lundi 11 février 2019

CONTE : "OU ES-TU, MON COEUR ?" Par RV.


Il était une fois un homme qui rentrait chez lui après une dure journée de travail.
Il était fatigué et triste.
En chemin il aperçu, arrivant dans sa direction, des gens qui revenaient d'un long pèlerinage.
Ceux-ci chantaient des chants de louange et rendaient grâce à Dieu continuellement.
Arrivés à sa hauteur, ils le saluèrent avec de grands sourires, ce qui le toucha au plus profond de lui-même.
En se retournant pour les regarder s'éloigner, il se dit en lui-même :
-"Comme ces pèlerins ont l'air heureux ! Comme leur foi est grande ! Comment se fait-il que je ne connaisse pas ce même bonheur moi aussi ?"
    
L'homme examina rapidement sa vie et essaya de voir s'il n'y avait tout de même pas des moments de joie semblables dans son existence... mais il n'en trouva aucun.
Ce à quoi ses journées lui faisaient penser n'était rien d'autre qu'un tunnel obscur et interminable.
Cela l'inquiéta.
Il ne comprenait pas que son coeur ne réagisse plus à rien, comme lorsqu'il était encore un enfant.
Il se mit alors à crier :
-"Mais où es-tu, mon coeur ? Où es-tu ? Cela fait des années que je ne t'ai pas entendu battre pour quelqu'un ! Des années que je ne t'ai pas senti heureux ! Où es-tu, mon coeur ?"
     Le Seigneur, qui écoutait attentivement tout ce que disait cet homme, lui répondit :
-"Cherches ! Cherches donc où est ton coeur !"
Alors, l'homme se mit à parcourir la ville, en quête de quelque chose qui puisse réactiver ses sentiments : les endroits de distraction, les lieux de rencontre... il alla même dans les villes et les villages avoisinants... mais rien de ce qu'il voyait ou entendait ne parvenait à le combler vraiment.
Il continua de chercher, puis, lassé de ne rien trouver qui le réjouisse véritablement, il finit par rentrer chez lui et s'assit sur un gros rocher, sur une colline, ce qui lui permettait de dominer la ville du regard.
Encore une fois, il interrogea son coeur :
-"Mais où es-tu donc, mon coeur ? Où es-tu donc passé ? Je ne te trouve pas !"
Le seigneur, qui n'avait cessé de l'écouter depuis le début, lui répondit :
-"Cherches encore ! Cherches encore où est ton coeur ! Car tu n'as pas regardé de partout !"
    
L'homme scruta alors tout ce que son regard pouvait lui permettre de voir de là où il se trouvait.
Il regarda même plus profondément, à l'intérieur de lui-même, dans chaque recoin de sa vie et là... Ô surprise ! ... il finit par découvrir qu'effectivement, il y avait bien des moments, dans sa vie, où son coeur battait !
Oui, ils existaient !
Mais, en pensant à ces moments qui lui revenaient soudainement à l'esprit, il s'aperçut aussi avec effroi qu'ils étaient tous liés à des choses mauvaises.
Il se rendit compte, en effet, que ce qui rendait son coeur joyeux, c'était de dire du mal de son prochain, de le tourner en dérision, ou bien de le voir chuter...
Oui, jamais il n'était autant heureux que lorsqu'il apprenait qu'un autre avait moins bien réussi que lui, ou s'était trompé.
Dans tous ces moments-là, effectivement, son coeur battait bien d'une manière très sensible.
Cet homme comprit tout à coup qu'il était en fait malheureux.
    
C'est alors que la voix du Seigneur se fit à nouveau entendre :
-"Voilà, homme misérable ! Tu viens de découvrir où était ton coeur ! Et maintenant, que vais-je faire de toi ?"
En entendant ces mots, l'homme fut saisi d'une grande frayeur. Aussi promit-il au Seigneur de changer sa vie.
A l'instant même, il décida de se maintenir sans cesse tourné vers le Seigneur, et nul autre que Lui, et arracha de lui ses mauvaises pensées, paroles, et actions qui le caractérisaient si bien.
Mais ce fût très dur !
En effet, il n'avait pas l'habitude de rester avec le Seigneur (Lui qui est la douceur même) et, la plupart du temps, il n'éprouvait que son absence lorsqu'il se tournait vers Lui.
De plus, son coeur était tellement habitué à se réjouir du mal qu'il criait famine maintenant qu'il n'avait plus une seule mauvaise pensée, parole ou action, à méditer !
    
