vendredi 4 mai 2018

Mois de mai, mois de Marie ! Par Notre-Dame de Chrétienté


Vous trouverez les réponses en bas de ce billet.

Ce questionnaire est largement inspiré par le "quizz" publié par 
les chanoines de Lagrasse dans leur plus récent bulletin.

1. Quel est le fondement de toutes les grandeurs de Notre-Dame?
·         A. L'Immaculée Conception
·         B. La Virginité perpétuelle
·         C. La Maternité divine
·          
2. Pendant quel concile a été proclamé le dogme de la Maternité divine (Marie est Mère de Dieu, Théotokos) ?
·         A. Le concile de Trente (1545-1563)
·         B. Le concile d'Éphèse (431)
·         C. Le concile Vatican I (1869-1870)

3. Quel Pape a proclamé Marie "Mère de l'Église" ?
·         A. Benoît XV
·         B. Pie XI
·         C. Paul VI

4. La devise de Jean-Paul II, "Totus tuus", lui a été inspirée par :
·         A. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
·         B. Saint Paul
·         C. Saint Bernard

5. La consécration mariale selon Saint Louis-Marie Grignon de Montfort est une consécration :
·         A. à la Sainte Trinité
·         B. à Marie par Jésus
·         C. à Jésus par Marie

6. Quel Pape a proclamé le dogme de l'Assomption ?
·         A. Pie XII
·         B. Pie XI
·         C. Pie IX

7. Comment se présente la Sainte Vierge à Bernadette Soubirous lors des apparitions de Lourdes ?
·         A. Je suis la Mère de l'Église
·         B. Je suis l'Immaculée Conception
·         C. Je suis la Sainte Vierge

8. Le dogme de l'Immaculée Conception, proclamé par Pie IX le 8 décembre 1854, signifie: 
·         A. la conception virginale de Jésus
·         B. la Sainte Vierge n'a jamais commis de péché mortel
·         C. au premier instant de sa conception la Vierge Marie a été préservée du péché originel

9. On récite la prière de l'Angelus :
·         A. le matin, à midi et le soir
·         B. avant les repas
·         C. avant les Vêpres

10. Le R.P. Emmanuel André (1826-1903), curé de Mesnil-Saint-Loup, a diffusé la dévotion à la Sainte Vierge sous le vocable de :
·         A. Notre Dame de la Treille
·         B. Notre Dame de la Sainte Espérance
·         C. Notre Dame de Bonne Délivrance

Réponses : 1-C. La Maternité divine; 2- B. Le concile d'Éphèse (431); 3- C. Paul VI; 4- A. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort; 5- C. à Jésus par Marie; 6- A. Pie XII; 7- B. Je suis l'Immaculée Conception; 8- C. la Vierge Marie a été préservée du péché originel; 9- A. le matin, à midi et le soir; 10- B. Notre Dame de la Sainte Espérance


mercredi 2 mai 2018

Accueillez l'AMOUR dans votre vie, Richesse et Succès suivront... histoire inspirante à méditer !


Un jour, une femme sort de sa maison et voit trois vieillards avec de longues barbes blanches, assis devant chez elle. Elle ne les reconnaît pas. Elle leur dit :

- " Je ne pense pas que je vous connaisse, mais vous devez avoir faim. S'il vous plaît, entrez et je vous donnerai quelque chose à manger. "

- " Est-ce que l'homme de la maison est là ? " ont-ils demandé.

- " Non, il est sorti ", leur répondit-elle.

- " Alors nous ne pouvons pas entrer " ont-ils répondu.

En soirée lorsque son mari arrive à la maison, elle lui dit ce qui s'était passé.

- " Va leur dire que je suis à la maison et invite-les à entrer ! " dit-il à sa femme.

La femme sort et invite les hommes à entrer dans la maison.

- " Nous n'entrons jamais ensemble dans une maison " ont-ils répondu.
- " Et pourquoi ? " a- t-elle voulu savoir.

Un des vieillards lui expliqua :

- " Son nom est RICHESSE, dit-il en indiquant un de ses amis et, en indiquant l'autre," lui c'est SUCCÈS et je suis AMOUR. Il a ajouté :

- " Retourne à la maison et discute avec ton mari pour savoir lequel d'entre nous vous voulez dans votre maison. "

La femme retourne à la maison et dit à son mari ce qui avait été dit. Son mari était ravi.

