mardi 10 juillet 2018

Histoire inspirante qui peut changer le monde : l’enfant et l’étoile de mer :| Publié par Michel POULAERT


Le geste du grand-père et l’intention qui s’exprime constituent une riche leçon de vie pour tous et un moyen de changer de perspective pour envisager le quotidien avec plus d’optimisme. 🙂

Un matin, un petit garçon se promenait sur la plage déserte avec son grand-père.
Ils entretenaient tous deux une conversation très enrichissante. Le petit garçon était particulièrement curieux de nature et posait plein de questions à son grand-père, doté d’une très grande sagesse.
À toutes les deux minutes, le grand-père se penchait, ramassait quelque chose par terre qu’il rejetait aussitôt dans l’océan. Intrigué, après la dixième fois, le petit garçon s’est arrêté de marcher et a demandé à son grand-père :
« Que fais-tu, grand-papa ? »
– Je rejette les étoiles de mer dans l’océan.
– Pourquoi fais-tu cela, grand-papa ?
– Vois-tu, mon petit- fils, c’est la marée basse, et toutes ces étoiles de mer ont échoué sur la plage.
Si je ne les rejette pas à la mer, elles vont mourir parce que dans quelques heures elles sécheront sous les rayons chauds du soleil.
– Je comprends, a répliqué le petit garçon, « mais grand-papa, il doit y avoir des milliers d’étoiles de mer sur cette plage, tu ne peux pas toutes les sauver. Il y en a tout simplement trop.
Et de plus, grand-papa, le même phénomène se produit probablement à l’instant même partout sur des milliers de plages à travers le monde. Ne vois-tu pas, grand-papa, que tu ne peux rien y changer ? »
Le grand-père a souri et s’est penché, il a ramassé une autre étoile de mer.
En la jetant à la mer, il a répondu ceci à son petit- fils :
« Tu as peut-être raison, mon garçon, mais ça change tout pour celle-là ! »

 (extrait du livre "Le Plus Grand Miracle du Monde" d'Og Mandino)

Parfois les actions les plus simples sont vécues comme inintéressantes ou sans importance ou conséquences sur notre entourage. "Elles ne feront pas la différence", "de toute façon nous ne pouvons pas changer le monde", "quelle différence je ferai, seul de mon côté ?", peut-on parfois penser…

Mais est-ce vraiment vrai ?

Il est vrai que si nous voulons changer la planète entière, nous sommes impuissants. Quelle est alors le bon raisonnement qui nous pousse à l'action ? Quelle action puis-je mener pour changer le monde qui est proche de moi ?

 Ce qu'il est important de réaliser, c'est Il n’existe pas d’actions trop petites ou trop simples pour être menées. Ce sont justement ces choses simples qui révolutionnent le monde ou votre vie. Nous avons tendance à trop nous compliquer la vie, à chercher des réponses complexes pour des problèmes que nous vivons comme complexes…

 On peut faire un blocage si on visualise la quantité innombrable d’étoiles de mer, et cette vision devient un frein qui nous empêche d’agir. Si nous n’apprenons pas à simplifier notre regard et nos perceptions et à comprendre que le monde ne changera que si nous faisons notre part, là où nous sommes, nous risquons de ne rien entreprendre, mais jamais rien ne changera non plus, nulle part !
Comme pour chaque étoile de mer, individuellement rejetée à l’eau, la différence sera pour celle-ci : cette étoile- là aura une chance supplémentaire de vivre plus longtemps. Cet acte insignifiant à des conséquences inouïes sur sa petite vie à elle.

Nos actes soit disant insignifiants peuvent faire toute la différence chez vos amis, votre famille, vos collègues, votre entourage ou… chez vous ! Nous n'avons pas idée du bien que nous pouvons faire par de simples gestes bienveillants.

Qu’est ce qui fait que l’apprentissage des enfants est plus rapide que le nôtre ?

Ils n’ont pas de préjugés, pas d’aprioris, ne se laissent pas influencer par des conditionnements, ils ne se posent pas mille et une questions ou ne sont pas freiné par des idées bloquantes : ils ont confiance, ils le font tout simplement parce que leur coeur le leur dicte.