L'homme traversa donc un long, un très long, désert !
Toutefois, malgré l'aridité et les tentations qui l'entouraient, il tint bon et ne retourna jamais à ses mauvais penchants.
Du haut du ciel, le Seigneur vit ses efforts et Il fut très heureux de constater que cet homme changeait enfin son attitude.
Voyant que son coeur devenait meilleur de jour en jour, et qu'il ne retombait plus dans ses anciens travers, Il décida de le récompenser en lui faisant un beau cadeau : Il lui envoya son ESPRIT.
C'est ainsi qu'au moment où il s'y attendait le moins, l'homme senti l'Esprit du Seigneur entrer en lui.
Cela chassa immédiatement sa solitude et combla son coeur d'une joie immense !
Dès lors, il devint une tout autre personne.
Il rayonna de bonheur et tous ceux qui croisèrent sa route purent sentir en lui la présence
du Seigneur.

samedi 9 février 2019

Le sifflet magique


Dans les profondeurs de l'immense forêt vierge, vivent des Indiens. Qui mettent des flèches empoisonnées dans leurs sarbacanes, pour tirer les bêtes sauvages.  Vova est le meilleur garçon du monde.  Mais il est malheureux. Ses trois sœurs ont épousé les plus fins chasseurs du village.  Comme il rapporte peu de gibier, il est constamment la risée de ses beaux-frères.

Or, un jour, il tombe sur un nid plein d'oisillons.  Il s'apprête à tirer ses flèches empoisonnées.  Les oisillons effarés le supplient : " Épargne-nous, tu auras une bonne récompense.  Ramasse cette coloquinte vide que tu vois sous notre nid.  Quand tu iras à la pêche, plonge-la dans la rivière Et remplis-la d'eau jusqu'à la moitié. N'oublie pas : seulement jusqu'à la moitié ! " Vova remercie les oisillons et court à la rivière. Il remplit sa coloquinte d'eau jusqu'à la moitié.  Le niveau de la rivière baisse très rapidement. Une masse énorme de poissons apparaît sur le sable. Le jeune homme fait une pêche miraculeuse Et rentre tout heureux à la maison.

En le voyant arriver, les beaux-frères sont pris d'une furieuse jalousie.  Il faut, à tout prix, qu'il leur prête sa coloquinte magique.  Le premier jour, ils respectent ses conseils et pèchent tant de poissons Qu'ils ont du mal à tout rapporter au village.  Mais, le lendemain, fous de convoitise, Ils emplissent la coloquinte jusqu'aux bords.  Toute l'eau reflue d'un coup dans la rivière. Les pêcheurs impudents doivent se retirer en courant Pour échapper à une noyade assurée. Quant à la coloquinte, elle est emportée par le courant.

Vova part, le long de la rivière, pour retrouver son talisman perdu.  Tout à coup, il entend un bruit d'ailes au-dessus de lui et un oiseau lui parle : " Tu ne retrouveras pas ta coloquinte ; les poissons l'ont emmenée avec eux.  Mais, puisque tu nous as épargnés,  Nous allons te donner une flèche magique.  Si tu l'introduis dans ta sarbacane, tu tueras un abondant gibier.  Fais bien attention : tu ne dois l'introduire qu'à moitié. " Une courte flèche bariolée tombe aux pieds de Vova.  Il tire au hasard, en suivant les conseils de son ami. Alors tombent du ciel des canards, des oies, Tous les oiseaux dont les Indiens sont friands.

Encore une fois, il conte à ses beaux-frères son merveilleux secret.  Encore une fois, il leur prête le précieux cadeau des oiseaux.  Le premier jour, ils suivent ses conseils. Mais le lendemain, la convoitise les prend. Ils enfoncent la flèche jusqu'au fond de la sarbacane. Alors, descendent du ciel des aigles et des vautours féroces, Qui foncent sur eux, les menaçant à coups de griffes et de bec. Les malheureux chasseurs ne doivent leur vie qu'à une fuite éperdue.

Vova part dans la forêt pour retrouver sa flèche. " Tu ne retrouveras pas ta flèche, dit une voix d'oiseau. Les vautours et les aigles l'ont emportée. Mais, comme tu as eu pitié de nous,  nous allons te faire un nouveau cadeau.  Prends ce sifflet magique.
Tu n'as le droit de l'utiliser qu'une fois par jour. Sinon, il t'arrivera grand malheur. "
Le généreux oiseau tend à Vova un sifflet tout bariolé,  Couvert de signes magiques.  A peine a-t-il soufflé dedans que des cerfs, des tapirs et des pécaris. Sortent des buissons et viennent tomber à ses pieds, foudroyés.

Une fois encore, les beaux-frères jaloux veulent utiliser le précieux cadeau des oiseaux.  Après leur premier essai, ils ramassent un gibier considérable. Ils soufflent, à nouveau, dans le sifflet magique, négligeant la mise en garde de l'oiseau.  Alors surgissent des caïmans, des pumas et des jaguars, qui se jettent sur les malheureux chasseurs et les dévorent.

Ne voyant pas revenir ses beaux-frères, Vova part à leur recherche. Il ne retrouve que son sifflet, à côté d'un tas d'ossements.  Il comprend ce qui s'est passé  Et s'en va au village porter la triste nouvelle.  Depuis ce jour, personne ne tente de lui emprunter son sifflet Qui garde toujours son pouvoir magique.  C'est ainsi que Vova devient le meilleur chasseur de toute la grande forêt vierge.


