lundi 16 septembre 2019

Le bijou du roi


Un jour un sultan convoqua ses ministres les uns après les autres. Il montra à chacun un merveilleux bijou finement ouvragé. Il demanda au premier :
« A combien estimes-tu ce bijou ?
- Majesté, répondit le ministre, il vaut au moins la quantité d'or que peuvent porter six mulets.
- Ton évaluation est correcte », dit le sultan.
Puis il tendit un marteau au ministre et, plaçant le bijou devant lui, lui ordonna :
« Casse-le ! »
Le ministre recula, effrayé, et finit par bafouiller péniblement :
« Majesté, c'est impossible ! C'est un bijou inestimable. Je ne peux pas faire ça ! »
Le sultan le combla de cadeaux et le fit asseoir à ses côtés. Puis il fit venir un deuxième ministre qui réagit comme le premier. Le troisième, le quatrième et tous les autres en firent autant. Tous, couverts de cadeaux, siégeaient autour du sultan qui convoqua alors son esclave préféré. Lui montrant le bijou il lui demanda à combien il l'évaluait :
« Je ne saurais le dire, répondit l'esclave. Sa valeur est trop grande pour que je puisse l'estimer.
- Eh bien casse-le ! » ordonna le sultan, lui tendant le marteau.
Sans hésiter l'esclave prit le marteau et broya le bijou du premier coup. Les ministres furent scandalisés. Le sultan lui pleura d'émotion.
« Je ne suis pas ici pour refuser de casser un bijou et recevoir des cadeaux, se justifia l'esclave. Obéir à l'ordre de mon maître compte plus pour moi que cet objet précieux. »
 A un moment donné si nous voulons avancer et que notre voix intérieure, notre maître intérieur, nous l'ordonne, nous devons accepter de sacrifier certaines choses, aussi précieuses soient-elles.
Il faut parfois sacrifier la gloire, parfois une carrière artistique ou un couple ou un travail important, etc... Obéir à l'appel peut coûter très cher.

samedi 14 septembre 2019

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 1-3.11-32


Jésus nous raconte l’histoire d’un père formidable !
En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t‑il pas les 99 autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !” Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion.
Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t‑elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !” Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »
Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.” Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !” Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »


L’enfant prodigue

Texte d’évangile qui devrait nous faire réfléchir. Nous pourrions nous reconnaître dans les deux fils : le cadet désire son autonomie, son indépendance. Il n’y a rien de mal à cela, sauf qu’il veut y parvenir seul, en recherchant le bonheur dans les biens matériels et les plaisirs frivoles. Ne faisons-nous pas la même chose? Nous ne sommes jamais satisfaits. Nous errons longtemps dans « un pays lointain » avant de nous rendre compte de la nécessité de trouver le bonheur en nous-mêmes et de nous ouvrir aux autres.

Et puis l’aîné : tout comme lui, il y a en nous un désir d’être aimés, admirés, reconnus et valorisés. Il n’y a rien de mal à cela non plus, pourvu que nous ne soyons pas imbus de nous-mêmes, que nous ne rabaissions pas les autres en montrant du doigt leurs erreurs et leurs faiblesses dans le but de paraître meilleurs qu’eux. Sans montrer de compassion envers son frère, le fils aîné le juge et joue le rôle de la victime en reprochant à son père le traitement qu’il réserve au cadet. La leçon à tirer : même si certaines personnes ne se comportent pas selon nos valeurs et nos choix, cela ne nous donne pas le droit pour autant de les juger. Nous ne savons pas ce qui se passe dans le cœur des autres. Comme les deux frères, nous avons besoin de pardon et de réconciliation. Une chance : nous avons un Père aimant.


Tiré de Vie Liturgique no 436
La parabole du fils prodigue Un fils réclame son héritage et part de la maison profiter de son bien. Référence de l'histoire Luc 15:11-32

Objectifs (Valeurs de foi)

1- Parfois, nous faisons des mauvais choix, mais Dieu nous pardonne lorsque que nous les regrettons sincèrement. Il nous aime tellement.
 Montrez dans l'histoire : Que le fils va faire des bêtises. Mais il va le regretter sincèrement et retourner vers son père qui l'aime et lui pardonne.
 Valeur pour moi aujourd'hui
Je regrette les mauvais choix que j'ai faits. Je lui demande pardon. Il m'aime tellement, qu'il me pardonne.