Ce qui freine cette capacité d'action et la foi au fil des ans, c’est la perception que nous nous faisons de la vie et nos réactions face aux événements qui l’accompagne. Alors nous pensons que, de toutes façon, ça ne changera rien... et vous aurez raison : vous n'aurez rien changé pour cette personne que vous avez croisée...

Vivons simplement et agissons par des choses simples, ne nous compliquons pas la vie, passez à l'action et surtout : écoutez votre coeur sans vous compliquer la vie !

Votre serviteur de l’optimisme et motivateur,
Michel POULAERT.

dimanche 8 juillet 2018

Histoire inspirante : Les cinq qualités du crayon Michel POULAERT


Histoires à faire réfléchir

Le petit garçon observait son grand-père en train d’écrire une lettre. A un moment donné, il demanda : « Est-ce que tu racontes une histoire qui nous est arrivée ? Et est-ce que par hasard cette histoire parle de moi ? »

Le grand-père arrêta d’écrire, sourit, et dit à son petit-fils :
« Oui, ça parle de toi, c’est vrai. Mais le crayon dont je me sers est plus important que les mots que j’écris. J’espère que tu lui ressembleras quand tu seras grand ? »

Le garçon examina l’objet avec curiosité, mais ne lui trouva rien de particulier. « C’est un crayon comme tous les crayons que j’ai vu dans ma vie ! »

« Tout est dans la façon de regarder les choses. Ce crayon recèle cinq qualités qui, si tu parviens à les posséder pour toi-même, feront de toi un être en paix avec le monde. »

« Première qualité : tu peux faire de grandes choses, mais tu ne dois jamais oublier qu’il existe une main qui guide nos pas. Cette main nous l’appelons Dieu. Et il doit toujours pouvoir la diriger selon sa volonté. »

« Seconde qualité : de temps en temps, il me faut arrêter d’écrire pour utiliser un taille-crayon. Cela fait un peu souffrir le crayon, mais il en sort plus affûté. Ainsi faut-il que tu apprennes à endurer certaines douleurs, car elles feront de toi une meilleure personne.»

« Troisième qualité : le crayon te laisse toujours la possibilité d’utiliser une gomme pour effacer ce qui ne va pas. Tu dois comprendre que d’effacer quelque chose que l’on a fait n’est pas nécessairement mal, et que ça peut-être quelque chose d’important pour rester sur le droit chemin.

« Quatrième qualité : ce qui importe vraiment dans ce crayon, ce n’est pas le bois ou la forme extérieure, ce qui compte c’est la mine à l’intérieur. Alors, fait bien attention, toujours, à ce qui se passe en toi. »

« Enfin, cinquième qualité du crayon : il laisse toujours une trace. De la même façon, sache que tout ce que tu feras dans ta vie laissera des traces et qu’il faut essayer d’être conscient de chacun de tes actes.
Paulo Coelho

samedi 7 juillet 2018

Évangile de Jésus-Christ selon Saint Marc 6, 1-6.


Jésus n'est pas accepté dans son pays



En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d'origine, et ses disciples le suivirent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés  d'étonnement, disaient : " D'où cela lui vient-il? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains? N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie  et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon?
Ses soeurs ne sont-elles pas ici chez nous? Et ils étaient profondément choqués à son sujet.

Jésus leur disait : " Un prophète n'est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. Et là, il ne pouvait accomplir aucun miracle; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s'étonna de leur manque de foi.

Alors, Jésus parcourait les villages d'alentour en enseignant.

Question

1- Qu'est-ce que tu apprends à propos de l'endroit où Jésus est allé? Qui est allé avec lui?
2-  Quand cet événement s'est-il produit? Qu'est-ce que les gens en ont pensé? Que demandaient-ils à propos de Jésus?
3- Qu'apprends-tu de Jésus et de ses proches? Quelle était la réaction du peuple à Jésus?
4- Qu'apprenez-vous? Cela arriverait-il aux gens que vous connaissez?
5-  Qu'apprenez-vous? Qu'auriez-vous prévu?
6- Qu'est-ce que Jésus a remarqué? Qu'est-ce que Jésus a fait? Utilisez vos propres mots pour l'exprimer.

