samedi 19 mai 2018

LE FEU DE DIEU


Un sportif, quelle que soit sa discipline, doit avoir une bonne capacité pulmonaire pour courir, sauter ...

Mais pour marcher avec Jésus, pour passer les difficultés spirituelles, ne faut-il pas aussi du souffle ?

Si la respiration est à la fois aspiration-expiration, elle est tout autant inspiration.

Or l’Esprit Saint est souffle créateur.

La fête de la Pentecôte nous le rappelle. Ce mot grec signifie 50 jours.

La tradition juive (Lévitique, 23, 15) célèbre la fin des moissons sept semaines (Chavouoth = fête des Semaines) après leur début.

Durant ce pèlerinage, on louangeait le don de la Loi reçu au Sinaï.

Un lien chronologique s’établit avec la Pâque juive commémorant la libération du peuple hébreu.

Mais pour les chrétiens, s’ajoute l’événement narré dans les Actes des Apôtres, 2, 1-13. En effet 50 jours après Pâques, 10 jours après l’Ascension, les apôtres réunis à Jérusalem autour de Marie entendirent à l’heure de tierce (9 H) un grand bruit, escorté d’un fort coup de vent.

Des langues de feu se posèrent sur leur tête. L’Esprit Saint était à l’œuvre.

Les apôtres se sentirent forts, sortirent dehors, proclamèrent leur foi en Jésus, et ce en diverses langues.

Si le mot Esprit traduit un vent fort dans l’Ancien Testament, n’omettons pas ce souffle vital et discret de la respiration spirituelle animant tous les hommes et parfois symbolisé par une colombe.

L’Esprit Saint, c’est une personne vivante, fruit de l’Amour du Père et du Fils : Jésus est né grâce à l’Esprit, a vécu dans l’Esprit et a été ressuscité par l’Esprit du Père.

Cette effusion de l’Esprit est gage d’une nouvelle alliance de Dieu avec son peuple, formalisée par la création de l’Église
.
La division des peuples (souvenir de Babel) est rappelée tout comme est proclamée la vie en communion fraternelle et la compréhension universelle.

Dotés de force et d’intelligence, les apôtres sont invités à continuer l’œuvre de vérité et d’amour de Jésus. Cet esprit d’amour doit aussi nous vivifier et fortifier afin de pouvoir « aimer notre prochain comme nous-mêmes ».

Ainsi l’Esprit du Christ est donné durablement à l’Église et permet d’accomplir sur terre l’œuvre d’évangélisation, de rédemption et de sanctification, et ce jusqu’à la fin des temps
.
Que le feu du Saint Esprit, que la lumière de la Pentecôte nous purifie de l’obscurité où trop souvent le monde se complaît pour nous mener à la plénitude de la vie divine !

D. Jacob

vendredi 18 mai 2018

L'action de l'Esprit-Saint dans la vie du chrétien : parabole... par Miniritou

Cette semaine, un conte à lire et à méditer. Quelques jours après la fête de Pentecôte, continuons à nous laisser "bonifier" par l'Esprit Saint !  

Un conte : la planchette noire

Michaël, riche propriétaire terrien, entre un beau jour dans la cabane de son serf Nikita. Celui-ci tient dans la main gauche une planchette noire, et dans la droite un chiffon doux. Patiemment, il frotte la surface sombre.
Après l’avoir observé pendant un moment, Michaël lui demande :
«Mais que fais-tu donc ? »
Nikita lui répond : « Vois, maître, cette planchette était une des plus belles icônes de notre église. Pendant des années, on a fait brûler près d’elle des petites lampes à huile. L'icône s'est peu à peu couverte d’une couche de graisse noirâtre et l’image a complètement disparu. Alors, notre Pope m’a demandé de la nettoyer. Depuis des semaines, chaque fois que j’ai le temps, je viens la frotter avec un chiffon tendre pour que lentement, l’image réapparaisse. Mais il faudra beaucoup de patience!
........
Regarde! De-ci, de-là, on aperçoit déjà un reflet de couleur qui renaît. Cela me donne le courage de continuer jusqu’au jour où, enfin, elle aura retrouvé toute sa beauté!»

Notre vie consiste aussi, peut-être, à frotter sans violence, mais avec persévérance, l’image vraie de ce que nous sommes appelés à être, pour faire disparaître tout l’enduit crasseux de nos égoïsmes, de nos indifférences, de tout ce qui nous encombre …
La planchette noire, c’est ma vie ou l’image de Dieu que je suis. Le chiffon doux, c’est l’Esprit-Saint. A moi de les mettre tous deux en contact... Ainsi je pourrai, comme l’icône, redevenir « Moi ».

