samedi 11 août 2018

Conte indien — Le trésor enterré


Il était une fois un vieil homme qui vivait à Bénarès. Il avait un très bon ami, qui était connu pour sa sagesse. De plus, par chance, ou peut-être par malchance, il avait aussi une très belle et jeune épouse.

Le vieil homme et sa jeune épouse avaient un fils. L’homme aimait profondément son fils. Alors, un jour il pensa :

« J’ai compris que je ne peux pas avoir une totale confiance en ma belle et jeune épouse. Lorsque je mourrai, je suis sûr qu’elle se mariera avec un autre homme, et qu’ensemble ils dilapideront tout ce que j’ai acquis par mon labeur. Plus tard, mon fils n’aura rien à hériter de sa mère. Je vais donc faire quelque chose pour garantir l’héritage à mon fils si méritant : Je vais enterrer ma fortune et la conserver pour lui. »

Il appela alors son plus fidèle serviteur, Nanda. Ensemble, ils emmenèrent loin dans la forêt la totalité de la fortune du vieil homme, et l’enterrèrent. Le vieil homme dit alors à son serviteur :

« Mon cher Nanda, je sais que tu es obéissant et fidèle. Après ma mort, tu devras donner ce trésor à mon fils. Garde ce secret jusque- là, et, lorsque tu lui donneras ce trésor, conseille-lui de l’utiliser avec sagesse et générosité. »

Peu de temps après, le vieil homme mourut. Quelques années plus tard, son fils termina ses études. Il revint à la maison et prit sa place de chef de famille. Sa mère lui dit :

« Mon fils, ton père était un homme avisé, et il a caché toute sa fortune. Je suis certaine que son fidèle serviteur, Nanda, sait où elle se trouve. Tu devrais lui demander de te montrer l’endroit où elle est cachée. Tu pourras alors te marier et aider toute la famille. »

Le fils alla alors voir Nanda, et lui demanda s’il savait où son père avait caché sa fortune. Nanda lui dit que le trésor était enterré dans la forêt, et qu’il connaissait l’endroit exact. Ils prirent alors tous les deux un panier et une pelle et allèrent dans la forêt. Lorsqu’ils arrivèrent à l’endroit où le trésor était enterré, Nanda devint soudainement imbu de l’importance de son rôle. Bien qu’il ne fut qu’un simple serviteur, il avait le pouvoir d’être le seul et unique à connaître ce secret. Il devint alors vaniteux et pensa qu’il valait mieux que le fils. Il lui dit :

« Tu es le fils d’une servante ! De qui voudrais-tu hériter un trésor ? »

Le fils, patient, ne répondit pas au serviteur de son père. Il supporta son insulte, bien qu’il en ait été fortement déconcerté. Ils revinrent donc à la maison peu de temps après, les mains vides. Et cette étrange conduite se répéta deux fois de suite. Le fils pensa :

« A la maison, Nanda paraît souhaiter me révéler le secret du trésor. Mais lorsque nous allons dans la forêt, avec la pelle et le panier, il ne le souhaite plus. Je me demande pourquoi il change d’avis comme cela. »

Il décida de soumettre cette énigme au sage vieil ami de son père. Il alla le voir, et lui expliqua ce qui arrivait. Le vieil homme sage lui dit :

« Retourne dans la forêt avec Nanda. Regarde où il se tient lorsqu’il t’insulte, chose qu’il refera certainement. Chasse-le alors en disant : Tu n’as aucunement le droit de me parler de cette façon. Laisse-moi… Nanda est un homme faible. Dès qu’il se rapproche de son petit pouvoir, il le transforme en abus. »

Le fils suivit scrupuleusement ce conseil. Et bien sûr, il trouva le trésor enterré. Comme son père l’avait souhaité, il utilisa généreusement sa fortune pour le bien de beaucoup.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6, 41-51


Le pain de la vie éternelle

En ce temps-là, les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. »  Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : “Je suis descendu du ciel” ? »  Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit.
Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ;  mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

Se nourrir du pain de Dieu

Dieu voit et comprend nos faims et nos soifs. Le «pain» qu’il nous donne et qui vient d’auprès de lui, c’est Jésus lui-même. Ce pain vivant nourrit en nous la foi; il nous conduit à Dieu et il est gage de vie éternelle.
CHOISIR LA VIE ÉTERNELLE
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.