- " Comme c'est agréable ! " dit-il.  Puisque c'est le cas, nous allons inviter RICHESSE."
Sa femme n'était pas d'accord :

- " Pourquoi n'inviterions-nous pas SUCCÈS ?  "

Leur belle-fille, qui était dans une autre pièce, entendit leur conversation. Elle sauta sur l'occasion pour faire sa propre suggestion :

- " Ne serait-il pas mieux d'inviter AMOUR ?  La maison sera alors remplie d'amour " 

- " Tenons compte du conseil de notre belle-fille, dit le mari à sa femme. Sors et propose à AMOUR d'être notre invité. "

La femme sort et demande aux trois vieillards :

-  " Lequel d'entre vous est AMOUR ? S'il vous plaît, entrez et sois notre invité. "

AMOUR se lève et commença à marcher vers la maison.  Les deux autres se lèvent aussi et le suivent. Étonnée, la dame demande à RICHESSE et SUCCÈS :

-  " J'ai seulement invité AMOUR. Pourquoi venez-vous aussi ? "

Les vieillards lui répondirent ensemble :

-  " Si vous aviez invité RICHESSE ou SUCCÈS, les deux autres d'entre nous serions restés dehors. Mais puisque vous avez invité AMOUR, partout où il va nous allons avec lui puisque partout où il y a de l'amour, il y a aussi de la richesse et du succès." !!!

Anonyme

« L'amour change tout..........Anonyme
Aime et fais ce que tu veux...........Saint Augustin

mardi 1 mai 2018

Premier mai deux fêtes : Saint Joseph et du muguet


Le Saint du Jour : Saint Joseph, Artisan

Nous fêtons aujourd'hui, saint Joseph comme artisan et travailleur manuel. Charpentier de son métier, il coopéra par le travail de ses mains à l'œuvre créatrice et rédemptrice, tout en gagnant le pain de la Sainte Famille et, avec Marie, en éveillant à la vie des hommes l'Enfant que Dieu lui avait confié. Pie XII a institué en 1955 la fête de saint Joseph artisan, destinée à être célébrée le 1er mai de chaque année. Mémoire de saint Joseph, travailleur. Le charpentier de Nazareth travailla pour subvenir aux besoins de Marie et de Jésus et initia le Fils de Dieu aux travaux des hommes. C’est pour cela qu’il est le modèle et le protecteur des travailleurs chrétiens qui le vénèrent en ce jour où, dans de nombreux pays du monde, on célèbre la fête du travail.

QUIZ : Muguet : que savez-vous ?


Incontournable symbole odorant et printanier des premiers jours de mai, le brin de muguet est une véritable institution nationale. Pourtant, êtes-vous bien sûre de connaître celui qu'on appelait jadis le « lys des vallées » ? Faites le point sur vos connaissances sur le muguet avec notre quiz.

1- Le muguet fleurit partout en France ?
A- C'est vrai.
B- C'est faux.

2- La fleur du muguet s'appelle la collerette ?
A- C'est vrai.
B- C'est faux.

3- Le muguet n'est pas toujours blanc ?
A- C'est vrai.
B- C'est faux.

4- Offrir du muguet au 1er mai est une tradition qui remonte au Front Populaire (1936) ?
A- C'est vrai.
B- C'est faux.

5- Dans le langage des fleurs, le muguet signifie « la fin de la nuit » ?
A- C'est vrai.
B- C'est faux.

6- Le muguet est utilisé en parfumerie ?
A- C'est vrai.
B- C'est faux.