Auteur orthodoxe

mercredi 16 mai 2018

Pentecôte et souffle.


Avez-vous remarqué que la Pentecôte est une histoire à couper le souffle ? Elle est tellement extraordinaire que je manque de souffle pour vous la raconter au risque même de m’essouffler sans pour autant craindre de rendre souffle. La vie vaut trop la peine d’être vécue. Reprenant cependant mon souffle, je me dis que c’est époustouflant ce qui est arrivé il y a deux mille ans.

En effet, la Pentecôte est l’histoire de la vie puisque l’absence de souffle est synonyme de mort. Notre souffle est notre respiration. Mais avoir du souffle va bien au-delà de cette métaphore, avoir du souffle c’est pousser jusqu’aux limites les forces de vie et d’amour que nous portons en nous, écrit Charles Singer. C’est repousser les limites qui empêchent d’aimer jusqu’au bout. C’est tout simplement laisser fleurir jusqu’à l’épanouissement la vie qui habite en chacune et chacun de nous.

En ce sens, le souffle divin est une folie, la folie de Dieu. Un nouveau concept est ainsi né : celui de la folie de Dieu. Notre regard sur la vie passe par ce prisme qui donne à cette dernière une couleur arc-en-ciel. Un peu comme si Dieu attendait de nous de devenir des êtres fous à lier, mais à lier d’amour. Et cela passe par la folie du souffle de l’Esprit, cet Esprit d’Amour.

                                                                  Philippe Cochinaux, dominicain.

dimanche 13 mai 2018

Comme un deltaplane


Lors d'une ascension du Mont Thabor, j'ai vu des sportifs qui pratiquaient le deltaplane.
Ils avaient des ailes admirablement bien structurées, toutes les nervures avaient été étudiées avec le plus grand soin, rien ne manquait au plan technique.
Nos jeunes se tenaient au bord du vide, mais ils étaient incapables de voler.
Une seule chose leur manquait : le vent.
Ils attendaient patiemment.
Tout à coup, il y eut un coup de vent ; les ailes se mirent à vibrer et, en quelques instants, ils furent emportés au-dessus du vide ; ils volaient superbement ; leur activité consistait uniquement à offrir leurs ailes au souffle qui les portait et les conduisait.
Père Philippe Verhaegen
(cité dans « Afin que vous portiez du fruit »)

samedi 12 mai 2018

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 16, 15-20

Ascension  du Seigneur, 

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

Questions sur l'Ascension

1. Quand le Christ est-il monté au ciel?
2. Pourquoi le Christ est-il resté sur terre quarante jours après sa résurrection?
3. Que voulons-nous dire quand nous disons que le Christ est assis à la droite de Dieu, le Père Tout-Puissant?

Petit commentaire

L’Ascension du Seigneur met en nos cœurs l’espérance d’être pour toujours avec Dieu, elle nous dévoile la grandeur et le prix de toute vie humaine. Contempler la gloire du Christ Ressuscité ce n’est pas nous évader de notre condition humaine. Bien au contraire, Jésus nous invite toujours à aller vers les autres. Voir son frère, sa sœur, c’est voir aussi le Seigneur.


Il est vrai que, le jour de l’Ascension, les disciples avaient cette tentation de vouloir rester les yeux fixés vers le ciel pour y discerner la présence du Seigneur. Mais des messagers de Dieu sont venus leur rappeler l’ordre de Jésus : `` Allez donc ! `` Les apôtres ne doivent pas fuir ce monde où Dieu les a placés, ils partent jusqu’aux confins de la terre pour annoncer la Parole de Dieu, pour baptiser et construire l’Église de Jésus Christ. C’est une lourde responsabilité qu’ils ont, mais ils ne sont pas seuls, le Christ est avec eux, il les comble du Saint-Esprit.

Quant à nous, aujourd’hui, chrétiens du 21ème siècle, nous voici engagés, au milieu du monde, dans la mission de l’Église. Avec l’aide du Saint-Esprit et en communion avec nos frères et sœurs chrétiens, animés par cette espérance de rejoindre Notre Seigneur Jésus Christ, nous proclamons et vivons l’Évangile. Faisons de notre mieux pour aimer et servir notre prochain. Rappelons-nous toujours de ces paroles de Jésus : `` Ce que vous avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait `` (Mt 25,40). C’est ensemble que nous devons construire la civilisation de l’amour.

