dimanche 9 décembre 2018

Conte de Noël: La visite d'un ange


26.11.11 - Il était une fois... un ange qui descendit du ciel pour rendre visite aux humains  en pleine effervescence de Noël... Un conte à lire autour du sapin.

Les parfums de cannelle, girofle et mandarine embaumaient cette soirée d’hiver, au point de gagner les jardins du Ciel. Agréablement surpris, un ange se souvint: «C’est aujourd’hui qu’on fête l’anniversaire du Roi dans le monde des hommes. J’ai bien envie de faire un tour sur cette petite planète bleue.»

On voyait briller de loin d’innombrables lumières dans la nuit du ciel terrestre. Le voyageur pensa qu’on avait allumé des milliers de bougies en l’honneur de son Roi. Il entreprit une course fulgurante à travers les villes du monde entier, sans que rien pourtant n’échappe à l’attention de son regard perçant. La lumière était partout, criarde, aveuglante, image d’un monde avide, qui ne savait plus, au juste, ce qu’il fallait fêter. L’ange eut l’étrange impression d’assister à un anniversaire où les convives se conduisent en pique-assiettes, ignorant celui qu’il convient d’honorer.

«S’ils comprenaient l’importance de ce qu’ils commémorent, le monde en serait changé! Le Ciel entier s’en émerveille depuis deux mille ans! Le Fils de Dieu, devenu l’un d’eux, par amour, leur communique la Vie qu’ils ont perdue. Mais ils ignorent la valeur du don qui leur est fait! Pour qu’ils s’y intéressent, il faudrait le coter en Bourse!» L’ange ne croyait pas si bien dire. La naissance du Fils de l’Homme, ignorée des uns, servait d’alibi aux rêves les plus fous de beaucoup d’autres. Grandeur, luxe, promesses de prospérité... L’homme ramenait toute chose à lui, toujours. Cela en devenait lassant.

L’ange serait rentré chez lui, s’il n’avait remarqué de minuscules lueurs en rien semblables aux autres. Elles étaient chaudes, vivantes, humaines. On eut dit des braises tombées du Ciel. Il y en avait sur toute la surface de la terre, et chacune semblait dire: «Joyeux anniversaire à toi, Jésus, notre bien-aimé». Dans leur sillage se répandait un parfum d’amour et de reconnaissance qui montait jusque dans les jardins du Ciel.

Alors l’ange entrevit le sourire de Dieu.