Méditation de l'évangile de Marc   (6,1-6)

Il est de chez nous

 Il n'est pas toujours facile de vivre en chrétien et de témoigner de notre foi. Il nous arrive  d'être découragés devant  le peu d'intérêt de nos  contemporains pour la foi ou pour l'Église. L'Évangile de ce  dimanche nous dira  que Jésus lui-même a eu du  mal  à se  faire entendre dans  son village natal. Comme lui, nous sommes invités à  persévérer  dans  l'annonce du  Royaume. Le  Seigneur lui-même nous confie  cette  mission et nous donne la force de l'accomplir.

Tous reconnaissaient la sagesse de Jésus à la manière dont il parlait des choses de Dieu. Tous constataient les guérisons qu’il accomplissait, spécialement à Capharnaüm. Mais à Nazareth même les gens restaient en retrait. Ils se posaient la vraie question : « D’où cela lui vient-il ? » mais il butaient sur une évidence :« Il est de chez nous ! Nous connaissons sa mère, son atelier, ces cousins et ses cousines ! ». Et Jésus s’étonnait de leur manque de foi, de les voir s’accrocher à leurs habitudes mentales, à la routine des relations, sans ouvrir leur cœur à ce que lui, Jésus, leur donnait à voir et entendre.
Nous connaissons bien par expérience, nous aussi, ce conflit intérieur entre la visée de foi et la vie quotidienne, entre notre désir de Dieu et la pesanteur des habitudes, entre la liberté que Jésus nous apporte et l’accaparement des choses à faire, à dire, à penser.
Et cette tension, nous la vivons parfois avec étonnement, avec mauvaise conscience, parfois, souvent même, avec peine. C’est pourtant la loi même de notre passage sur la terre, de notre voyage pascal : c’est au cœur de nos tâches que nous avons à louer et servir Dieu, c’est dans notre planning journalier qu’il nous faut garder du temps pour lui ; notre amour du Christ sera toujours habité par tous ceux qu’il nous donne à aimer, et notre Eucharistie lestée chaque jour des soucis de notre témoignage.
De même que Jésus venait de Dieu, mais qu’il était bien de Nazareth, c’est bien dans notre Nazareth, et pas ailleurs, que nous avons à vivre l’appel de Dieu, l’envoi par Dieu et notre conformité avec le Christ. De même que les gens de Nazareth avaient à reconnaître l’Envoyé de Dieu, bien qu’il vécût depuis trente ans au milieu d’eux, c’est dans notre vie concrète que nous avons à rejoindre le Christ en acte de salut et de réconciliation.
C’est pourquoi il est si important de nous réconcilier avec le quotidien, avec l’ordinaire que Dieu aime. Chaque jour le moment de l’Eucharistie nous est donné justement pour coïncider avec le projet de Dieu et pour laisser Jésus réveiller notre enthousiasme, et notre certitude que nous pouvons l’aimer là où nous sommes, tels que nous sommes, avec nos forces ou avec des misères du corps et du cœur .
Jésus n’attend que notre foi pour faire en nous, non pas des merveilles, mais, comme pour Marie, simplement, divinement, « de grandes choses ».
De grandes choses que peut- être il sera seul à voir, mais qui rejoindront, dans l’humilité de notre cœur, l’immense dessein de Dieu pour le salut du monde.
De grandes choses qui nous rendront plus pauvres encore à nos propres yeux, mais heureux de faire tant de riches, par notre imploration, par l’offrande de nos joies, par notre courage à repousser les tristesses.
De grandes choses qui n’auront pas de nom sur la terre, mais que Jésus déposera déjà, invisiblement, dans nos mains vides, comme un acompte sur la joie du ciel.
« Relevez vos mains qui faiblissent et vos genoux qui fléchissent ; faites-vous des sentiers droits pour y marcher » : c’est l’appel que nous faisait entendre à l’instant l’épître aux Hébreux, un appel assorti de trois petites consignes qui peuvent orienter notre examen de conscience :
·         Recherchez la paix avec tous.
·         Que personne ne se dérobe à la grâce de Dieu.
·         Qu’aucune racine amère ne pousse dans les cœurs.
C’est ainsi que notre soumission filiale au Père des esprits portera dès maintenant, dans notre Nazareth, un fruit de paix.
Dès aujourd’hui, « rien que pour aujourd’hui », accueillons ce don de Diedans le silence, ce beau silence, qui sera jusqu’au bout le climat de notre foi et de notre espérance.


vendredi 6 juillet 2018

Fleurs dans le désert, un conte qui vous aidera à reconnaître l’amour


Avez-vous déjà hésité à ouvrir la porte à l’amour lorsqu’il frappait à votre porte ? Peut-être que vous ne saviez pas si c’était l’amour ou autre chose. Il n’est pas toujours facile de le reconnaître. Comment en être sûre ?