2- Dieu nous laisse libre de choisir de vivre notre vie ou la sienne. Mais l'amour du père vaut mieux que toutes les richesses du monde.
 Montrez dans l'histoire : Que les deux fils ont eu le choix de faire ce qu'ils veulent. Il le laisse partir. Mais tout ce qu'il pensait être génial n'était que momentané et n'apportait rien. Ce n'est que l'amour du père qui est le plus important.
 Valeur pour moi aujourd'hui
Dieu me laisse libre de choisir ce que je veux faire, mais ce qui me comble, c'est son amour.

3- Dieu nous aime, mais pas nos bêtises. Et si après coup, nous ne pensons pas, mériter son amour, il nous accueille avec bienveillance.
 Montrez dans l'histoire : Que le plus jeune fils fait des bêtises. Il pense après ce qu'il a fait, ne pas mériter son amour. Mais il va l'accueillir avec bienveillance et amour.
 Valeur pour moi aujourd'hui
Dieu n'aime pas mes bêtises. Mais si je regrette sincèrement, il me pardonne et les efface. Il m'accueille avec amour bienveillance.

4- Les joies du monde ne durent pas, mais Dieu offre son amour inconditionnel et intemporel qui nous comble.
 Montrez dans l'histoire : Que le fils pense trouver dans les joies de ce monde, quelque chose qui le satisfera mieux que de rester vers son père. Mais cela ne dure pas. Le père lui offre son amour, redonne sa place de fils aimé inconditionnellement.
 Valeur pour moi aujourd'hui
Dieu m'offre autre chose que ce que le monde offre. Lui seul me comble complètement.

5- Dieu ne me juge pas, il attend que je revienne à Lui, pour me montrer encore plus son amour, il m'aime.
 Montrez dans l'histoire : Que le père attend son fils tous les jours. Lorsqu'il revient, il ne le juge pas, car le fils se repent de son péché. Il lui montre son amour.
 Valeur pour moi aujourd'hui
Dieu ne me juge pas. Il est prêt à me pardonner si je me repens sincèrement. Il veut me combler de son amour.

6- Nous sommes tous tentés par ce que le monde offre. Seigneur apprends nous à ne pas y mettre tout notre coeur, mais à y résister et être comblés par Dieu seul.
 Montrez dans l'histoire : Que le fils pensait que le monde lui offrirait tout ce dont il a rêvé. Mais pour finir il va être déçu. Il va revenir vers son père (Dieu) qui seul peut tout ce dont nous avons besoin.
 Valeur pour moi aujourd'hui
Je suis tenté par ce que le monde offre. Seigneur apprends- moi à ne pas y mettre tout mon coeur, mais à y résister et être comblé par Dieu seul.

Questions

 Qu'est-ce qu'une Parabole ?  Une histoire imaginée pour illustrer et mieux comprendre une vérité biblique
 Qu'est-ce qu'un héritage ?     C'est une somme d'argent ou des biens que l'on reçoit après la mort d'un parent
 Qu'est-ce qu'une caroube ?   C'est un fruit comestible, qui est une gousse, longue plate qui contient des graines brunes avec une saveur douce et sucrée (les graines broyées ressemblent au cacao)
 Que veut dire "prodigue" ?   Quelqu'un qui dépense tout
 Nourrir les porcs, est-ce un métier ? Oui à l'époque.
 Comment cet emploi était-il considéré à l'époque ? Il était considéré comme le plus petit des métiers et était méprisable pour un Juif. Les porcs étaient considérés comme impurs selon la loi juive.
 Que veut dire "lui mettre une nouvelle robe" ?        La robe était symbole d'honneur.
 Que signifie "mettre une bague" pour le fils revenu à la maison ?   La bague était un symbole de la procuration. Portant l'anneau de son père, le fils pouvait agir légalement au nom de son père.
 Que représente le père dans l'histoire ?        Dieu.
 Que représentent les fils ?     Nous.



mercredi 11 septembre 2019

Notre maman du ciel


En effet, le Seigneur malgré la souffrance de la croix, nous a fait un cadeau à peine moins grand que celui de sa vie : il nous a partagé sa maman. Nous sommes devenus ses enfants.
Son nom hébreu était Myriam, puis Maria, nous l’appelons en français Marie. Avez-vous déjà remarqué quel autre mot de la langue française que nous pouvons former avec ces cinq lettres? Bien oui, le mot aimer. C’est un jeu de mots qui dit l’essentiel de la présence de Marie dans nos vies.
Il y a longtemps que les chrétiens se tournent vers elle dans la prière. La plus ancienne prière qui fut adressée à la Vierge Marie a été trouvée en Égypte sur un bout de papyrus. Elle est datée du 3e siècle.