Réponses : 1- B-  Si cette plante a besoin de lumière, sans quoi elle ne fleurit pas, elle nécessite d'une température moyenne et fraîche. Elle aime à vivre dans les sous-bois de nombreuses régions de l'Hexagone, mais ne pousse pas dans les régions méditerranéennes. 2- B- C'est faux. Les fleurs de cette plante qui fleurissent en grappes délicates et odorantes à l'arrivée du printemps, se nomment les clochettes. Quand le muguet n'est pas cueilli, ses clochettes se transforment en petits fruits rouges, très appétissants mais qui contiennent un poison très toxique. A tenir hors de portée des enfants, bien évidemment ! 3-A-  C'est vrai. S'il est courant d'associer l'odorante fleur de la famille des liliacées, à la couleur virginale et immaculée, sachez pourtant qu'il en existe aussi une variété de couleur rose ! 4- B- C'est faux. Cette tradition remonte à la Renaissance lorsque le 1er mai 1561, le Roi Charles IX offrit à son entourage comme porte-bonheur cette plante idéale pour célébrer le printemps, les beaux jours qui reviennent et pour attirer les bonnes grâces pour de futures bonnes récoltes. 
Ce n'est qu'au début du XXe siècle que cette tradition sera associée à la Fête du travail. Elle se répandra ensuite à toute la France aux environs de 1936, avec l'avènement des congés payés, pour devenir l’emblème national du jour férié national de la fête du Travail, le 1er mai.5- B- C'est faux. Il signifie « le retour du bonheur ». Il est donc un symbole « porte-bonheur ». 6- A- C'est vrai. Le muguet prête son odeur délicate et singulière à la composition de parfums ou savons réputés. Néanmoins, sa présence dans une pièce trop fermée peut être néfaste et provoquer d' importants  maux de tête. De plus l'eau du vase dans laquelle le muguet a trempé peut rapidement être contaminée et devenir très toxique à son tour.

Frédérique Odasso
©Enfant.com

samedi 28 avril 2018

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15, 1-8


Jésus se présente comme la vraie vigne.



En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage.  Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.

Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.  Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.  Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.  Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.

Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »



Petit commentaire Jésus se présente comme la vraie vigne.

L'Évangile de Jean, qui nous fournit un riche matériel de réflexion sur ce que le Christ a fait pour nous à travers sa mort et sa résurrection. Nous rencontrons ce dimanche une autre image que Jésus utilise pour se décrire et sa relation avec ses disciples. Jésus est la vraie vigne. Le symbole de la vigne se trouve fréquemment dans l'Ancien Testament. Le peuple d'Israël est comparé à une vigne, qui est censée porter des fruits abondants. Jésus adopte l'image pour parle de la manière dont il donne la vie à ceux qui croient et le suivent. Lui-même est la vigne, et ses disciples sont les branches. Le processus de croissance et de porter des fruits est surveillé par le Père, à qui appartient la vigne. L'image de la vigne est particulièrement efficace car les branches ne peuvent pas vivre sans leur attachement à la vigne, ils ne peuvent pas non plus être fructueux sans la bonté vigne. Vivre avec Christ, c'est porter du fruit. C'est en tirant de la force de Jésus que les chrétiens peuvent porter du fruit dans la foi et de bonnes œuvres. L'image a aussi son côté négatif. Les branches qui ne portent pas de fruits sont enlevées par le vigneron et ils sont brûlés. Ce développement de l'image nous invite à considérer les conséquences d'un refus d'être nourri par la bonté de Dieu. C'est seulement en relation avec le peuple de Christ que nous pouvons vraiment faire partie de la vigne. Par sa résurrection, le Christ donne la vie à un nouveau peuple

Question

Comment pouvez-vous tirer plus de force de la vigne qui est le Christ?
Quelle importance accordez-vous à l'appartenance à la vigne de Christ?
Nous prions pour ceux qui considèrent la foi comme une quête individuelle.
Nous prions pour un sentiment d'appartenance plus profond en Christ


vendredi 27 avril 2018

CONTE DE VILLAGEOIS D’AUTREFOIS : LA GRANDE LESSIVE


Mère Aline, agenouillée dans sa caisse au lavoir communal : Bonjour Monsieur le curé.

Père Stéphane : Bonjour, bonjour. Alors, on lave le linge ?

Mère Aline : Eh oui. Mais vous le savez bien, car à cette époque, on fait quasiment le même métier ?

Père Stéphane, stupéfait : Comment cela ?

Mère Aline : Est-ce que, pendant cette période de Carême, je ne trempe pas les habits dans l’eau de lessive alors que vous, vous plongez les cœurs dans l’humilité ? Et puis je lave la saleté des torchons tout comme vous qui détachez les fautes des consciences. Je brosse les taches des serviettes et vous, les péchés véniels ou graves. Je frotte avec vigueur les impuretés des caleçons tandis que vous essorez rudement les vices. Je tords les draps et vous savonnez les esprits. Je rince les chemises et vous blanchissez les âmes. Et si je sèche au soleil les diverses pièces, ne faites-vous pas la même chose dans l’ombre de votre église ?