Grâce à ce conte, nous allons vous montrer qu’avec l’amour, il est possible de se tromper, mais qu’il existe des signes qui peuvent vous donner des pistes quand vous faites l’effort de planter et d’arroser ce qui n’est pas une fleur. Profitez de la lecture.

Camille vivait dans le désert et elle n’avait jamais vu de fleurs.

Un jour, on ouvrit une filiale de “Teleflora” dans le désert d’à côté. Il y avait aussi un service de fruits et légumes, mais ce n’est pas cela qui a attiré l’attention de Camille. Seules les fleurs l’émerveillaient. Elle allait enfin savoir ce que signifiait admirer et sentir une fleur ! Selon sa famille, il n’y avait pas sensation comparable dans le monde.

Avec attention, elle lut le catalogue de fleurs de saison et une fleur aux pétales très fins, violets rougeâtres, qui sortaient d’une sorte de chrysalide de feuilles vertes, l’interpella. “Oh, quelle jolie fleur et quel nom si laid”, pensa Camille en lisant qu’il s’agissait d’un chardon.

Camille ressentit de la honte lorsqu’elle demanda sa fleur.

Quand elle appela pour faire sa commande, elle ressentit de la honte à appeler la fleur par son nom et dire “je veux un chardon”. En moins d’une demi-heure, le livreur arriva à dos de chameau et lui donna un sac en papier.

Camille ne le savait pas, mais ce que le livreur lui avait apporté n’était pas un chardon mais un artichaut. Elle l’approcha de son nez et ne sentit aucun parfum enivrant. Ses pétales, au lieu d’être délicates, lui semblèrent rudes et froids. Elle voulut quand même la mettre dans l’eau, au cas où des fleurs violettes apparaissaient.

Ce fut une semaine très triste pour Camille car chaque jour, elle regardait sa fleur et elle voyait qu’il ne se passait rien. Rien du tout ne changeait. Un jour, quelque chose de tragique arriva : l’artichaut s’abîma.

“Comment ma famille et mes amis peuvent-ils dire que c’est satisfaisant d’avoir une fleur alors qu’elle ne m’apporte qu’inquiétude et tristesse ?”, se demandait Camille.

La jeune fille enterra ce qui restait de l’artichaut dans le désert, avec une brève cérémonie. Avec le temps, elle retrouva sa joie de vivre et voulut essayer une autre fleur. “Peut-être qu’une plus résistante me rendra heureuse”, pensa-t-elle avant de feuilleter le catalogue.

Une nouvelle tentative après le premier échec.

Camille trouva une fleur aux fleurs violettes également qui, selon ce que disait la publicité, était très résistante aux fortes et aux faibles températures. Elle s’appelait chou décoratif.

Tout comme l’autre, elle eut le sentiment qu’on lui avait donné un nom laid, ce qu’elle dit au réceptionniste de Teleflora.

Au bout de 20 minutes, le livreur transpirant lui apporta un sac, en se demandant pourquoi la jeune fille lui faisait traverser tout un désert pour un simple chou-fleur.

Effectivement, par sa description, le réceptionniste avait compris que Camille voulait un chou-fleur violet, et comme elle n’avait jamais vu de fleurs, il pensa qu’il s’agissait d’un chou dont la “mousse violette” allait se transformer en feuilles.

Il mit le chou-fleur dans de l’eau pour le maintenir en vie, mais au lieu de provoquer cet effet, le chou-fleur pourrit en laissant échapper une odeur nauséabonde. “Oh, c’est horrible!”, s’exclama Camille le jour où sa tente fut contaminée par la puanteur. La fille enterra le légume dans le désert -sans cérémonie- et appela sa grande sœur qui avait travaillé dans un jardin, plus jeune.

Comment reconnaître une fleur ?

“Ce n’était pas des fleurs”, lui assura sa sœur. “Je ne sais pas ce que c’est, mais ce n’était pas des fleurs. Une fleur se reconnaît car elle est belle et sent bon. C’est toujours comme ça. Sauf si tu n’en prends pas soin, bien sûr, car alors elle fane”, lui expliqua-t-elle.