(Conte des Indiens d'Amérique du Sud, Les plus beaux contes du monde, Gründ)


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5, 1-11 d


Jésus a confié à Pierre la mission de faire connaître la Parole de Dieu.



En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth. Il vit deux barques qui se tenaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait la foule. Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » Simon lui répondit: « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. À cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant: « Éloigne-toi de moi Seigneur, car je suis un homme pécheur. » En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon: « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.



Petit commentaire

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Luc 5: 1-11, nous avons ici l’histoire de Jésus-Christ demandant à Simon Pierre de baisser ses filets à nouveau, après avoir «travaillé toute la nuit sans rien prendre!». Ce faisant, les filets étaient si plein qu'ils ont commencé à casser, et d'autres bateaux à proximité ont été appelés à venir aider avec le rendement. Tout le monde était surpris de voir combien de poisson avait été pêché. Simon Pierre, a été informé par Jésus, pour ne pas avoir peur, car il deviendra un pêcheur d'hommes. Quand ils ont atteint le rivage, ils ont laissé tout ce qu'ils ont attrapé et fait juste cela; suivi de Christ Jésus.
De nombreuses fois dans la vie, nous rencontrons des situations qui peuvent sembler impossibles, mais avec Dieu toutes choses sont possible! En plaçant notre espoir et notre foi en lui dans nos vies, nous verrons que Dieu porte des fruits généreusement, comme nous l'avons vu aujourd'hui dans l'Évangile, lorsqu'une surabondance de poissons a été pêchée bien que les pêcheurs aient déjà vainement travaillé! Pendant que nous luttons tous dans la vie, laissez la direction et l'aide de Dieu nous atteindre. Laisse-nous nous apprendre à être conscients de son amour pour que nous puissions lui consacrer notre vie afin que nous puissions être spirituellement renouvelé. En Lui, prions Qui aime les hommes; Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours et pour toujours et même, amen.



Questions

1. Quelles sont les premières personnes que Jésus a appelées pour l'aider dans son travail? 
 2. Que faisaient-ils dans la vie? 
3. Comment ont-ils répondu à l'appel de Jésus?
 4. Qu'est-ce qu'ils allaient aider Jésus à faire? 
5. Jésus veut-il que nous soyons ses assistants aujourd'hui? 
 6. Comment pouvons-nous être les aides de Jésus?

LES PÊCHEURS DE L'HOMME Activité


VERSET DE MEMOIRE: "Jésus  dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »

REMPLIR LES ESPACES VIDES:

1. "C’est ainsi que la foule se pressant autour de Jésus pour entendre la _________ de _________, qu’il se tenait au bord  du Lac de Génésareth. " LUC 5: 1

ENTOURE LES MOTS CORRECTS:

 2. "Il  a vu deux ( MAISONS , BARQUES ) qui se trouvaient  au bord du lac; mais les ( Pêcheurs , charpentiers ) en étaient descendus  d'eux et lavaient leurs ( FILETS , OUTILS ). " LUC 5: 2

 3. "Jésus monta dans l'une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage ..." LUC 5: 3  VRAI OU FAUX

4. Et il s'est assis et a commencé à pêcher. Luc 5: 3 VRAI OU FAUX

 ENTOURE LES MOTS CORRECTS:

 5. "Quand  il eut fini de ( PARLER , PÊCHER ), il dit à Simon: Avance au large,  et (JETER’ SERRER) vos filets pour la pêche. " LUC 5: 4

6. "Simon répondit et lui dit:" Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien attraper, sur  ta parole, je vais  jeter les filets. " LUC 5: 5 VRAI OU FAUX:

7. Et quand ils eurent fait cela, ils n'attrapèrent rien et leur filet était toujours vide. Luc 5: 6 VRAI OU FAUX

8. "Alors ils firent signe à leurs compagnons de l’autre bateau de venir les aider. Ceux-ci  vinrent, et ils remplirent  les deux les barques, de sorte qu'ils ont commencé à s’enfoncer. " LUC 5: 7 VRAI OU FAUX

9. "Quand Simon Pierre le vit, il tomba à genoux devant Jésus, en disant:" Éloigne-toi de moi, car je suis un pécheur, Seigneur! " " Luc 5: 8 VRAI OU FAUX

 ENTOURE LES MOTS CORRECTS:

10. "... Et Jésus dit à Simon: « Sois sans (CRAINTE, COURAGE) désormais ce sont des que tu prendras. »  ( POISSONS , HOMMES ).' " LUC 5:10

Réponses aux questions : LES PÊCHEURS DE L'HOMME

1- parole- Dieu- 2- Barques- filets- 3- Vrai- 4- Faux ( enseignait les foules)-5- Parler- Jeter-  6-Vrai 7- FAUX ( ils capturèrent beaucoup de poissons) -8- VRAI- 9- Vrai – 10- CRAINTE -HOMMES-


mercredi 6 février 2019

Fanny et le pêcheur Conte créole de la Guyane


Il était une fois une belle jeune fille, qui s'appelait Fanny, et qui était très riche. Elle était fille unique, et ses parents écoutaient tous ses caprices, de sorte qu'elle devint aussi fière et aussi insupportable qu'elle était belle.