L’Ascension de Notre Seigneur Jésus Christ est un jour de joie. Avec Lui, nous distinguons le but ultime de notre existence humaine : être dans cette communion d’amour du Dieu Trinité, et ce pour l’éternité. À la suite des Apôtres, nous aussi aujourd’hui, nous sommes envoyés vers nos frères et soeurs comme témoins de la Bonne Nouvelle du Christ.

La contemplation du ciel, à laquelle nous invite cette fête, pour nous chrétiens, n’est pas une distraction : si les anges rappellent aux apôtres que le Seigneur reviendra, c’est pour les renvoyer à leurs tâches, à cette mission qu’ils ont reçue de témoigner de tout ce qu’ils ont vu. Nous aussi, aujourd’hui, nous sommes renvoyés à la mission qui est la nôtre.

C’est par son Ascension que le Christ nous montre, une fois de plus, sa confiance et son amour pour chacun et chacune de nous. Il confie la proclamation du Royaume. Il nous passe le relais. Alors, n’ayons surtout pas peur de le saisir à pleine main.

En nous préparant à la fête de la Pentecôte prévue le 20 de ce mois, demandons la grâce du Saint-Esprit pour vaquer à nos tâches humaines, ``remplis de joie``. Continuons à participer à la Mission des Apôtres. Portons cette Bonne Nouvelle du Salut jusqu’au bout du monde, car Notre Seigneur Jésus Christ est toujours présent, à nos côtés, pour confirmer sa parole et les humbles signes qui l’accompagnent.

Alexandre GRANDET

Un petit conte pour la fête des mères


Le jardin de maman    De Jocelyne Marque

Isa courut au jardin. Le vent qui emmêlait ses cheveux avait un doux parfum de miel et de lilas. Maman désherbait depuis un moment déjà quand la fillette l’interrompit dans son travail :
-        Bonne fête, maman.
-        Merci, ma gentille fée, mon lutin de Mai…
Ces petits noms étaient la seule marque de tendresse que lui accordait sa mère. Elle ne l’embrassait que rarement, ni ne la prenait sur ses genoux.
 Isa rêvait d’être une vraie fée : elle transformerait alors mille choses inutiles autour d’elle ! Ce jardin d’herbes folles qui refusait parfois de se plier parfois aux exigences de sa maîtresse, serait son premier acte de magicienne… Un coup de baguette magique et l’enchevêtrement sauvage disparaîtrait.
Elle ignorait que cette lutte incessante contre le désordre vert, procurait au contraire un plaisir immense à sa mère. Elle ne voyait pas dans les yeux de cette dernière, la clématite et la rose trémière, reconnaissantes, danser de joie.

Une petite voix désagréable, bien cachée en son for intérieur, lui susurra tout à coup que le jardin occupait une bien trop grande place dans le cœur maternel. La mère et la fille se comprenaient si peu… Alors, chagrine, Isa préféra s’éloigner.

Sur les graviers dorés de l’allée, le chat imperturbable, faisait sa toilette au soleil. Elle traversa le pont orné d’une glycine puis elle franchit la ligne invisible qui sépare le jardin de la forêt. Sa silhouette fluette se refléta un instant dans l’eau claire du ruisselet pour s’évanouir aussitôt.

Plus la petite avançait, plus elle constatait avec étonnement que le paysage s’animait. Elle connaissait déjà les lieux mais jamais elle n’était venue seule et jamais elle n’avait vu ce qu’elle voyait à présent.

 Des papillons multicolores firent la ronde autour de sa tête tandis qu’un lapin roux marchait dans ses pas. Un saule secoua sa longue chevelure ébouriffée sur son passage et un noisetier l’accrocha de ses branches pour la retenir.
La fillette croisa une jeune femme coiffée d’un ravissant chapeau de paille. Cette dernière la salua :
-        Bonjour Isa. Tu te promènes sans ta maman, un jour de fête des Mères ? Elle doit se sentir bien seule…
-        Non, elle a ses roses et ses mauvaises herbes pour lui tenir compagnie.
-        Je sens là une pointe de contrariété. Sais-tu que nous l’aimons tous ici car elle prend soin de nous ?
Comme le visage de la fillette s’assombrissait, l’inconnue ajouta avec un sourire :
-        Je suis Violette, la fée des bois et des fleurs. Tu as du m’apercevoir, au printemps, dans ma belle robe mauve, près de ta maison…

 Dès que la fée eut prononcé le mot «maison», Isa s’aperçut qu’elles avaient quitté le pays des arbres par la pensée. Elles se trouvaient, toutes deux, à l’endroit le plus fleuri de son jardin.