Père Stéphane, étonné : Ah oui, c’est vrai.

Mère Aline : D’ailleurs ma caisse à laver n’est-elle pas un peu comme votre confessionnal ? N’y a-t-il pas une certaine ressemblance entre mon battoir et votre goupillon ? Mes couleurs sont parfois déteintes dans le bac à lessive de même que sont décolorés les visages lors des pénitences sur les prie-Dieu.

Père Stéphane, pensif : Confession de Carême et décrassage du trousseau se ressemblent. Je n’y avais jamais songé.

Mère Aline : C’est d’autant plus vrai que vous devez sûrement connaître les surnoms des trois journées de grande lessive. Le premier jour avec le triage du linge et son trempage durant toute une nuit, c’est le « Purgatoire » ; la seconde journée, c’est « l’Enfer », puisque le coulage a lieu avec l’eau chaude et toutes les vapeurs qui s’en dégagent ; quant à la troisième, c’est le « Paradis » avec le rinçage et le séchage où le linge retrouve sa pureté originelle.

Père Stéphane, reprenant son chemin : Merci, merci beaucoup.

Jean Marie

mardi 24 avril 2018

Les trois vieillards - Conte biblique


Les premières lueurs du soleil levant venaient illuminer les hautes collines ; lentement l'astre éclatant s'éleva dans l'espace, et bientôt ses rayons inondèrent de leur clarté la plaine rocailleuse : c'était une vaste prairie de la Palestine, nue et sévère, où de maigres oliviers croissaient çà et là au milieu d'une herbe rare.

Un jeune berger y faisait paître les brebis de son maître ; l'enfant se nommait Isaac, et ses parents étaient pauvres ; aussi passait-il de longues journées au pâturage, où il amenait son troupeau bien avant le lever du soleil. Dans son bissac, il portait pour ses repas une nourriture frugale : du pain bis et de l'eau dans une gourde. Comme compagnons, il avait son chien et sa flûte, et, durant de longues heures, rêvant aux miracles qu'accomplissait le Christ, il adorait la loi du Seigneur. Et, devant l'astre radieux, le pâtre s'agenouilla, selon la coutume ; il prononça sa prière, courte et fervente, ne voulant rien pour lui, mais demandant pour ses parents l'aisance qu'ils ne possédaient pas, et dont leur vieillesse si défaillante aurait eu tant besoin.

Or le soleil avait accompli sur l'horizon le quart de sa course, lorsqu’ Isaac aperçut dans le lointain la silhouette d'un homme qui semblait s'approcher. Il le regarda attentivement, car les voyageurs étaient rares ; l'étranger s'avançait toujours, et bientôt il arriva près du berger. C'était un vieillard qui paraissait souffrir de la fatigue et de la chaleur ; l'enfant se leva et le salua.


"J'ai faim !" dit alors le vieillard d'une voix sombre.
Isaac sortit de son bissac le pain qui devait suffire à sa journée :
"Tenez, dit-il, je suis jeune et je mangerai plus tard."

Le voyageur prit le pain sans prononcer une parole, et se remit en route ; l'enfant le regarda s'éloigner : ce qu'il venait de donner, c'était tout ce qu'il avait pour se nourrir jusqu'au soir ; mais il ne se demanda pas si plus tard la faim ne le ferait pas cruellement souffrir, et, lorsqu'il eut perdu l'étranger de vue, il prit sa flûte et se mit à jouer.

 Le soleil arriva au milieu de sa course. Midi ! Ses rayons ardents brûlaient la plaine ; les brebis, le chien, s'étaient couchés sur l'herbe, assoupis : l'enfant jouait toujours. A la longue, pourtant, son gosier se dessécha ; il dut s'arrêter ; au reste, aurait-il eu la force de continuer, lui qui, depuis de si longues heures, n'avait pris aucune nourriture ? Cependant, il ne regrettait pas sa charité, et, sans un soupir, il tira sa gourde d'eau claire. Au même instant, une main se posa sur son épaule ; l'enfant tressaillit : un homme était à côté de lui, voûté par l'âge, à l'aspect sévère et triste. D'où venait-il ? Quand était-il arrivé ? Le chien n'avait pas aboyé, le pâtre n'avait rien entendu.