Elle finit la conversation avec un avertissement : “Quand tu verras une fleur, tu la reconnaîtras, sans aucun doute”. Les mois passèrent et Camille fit autre chose, se remit à ses anciennes activités. Alors qu’elle avait quasiment oublié cette lubie florale, quelqu’un frappa à sa porte.

Les fleurs arrivent toujours… sans prévenir.

C’était le livreur. Il venait apporter des légumes dans la tente d’à côté et il avait voulu lui apporter un cadeau car cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas commandé de fleurs.

Le garçon sortit de la sacoche de son chameau une violette plantée dans un petit pot en céramique. Camille s’émerveilla : “C’est, c’est… une fleur !”, s’exclama-t-elle tout en l’observant de près et en sentant son odeur. “C’est quelque chose d’unique, d’émouvant, comme si on fusionnait ensemble, lorsqu’on la sent”, dit-elle.

Le livreur sourit et alors qu’il marchait de retour vers son chameau, se félicita de ne pas avoir apporté de betterave à Camille, l’idée qu’il avait eu au départ.

Le message de ce conte est clair comme de l’eau de roche : l’amour ne fait pas débat, c’en est ou ce n’en est pas, mais il n’y a pas de doute. L’amour arrive sans avertir et vous remplit de bonheur. Tout ce qui lui ressemble mais qui nous fait douter n’est pas de l’amour, c’est autre chose.

*Conte original de Mar Pastor

jeudi 5 juillet 2018

Le maître du jardin (L'arbre d'amour et de sagesse) - Henri Gougaud - Conte d'Arménie


Il était un roi d’Arménie. Dans son jardin de fleurs et d’arbres rares poussait un rosier chétif et pourtant précieux entre tous. Le nom de ce rosier était Anahakan. Jamais, de mémoire de roi, il n’avait pu fleurir. Mais s’il était choyé plus qu’une femme aimée, c’était qu’on espérait une rose de lui, l’Unique dont parlaient les vieux livres. Il était dit ceci : « Sur le rosier Anahakan un jour viendra la rose généreuse, celle qui donnera au maître du jardin l’éternelle jeunesse. »
Tous les matins le roi venait donc se courber dévotement devant lui. Il chaussait ses lorgnons, examinait ses branches, cherchait un espoir de bourgeon parmi ses feuilles, n’en trouvait pas le moindre, se redressait enfin, la mine terrible, prenait au col son jardinier et lui disait.
— Sais-tu ce qui t’attend, mauvais bougre, si ce rosier s’obstine à demeurer stérile ? La prison ! L’oubliette profonde ! C’est ainsi que le roi tous les printemps changeait de jardinier. On menait au cachot celui qui n’avait pu faire fleurir la rose. Un autre venait, qui ne savait mieux faire, et finissait sa vie comme son malheureux confrère, entre quatre murs noirs. Douze printemps passèrent, et douze jardiniers. Le treizième était un fier jeune homme. Il s’appelait Samuel. Il dit au roi :
     — Seigneur, je veux tenter ma chance.
     Le roi lui répondit :
     — Ceux qui t’ont précédé étaient de grands experts, des savants d’âge mûr. Ils ont tous échoué. Et toi, blanc-bec, tu oses !
     — Je sens que quelque chose, en moi, me fera réussir, dit Samuel.
     — Quoi donc, jeune fou ?
     — La peur, seigneur, la peur de mourir en prison !
     Samuel par les allées du jardin magnifique s’en fut à son rosier. Il lui parla longtemps à voix basse. Puis il bêcha la terre autour de son pied maigre, l’arrosa, demeura près de lui nuit et jour, à le garder du vent, à caresser ses feuilles. Il enfouit ses racines dans du terreau moelleux. Aux premières gelées il l’habilla de paille. Il se mit à l’aimer. Sous la neige il resta comme au chevet d’un enfant, à chanter des berceuses.
     Le printemps vint. Samuel ne quitta plus des yeux son rosier droit et frêle, guettant ses moindres pousses, priant et respirant pour lui. Dans le jardin, des fleurs partout s’épanouirent, mais il ne les vit pas. Il ne regardait que la branche sans rose. Au premier jour de mai, comme l’aube naissait :
     — Rosier, mon fils, où as-tu mal ?
     A peine avait-il dit ces mots qu’il vit sortir de ses racines un ver noir, long, terreux. Il voulut le saisir. Un oiseau se posa sur sa main, et les ailes battantes lui vola sa capture. A l’instant un serpent surgit d’un buisson proche. Il avala le ver, il avala l’oiseau. Alors un aigle descendit du haut du ciel. Il tua le serpent, le prit dans ses serres, s’envola. Comme il s’éloignait vers l’horizon où le jour se levait, un bourgeon apparut sur le rosier. Samuel le contempla, il se pencha sur lui, il l’effleura d’un souffle, et lentement la rose généreuse s’ouvrit au soleil du matin.
     — Merci, dit-il, merci.
     Il s’en fut au palais en criant la nouvelle. Le roi était au lit. Il bâilla. Il grogna :
     — Moi qui dormais si bien !
     — Seigneur, lui dit Samuel, la rose Anahakan s’est ouverte. Vous voilà immortel, ô maître du jardin !
     Le roi bondit hors de ses couvertures, ouvrit les bras, rugit :
     — Merveille !
     En chemise, pieds nus, il sortit en courant.
     — Qu’on poste cent gardes armés de pied en cap autour de ce rosier ! dit-il, gesticulant. Je ne veux voir personne à dix lieues à la ronde ! Samuel, jusqu’à ta mort, tu veilleras sur lui !
     Samuel lui répondit :
     — Jusqu’à ma mort, seigneur.
     Le roi dans son palais régna dix ans encore, puis un soir il quitta ce monde en disant ces paroles :
     — Le maître du jardin meurt comme tout le monde. Tout n’était que mensonge.
     — Non, dit le jardinier, à genoux près de lui. Le maître du jardin, ce ne fut jamais vous. La jeunesse éternelle est à celui qui veille, et j’ai veillé, seigneur, et je veille toujours, de l’aube au crépuscule, du crépuscule au jour.
     Il lui ferma les yeux, baisa son front pâle, puis sortit sous les étoiles. Il salua chacune. Il dit :
     — Bonsoir, bonsoir, bonsoir.
     Samuel avait le temps désormais. Tout le temps.