Quand elle eut l'âge de se marier, il arriva une foule de prétendants pour l'épouser ; mais Mamzelle Fanny ne trouvait personne à son goût, et se moquait de tous ceux qui se présentaient.
L'un était trop riche, l'autre trop pauvre; l'un était trop grand, l'autre était trop petit ; l'un avait de trop grands yeux, l'autre louchait, etc. Enfin, il y avait toujours quelque chose qui clochait.
Le temps passait et Mamzelle Fanny refusait tout le monde; si bien que personne ne la demandait plus et elle restait toujours fille.

La maison de ses parents donnait sur la rivière ; et elle voyait souvent un jeune pêcheur, qui jetait ses filets, ou revenait de la pêche en chantant. Il s'appelait Languio. C'était un beau garçon, fort, hardi et vigoureux ; mais un pêcheur était si peu de chose aux yeux de la belle Fanny, quelle n'y faisait aucune attention.

Pourtant, à force de voir Mamzelle Fanny à sa fenêtre, regardant les bateaux qui passaient sur la rivière, Languio en était devenu amoureux fou.
Un jour, prenant son courage à deux mains, il se rendit à la maison de Fanny, et demanda bravement au père la main de sa fille.

Le père fut bien surpris de cette demande ; mais il savait sa fille si capricieuse, qu'il pensa que Fanny avait peut-être remarqué ce beau garçon. Il la fit donc appeler, pour lui faire part de la demande du pêcheur. En entendant cela, Mamzelle éclata de rire.

«Moi ! dit-elle d'un air méprisant, épouser ce malheureux qui n'a même pas de chemise !»
Elle lui tourna le dos et rentra dans sa chambre, tout furieuse. Le pêcheur s'en alla bien triste, mais toujours amoureux. Le temps se passait, et toujours Mamzelle Fanny restait fille.

Un jour que Languio avait pêché un superbe poisson, il ne prit pas le temps de s'habiller, et courut à la maison de la belle. Là, il offrit sa magnifique prise au père, et lui demanda encore la main de sa fille.

Fanny se mit encore plus en colère que la première fois, déclarantqu'elle n'épouserait jamais un homme qui n'avait même pas de culotte. (Car Languio s'était si fort empressé de venir, qu'il n'avait que son calimbé).

Languio s'en retourna bien triste, mais toujours de plus en plus amoureux de Mamzelle Fanny, à qui il pensait nuit et jour.

Enfin, un jour, il remplit tellement son filet, que les mailles rompaient sous le poids des poissons. Il se rendit à la maison de Fanny ; et, après avoir déposé sa pêche miraculeuse, il demanda de nouveau au père la main de sa fille.

Fanny arriva, pour voir qui était là ; mais à peine fut-elle entrée dans la salon, qu'elle s'enfuit en se bouchant le nez, et en disant qu'elle n'épouserait jamais un malheureux qui sentait le fraîchin (marée fraiche).

Languio se retira donc encore, le coeur bien triste, et désespérant de jamais pouvoir épouser celle qu'il aimait tant.

Or, il y avait aux alentours, un ogre terrible, qui enlevait les femmes et faisait trembler tout le monde. Cet ogre entendit parler de la belle Fanny ; et un jour qu'elle se promenait au bord de l'eau, il parut tout à coup devant elle. Il était aussi haut qu'un palmiste et si effrayant, que Mamzelle Fanny s'évanouit de peur.

L'ogre la prit dans ses bras comme un petit moun, (un petit enfant), et l'emporta dans son château où il l'enferma. Les parents de Fanny avaient bien du chagrin, car ils l'aimaient beaucoup, malgré tous ses caprices et ses défauts.

Ils firent annoncer dans tout le pays que si quelqu'un, riche ou pauvre, délivrait Mamzelle Fanny, il deviendrait son mari.

Mais elle avait tellement rebuté tout le monde par son orgueil et ses moqueries, que personne ne voulait se déranger pour elle, et surtout s'exposer à une mort presque certaine, étant données la force prodigieuse et la férocité de l'ogre.

Mais Languio le pêcheur avait appris l'enlèvement de Mamzelle Fanny ; et il s'était bien juré que lui seul la ramènerait saine et sauve chez ses parents.

C'est pourquoi, sans rien dire à personne, il monta dans sa pirogue, prit ses pagayes (rames), une corde et quelques provisions ; puis il descendit la rivière, jusqu'à ce qu'il fut arrivé devant le château de l'ogre.