"J'ai soif ! dit avec tristesse l'étranger en regardant fixement l'enfant.
- Voici ma gourde, buvez !" répondit Isaac sans songer à lui et à la soif cuisante qui le brûlait.

Le vieillard saisit la gourd et but l'eau qu'elle contenait ; puis, silencieux, il reprit sa route, tandis que le petit berger, défaillant, se laissait tomber au pied d'un arbre, sans une pensée mauvaise contre ces hommes, à qui il avait sonné tout ce qu'il possédait.

Et l'astre majestueux descendit sur l'horizon ; les heures s'écoulèrent, et l'ombre du soir s'avança lentement. Et, comme l'enfant se levait et rassemblait ses brebis pour les reconduire au bercail, il aperçut dans la plaine un homme qui' s'avançait vers lui ; il semblait plus malheureux et plus sombre encore que les deux autres : un bâton noueux soutenait ses pas chancelants, sa longue barbe, inculte et blanche, tombait au milieu de sa poitrine ; sous son grand manteau percé, il tremblait de fatigue, de misère et de froid.

"Je suis pauvre ! murmura-t-il en s'approchant.
 - Hélas ! répondit le pâtre, je ne possède rien, moi non plus, et mes parents ne possèdent rien au monde.
- Ces brebis, dit le vieillard, ces brebis ne sont-elles pas à toi ?
- Elles sont au maître qui me les a confiées, répondit Isaac.
- Qu'importe ! reprit l'étranger. Laisse-moi emmener une de ces brebis.
-Je ne livrerai pas le dépôt qu'on a confié à ma garde, répondit le berger d'une voix ferme, et ce troupeau n'est pas à moi. Mais je me donne à vous : emmenez-moi, vendez-moi comme esclave, et vous serez riche alors.
- Viens !" dit seulement le voyageur.

L'enfant fit à son chien le signal du départ, et la bonne bête se mit en route de son côté, reconduisant le troupeau de brebis par le chemin accoutumé.

Isaac suivit l'inconnu auquel il venait de donner sa liberté ; les larmes lui vinrent aux yeux en songeant à ses parents qu'il ne devait plus revoir, mais il ne regretta pas ce qu'il avait fait. Et il marchait à travers la nuit, derrière son maître silencieux.

La route fut longue ; et déjà les premières lueurs de l'aube nouvelle venaient de blanchir le ciel, lorsque les deux voyageurs arrivèrent à la ville sacrée, Jérusalem. Le vieillard pénétra dans une maison somptueuse, et l'enfant le suivit, ne sachant ce qu'il allait advenir de lui ; puis son guide ouvrit une porte et lui fit signe d'entrer, et Isaac pénétra dans une vaste chambre, dallée de marbre, aux murs ornés de magnifiques peintures : l'étrange voyageur avait disparu.

Au même instant, Isaac aperçut sur une table de bronze son pain et sa gourde ; en face de lui, les trois vieillards étaient debout, et leur taille s'était redressée ; une lumière mystérieuse se répandait autour d'eux ; devant eux se tenait un homme, jeune encore, au visage souriant et bon. Et celui-là, Isaac le reconnut, car il l'avait vu déjà : c'était le Christ.

Tandis que l'enfant joignait les mains, ébloui, le Christ parla :
"Tu as donné ton pain à l'affamé, dit-il, ton eau à l'altéré, ta personne au pauvre : béni sois-tu ! Et ce que tu as donné te sera rendu au centuple, parce que tu n'as point hésité à le donner. Pour ton pain, je te donne cette demeure ; pour ton  eau, ces richesses ; pour ta personne, la liberté : car la charité a été agréable à Dieu, qui te bénit entre les justes."