Nathania Boschung, romancière


samedi 8 décembre 2018

Avent 2018 – Semaine 2


Les bougies

Aujourd’hui, c’est le tour d’Élisa. Maman a dit que chaque enfant aurait son tour. Ses frères y sont déjà allés et aujourd’hui, c’est son tour. Élisa peut accompagner maman au supermarché. Quand elles arrivent dans le parking, elles ne prennent pas de charrette comme d’habitude. Elles entrent dans le magasin les mains vides et le coeur un peu battant.
Ça va marcher aujourd’hui ?
Nabila, la copine de maman, les accueille. Elle est contente ! Le 10 décembre approche. Les clients du supermarché sont venus nombreux au stand. Ils ont acheté beaucoup de bougies.
Nabila a pu leur parler d’Amnesty International. Les bougies rappellent que personne ne peut aller en prison simplement parce qu’il pense ou qu’il dit quelque chose. Nabila dit que c’est chouette d’allumer une bougie dans le coeur de quelqu’un.
Nabila s’en va. Maman accueille déjà les premières personnes qui viennent vers le stand.
C’est facile : le stand est juste à l’entrée du magasin. Tout le monde passe devant ! Élisa est fière : elle peut s’occuper de la caisse. Quand les gens achètent une bougie, elle reçoit l’argent et elle rend la monnaie si elle a reçu un billet. Parfois, elle compte sur ses doigts.
- Fais bien attention, lui a dit maman. L’argent sert à aider les prisonniers.
Maman a promis à Élisa de lui acheter les biscuits avec les autocollants dans la boîte si elle restait calme.
Oh, mais ça ne va pas, ça ! En arrivant, Élisa était tellement excitée qu’elle n’a pas vu la femme et son fils assis à côté de la porte. Elle voit souvent cette femme pourtant. La femme demande de la nourriture ou de l’argent. Maman dit qu’elle est pauvre, parce que son mari est en prison. Elle lui donne souvent un peu d’argent. Ou elle achète quelque chose au supermarché et elle lui donne. Mais aujourd’hui, maman ne l’a pas vue non plus. Élisa n’est pas très contente. Non, ça ne va pas, pense-t-elle, aujourd’hui, c’est notre tour ! Elle n’a qu’à venir un autre jour, après le 10 décembre, quand il n’y aura plus de stand de bougies.
- Je n’ai qu’un gros billet, tu peux me rendre la monnaie, ma grande ?
Élisa compte les billets. Elle s’embrouille un peu. Elle compte sur ses doigts, mais ça ne va pas. Elle est fâchée sur la femme. Ça lui fait un peu de tempête dans la tête.
- Allons, Élisa, qu’est-ce qui se passe ? Tu es déjà fatiguée ? demande maman. Voici votre monnaie, monsieur, et merci ! N’oubliez pas d’allumer une bougie à votre fenêtre le 10 décembre.
Élisa observe la femme et son fils. Les gens déposent régulièrement un peu d’argent dans le bol, ou ils donnent une bouteille de shampoing, ou des biscuits. Le garçon s’ennuie, on le voit bien. Une dame lui offre du chocolat, mais on dirait qu’il s’en fiche. Il regarde toujours en direction du stand et Élisa se sent un peu gênée. Elle essaie de ne pas regarder dans sa direction. Puis, un vieux monsieur offre un paquet de biscuits. Les biscuits avec les autocollants dans la boîte ! Il en a de la chance. Mais on dirait aussi qu’il s’en fiche. Pff, celui-là alors !
- Mais Élisa, qu’est-ce qui se passe ? demande maman. Oh, regarde le garçon t’appelle, là !
C’est vrai, il fait un signe de la main. Il montre son paquet de biscuits.
- Vas-y, dit maman. On dirait qu’il essaie de te dire quelque chose.
Élisa n’a pas envie, mais elle est bien obligée d’aller jusque chez le garçon.
- Bonjour, dit Élisa.
- Bonjour, dit le garçon. Tu veux un biscuit ?
- Merci. Tu as trop de chance ! répond Élisa en apercevant plusieurs paquets de biscuits derrière le garçon.
- Pff, je ne les aime pas, ces biscuits. Les gens me les donnent, parce qu’il y a des autocollants. Mais ils ne me demandent jamais si je les aime.
- Ah, et qu’est-ce que tu voudrais à la place ?
- Moi, ce que je voudrais, c’est m’amuser et ne pas rester ici. Je peux venir au stand avec toi ? Je suis très fort en calcul mental. Je vais t’aider avec l’argent des bougies.
Élisa est un peu gênée, parce que le garçon a vu qu’elle calcule sur ses doigts. Mais elle beaucoup plus contente que gênée ! Peut-être que c’est ça, allumer une bougie dans le coeur de quelqu’un ?
Geneviève Bergé

Mot clé : écouter

Pour aller plus loin…

- Écouter, ce n’est peut-être pas si facile que ça en a l’air. Car souvent, les choses vont
vite et on écoute en croyant déjà connaître la réponse. C’est une tendance que nous avons tous. En vois-tu des exemples dans cette histoire ?
- As-tu déjà eu l’impression qu’on ne t’écoutait pas bien ? Qu’on ne te donnait pas la réponse que tu attendais vraiment ? Comment t’es-tu senti(e) ?
- As-tu déjà eu l’impression de ne pas bien écouter ? De répondre un peu à côté ?
Comment t’es-tu senti(e) ?
- As-tu déjà entendu parler d’Amnesty International ? Qu’est-ce qu’un prisonnier d’opinion ?
- Amnesty ne fait pas que tenter de libérer les prisonniers d’opinion. Elle les soutient aussi. Par exemple, en envoyant des lettres. Penses-tu qu’envoyer des lettres, c’est répondre à un besoin, c’est écouter une demande des prisonniers ? Laquelle ?
- Élisa va tenir le stand d’Amnesty avec le garçon. Au début, elle n’a pas envie de partager. Pourtant, quand elle accepte, elle est contente. La joie, être contents tous les deux, c’est peut-être un signe qu’on a écouté et répondu… Qu’en penses-tu ? Tu te souviens d’une situation qui ressemble à cela ?
- Qui aide qui dans cette histoire ? Est-ce souvent comme cela ?




Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3, 1-6


L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe, dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.

Petit commentaire

Préparez le chemin du Seigneur

Quel est donc ce chemin qu’il nous faut suivre dans le désert ? Est-ce le désert de notre cœur, celui provoqué par notre vie trépidante ? Est-ce notre difficulté à trouver le temps de la préparation pour accueillir celui qui vient?
Ce chemin c’est notre cœur. C’est dire que nous sommes invités à entrer en nous-mêmes ; c’est-à-dire là où il n’y a plus que nous-mêmes et le Seigneur. Nous sommes invités à faire en quelque sorte notre examen de conscience ; à faire la vérité à la lumière de la parole de Dieu qui est parole de vie et de vérité.
Préparer le chemin au Seigneur, c’est donc tout simplement ouvrir ma vie à cet amour, ouvrir la porte de mon cœur et entendre Dieu me dire, dans le silence, « Tu es mon enfant bien aimé, en toi, j’ai mis tout mon amour. » Ainsi, je pourrais entrer dans la dynamique de l’amour de Dieu. À mon tour, je pourrais répondre à cet amour par pure gratuité, par pur amour de Dieu et lui répondre : « Mon Dieu, que tout se passe pour moi selon ta Parole. »
A quelques jours de Noel, nous sommes invités plus encore à nous questionner sur la présence du Christ que nous ne remarquons pas ou que nous refusons de voir
Qui es-tu toi qui frappe à ma porte ? Pourquoi fais-tu l’aumône ? Et toi d’où viens-tu… ?

Quand nous rencontrons notre prochain, quand nous accueillons celui que nous ne connaissons pas, quand nous sommes attentifs et disponibles pour répondre à des sollicitations individuelles ou collectives, alors le Christ se fait encore plus présent parce que « ce que vous faites au plus petit d’entre nous c’est à moi que vous le faites ».
Complétez le paragraphe en complétant les espaces avec les mots corrects de la banque de mots au bas de l'histoire.

rocailleux–Montagne- péchés – colline-  droit- voix –désert- passages – ravin- aplanis sentiers- salut

Jean-Baptiste prépare le chemin Il est allé dans tout le pays autour du Jourdain, prêchant le baptême de repentance pour le pardon des __________. Comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète: "__________ de celui qui crie dans le __________, 'Préparez le _________ du Seigneur,  rendez _______  ses ________.
Tout ­­­­___________sera comblé, toute _________et toute _________seront abaissées, les ___________ tortueux deviendront droits, les chemins  __________ seront  __________. Et tout être vivant  verra le ______ de Dieu.

Réponses : péchés, Voix, désert, chemin, droit, sentiers, ravin, montagne, colline, passages, rocailleux, aplanis; salut



 Prière

Debout ! Le Seigneur vient !
Une voix prophétique a surgi du désert.
Un désir, une attente ont mûri nos esprits.
Préparons-nous !

Debout ! Le Seigneur vient !
La parole s’infiltre, elle ébranle nos cœurs.
Et voici le Royaume, il s’approche, il est là.
Réveillons-nous !

Debout ! Le Seigneur vient !
L’espérance nouvelle entre à flots dans nos vies.
Son mystère féconde un silence de foi.
Purifions-nous ! Le Seigneur vient !

Hymne AEL

mercredi 5 décembre 2018

Le marchand de cierges




Emportés par le vent frais de décembre, les savoureux parfums de boudin grillé et de vin chaud se faufilaient entre les chalets accueillants du marché de Noël.