Celui-ci avait enfermé la belle Fanny dans une chambre qui donnait sur la rivière, pour être plus sûr qu'elle n'en sortirait que le jour où elle deviendrait sa femme.

Tous les matins, l'ogre entrait dans sa chambre, et lui demandait si elle voulait l'épouser. — Jamais ! Répondit Fanny avec horreur; puis l'ogre se retirait, fermant la porte au verrou et lui faisant de terribles menaces.

Un jour que l'ogre venait de la quitter, et était à prendre son repas, Mamzelle Fanny entendit tout à coup sous sa fenêtre le bruit de deux pagayes qui plongeait dans l'eau, et la voix d'un homme qui chantait.

Elle écouta la chanson qui disait :

Trad.
Ça mo-mêm' Languio, (C'est moi-même Languio)
Mo pa gagné chimise ; (Qui n'ai pas de chemise).
Languio, ça,
Gourdoum ! (Onomatopée des rames plongeant dans l'eau).
Ça, Languio !

Mamzelle Fany soupira, en pensant au pauvre pêcheur qu'elle avait repoussé ; mais la voix reprit :
Ça mo-mêm' Languio,
Mo pa gagné quilotte ; (Qui n'ai pas de culotte).
Languio, ça,
Gourdoum !
Ça, Languio !

Mamzelle Fanny écoutait, toute tremblante. La voix se rapprochait toujours, et elle disait :
Ça mo-mêm' Languio,
Mo qu'a senti fraîchin ; (Qui sent le fraîchin).
Languio, ça,
Gourdoum !
Ça, Languio

Mamzelle Fanny rougit, en pensant au pêcheur qu'elle avait méprisé; elle se pencha sur la fenêtre, et vit Languio lui-même, qui la salua et lui dit :
— Je suis venu pour vous sauver, Mamzelle Fanny, et je vous sauverai, si vous le voulez bien.
— Comment le pourrais-tu ? dit-elle
.
— Descendez dans ma pirogue, mamzelle, et je vous ramènerai chez vous, si vous voulez bien le permettre.
— J'irai dans la barque avec toi, dit Fanny, pourvu que tu me sauves de l'ogre.
— Mais je n'ai pas de chemise, dit Languio.
— N'importe ! dit Fanny.
— Pas même une culotte, fit le pêcheur.
— Tu as ton calimbé, cela suffit.
— Mais ma barque est vieille, et puis je sens si fort le fraîchin! Continua-t-il.
— Sauve-moi, Languio ! Sauve-moi, par pitié !S'écria Fanny, car il faisait mine de s'éloigner, je te suivrai où tu voudras.

Le pêcheur lui dit alors qu'il fallait attendre la nuit, afin de n'être pas vues des serviteurs de l'ogre. Il cacha sa barque dans les roseaux, se coucha dans l'herbe, et attendit la nuit.
Quand tout fut sombre, il poussa son bateau sous la fenêtre, et, à l'aide de la corde apportée par lui, il fit descendre mamzelle Fanny dans la pirogue. Il s'éloigna ensuite avec elle, en pagayant de toutes ses forces.

Les parents de belle Fanny étaient au bord de l'eau, ne s'attendant guère à la revoir jamais, quand ils entendirent tout à coup un bruit de pagayes, et une voix d'homme qui chantait joyeusement :

Ça mo-mêm' Languio,
Mo qu'a ramèn' ma belle,
Languio, ça,
Gourdoum !
Ça, Languio !

Le pêcheur arrêta sa barque, et Fanny se jeta au cou de ses parents.

Ils reçurent le brave garçon à bras ouverts, et dès le lendemain Languio devint l'époux de la belle Fanny.

(Conté par Irénée Buja, de Cayenne (Guyane française).
MADAME VAUGEOIS.


lundi 4 février 2019

Le conte de la petite fille qui avait trouvé un trésor...


Quand l’amour et la tendresse se partagent dans l’abandon et la confiance, ils peuvent s’agrandir jusqu’aux rires du soleil.
Il était une fois une petite fille qui avait trouvé un trésor.
Oh ! Pas un trésor ordinaire, comme il y en a beaucoup si on cherche un peu, mais un trésor unique, très recherché et rarement trouvé.
Vous allez me dire que tous les trésors sont recherchés.
C’est vrai, mais il est des trésors particulièrement rares.
Des trésors que même l’imagination la plus fertile n’a pas osé inventer.
Ainsi par exemple, qui aurait pu imaginer qu’un sac de baisers inépuisable se trouvait là, juste à l’endroit où la petite fille un soir l’avait trouvé ? Dans quel endroit ?
 Mais dans le cœur, tout près de la tendresse et de la passion d’être d’une petite fille tout étonnée de sentir, un matin, ce trésor en elle. 
 Le jour où elle fit cette découverte, elle fut transportée par une grande joie, si vivante qu’elle aurait pu se croire immortelle.
Elle se sentait généreuse et se voyait immensément donnante. 
Pensez donc, un sac de baisers inépuisables ! 
Des baisers qui peuvent se renouveler sans cesse.
 L’un appelant l’autre, l’autre donnant le goût du suivant, le suivant se précipitant pour s’offrir et ouvrir ainsi plus d’espace à tous les baisers à naître, lesquels se bousculaient les uns derrière les autres, impatients d’exister.