L'enfant s'était prosterné ; lorsqu'il releva la tête, le Christ et ses compagnons n'étaient déjà plus là. Au même moment, les vieux parents pénétraient dans la riche demeure, éperdus de joie, et serraient dans leurs bras leur fils bien-aimé ! Et tous trois jurèrent de secourir le pauvre et l'orphelin, de réconforter le malade, de consoler l'affligé et la veuve, tandis que, de leurs coeurs, lentes et graves, la reconnaissance et la prière s'élevaient aux cieux.

Auguste BAILLY

lundi 23 avril 2018

Le royaume de Dieu est comme un lit merveilleux : Un conte excellent pour les petits et les grands.


Un conte pour les grands qui ont été petits et pour les petits qui deviendront grands (de Didier Millotte) .  Le don gratuit de Dieu… que personne ne s’en prive.

Un jour ancien, dans un royaume lointain, un Roi plein de bonté offrit un lit de toute beauté à un homme très pauvre qui avait une vie bien dure. Ce pauvre homme travaillait chaque jour dans les champs, sous le soleil comme dans le froid, du matin jusqu’au soir, il ne comptait pas ses heures, il creusait la terre, il plantait ses graines, il récoltait ses épis pour faire son pain et celui de sa famille.
Le lit que le Roi lui offrit était un lit magnifique comme le pauvre homme n’en avait jamais vu avant, avec des dorures d’une grande finesse, des voiles délicieux et des draps de soie aux reflets brillants comme un feu de joie.

L’homme pauvre ne comprenait pas pourquoi le Roi lui offrait ce si beau lit mais il en était ravi. Après sa dure journée de travail aux champs, il s’asseyait devant son nouveau lit qui éclatait de mille feux chaleureux et il l’admirait jusqu’à s’endormir de fatigue. L’admirant chaque jour, il y découvrait sans cesse de nouveaux éclats de lumière qui lui enchantaient le coeur, le remplissaient d’admiration et le réjouissaient pour la journée suivante.

Un jour, l’homme pauvre invita ses amis pour leur montrer son lit merveilleux avec un peu de fierté il faut le dire. Ses amis n’en crurent pas leurs yeux. Quel lit ! Mais quel lit ! Aucun d’entre eux n’osa y toucher tellement il était impressionnant. Jamais ils n’avaient vu un lit pareil. Ils n’en avaient entendu parler que dans des contes et se disaient que c’était bien là un lit de Roi.

L’homme pauvre était heureux de pouvoir partager la beauté réconfortante de son lit merveilleux avec ses amis. L’un d’eux, Marik, lui dit : Comme cela doit être agréable d’y dormir, comme cela doit être reposant, comme on doit s’y sentir bien. Japhar était bien d’accord et dit à son tour : Comme les nuits doivent être réparatrices dans un tel lit. Comme on doit y faire des rêves extraordinaires pour son avenir lui dit enfin Madou, son troisième et fidèle ami.

« Oh oui ! Oh oui ! » S’exclama alors l’homme pauvre. Comme j’aimerais dormir dans un tel lit, cela doit être extraordinaire, comme cela doit rendre heureux et fort.

Quoi !!! S’exclamèrent les trois amis d’une seule voix stupéfaite. Tu n’y dors donc pas ? Oh mais non ! leur répondit l’homme pauvre.

Mais où dors-tu alors ? Hé bien, sur ma paillasse, ici, dans ce coin leur répond-il.

L’homme pauvre dormait toujours sur sa vieille paillasse toute dure et toute rêche posée à même le sol, dans un coin de sa grande chambre, tout près du grand lit merveilleux.

– Mais pourquoi donc dors-tu sur une pauvre paillasse alors que le Roi t’a offert un si beau lit ? lui demandèrent ses amis qui n’en revenaient pas.

– Mais, êtes-vous fous ?! leur répond-il. Je ne mérite pas de dormir dans un tel lit. Je ne suis qu’un homme pauvre et misérable, sans éducation, sans connaissances, sans capacités, sans grandeur, sans valeur. Je ne suis rien du tout, comment pourrais-je dormir dans un lit de Roi, si beau et si brillant ? Ce n’est pas possible.

– Mais, ce lit n’est-il pas à toi mon ami? lui demanda Marik.
– Bien sûr que si, le Roi me l’a offert.
– As-tu un document officiel qui le prouve ? Lui demanda Japhar.
– Oui, regardez, il est là.