 Henri Gougaud
L’Arbre d’Amour et de Sagesse  Paris, Editions du Seuil, 1992



mercredi 4 juillet 2018

« Des chaussures pour l’esprit » : un conte inspirant sur la compassion et la patience PAR JEFF


A-t-on la capacité de changer un évènement ou une personne qui nous cause de l’inquiétude ou du tort ?

Comment trouver des solutions aux problèmes de la vie ?

Sur ces thèmes essentiels à l’épanouissement, je vous invite à découvrir un conte tibétain sur les vertus de la compassion et de la patience. Il nous invite à fabriquer et porter des « chaussures pour l’esprit ».

« Il était une fois un village au Tibet où tout le monde marchait pieds nus. Le relief alentour était rude et rocailleux, hérissé de roches et de ronces, froid et glacé. Les pieds des villageois étaient couverts de contusions, de coupures et de blessures, et transpercés d’esquilles acérées.

Un jour, las de souffrir, ils se rassemblèrent pour discuter du problème.

« Nous avons des yaks, fit remarquer quelqu’un, et quand ils meurent, nous avons leurs peaux. Et si nous étalions ces peaux sur les sentiers de la montagne ? Nous pourrions ainsi marcher plus facilement. »

L’idée sembla digne d’attention ; ils mirent donc toutes leurs peaux en commun et commencèrent à recouvrir les chemins avec le cuir, pour découvrir rapidement que tout le cuir du Tibet ne suffirait pas à tapisser tous les sentiers qu’ils devaient parcourir. Ils se demandèrent que faire.

Quelques-uns proposèrent : « Allons voir le Grand Maître qui vit dans le monastère au sommet de la montagne et demandons-lui ce que nous devrions faire. » Tout le monde trouva l’idée excellente et le village tout entier grimpa donc la montagne jusqu’au monastère. Le chemin était fort long, et certains étaient fourbus à leur arrivée ; mais il leur restait assez de souffle pour poser leur question au Grand Maître.