Je vous vois songeur. Oui, il faudrait que je vous parle quand même un peu de la vie d’un baiser.
 Pour cela j’ai besoin de choisir mes mots.
Qu’est-ce qu’un baiser ?
Un souffle, une douceur légèrement humide, la palpitation de deux lèvres, un élan de tendresse ou d’amour déposé au coin d’une joue, d’une lèvre ou même sur tout le corps de l’autre.
Un instant arrêté aussi éphémère que la rosée d’une émotion.
Un baiser, c’est comme le clin d’œil d’une étoile dans l’immensité du cosmos.
C’est bon comme la mie d’un pain doré par l’amour.

Aussi la vie d’un baiser est-elle très courte, même si chaque baiser paraît contenir chaque fois une part d’éternité.
C’est pour cela d’ailleurs qu’une vie entière ne suffirait pas pour décrire l’existence d’un baiser.
 Entre toutes les ouvertures et les possibles qu’il recèle, un baiser est une tranche d’infini qui va relier deux êtres pour les réconcilier avec le meilleur d’eux-mêmes.
J’ai dit deux êtres ?
Oui, car j’arrive au plus difficile.
Un baiser porté, tel un éclat de lumière déposé, doit pour s’accomplir être reçu, amplifié.

Je ne sais si je peux continuer à vous décrire tant de béatitudes, car déjà vous pouvez imaginer tous les drames, toutes les déceptions et les frustrations au-delà des émerveillements possibles, quand vous passez à côté d’un baiser.
La petite fille avait donc trouvé un sac de baisers inépuisables, certes, mais qui peut accueillir l’inépuisable ?
Qui peut accueillir, s’ouvrir, s’agrandir pour recevoir l’abondance, la générosité infinie d’un tel trésor ?
Ce que ne savait pas cette petite fille, c’est qu’elle allait passer une partie de sa vie à rechercher quelqu’un qui aurait aussi découvert en lui un trésor semblable.

Si vous connaissez celui ou celle qui pourrait avoir fait cette découverte, n’hésitez pas, avertissez-la d’urgence.
Mais peut-être allez-vous garder cette découverte pour vous !
Ainsi va le monde.
Beaucoup d’entre nous, plus qu’on ne l’imagine, découvrent des trésors, en oubliant que la qualité première d’un trésor est de pouvoir être partagé.
C’est cela le plus difficile.
Mais quand on sait qu’un tel trésor s’agrandit en se partageant, peut-être est-ce moins difficile.

Extrait du livre de J.Salomé: "Contes à aimer, contes à s'aimer" 