 Si tu veux la connaître, complète le texte en utilisant les mots suivants :

Bienheureuse, Dangers, Prières, Épreuve, Miséricorde, Toujours, Réfugions

Sous l’abri de ta __________________, nous nous ______________, sainte Mère de Dieu ne méprise pas nos ____________ quand nous sommes dans l’______________
mais de tous les ____________
délivre-nous ____________ mère glorieuse, mère _____________.

La plus ancienne prière à Marie

Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu ne méprise pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve mais de tous les dangers
délivre-nous toujours mère glorieuse, mère bienheureuse.

Messager de Saint Antoine de Septembre 2019

lundi 9 septembre 2019

Une histoire d'amitié


Confier sa vie à Jésus

Confier sa vie à Jésus : qu’est- ce que ça veut dire?

"Confier sa vie à Jésus" : voici une drôle d’expression!

Confier sa vie à Jésus, c’est vivre une histoire d’amitié. C’est Le laisser entrer dans ton intimité. C’est Lui ouvrir les portes de ta maison intérieure, Lui laisser fouler les secrets de ton jardin personnel. C’est Lui confier les clefs de ton salon et Lui laisser accéder à l’intimité de ta chambre à coucher.
Inviter Jésus dans sa vie, c’est Lui ouvrir toutes les pièces et tous les compartiments de ta vie, c’est te rendre vulnérable en te confiant à Lui. C’est abandonner ta vie à sa souveraineté bienveillante.
Vous allez me dire, quelle drôle d’idée. Confier sa vie à quelqu’un qui a certes fait ses preuves mais qui est mort il y a 2000 ans…La Bible nous révèle que Jésus-Christ est venu nous rendre visite sur terre pour nous rencontrer, pour nous révéler Dieu et nous le rendre plus concret. Il est mort pour nous donner la vie mais Il est aussi ressuscité pour nous accompagner et nous guider dans cette vie. Résidant dans la gloire des cieux, Il te promet pourtant de se rendre accessible et t’engage à ouvrir les portes de ton cœur. Mais découvrons plutôt ensemble les paroles de Jésus dans le livre de l’apocalypse : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi ».

Ce verset de la Bible nous révèle parfaitement le caractère et la démarche de Jésus à notre égard. Jésus n’est pas celui qui s’impose mais celui qui murmure sa présence et que l’on invite. Celui qui fait entendre sa voix pour que tu trouves la tienne ! Le maître des cieux et de l’univers frappe à ta porte pour un tête à tête avec toi. Voilà une invitation qui ne se refuse pas !
Si tu t’engages dans ce tête à tête, que tu joues la carte de l’amitié, de la transparence et de la confidence, si tu Lui ouvres ton cœur et Lui confies les rênes de ta vie, Il va alors faire sa demeure en toi. Il va faire le ménage et te libérer de ce qui souille et encombre ta vie.  Il va reconstruire, restaurer et affermir ta maison. Il va progressivement grandir en toi, te modeler à son image, Lui qui fut l’homme parfait. Il va te remplir de son amour et t’accorder sa bonté, son regard, te révéler ses pensées. Il t’accompagnera et t’orientera sur le chemin de la vie et de l’éternité, te consolera dans la difficulté.

Avoir pour gouvernail, pour ami et pour grand frère permanent le maître du monde, c’est ça confier sa vie à Jésus ! Ce serait le plus beau cadeau que vous pourriez vous faire et recevoir, Dieu dans votre cœur pour l’Éternité.  Soyez béni!

samedi 7 septembre 2019

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14, 25-33


Être disciple
En ce temps-là, de grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :

« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple.
Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui
“Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !”
Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ?
S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix.
Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »


Ce n'est pas facile de suivre Jésus. Nous devons montrer que nous l'aimons.

