille dame en claquant la porte.

La paresseuse se retrouva chez-elle, toute couverte de cette poix, et quand le coq l'aperçut, il se mit à crier: "Cocorico! Notre poisseuse jeune fille est de retour!" La fillette eut beau se laver et se laver encore, la poix resta coller sur elle jusqu'à la fin de ses jours.

(Définition : chaudron de poix gluante et collante: Matière collante, visqueuse et inflammable à base de résines et de goudrons végétaux utilisée principalement pour assurer l'étanchéité de divers assemblages.)

dimanche 11 novembre 2018

Il faut de la neige ! Conte pour enfant Par Sabine D'Halluin


Mathilde sort dans le jardin. Elle demande au vieux rosier tout fané :
"- Je cherche la neige, il faut de la neige pour Noël !
- Demande au vent, petite, demande au vent, c’est lui qui apporte la neige.
- Où est le vent ?
- Il passe doucement sur mes bourgeons au printemps et caresse mes roses l’été, c’est un souffle d’amour, le vent... Je ne sais d’où il vient, demande à l’arbre...
- Merci, rosier, merci.
Mathilde demande au vieux saule pleureur :
"Je cherche la neige, il faut de la neige pour Noël !
-Demande au vent, petite, demande au vent, c’est lui qui apporte la neige.
-Le vieux rosier m’a dit cela déjà, mais où est le vent ?
- Il passe dans mes branches au printemps et fait chanter mon feuillage l’été, c’est un souffle d’amour, le vent... Je ne sais d’où il vient, demande à l’eau...
- Merci, rosier, merci.
Mathilde s’approche de la mare gelée et demande :
"Je cherche la neige, il faut de la neige pour Noël ! ... Hé, l’eau, l’eau, je cherche la neige ! ....
-Crôa croâ, elle ne te répondra pas, dit un vieux crapaud posé sur une pierre, elle est gelée, congelée, dure comme du fer, elle ne te répondra pas. Mais je sais ce qu’elle t’aurait dit : "Demande au vent, petite, demande au vent, c’est lui qui apporte la neige. "
- Oui, le vieux rosier m’a dit cela déjà, et le saule pleureur...Mais où est le vent ?
- L’eau t’aurait dit : Il m’effleure au printemps et me fait des vagues en été, il colporte les histoires du monde, c’est un souffle d’amour, le vent...Je ne sais ...
-...d’où il vient, demande au cochon qui m’enverra voir le dindon, qui me parlera du cheval.....Jamais je ne trouverai la neige ! s’exclame Mathilde, exaspérée, jamais !
-Crôa, crôa, ne te fâche pas, petite, écoute-moi plutôt, ils t’ont caché des choses sur le vent... Le vent se lève la nuit, il pousse les lourds nuages gonflés de pluie, il est terrible alors... Il passe dans les branches des arbres et leur arrache toutes leurs feuilles jaunies... Avec le tonnerre et l’éclair, ils effrayent tout ce qui vit et font trembler le ciel... Il apporte le froid qui mord, il fait claquer les portes, il gifle les passants et retourne les parapluies... C’est seulement après tout cela, petite, quand il se calme enfin et que la nuit descend c’est seulement après tout cela que tombe la NEIGE... Peut-être viendra-t-elle, peut-être pas, nul ne peut la forcer, même le vent si puissant...
- Elle est comme l’amour ?
- Oui, Mathilde, comme l’amour."
FIN