« Cher Lama, nous avons un grave problème. Peut-être pourriez-vous nous aider. Nous voulons recouvrir nos sentiers de cuir, mais nous n’en avons pas assez. Que devons-nous faire ? »

« Ce n’est pas si grave, assura le Grand Maître. Laissez-moi réfléchir et je vous donnerai la réponse. Asseyez-vous tous, je vous prie, et nous allons méditer pendant cinq minutes. Soyez juste présents. »
Après cinq minutes, le Maître dit :<< Ouvrez tous les yeux. >> Puis il sourit et donna sa réponse.

« Ce n’est pas le chemin qui est le problème. C’est vous. Peut-être devriez-vous recouvrir vos pieds de cuir de yak plutôt que de recouvrir les sentiers du pays ? Vous découvrirez que, si vous mettez du cuir sous vos pieds, ils seront protégés où que vous alliez. Mais n’oubliez pas que mettre fin à la souffrance causée par des pieds en sang ne suffit pas. Comme les routes frustes et hérissées de ronces, il y a dans le monde des gens frustes et hérissés de ronces. Ils nous causent bien des problèmes mentaux. Quand nous rencontrons ces gens que nous trouvons agaçants et énervants, nous devons apprendre à recouvrir notre esprit avec de la compassion et de la patience, et alors nous serons délivrés du problème. Vous devez mettre un terme à votre souffrance mentale. N’oubliez pas que, de même que vous mettez des chaussures de cuir pour protéger vos pieds, il vous faut mettre des chaussures de compassion et de patience pour protéger votre esprit.

Vous serez alors calme et paisible, et tranquillité et harmonie régneront dans votre vie. Où que vous alliez, votre vie sera facile, à la fois physiquement et mentalement. On ne peut contrôler le monde, mais on peut contrôler sa réponse négative au monde.

Les villageois furent tout à la fois touchés et impressionnés pas ces conseils. Ils redescendirent de la montagne et commencèrent à se fabriquer des chaussures en cuir de yak, qu’ils portèrent chaque jour ; et chaque fois qu’ils se sentaient énervés ou agacés, ils se rappelaient mutuellement :

« Où sont tes chaussures de patience et de compassion ? »

lundi 2 juillet 2018

[Fan-fiction des contes de Nina] Le Petit Garçon & La Petite Fille aux Cheveux Fouillis (Un récit en 2 pages Word)


Il était une fois, une petite fille qui fit sa rentrée scolaire dans une nouvelle école. Les élèves l’accueillirent chaleureusement mais non sans amusement. C’était une petite africaine au sourire timide et aux yeux clairs charmants. Mais ce qui marqua les enfants, c’était les cheveux de la fille : elle avait une coupe afro très spéciale et très impressionnante. Ses cheveux étaient beaucoup plus imposants en hauteur qu’en largeur. À la récréation, tous lui firent des commentaires. La Petite Fille aux Cheveux Fouillis rirent de bon cœur avec les enfants qui plaisantaient avec elle, mais était triste quand d’autres se moquèrent méchamment. Tout le monde parlait de ses cheveux. Tous… sauf un Petit Garçon qui n’arrêtait pas de l’observer au loin. Il ne prêta que très peu d’importance à ses cheveux, il préférait voir son regard. Un regard magnifique, pleine de joie, mais il y décerna également une grande émotion puissante, profondément enfouie en elle : la tristesse.

Pendant plusieurs semaines, le Petit Garçon, trop timide, n’osa pas lui parler. Il continuait à l’observer, fasciné. Malgré le chagrin qu’elle cachait aux yeux de tous, la Petite Fille aux Cheveux Fouillis restait pleine de vie et à l’apparence toujours joyeuse et sans prise de tête. Sa joie était contagieuse. Même les professeurs n’osèrent pas la gronder quand elle rêvassait. Elle avait un air d’insouciance et d’innocence. Toutes ces petites choses charmèrent le Petit Garçon et, un jour, il prit son courage à deux mains et décida de lui parler.