Un chrétien ne devrait jamais cesser de redécouvrir le mystère de l’Eucharistie, de méditer sur ce sacrement qui est la source et le sommet de sa vie de foi. C’est précisément ce que nous proposent les évangiles de ce mois d’août.

Croire au Christ, c’est choisir la vie éternelle. Durant la messe, lorsque l’on dit « amen », « oui je crois », au moment de communier au Corps du Christ, c’est à cette Vie que l’on adhère, c’est cette Vie que l’on reçoit, c’est à la Vie que l’on se donne. C’est pour cela que le Christ est venu et qu’il vient sans cesse : pour que nous ayons la Vie en plénitude.

Il nous revient de recevoir ou de refuser cette Vie. Il nous revient d’être chiche ou généreux dans notre accueil. Il nous revient d’ouvrir grand la porte de notre cœur pour que la grâce puisse opérer son Œuvre de Vie, ou au contraire de ne faire qu’entrouvrir la fenêtre de peur d’être dérangé.
Dieu désire pour nous de grandes choses. Il désire l’éternité, il nous la met à portée de cœur. Offrirons-nous notre foi ? Offrirons-nous notre vie ?

Une méditation en trois questions…

… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Le texte a plusieurs contradictions apparentes : lesquelles ? Pourquoi ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus a-t-il choisi le signe du pain pour se rendre présent parmi nous ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je pense à la Vie éternelle avec Dieu lorsque je communie à la messe ? Est-ce que j’offre ma vie ?


mercredi 8 août 2018

Le roi et le jardin


Il était une fois un roi qui avait planté près de son château toutes sortes d'arbres, de plantes, de fleurs, et son jardin était d'une grande beauté. Chaque jour, il s'y promenait: Admirer était pour lui une joie et une détente.

Un jour, il dut partir en voyage. Dès son retour, il s'empresse d'aller marcher dans le jardin. Quelle n'est pas sa surprise de constater que les plantes, les arbres et les fleurs, si magnifiques un mois auparavant, étaient en train de se dessécher.

Il s'approche alors du pin, autrefois majestueux et plein de vie, et lui demande: "Je ne te reconnais plus!... Qu'est-ce qui s'est passé ? " Le pin lui répond: " J'ai regardé le pommier et je me suis dit que jamais je ne porterais les bons fruits qu'il porte. Je me suis découragé et j'ai commencé à sécher."
Tout surpris, le roi va trouver le pommier. Le voyant, lui aussi, tout rabougri, il lui demande: "Où sont passées tes fleurs si parfumées et tes fruits délicieux?... "En regardant la rose et en respirant son parfum, je me suis dit que jamais je ne serais aussi beau et agréable qu'elle et je me suis mis à sécher..."

Le roi aperçoit la rose elle-même en train de dépérir, et alors, il ressent une vive inquiétude! "Suis-je responsable de ce qui arrive? Ai-je négligé soins et attention ? Que va devenir mon superbe jardin?... "
Alors, la rose dit au roi: "Comme c'est dommage que je n'aie pas l'âge de l'érable qui est là-bas et que mes feuilles ne se colorent pas à l'automne. Dans ces conditions, à quoi bon vivre et faire des fleurs ? Je ne suis bonne qu'à être jetée au feu..."

Songeur et triste, le roi poursuit son exploration... Tout-à-coup, il aperçoit une magnifique petite fleur toute épanouie. Il lui demande: "Comment se fait-il que tu sois si vivante?" Elle lui répond: «J'ai failli me dessécher moi aussi, car, au début, je me désolais à la vue de toutes ces merveilles cultivées... Jamais je n'aurai la majesté du pin, qui garde sa verdure toute l'année... Jamais je ne donnerai des fruits délectables comme le pommier... Jamais, je n'aurai le raffinement et le parfum de la rose. Et j'ai commencé à mourir mais j'ai réfléchi et je me suis dit: "Si le roi, qui est riche, puissant et sage, et qui a organisé ce jardin, avait voulu quelque chose d'autre à ma place, il l'aurait planté. Si donc, il m'a plantée, c'est qu'il me veut, moi, telle que je suis..."

Et à partir de ce moment, j'ai décidé d'être la plus belle possible!..."