Il sortit alors un acte de don signé par la main du Roi lui-même et leur tendit pour qu’ils le lisent.
Marik, Japhar et Madou examinèrent attentivement le document. Ils le lurent de haut en bas, de bas en haut, de droite à gauche et de gauche à droite. Il n’y avait aucun doute possible, le lit était bien la propriété de leur ami qui n’osait s’en approcher.

– Ce lit magnifique est bien à toi, lui dit Marik.
– Tu peux donc y dormir autant que tu veux, jour et nuit si ça te plaît, lui dit Japhar. C’est ton lit.
– Mais, je n’oserai jamais ! S’écria le pauvre homme. Je n’en suis pas digne, je ne l’ai pas mérité, c’est un lit pour les Rois et les Princes, pour les hommes de valeur, pour les vaillants héros, pour les sages et les intelligents, pas pour un misérable comme moi. Ses amis se turent et le silence s’installa autour du lit. Personne n’osait parler, chacun regardait ses pieds.

Après un long silence, ses amis lui confièrent, tout doucement, tout hésitants, qu’eux aussi avaient dans leur coeur des hésitations et des craintes, un manque de courage parce qu’ils ne se sentent pas dignes… Marik leur raconta qu’il rêvait de devenir marin, de parcourir les mers du monde, d’affronter les océans, de vaincre les tempêtes, de voir les beaux pays lointains et d’en ramener des trésors extraordinaires… mais il ne se croit pas assez capable, pas même pour essayer.

Japhar, quant à lui, leur ouvrit son coeur, il leur dit qu’il aime une jeune et jolie femme mais que personne ne le sait. Il n’ose pas l’aborder, il n’ose pas lui parler, il ne se sent pas assez bien pour elle.
Madou, pour sa part, aimerait apprendre à peindre des tableaux et pouvoir montrer au monde toute la beauté qu’il y a dans son coeur… si seulement il avait plus confiance en lui, si seulement il croyait pouvoir y parvenir.

Les trois amis quittèrent alors l’homme pauvre, tous tristes et bien déçus qu’il se prive de la jouissance d’un lit si merveilleux en sa possession. L’homme pauvre resta tout seul, surpris de ce qu’il avait appris. Il s’assit, silencieux. Il tourna son regard vers son lit et réfléchit. Il tourna autour de son lit et réfléchit encore. Il prit conscience que ses amis avaient raison, que ce lit était à lui et bien à lui. Que ce cadeau du Roi était gratuit et qu’il n’avait qu’à s’y glisser pour en profiter. Il s’approcha doucement, respira d’abord, sentit l’odeur enivrante qui se dégageait en prenant une grande bouffée du parfum qui se dégageait des draps toujours frais. Il bloqua sa respiration et approcha sa main lentement. Son coeur battait. Allait-il oser ? Il ferma les yeux et toucha doucement les draps comme pour ne pas les gêner. Quelle douceur ! Quelle sensation ! Cela fourmillait de plaisir… de ses doigts jusqu’à ses épaules un agréable frisson le traversa.

Il ouvrit les yeux et s’allongea sur le lit sans geste brusque. Aussitôt il ressentit un bien- être et comme… comment dire ? Comme s’il revenait à la maison, comme si ce lit merveilleux était depuis toujours son véritable chez lui. Il rentra dans les draps de soie multicolores et ressentit un bonheur immense qui le remplit tout entier. Ce soir- là, il s’endormit, dans le grand lit du Roi, son lit-cadeau, lui, le pauvre homme sans un sou. Sur son visage apparut alors le plus beau sourire qu’il eut de toute sa vie. Tout son corps s’apaisa. Il était le bienvenu dans son lit merveilleux. C’est comme si le Roi lui-même le prenait dans ses bras et lui disait tout son amour. Sa vie ne sera plus jamais la même.
Mes amis, il en est ainsi du Royaume de Dieu. C’est un don gratuit. Nous n’avons qu’à y entrer, nous y blottir, nous laisser guérir, fortifier, transformer et nous laisser envahir par tous ses bienfaits. Nous aurions grand tort de nous en priver. Approchez-vous, sentez son amour, couvrez-vous de sa paix et laissez-le vous aimer. Le don gratuit de Dieu c’est la vie éternelle en Jésus-Christ.