Le Petit Garçon s’était inquiété pour rien. Leur première conversation s’était bien passée, même très bien passée. La Petite Fille aux Cheveux Fouillis était de nature très curieuse et elle lui posait pleins de questions sur sa vie. Leurs discussions étaient rapides et intenses. Ils se répondaient du tac au tac et rigolaient aux mêmes moments. Bientôt, les deux enfants furent inséparables.
Les jours passèrent et le Petit Garçon tenta pour la première fois de parler du chagrin que la Petite Fille aux Cheveux Fouillis enfouissait au fond de son cœur. Quand il aborda le sujet, elle lui répondit tristement :

« Mes parents et moi, on vient de loin. On a déménagé de village en village. Mais à chaque fois, il y a eu des massacres… on est les seuls survivants. »

Choqué, le Petit Garçon resta sans voix. Il n’avait pas du tout imaginé tout cela. Il ne savait pas quoi faire, que répondre. La Petite Fille aux Cheveux Fouillis reprit tout à coup la parole.
« Je me sens terriblement coupable. »

Puis les larmes commencèrent à couler sur ses joues. Sans réfléchir, le Petit Garçon l’a pris dans ses bras pour la réconforter. Ils restèrent un long moment comme cela.
La vie reprit son cours. Les deux enfants continuèrent à se parler à chaque récréation, et même un peu trop souvent durant les cours. S’ils ne parlèrent plus de ce qu’a vécu la Petite Fille aux Cheveux Fouillis, le Petit Garçon sentit qu’il y avait toujours de la tristesse en elle, et de la culpabilité. Il songea qu’elle avait le symptôme de la culpabilité du survivant (oui, ce petit garçon a déjà entendu parler de ce genre de choses !). Cependant, il n’osa plus réaborder ce sujet délicat.

L’hiver arriva gentiment. Juste avant les vacances, le Petit Garçon apprit avec grand effroi que la Petite Fille aux Cheveux Fouillis et sa famille ne fêtaient pas Noël. Il lui donna alors rendez-vous dans la grande cabane la veille de Noël.

Ce jour-là, le Petit Garçon arriva en avance, prêt. Quand la Petite Fille aux Cheveux Fouillis arriva, ils commencèrent à papoter, avec avidité comme à leurs habitudes. Puis le Petit Garçon sortit de son sac une peluche en forme de lapin. Il la donna à la Petite Fille en lui disant :

« Il s’appelle Titi. C’est ma peluche. Quand je suis triste, je lui fais un câlin très fort et je me sens mieux après. Je te le donne. Joyeux Noël ! »

Très émue, la Petite Fille aux Cheveux Fouillis prit avec soin son premier cadeau de Noël. Puis, elle aussi prit un objet de son sac. C’était un petit flacon, mais elle ne le donna pas au Petit Garçon. Elle lui dit :

« Je voudrais te révéler un secret. Mais tu me promets que tu ne le dis à personne, d’accord ? Surtout pas à mes parents ! C’est très important. Et, il ne faut pas non plus que mes parents sachent que je suis ici. Je n’ai pas le droit de sortir dehors toute seule. Tu promets que tu ne diras rien ? »

Très sérieux, le Petit Garçon jura. Il était tout à coup très curieux. La Petite Fille aux Cheveux Fouillis ouvrit le flacon puis laissa tomber le liquide au-dessus de sa tête. Ses cheveux bouclés devinrent tout à coup lisses et plats… et alors le Petit Garçon pouvait voir que quelque chose se cachait derrière ses cheveux fouillis : elle avait deux grandes cornes noires ! Il la regarda avec des yeux ronds. Elle, elle le regarda timidement, attendant sa réaction. Il finit par dire, complètement sincère :

« Tu es magnifique ! »

La Petite Fille cria de joie et de soulagement. Elle sauta sur le Petit Garçon et l’embrassa sur la joue, totalement épanouie et heureuse. Insouciant, les deux enfants restèrent un moment dans la cabane à discuter de choses et d’autres avant d’aller faire une promenade dehors. Cette fois, contrairement à leurs habitudes, ils marchèrent silencieusement tout en se regardant. Ils ne se rendirent pas compte que les rues étaient étrangement calmes et vides. Et pour cause, les deux enfants avaient omis quelque chose d’essentiel : ils avaient oublié de dissimuler les cornes de la Petite Fille ! Quand les gens les virent, ils prenaient la fuite ou se cachaient précipitamment. Les enfants, eux, ne se soucièrent de rien. Ils ne se doutèrent pas des conséquences de leur négligence. Pour eux, plus rien d’autre n’avait d’importance que d’être ensemble, à se regarder, à s’aimer.