Auteur inconnu

lundi 6 août 2018

La rose et l'oiseau


Il était une fois, une rose qui poussait dans un lieu où la végétation était inexistante. Elle se sentait si seule, qu’elle restait un bouton! Un jour, un oiseau multicolore se posa sur elle et lui dit:

-Jolie rose, pourquoi n’ouvres-tu pas tes pétales comme les roses qui poussent de l’autre côté du jardin?

– Je ne sais pas, je me sens inutile ici, et personne ne vient jamais me voir! Je me sens si triste, loin de mes sœurs les roses, qui m’ignorent et qui sont trop loin de moi pour pouvoir communiquer!

-Je peux te comprendre, dis l’oiseau, moi j’ai la chance de pouvoir voler et aller où je veux! Si tu le désires, je peux devenir ton porte-parole! Je délivrerai tes messages à tes sœurs, et viendrai t’en donner les réponses en chantant auprès de toi! Ainsi, les humains, attirés par le chant, pourraient t’admirer!  Est-ce que cela pourra t’aider à t’épanouir?!

– Ce serait merveilleux, dit la rose, maintenant je sais que j’ai un véritable ami! Envole-toi, et dis à mes sœurs que je leur envoie tout mon amour! …et que j’aimerais tout savoir de leur vie et partager leurs secrets!
L’oiseau s’envola et alla trouver les roses en gerbe, qui poussaient à l’autre bout du jardin.

– je viens vous voir de la part de votre sœur, la rose qui pousse dans un lieu délaissé, elle se sent très isolée, triste et inutile!

– Inutile??? S’exclamèrent les autres, mais c’est incroyable! Cette rose est pour nous un exemple, nous l’avons toujours considérée comme « exceptionnelle »! Dis-lui de notre part que depuis sa naissance, nous la reconnaissons comme la reine de toutes les roses de ce jardin, et que nous la respectons! A ces mots, l’oiseau s’envola à tire d’ailes pour retrouver la rose esseulée.

– Ne sois plus jamais triste, dit-il à son amie. Sais-tu que pour tes sœurs, tu es unique?! C’est exceptionnel que tu aies pu pousser ici! Tu enchantes ces lieux déserts, et tu es un exemple pour les autres!

- Je suis un exemple?!

– Oui! Tu es un exemple de sagesse et de force!

– Merci! dit la rose. Excuse-moi auprès de mes sœurs, pendant longtemps j’étais en attente d’une reconnaissance, je vivais l’injustice  et la solitude. Je n’avais pas compris que ces lieux déserts étaient pleins de richesses et qu’ils m’avaient reconnue par ma beauté intérieure! Puis, la rose s’épanouit au soleil, et offrit ses pétales multicolores. Ils étaient aussi lumineux et intenses que les plumes de son ami l’oiseau… si étincelants, que ses sœurs purent la voir de loin et capter  son message d’amour!     

samedi 4 août 2018

Évangile de Jésus Christ selon Saint Jean 6, 24-35


 Je suis le pain de la vie

En ce temps-là, quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés.
Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. »
Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »
Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »
Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ?
Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »
Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif.



Le pain de la vie

Je suis le pain de la vie; Celui qui vient à moi n'aura pas faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif. - Jean 6:35
Quand Jésus a dit à ses disciples qu'il était le pain de vie, il leur donnait une solution, non seulement pour leur faim physique, mais aussi pour leur faim émotionnelle, mentale et surtout spirituelle. Nous éprouvons tous des envies, des choses que nous désirons ardemment avoir. Beaucoup de ces envies sont données par Dieu. L'acceptation est certainement quelque chose que Dieu veut que chacun de nous expérimente. Le besoin de se sentir en sécurité est un enseignement primaire pour le Sauveur. Il est venu sur terre pour démontrer le soin personnel de Dieu pour vous et moi.
Lorsque nous essayons de vivre séparés de Dieu, nos besoins peuvent rapidement prendre le contrôle de nos vies et devenir des obsessions - des cibles mentales que nous ne pouvons pas libérer.
Toute habitude qui échappe à tout contrôle est généralement le signe d'un problème plus profond - sentiment de solitude ou de rejet, dépression, anxiété, peur de perdre le contrôle ou tout simplement ennui. Quand Jésus a dit aux gens qu'Il était le pain de vie, Il ne disait pas qu'il allait remplir leur estomac. Il enseignait une plus grande vérité: Quel que soit le besoin émotionnel, spirituel ou physique que nous puissions avoir, Il est le seul qui puisse le satisfaire.
Le plus grand besoin de votre cœur est la plus grande préoccupation pour Dieu. Il se peut que vous ayez vraiment besoin d'une miche de pain. Peut-être que vous avez récemment perdu votre emploi en raison d'une mise à pied d'entreprise. Jésus est le pain de vie, alors quand vous vous tournez vers Lui et déclarez que vous avez besoin de Lui en tant que votre Sauveur, Il ne satisfera pas seulement vos besoins spirituels, mais il vous fournira aussi tout ce dont vous avez besoin pour vivre chaque jour. Avez-vous pris le temps aujourd'hui de Lui dire quel est votre besoin le plus profond? TONY EVANS
Question