-        Regarde ta maman. Tu peux la voir mais elle, non, car tu es invisible.
Sa mère taillait un rosier, avec précaution et tendresse. C’était le cadeau que sa fille lui avait offert, l’an passé.
Des mots d’amour s’levèrent alors :
-        Rosier, fais-nous de belles roses, aussi belles que mon Isabelle, ma petite chérie que j’aime tant.
La fée et la fillette étaient, à présent, près du grand saule chevelu.

-        Ainsi, tu connais les pensées de ta maman… Je t’ai emmenée près d’elle pour que tu les entendes.
Les mots sont parfois si difficiles à prononcer, même les plus doux ! Maintenant, tu vas rentrer, mais je veux te donner ceci, pour te protéger, toi et ta famille…
Elle tenait dans ses paumes ouvertes, trois plumes de fauvette, qu’elle laissa s’envoler, au gré du vent.
Isa passa le pont de bois et la première plume glissa dans l’eau vive. Le chat ronronnait, allongé sur les graviers dorés et la deuxième plume disparue dans les massifs aux longs iris.
Quand la troisième plume tournoya très haut dans le ciel bleu, la fillette avait déjà rejoint sa mère et elle riait sous le poids de ses baisers.
Le jardin soupira d’aise et s’endormit paisiblement sous le soleil du mois de mai.

Un parfum de violette voltigeait, ici et là…


jeudi 10 mai 2018

Il est dans la beauté de ce qui m’entoure : « Le secret du bonheur »


Un négociant envoya son fils apprendre le secret du bonheur auprès du plus sage de tous les hommes. Le jeune garçon marcha quarante jours dans le désert avant d'arriver finalement devant un beau château, au sommet d'une montagne. C'était là que vivait le sage dont il était en quête. 
Pourtant, au lieu de rencontrer un saint homme, notre héros entra dans une salle où se déployait une activité intense : des marchands entraient et sortaient, des gens bavardaient dans un coin, un petit orchestre jouait de suaves mélodies, et il y avait une table chargée des mets les plus délicieux de cette région du monde. Le sage parlait avec les uns et les autres, et le jeune homme dut patienter deux heures durant avant que ne vînt enfin son tour. 
Le sage écouta attentivement le jeune homme lui expliquer le motif de sa visite, mais lui dit qu'il n'avait alors pas le temps de lui révéler le Secret du Bonheur. Et il lui suggéra de faire un tour de promenade dans le palais et de revenir le voir à deux heures de là. 
« Cependant, je veux vous demander une faveur, ajouta le sage, en remettant au jeune homme une petite cuiller, dans laquelle il versa deux gouttes d'huile. Tout au long de votre promenade, tenez cette cuillère à la main, en faisant en sorte de ne pas renverser l’huile. »
Le jeune homme commença à monter et descendre les escaliers du palais, en gardant toujours les yeux fixés sur la cuillère. Au bout de deux heures, il revint en présence du sage. 
« Alors, demanda celui-ci, avez-vous vu les tapisseries de Perse qui se trouvent dans ma salle à manger ? Avez-vous vu le parc que le maître des jardiniers a mis dix ans à créer ? Avez-vous remarqué les beaux parchemins de ma bibliothèque ? »
Le jeune homme, confus, dut avouer qu'il n'avait rien vu du tout. Son seul souci avait été de ne point renverser les gouttes d'huile que le sage lui avait confiées. 
« Eh bien, retournez faire connaissance des merveilles de mon univers, lui dit le sage. On ne peut se fier à un homme si l'on ne connaît pas la maison qu'il habite. » 
Plus rassuré maintenant, le jeune homme prit la cuillère et retourna se promener dans le palais, en prêtant attention, cette fois, à toutes les œuvres d'art qui étaient accrochées aux murs et aux plafonds. Il vit les jardins, les montagnes alentour, la délicatesse des fleurs, le raffinement avec lequel chacune des œuvres d'art était disposée à la place qui convenait. 
De retour auprès du sage, il relata de façon détaillée tout ce qu'il avait vu. 
« Mais où sont les deux gouttes d'huile que je vous avais confiées ? » demanda le sage. 
Le jeune homme, regardant alors la cuillère, constata qu'il les avait renversées. 
« Eh bien, dit alors le sage des sages, c'est là le seul conseil que j'aie à vous donner : le Secret du Bonheur est de regarder toutes les merveilles du monde, mais sans jamais oublier les deux gouttes d'huile dans la cuillère. » 
Conte traditionnel adapté par Paulo Coelho