Allez jusqu'au bout

Devenir disciple de Jésus, c'est faire route avec lui jusqu'au bout du chemin, qui conduit à Jérusalem. Cette marche n’est pas facile. Pour en indiquer les exigences, Luc n'y va pas par quatre chemins! Devenir disciple implique des ruptures face aux valeurs qui composent notre vie habituelle. Ici, trois réalités, que nous considérons sacrées, sont relativisées : la famille, sa propre vie, ses biens. Jésus appelle carrément à un détachement et à une recomposition de nos priorités. Pourquoi? Parce que sa voie conduit à un affrontement et les demi-mesures ne permettent pas de tenir sur ce chemin. Face à l'adversité des puissants, à l'indifférence de plusieurs, aux résistances que rencontre l'annonce du Règne, pour continuer, il faut des options fortes, profondes, qui établissent clairement nos orientations de vie.
Les deux images employées pour parler du renoncement, la construction de la tour et les préparatifs de guerre, sont étonnantes. Les deux invitent à bien réfléchir, à peser sa décision, à faire des choix lucides avant de s'engager. Devenir disciple n’est pas présenté ici comme une adhésion enthousiaste et spontanée, mais comme un choix dont on calcule les coûts et conséquences. La suite de Jésus est aussi option consciente et risque à prendre. En bien des pays aujourd'hui, cela est évident. Devenir chrétien, ou s'enligner sur des valeurs évangéliques, porte à conséquences. Parce qu’on choisit de marcher avec les plus pauvres, qu'on refuse le cycle des violences, qu'on promeut le dialogue, qu'on s'élève contre la médiocrité et les fatalismes, on peut perdre sa réputation, son emploi, ses liens familiaux et même sa propre vie. Comment tenir de tels engagements, si son choix n'est pas solidement pris, avec un don de soi entier, qui ne dérive pas au gré des pressions de clan ou de classe, de l’attrait du confort tranquille, de la peur d'être mis de côté ou de souffrir dans sa peau.
Nous aimerions parfois un évangile qui se contente de conforter nos quêtes immédiates de sécurité sans rien déranger de nos priorités et de nos attachements. Une sorte de léger surplus de sens, qui s’ajoute de l'extérieur à nos mondes déjà établis. Mais l'évangile vient nous chercher autrement, du dedans, au coeur même de nos options et de ce qui est sacré pour nous. Et il désacralise bien des réalités qui nous tiennent à coeur. Il ne les rend pas sans importance mais les situe dans un horizon de sens différent, plus vaste. Il met au centre de nos vies le mystère pascal et le visage du crucifié-ressuscité, figure du Dieu vivant.
Avant de s'engager sur un chemin aussi déroutant, il vaut la peine de s'arrêter, de s'asseoir et de penser à son affaire. Les renoncements pour devenir disciple ne relèvent pas d’une passion déraisonnée ou d'un culte de la misère mais d’une sagesse de vie, d'une fidélité lucide, sans illusions ni fausses peurs, qui connait le prix de ce qui est choisi. Ce choix ne rend pas isolé; au contraire, il fait entrer dans une solidarité nouvelle, celle des disciples avec qui marcher et trouver soutien. La vie de disciple demande un don sans réserve. Si on y met le bras, tout le corps risque d’y passer! Aussi bien de le savoir en partant, si on veut aller jusqu'au bout.

Questions pour la réflexion :

À quelle recomposition de mes priorités cet évangile m'appelle-il?
Qu'est-ce m'aiderait à solidifier mon option de suivre le Christ?
Je m'assois et je pense à ma vie de disciple : les coûts, les possibilités, les choix, ..
Daniel Cadrin, o.p.

vendredi 6 septembre 2019

Le Fils


C’est une belle histoire.