1- Compte tenu des évènements récents, pourquoi est-​il inapproprié de réclamer à Jésus un miracle ?

2- Comment les Juifs réagissent-​ils quand Jésus dit qu’il est le vrai « pain venant du ciel » ?

3- Pourquoi le pain dont Jésus parle est-​il supérieur à la manne ou à du pain au sens littéral ?


Jeux

Des expressions avec le mot "pain"
Que veulent dire les expressions suivantes ?
Cochez la bonne réponse.

1- Ça ne mange pas de pain.
A.   Ce n'est pas bien grave.
B.  C'est dangereux.
C.   C'est mauvais.
2- Je l'ai obtenu pour une bouchée de pain.
A.  Je l'ai obtenu très rapidement.
B.  Je l'ai obtenu sans effort.
C.  Je l'ai obtenu pour pas cher.
3- J'ai du pain sur la planche.

 A. Je gagne bien ma vie.
B.  J'ai beaucoup de travail.
C. Je suis gros.
4- Les baguettes se sont vendues comme des petits pains !
A. Les baguettes se sont vendues à moitié prix !
B.  Les baguettes se sont vendues très facilement !
C.  Les baguettes se sont vendues très difficilement !
5- Je suis désolé mais je ne mange pas de ce pain-là.
A. Je suis désolé mais je ne suis pas d'accord avec ce comportement.
B. Je suis désolé mais je n'ai pas d'argent.
C.  Je suis désolé mais je n'ai plus de travail.
6- On dit qu’une personne qu'elle est comme le bon pain.
A. Elle est attirante
B. Elle est incapable de malveillance
C. Elle est adorable

Réponse : 1- A.  Ce n'est pas bien grave. 2- C.  Je l'ai obtenu pour pas cher.3- B.  J'ai beaucoup de travail. 4- B.  Les baguettes se sont vendues très facilement ! 5- A. Je suis désolé mais je ne suis pas d'accord avec ce comportement.6- B. Elle est incapable de malveillance