samedi 2 février 2019

Les Lunes à croquer... pour la Chandeleur


Pierre vivait pauvrement dans une vieille maison avec son père, sa mère, ses cinq frères et ses cinq sœurs. Dans cette maison, il y avait une petite cuisine avec un vieux fourneau qui fumait et des vieilles casseroles cabossées. C’est là que Pierre était le plus souvent, car il adorait cuisiner. Il savait préparer des plats délicieux avec des choses simples: il pouvait transformer des pommes de terre en gâteaux, des poires en sirop, des carottes en purée rose… Avec Pierre, chaque repas devenait une fête. Pourtant, une année, l’hiver fut très long. Pierre ne trouvait que des vieux croûtons de pain à mettre dans ses casseroles et toute sa famille avait faim. Un matin, Pierre dit а son père: 
 - Je vais aller en ville pour chercher du travail. Avec l’argent que je gagnerai, je pourrai acheter de quoi manger.
Justement, ce jour-là, un messager du roi arrive dans le village de Pierre. Il tape sur un tambour et il déclare:
- Avis а la population! Le roi de ce pays, Sa Très Gourmande Majesté, a décidé de changer de cuisinier. Celui qui fera le plus délicieux des plats sera nommé Grand Chef des Cuisines du Roi. 
En entendant cela le père de Pierre s’écrie:
- Pierre, voilà une chance pour toi! Enlève ton tablier, laisse tes vilaines casseroles et va faire goûter au roi une recette dont tu as le secret.
Pierre répond en souriant:
- Hélas, on ne devient pas cuisinier du roi en lui faisant manger du pain dur!
Mais la mère de Pierre insiste:
- Allons, va, mon petit cuisinier. Tu sais faire un dessert avec un courant d’air. Je suis sûre que tu peux gagner ce concours!
Alors, Pierre se met en route. Il se demande bien quelle recette il pourra préparer pour le roi, car il n’a rien dans les mains ni dans les poches. Mais comme il sent le printemps qui arrive, il se met à chanter:
- Je n’ai rien pour mon roi, pas de sucre ou de chocolat, même pas la moitié d’un petit pois! 
Bientôt, Pierre arrive devant une ferme. Un vieil homme vient а sa rencontre en criant: - а l’aide! Au secours! Ma vache est tombée dans l’étang!
La pauvre vache essaie bien de sortir de l’eau mais а chaque fois qu’elle approche du bord de l’étang, elle glisse dans la boue et plouf! Elle retombe lourdement. Pierre prend une corde solide. Il l’attache aux cornes de la vache et tire sur la corde de toutes ses forces. On hisse! On hisse! La vache sort les deux pattes avant. Encore un effort! On hisse! On hisse! Enfin la vache regagne la terre ferme. Elle est sauvée! Le vieil homme est tout heureux et, pour remercier Pierre, il lui donne un pot de lait tout frais. Pierre reprend le chemin du palais du roi en chantant: - voilа du lait pour le roi, c’est tout ce qu’il aura pour tremper son petit doigt! Tout а coup, il aperçoit des poules qui courent dans un pré en battant des ailes. Derrière les poules, il y a une fermière qui crie: 
- Vilaines poules! Revenez, revenez, ou le renard va vous manger!
Mais les poules partent dans tous les sens et la fermière ne peut pas les rattraper. Pierre ramasse un bâton, il le fait tourner au-dessus de sa tête puis il file а toute vitesse derrière les poules. Il les rassemble et, en un clin d'œil, il les fait rentrer dans le poulailler. La fermière saute de joie. Elle dit а Pierre:
- Sans toi, mes poules allaient se perdre dans la forêt!
Pour le remercier, elle lui donne six œufs dans un panier. Pierre continue sa marche. Il chante: 
- Avec du lait et des œufs que fait-on de délicieux? Avec des œufs et du lait que pourrait-on préparer? 
Un peu plus loin, alors que la nuit commence à tomber, Pierre rejoint une charrette chargée de sacs de farine et trainé par un âne. C’est la charrette du meunier. Le meunier appelle Pierre:
- S’il te plaît, veux-tu me donner un coup de main? Ma roue a glissé dans le fossé. Je ne peux plus avancer.
Pierre pose son lait et ses œufs et il pousse avec le meunier. Un, deux, trois, hue! La charrette est dégagée, le meunier peut rentrer au moulin. Mais avant de partir, il offre а Pierre un petit sac de farine. Pierre s’en va en chantant:
- J’ai des œufs, de la farine et du lait, mon roi tu vas te régaler! J’ai du lait, des œufs et de la farine, roi, tu vas te lécher les babines!
Lorsque Pierre arrive au palais du roi, le concours de cuisine a déjà commencé. Des cuisiniers sont venus des quatre coins du pays. Ils ont apporté avec eux des épices et des fruits, des lapins, des dindes, des moutons, des légumes, des poissons, des champignons et des herbes parfumés; tout ce qu’il faut pour réussir des desserts rares, des salades exquises et des rôtis savoureux.
Dans la grande cuisine royale, le roi est assis sur le trône. Des serviteurs lui apportent ce que les cuisiniers lui ont préparé. Le roi respire l’odeur de chaque plat, puis il goûte des bouts des lèvres. Il mâchouille, il ferme les yeux, il renifle encore une fois. Mais, pour chaque recette, il grogne: -trop grillé. Trop cru. Trop salé. Trop sucré. Trop chaud. Trop froid. Trop sec. Trop gras. Rien ne lui plaît. Enfin, c’est le tour de Pierre.
Le roi lui demande:
- Alors, jeune homme, que vas-tu nous préparer? 
Pierre se gratte la tête avant de répondre:
- Euh… Sire… Majesté… C’est-а-dire… voilà… c’est une surprise.
- Le roi sourit:
Ah, enfin une surprise!
- Euh…euh…
Pierre réfléchit, il se dit:
- Qu’est-ce que je pourrais bien faire avec de la farine, du lait et des œufs? Il regarde par la fenêtre et il aperçoit la lune qui brille dans le ciel. Cela lui donne une idée. Il s’écrie:
- Je vais faire des lunes, des lunes а croquer!
Le roi fronce les sourcils, il dit:
- Tiens, tiens, des lunes а croquer? Je suis curieux de voir ça. Alors , mon garçon, mets-toi au travail. Aussitôt, Pierre vide sa farine dans un grand saladier. Il ajoute ses œufs et il verse son lait en mélangeant avec une grande cuillère en bois. Puis il dépose un peu de la pâte qu’il a ainsi préparée dans une poêle bien graissée. Et il la met а cuire sur le fourneau. Au bout de deux minutes, Pierre saisit le manche de la poêle, il donne un coup de poignet et hop!...un gâteau plat et rond s’envole dans la cuisine royale. Pierre dit au roi: - regardez, voilà la lune! Le roi lève la tête, il n’en croit pas ses yeux: le gâteau rond monte jusqu’au plafond et il retombe juste dans la poêle.
Pierre le laisse cuire encore un peu, puis il dit:
- Voilà, Sire, vous pouvez croquez cette lune.
Le roi renifle, il goûte, il mâchouille et il déclare:
- Ce n’est pas mauvais… C’est même plutôt bon…
J’aimerais bien moi aussi faire une lune а croquer car cette recette m’amuse beaucoup. Il se lève de son trône, il verse un peu de pâte dans la poêle, la laisse cuire deux minutes, il donne un petit coup de poignet … et hop! Il fait sauter la lune à croquer. Et plaf! Elle retombe sur la tête de la reine. Le roi éclate de rire: - ha! ha! ha! Décidément, cette recette me plaît! Le roi s’amuse comme un fou: - encore, encore, encore! Il fait des dizaines des lunes а croquer et il les mange avec du sucre, de la confiture, du chocolat.
А la fin, quand le roi a bien ri et bien mangé, il dit а Pierre: - c’est toi qui a inventé la recette la plus drôles, du jamais vu, du jamais goûté! Je te nomme Grand Cuisinier du Roi!
Depuis ce jour, Pierre vit avec toute la famille dans le palais du roi et, chaque année, а la fin de l’hiver, il fait des lunes à croquer."