PRENEZ MON FILS

Un homme riche et son fils aimaient collectionner des oeuvres d'art très rares. Ils avaient tout dans leur collection, de Picasso à Raphaël. Ils s'assoyaient souvent ensemble et admiraient les grands travaux de l'art.
Quand le conflit du Vietnam éclata, le fils partit pour la guerre. Il était très courageux et mourut dans la bataille en sauvant un autre soldat.
Le père fut avisé et fut profondément affligé pour la perte de son seul fils.
Environ un mois plus tard, juste avant Noël, quelqu'un frappa à la porte. Un jeune homme se tenait à la porte avec un large paquet dans ses mains.
Il dit: Monsieur, vous ne me connaissez pas, mais je suis le soldat pour qui votre fils a donné sa vie. Il a sauvé beaucoup de vie ce jour- là, et il était entrain de me transporter lorsqu'une balle l'a heurté au coeur et il mourut instantanément. Il m'a souvent parlé de vous, et de votre amour pour l'art.
Le jeune homme lui donna un paquet. Je sais que ce n'est pas grand- chose. Je ne suis pas vraiment un grand artiste, mais je crois que votre fils aurait voulu que vous l'ayez.
Le père ouvrit le paquet. C'était un portrait de son fils, peint par le jeune homme. Il regarda fixement avec crainte la manière que le soldat avait capté la personnalité de son fils sur la peinture.
Ses yeux ressemblaient tellement au sien que ses propres yeux se remplirent de larmes. Il remercia le jeune homme et lui offrit de le payer pour la peinture.
Ah non! monsieur, je ne pourrai jamais rembourser ce que votre fils m'a fait.
C'est un cadeau. Le père accrocha le portrait au-dessus de son manteau. Chaque fois que les visiteurs venaient à sa maison, il les amenaient voir le portrait de son fils avant de leur montrer tous les autres grandes oeuvres qu'il s'était procurées.
L'homme mourut quelques mois plus tard.
Il devait y avoir une grande enchère de ses peintures. Beaucoup de personnes influentes s'étaient réunies, tous excités de voir les grandes peintures et d'avoir l'occasion d'en acheter une pour leur collection. Sur la plate-forme reposait la peinture de son fils.
Le commissaire- priseur martela son marteau.

Nous commencerons l'offre avec l'image de son fils. Qui fera une offre pour cette peinture ?
C'était le silence.
Alors une voix au fond de la salle cria, Nous voulons voir les célèbres peintures. Sautez celle-ci. Mais le commissaire- priseur persista. Est-ce que quelqu'un fait une offre pour cette peinture?
Qui commencera l'offre ?
$100, $200 ?
Une autre voix en colère cria: Nous ne sommes pas venus pour voir cette peinture. Nous sommes venus pour voir le Van Gogh, le Rembrandt. Commencez avec les vraies offres! Mais le commissaire- priseur continuait toujours.
Le fils ! Le fils ! Qui veut prendre le fils ? Une autre voix en colère cria: Nous ne sommes pas venus pour voir cette peinture. Nous sommes venus pour voir le Van Gogh, le Rembrandt. Commencez avec les vraies offres!
Mais le commissaire- priseur continuait toujours. Le fils ! Le fils ! Qui veut prendre le fils ?
Finalement, une voix cria du fond de la salle. C'était le jardinier, il avait longtemps été au service de l'homme et de son fils.
Je donne $10 pour la peinture. Étant un pauvre homme, c'était tout ce qu'il pouvait se permettre. '
Nous avons $10, qui offrira $20 ?
Donne-lui pour $10 et fait-nous voir les Maîtres?
La foule devenait en colère, ils ne voulaient pas avoir la peinture de son fils. Ils voulaient un investissement plus dispendieux pour leurs collections.
Le commissaire- priseur martela son marteau. Aller une fois, deux fois, VENDU pour $10 !
Un homme qui était assis dans la deuxième rangée cria, maintenant laisses-nous voir la collection!
Le commissaire- priseur posa son marteau. Je suis désolé, mais l'enchère est finie.
Qu'arrive- t-il avec les peintures ?
Je suis désolé. Quand l'on m'a demandé pour conduire cette enchère, l'on m'avait donné une condition secrète dans sa volonté. Il ne m'était pas permis de dévoiler cette condition jusqu'à maintenant.
Seulement la peinture du fils serait vendue aux enchères. Celui qui achèterait la peinture hériterait du domaine entier, y compris les peintures. L'homme qui a pris le fils obtient tout !
Dieu a donné Son fils il y a 2000 ans afin de mourir sur la croix. Tout comme le commissaire- priseur, son message aujourd'hui est: Le fils, le fils, Qui prendra le fils? Parce que, vous voyez, celui qui prend le fils obtient tout.