vendredi 3 août 2018

Les trois pains de la vieille ou Le jugement de Salomon Par Patricia Gustin


Petits contes de sagesse
Le pain est base essentielle de l'alimentation pour une bonne part de l'humanité, ce qui en a fait un symbole de la vie mais aussi de partage essentiel pour les autres mais aussi pour soi-même ...
Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu le retrouveras a écrit le sage roi Salomon dans le livre de l'Ecclésiaste (11:1).
Mais comment le pain jeté à la surface des eaux pourrait-il revenir ? Le pain jeté à la surface de l'eau, c'est tout juste bon pour les canards ! De toute façon il disparaît car, gorgé d'eau, il finit par couler... La réponse est dans un conte de la Méditerrané.
Elle ramendait, ramendait, ramendait … toute la journée … elle raccommodait les filets des pêcheurs pour quelques piécettes. Comme elle était seule, veuve, ses grands fils partis travailler loin, cela lui permettait de gagner son pain. Avec ces quelques sous et les petits poissons que lui donnaient les pêcheurs, la friture, elle mangeait à sa faim et pouvait même faire de petites réserves pour les mauvais jours, les jours de mauvais temps... quand le vent et la pluie empêchent souvent les bateaux de sortir …. Hé oui ! Pas de pêche, pas de trou dans les filets... pas de trou, pas de travail … et pas d'argent ! La vieille femme était courageuse. Elle travaillait tant qu'elle pouvait et ne se plaignait jamais.
Mais cet hiver-là fut si pluvieux, si venteux, si désastreux que les jours où les bateaux restaient à quai ne se comptèrent plus. Les jours mauvais s'enfilaient en un long chapelet de pluie, de bourrasques et de tempêtes. Sans travail, sans argent pour acheter de quoi manger, les réserves furent vite épuisées. Lorsqu’il ne lui resta même plus assez pour se faire une galette, elle se rendit chez l’homme le plus riche du village, un marchand:
-Je n'ai plus rien à manger. Donne-moi juste un peu de farine pour faire du pain et survivre jusqu'à la fin de l'hiver.
- Je viens de vendre mes derniers sacs. Il me reste à peine de quoi nourrir les miens, répondit l'homme. Mais si tu veux, tu peux balayer le grenier où étaient entreposés les sacs. Il y a toujours un peu de farine qui tombe.
Résignée, la petite vieille balaye le grenier. Et, heureuse surprise, elle parvient à faire un tas de farine beaucoup plus important qu'elle ne l'avait imaginé. Elle met la farine dans un sac et rentre chez elle. D'abord elle tamise la farine, puis y ajoute une pincée de sel, de l'eau et un peu de levain. Ensuite elle pétrit longuement la pâte, fait trois boules, les couvre et les laisse reposer. Une fois la pâte bien levée, elle fait des croisillons sur les 3 miches de pain et les porte au four du village pour les cuire. Elle rentre chez elle avec trois beaux pains dorés, croustillants et odorants. Elle sent leur bonne odeur et leur chaleur traverser le torchon qui les enveloppe. Et ça lui donne faim. C'est qu'elle n'a rien mangé depuis la veille, la vieille ...
Elle rentre vite chez elle, pose tout de suite les 3 pains sur la table, sort le grand couteau à pain et s'apprête à couper une tranche de ce bon pain tout chaud quand on frappe à sa porte ... Elle va ouvrir : c'est un homme en haillons, il semble vraiment épuisé :
-Des voleurs m'ont attaqué sur le chemin et m'ont pris tout ce que j'avais. Il ne me reste que la vie, et encore … Je n'ai rien mangé depuis plusieurs jours. Je t'en prie, donne-moi quelque chose ...
La vieille femme, émue, donne sans hésiter le pain qu'elle s'apprêtait à couper. L'homme remercie et s'en va. La femme s'approche de la table, savourant par avance le bon pain encore tiède : « Il avait plus besoin de pain que moi et il me reste encore 2 pains ».
C'est alors qu'elle entend frapper. Encore ! Elle marque un temps d'arrêt, regarde avec envie le pain tout frais, bien levé, pose à regret le couteau à pain (soupir) et ouvre : elle voit un homme encore plus pitoyable que le premier et son regard est si triste, il a l'air désespéré.
-Ma maison a brûlé voilà trois jours. J'ai tout perdu. Ma femme et mes enfants sont morts ... je n'ai plus rien. Je t'en prie, donne-moi à manger puisque je dois vivre ...
Sans hésiter, la femme lui tend le deuxième pain. L'homme remercie encore et encore. « Pauvre homme, ce pain tout chaud le réconfortera. Ce malheureux était encore plus affamé que moi. Heureusement, j'ai fait 3 miches : il me reste encore un pain !» se dit la femme en s'approchant de la table, dégustant en pensée une tartine de pain frais encore tiède.
Mais elle n'a pas le temps d'en couper la moindre tranche. Un vent violent pousse la porte avec force, s'engouffre dans la maison et, avant que la femme ait pu réagir, le vent lui arrache le pain des mains : un tourbillon emporte la dernière miche de pain vers la mer.
La pauvre petite vieille éclate en sanglots