 - Jean-Jacques Vacher, collection: Les belles histoires de Pomme d'Api, Bayard


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc, 4, 21-30


Nul n'est prophète en son pays –
En ce temps-là, dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d’Isaïe, Jésus déclara : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »  Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »  Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” »  Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.  En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisis sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;  pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.  Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »

À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

Questions pour la réflexion :

Pourquoi pensez-vous que Jésus a affronté la foule ce jour-là dans la synagogue?
Dans les propos de Jésus, qu’est-ce qui m’étonne, me questionne, et peut même susciter mon opposition? Pourquoi?
Quelle frontière me semble plus difficile à traverser?
Quels nouveaux visages suis-je appelé(e) à accueillir dans mon cercle agrandi?
Devant une personne que tu connais bien, penses-tu tout savoir d’elle?
Peux-tu changer d’avis sur elle?



Petit commentaire

Nul n'est prophète en son pays –

« Nul n’est prophète en son pays » Nous sommes souvent bornés, aveugles, sourds, incapables de reconnaître ce qu’il y a de grand et d’extraordinaire tout près de nous, dans notre entourage. Exemples ? Le dévouement exceptionnel d’une femme et mère de famille ; l’amour et la patience à toute épreuve d’une personne qui soigne inlassablement l’un des siens, ou d’une infirmière à l’hôpital ; la qualité de parole et d’engagement de quelqu’un qui se bouge pour ses idéaux et s’efforce d’en entraîner d’autres à sa suite ; la bonté d’un enfant qui supporte avec gentillesse la médiocrité de ses parents… De hautes vertus humaines, des valeurs rehaussées par Dieu, de hauts faits réalisés naturellement et sans bruit nous échappent parfois et demeurent cachés à nos yeux.

C’est souvent dans notre entourage que l’on trouve le plus de gens sceptiques à nos propos ou à nos projets.

La principale raison pour laquelle aucun prophète n'est accepté dans sa ville natale est la familiarité.

Lorsque Jésus revint dans sa ville d'origine, Nazareth, tout le monde se moquait de lui, et le considérait comme un simple fils de charpentier alors qu'il était le fils de Dieu. Ils l'ont accusé d'être devenu fou et, agissant sur cette croyance, ont essayé de le prendre en charge comme s'il ne savait pas ce qu'il faisait. Ce matin-là, dans la synagogue de Nazareth, la parole de Jésus était trop dérangeante, alors elle a suscité la surdité de ses auditeurs : ils ont purement et simplement refusé de l’entendre. Ils ont refusé de croire en son enseignement parce qu'ils le considéraient comme l'un d'eux-mêmes et donc sans pouvoir leur prêcher

« Nul n’est prophète en son pays » nous appelle donc à un réveil et à une reconnaissance de la présence de Dieu et de son Fils Jésus Christ, une reconnaissance des signes qu’ils nous envoient, soit directement soit par l’intermédiaire de ses porte-paroles et de ses témoins. Ce constat quelque peu désabusé du Seigneur : « nul n’est prophète en son pays », appliquons- nous donc à le faire mentir… ! Soyons les premiers à découvrir et faire valoir jalousement le trésor inaperçu de sa présence, comme à discerner « ces perles de grand prix » dispersées infailliblement et généreusement par lui ! Les grands miracles et gestes de salut ainsi que la Sagesse prophétique sont bien là parmi nous, à accueillir avec clairvoyance et empressement, d’un coeur humble et attentif.