CAR DIEU A TANT AIMÉ LE MONDE QU'IL A DONNÉ SON FILS UNIQUE, AFIN QUE QUICONQUE CROIS EN LUI ME PÉRISSE POINT, MAIS QU'IL AIT LA VIE ÉTERNELLE C'EST ÇA L'AMOUR

lundi 2 septembre 2019

La petite fille qui avait un rêve de bonheur Par nathie


"Il était une fois une petite fille qui avait un rêve de bonheur.
Il y a comme cela de par le monde des petites filles douées pour le bonheur. D'abord, elle était née un soir d'été, alors que dans le ciel éclataient les premiers feux d'artifice de la fête de la Liberté. Par la suite, sa peau se gorgeait de soleil dès qu'apparaissaient les premiers rayons et ces couleurs de miel ou de pain bis dont elle se revêtait la rendaient éclatante de joie. Par la suite son visage s'illumina avec une belle rangée de dents dites "de la chance" et chacun s'amusait de ses fossettes rieuses. Oui, elle était très attirée par le bonheur.
                                                                                                                                           Mais autour d'elle, on lui disait, on lui montrait comment il fallait souffrir, travailler ou se sacrifier avant de goûter au bonheur. On lui avait même laissé croire qu'il valait mieux inscrire dans son corps quelques marques ou cicatrices révélatrices de sacrifices notoires, pour mériter plus tard un peu de bonheur.
Comme elle n'avait aucun goût ni pour les souffrances, ni pour les sacrifices, et qu'elle aimait rire dans le soleil, s'amuser, se réchauffer auprès d'amis, elle se trouva vite en conflit et rapidement elle préféra renoncer à son rêve de bonheur, n'y  plus penser plutôt que de le détériorer ainsi. Elle le cacha au fond d'une malle. Très vite, le rêve perdit de son éclat et de sa vivacité, puis elle l'oublia.

La petite fille, devenue grande, poursuivit des études, se maria et eut beaucoup d'enfants... tout ce qu'il faut pour que comme dans les contes, on puisse accéder au bonheur.
Nulle ombre de bonheur ne vint effleurer sa vie. Elle vécut ainsi, avec économie dans la persévérance, la peine, les obligations et les devoirs. Peu à peu son sourire lui -même se figea sur son visage. Il lui arriva même de rabrouer ceux ou celles qui se permettaient de rire un peu trop bruyamment. Chaque jour elle s'efforça de tenir convenablement le rôle qu'on lui avait appris.
Pour cela, elle veillait à ce que chacun, autour d'elle, reçoive son comptant de bonheur. Cela, c'était permis et même recommandé, mais pas plus ! Quelques fois, cependant, elle percevait qu'en elle vibrait des désirs argentés, elle vivait des tiraillements, des petits pincements au cœur, mais elle ne connaissait pas d'autres façons de faire.
Un jour, alors qu'elle était devenue vieille, que ses enfants étaient partis, qu'elle pensait avoir accompli sa tâche, son rêve d'enfant lui toucha doucement le front.
Elle retrouva le coffre où elle avait enfoui son rêve de bonheur, le retourna en tous sens. Elle en sortit les vieilles souffrances accumulées, les rancœurs, les abnégations, les interdictions, quelques travaux, mis de côté pour les jours où elle manquerait d'ouvrage.
Elle retrouva même les recommandations... Les conseils de ses vieux maîtres en éducation qui lui avaient enseigné tout ce qu'elle devait retenir et modifier dans son attitude pour parvenir à vivre des relations harmonieuses.
Elle écarta tout cela, d'abord avec lenteur, puis rejeta le tout. Cela lui coûtait beaucoup de se séparer de ces vieilles choses, mais elle avait besoin d'aérer sa vie.
Tout au fond du coffre, bien à plat, bien rangé, elle vit son rêve de bonheur, toujours aussi soyeux et joyeux. Il n'avait pas pris une ride, peut-être même lui apparut-il plus beau encore.
Elle s'en saisit et le serra très fort sur son cœur, elle sentit que tout au fond d'elle, elle ne l'avait pas quitté mais qu'il lui avait terriblement manqué. Elle décida de ne plus s'en séparer.
Elle a aujourd'hui libéré ses éclats de rire. Elle sait accepter, avec chaque fois le même émerveillement, les plaisirs qui sont bons pour elle. Elle sait aussi s'éloigner des contraintes qui lui rappellent les efforts d'antan. Elle redécouvre précieux son besoin de bonheur, de cadeaux colorés à recevoir, à entretenir.
Ceux qui l'approchent la perçoivent chaleureuse, rayonnante, authentique. Certains s'en éloignent, sceptiques, mais d'autres se mettent à leur tour à rêver de bonheur.
Aujourd'hui, elle ne propose plus de recette, elle invite chacun à retrouver en lui-même ce très vieux rêve enfoui."