- Mais c'est qu'il m'enlève le pain de la bouche ! Voleur ! Et cruel ! C'est injuste ! J'ai donné deux pains à des malheureux et quand je veux manger le dernier pain, tu me l'enlèves de la bouche. Et que veux-tu que la mer fasse de mon pain ? Non, c'est trop injuste !
Ce soir- là, la pauvre vieille s'est couchée le ventre vide et la tête pleine de questions. Elle ne trouve pas le sommeil : comment dormir, affamée, lorsque plane dans la maison cette bonne odeur de pain chaud... Qu'est-ce que j'ai fait au Ciel pour mériter une telle chose !!! Pourquoi le vent m'a-t-il arraché le pain de la bouche ? Qu'ai-je fait pour mériter cela ? Elle a beau s'interroger durant les longues heures de la nuit, elle ne voit pas la raison d'une telle injustice.
A l'aube, elle décide d'aller porter plainte contre le vent ! Seul le roi Salomon saura juger une affaire aussi délicate : une querelle avec le vent ! « Salomon est l’homme le plus sage au monde, il saura me rendre justice. » C'est décidé ! Elle va porter plainte contre le vent ! Apaisée, elle s'endort.
Le lendemain matin, elle se rend au palais, dans la grande salle d'audience du roi Salomon. Il l'écoute raconter son étrange histoire, lui pose plusieurs questions sur sa vie passée et réfléchit … et répond qu'il ne peut juger qu'en présence des deux partis : il lui faut entendre les arguments du vent pour pouvoir trancher.
-Si tu veux demander justice au vent, il te faudra patienter : il doit être présent au tribunal et je ne peux le déranger en ce moment je ne peux le déranger : il pousse nos navires marchands vers l'ouest de la Méditerranée. Je l'appellerai ce soir. Reste ici ou revient demain, ou après-demain ...
La vieille femme comprend... C'est bien un comportement de voleur de s'enfuir à l'autre bout du pays ou de traverser la mer ... Elle ronchonne un peu et s'installe sur un banc au fond de la salle. Elle ne part pas, elle est curieuse de voir comment le Roi Salomon rend justice.
En fin de journée trois hommes s'approchent et s'inclinent devant le trône royal. Ce sont trois commerçants qui viennent d'accoster. Le vent a tourné.
- Roi d’Israël, accepte de nous 7 000 pièces d’or et donne-les à une personne dans le besoin,  une personne qui, par la noblesse de son âme, en soit digne.
- Pourquoi tant de générosité ? demande Salomon.
– L’amour de Dieu et notre reconnaissance pour Ses bienfaits, répondit le marchand le plus âgé. Un instant, mon Roi. Je vais te l’expliquer.
Il se tourna vers un coffre plein d’argent et dit :
- C'est un don promis à Dieu qui nous a sauvé de la tempête. Nous approchions de la côte de ton royaume lorsqu'une tempête s'est déchaînée. Les vagues jetaient le bateau de tout côté comme un petit morceau de bois, une fissure est apparue sur le flanc du navire et nous n'avions rien pour boucher le trou. L'eau s'infiltrait à gros bouillons, nous risquions de couler. Désespérés, nous avons prié Dieu en faisant le serment de donner aux pauvres le dixième de la valeur de notre chargement si nous nous en sortions intacts, nous, les marins et notre cargaison. Presque aussitôt, l’orage s'est apaisé, les vagues se sont calmées, et nous avons pu accoster en toute sécurité. Voici le dixième de la valeur de notre cargaison, exactement 7 000 pièces d’or pour les pauvres, à partager comme tu le jugeras bon.
- Je ferai volontiers ce que vous demandez, répondit Salomon, néanmoins une chose n’est pas claire : votre bateau prenait l'eau par un trou sur le flanc, alors comment se fait-il que vous n'ayez pas sombré ?
Le marchand fouille dans le pli de son manteau et en ressort un pain déformé, tout gonflé d’eau.
- Cette miche de pain, apportée par un tourbillon de vent, est venu se plaquer sur le flanc du bateau, juste sur la fissure et l'a colmatée : c’est cela qui nous a sauvés
Salomon sourit :
- Il me semble savoir d'où vient ce pain … il pourrait bien appartenir à une femme venue ce matin porter plainte contre le vent qui a emporté son dernier pain au moment où elle s'apprêtait à le manger. Salomon cherche des yeux la vieille femme, l'aperçoit et l'interpelle : Reconnais-tu cette miche ?
La petite vieille s'approche à petits pas et regarde le pain :
- Mais oui, c’est justement la miche que le vent m’a arrachée. Je reconnais le dessin que j'ai tracé dessus.
- Si ce pain t'appartient, les 7 000 pièces d’or t’appartiennent aussi, reprit Salomon. Dieu n’a pas oublié ta bonté et il a ordonné au vent de te sortir de la misère. Ce que tu avais pris pour une injustice, un malheur, est devenu Bonheur. Désormais, tu ne manqueras plus de rien.
La nouvelle de cette histoire extraordinaire se répandit dans tout le royaume, et chacun loua la justice divine et la sagesse de Salomon, roi d’Israël. (source Contes juifs, racontés par Leo Pavlat, Etitions Gründ)
De cette histoire, Salomon a tiré une sentence qu'il consigna dans le livre de l’Ecclésiaste (11:1) :
 Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu le retrouveras.
En découvrant ce conte, j'ai compris enfin tout le sens de cette pensée jetée sur la face du temps...

mardi 31 juillet 2018

Le chemin de vie ou notre légende personnelle


Le Chemin de Vie est une sorte de fil conducteur que tout être humain suit au cours de son existence. Nous pouvons le comparer au scénario d'un film ou au «livre de route» des ralliements actuels. Nous avançons sur ce chemin en utilisant un véhicule particulier qui est notre corps physique. Les Orientaux nous proposent une image fort intéressante pour ce véhicule et ce Chemin de Vie. Nous sommes, disent-ils, comme une charrette, une Calèche qui représente notre corps physique et qui circule sur un chemin qui symbolise la vie ou plutôt le Chemin de Vie. Voyons jusqu'où nous pouvons pousser cette image ?
    
Le chemin sur lequel circule la Calèche est un chemin de terre. Comme tous les chemins de terre, il comporte des « nids-de-poule », des trous, des bosses, des cailloux, des ornières et des fossés de chaque côté. Les trous, les bosses et les cailloux sont les difficultés, les heurts de la vie. Les ornières sont les schémas déjà existants que nous reprenons des autres et que nous reproduisons. Les fossés, plus ou moins profonds, représentent les règles. Les limites à ne pas franchir sous peine d'accident. Ce chemin comporte parfois des virages qui empêchent la visibilité ou traverse parfois des zones de brume ou des orages. Ce sont toutes ces phases de notre vie où nous sommes « dans le brouillard », où nous avons de la difficulté à voir clair ou à pouvoir anticiper car nous ne pouvons « voir devant ».
   
Cette Calèche est tirée par deux chevaux, un blanc (Yang) qui est à gauche et un noir (Yin) qui est à droite. Ces chevaux symbolisent les émotions, ce qui nous montre à quel point ce sont elles qui nous tirent, voire nous mènent dans la vie. La Calèche est conduite par un Cocher qui représente notre mental, notre Conscient. Elle possède quatre roues, deux devant (les bras), qui donnent la direction ou plutôt impliquent la direction donnée par le Cocher aux chevaux, et deux derrière (les jambes), qui portent et transportent la charge (elles sont d'ailleurs toujours plus grosses que celles de l'avant). À l'intérieur de la Calèche, il y a un passager que l'on ne voit pas. Il s'agit du Maître ou Guide Intérieur de chacun de nous, de notre Non-Conscient, de notre Conscience Holographique. Les chrétiens l'appellent« l'Ange Gardien ».
Notre Calèche personnelle avance donc sur le chemin de la vie, dirigée en apparence par le Cocher. Je dis bien en apparence, car si c'est bien lui qui la conduit, c'est en fait le passager qui a donné la destination... Le Cocher, qui est notre mental, conduit donc la Calèche. De la qualité de sa vigilance et de sa conduite (ferme mais en douceur) vont dépendre la qualité et confort du voyage (existence). S'il brutalise les chevaux (émotions) et les brime, ceux-ci vont s'énerver ou s'emballer à un moment donné et risquer de conduire la Calèche à l'accident, de la même manière que nos émotions nous conduisent parfois à des actes irraisonnables voire dangereux. Si le conducteur est trop relâché, s'il manque de vigilance, l'attelage va passer dans les ornières (reproduction des schémas parentaux, par exemple) et nous suivrons alors les traces des autres, en courant le risque d'aller dans le fossé comme eux s'ils l'ont fait. De la même façon, s'il n'est pas vigilant, le Cocher ne saura pas non plus éviter les trous, les bosses, les nids-de-poule (coups, erreurs de la vie) et le voyage sera très inconfortable pour la Calèche, le Cocher et le Maître ou Guide Intérieur.
S'il s'endort ou ne tient pas les rênes, ce seront alors les chevaux (émotions) qui dirigeront la Calèche. Si le cheval noir est le plus fort (parce que nous l'avons mieux nourri...), la Calèche va tirer à droite et être guidée par les images émo­tives maternelles. Si c'est le cheval blanc dont nous nous occupons le mieux et qui domine, la Calèche va tirer à gauche, vers les représentations émotives paternelles. Lorsque le Cocher conduit trop vite, force trop, comme nous le faisons parfois, ou si les chevaux s'emballent, c'est le fossé, l'acci­dent qui arrête plus ou moins violemment tout l'attelage et avec plus ou moins de dégâts (accidents et traumatismes).

Parfois, une roue ou une pièce de la Calèche lâche (maladie), soit parce qu'elle était fragile, soit parce que la Calèche est passée sur trop de bosses et dans trop de trous (accumulation de comportements, d'attitudes inadéquates). Il faut alors réparer et selon la gravité de la panne, nous allons pouvoir le faire nous-mêmes (repos, cicatrisation), devoir faire appel à un dépanneur (médecine douce, naturelle) ou si c'est encore plus grave à un réparateur (médecine moderne). Mais il sera de toute façon important de ne pas nous contenter de changer la pièce. Il sera essentiel de réfléchir à la conduite du Cocher et à la manière avec laquelle nous allons chan­ger nos comportements, nos attitudes face à la vie, si nous ne voulons pas que « la panne» se reproduise.

Parfois, la Calèche traverse des zones de faible visibilité, c'est-à-dire que nous ne voyons pas vraiment où nous allons. Il peut s'agir d'un simple virage. Nous pouvons le voir et nous préparer à son arrivée en anticipant. Nous devons alors ralentir, repérer dans quel sens tourne le chemin et suivre la courbe en tenant bien les chevaux (maîtriser par exemple nos émotions quand nous vivons une phase de changement voulue ou subie). Lorsqu'il s'agit de brume ou d'orage, il nous est alors plus difficile de conduire notre Calèche. Nous devons « naviguer à vue », en ralentissant l'allure et en nous fiant aux bords immédiats du chemin. Nous devons dans cette phase faire une confiance totale, pour ne pas dire « aveugle », dans le Chemin de Vie (lois naturelles, règles de la Tradition, Foi, etc.) et le Maître ou Guide Intérieur (Non-Conscient) qui a choisi ce chemin. Ce sont les phases de la vie où nous sommes perdus « dans le brouillard» et où nous ne savons plus où nous allons. Dans ces moments-là, nous ne pouvons plus faire autrement que laisser la vie nous montrer la route.
    
Parfois, enfin, nous arrivons à des carrefours, des bifurcations. Si le chemin n'est pas balisé, nous ne savons pas quelle direction prendre. Le Cocher (le mental, l'intellect) peut prendre une direction au hasard. Le risque de se tromper, voire de se perdre, est grand. Plus le Cocher est sûr de lui, persuadé de tout connaître et de tout maîtriser, plus il va vouloir et penser savoir quelle direction choisir et plus le risque sera important. Nous sommes alors dans le règne de la «technocratie rationaliste », où la raison et l'intellect croient pouvoir tout résoudre. S'il est, en revanche, humble et honnête avec lui-même, il demandera quelle route prendre au passager (Maître ou Guide Intérieur). Celui-là sait où il va, il connaît la destination finale. Il pourra alors l'indiquer au Cocher, qui la prendra, à condition que ce dernier ait été capable de l'entendre. En effet, la Calèche fait parfois beaucoup de bruit en roulant, et il est nécessaire de s'arrêter pour pouvoir dialoguer avec le Maître ou Guide Intérieur. Ce sont les pauses, les retraites que nous faisons parfois pour nous retrouver, car il nous arrive de nous perdre.

Voilà une image simple mais qui représente vraiment bien ce qu'est le Chemin de Vie. Grâce à elle nous pouvons comprendre facilement de quelle façon les choses se passent dans notre vie et ce qui peut les faire déraper.

Le Chemin de la vie ou la Légende Personnelle
Extrait de « Dis-moi où tu as mal je te dirai pourquoi » - Michel Odoul (Albin Michel)