Joliment présentés à l'abri de ceux-ci, les multiples produits des artisans locaux scintillaient de mille cristaux et les couleurs de la fête dansaient dans un décor d'or et d'argent au rythme des traditionnels grelots de « Jingle bells ».

Étourdis par la ronde des jouets du bon Père Noël, les bambins chaudement emmitouflés ne savaient où poser leurs yeux écarquillés et tentaient adroitement d'attendrir l'autorité paternelle devant l'étal aux alléchantes friandises.

Merveilleuse ambiance de fête, certes, mais j'aurais aimé y trouver, en cette veille de Noël, ce peu d'émotion qui nous rend réceptifs au sens profond des réelles valeurs.

Perdu quelques secondes au-delà de ma réflexion, je m'étais arrêté inconsciemment devant une crèche artisanale réalisée avec un talent incontestablement animé d'une motivation particulière.

Mon regard croisa celui de l'artisan et, en guise de 
bonjour, je lui adressai un sourire amical.

« Elle est jolie, n'est-ce-pas ? », me dit-il d'une voix chaude et profonde.

« Superbe ! Les personnages sont extraordinaires; on dirait qu'ils vont prendre vie ! »

Tout en sortant les mains des poches de son vieux manteau râpé, l'artisan ajouta : « Elle n'est pas à vendre, mais tenez, ceci devrait vous intéresser ! »

Il me tendit une jolie boîte couleur ciel, aux étoiles dorées, contenant un cierge blanc comme la 
neige.

Un peu surpris, je lui répondis : « Eh bien oui, pourquoi pas ? », et portant instinctivement la main au portefeuille, je lui demandai combien je lui devais.

« Rien, me dit-il, vous me l'avez déjà payé ! »

J'insistai, naturellement, et tentai en vain de lui glisser un billet.

Il s'assit sur sa vieille chaise cannée, abrita ses mains sous les revers de l'épais manteau et, faisant mine de de s'endormir, me rendit mon sourire avec un émouvant « Joyeux Noël ! ».  

  
Sur la route du retour, j'étais toujours sous le charme de ce que je venais de vivre.

Dans le quartier commerçant aux lumineuses vitrines décorées pour la circonstance, la densité de la circulation m'obligea à retrouver toute mon attention et la garder jusqu'au domicile où l'on préparait fébrilement la soirée de réveillon.

« C'était bien, ce marché de Noël ? », me demanda ma petite famille.

Afin d'échapper à une interminable série de questions, je répondis un peu distraitement : « Oh oui, vous savez, comme chaque année ! ».

Sur la table du salon, quelques gâteries apéritives attendaient devant le feu de bois l'arrivée de nos invités.

Au milieu de celles-ci, dressé sur son socle de fer forgé, un cierge patientait jusqu'à l'ambiance du soir pour emprunter à l'allumette la flamme de la fête.

Poussé par je ne sais quelle intuition, je le rangeai dans un tiroir du buffet et le remplaçai par le cierge de l'artisan à la crèche.

Il me fascinait, là, entre la télé que les 
enfants n'avaient pas débranchée et le fauteuil dans lequel je venais de m'asseoir.

Sur l'écran, les images d'une année de lourdes incertitudes, l'album honteux des 
photos de tous ces évènements qui font de l'homme le plus redoutable prédateur de l'humanité.

Un long métrage de douze mois de violence et de corruption, l'histoire d'un veau d'or qui partout dans le monde engendre le plus réaliste des films d'horreur.

Le feuilleton d'une société aux urgences, malade de sa vanité, de sa gourmandise de pouvoir et dont les premières victimes sont ceux qui souffrent le plus de l'égoïsme des autres.

Et moi, comme tant d'autres, j'étais là, dans le confort de mon fauteuil et de ma famille, prêt à fêter avec des 
amis l'éternelle renaissance de l'amour et de la paix entre hommes de bonne volonté ! Quel paradoxe !

Mal à l'aise, je saisis le boîtier de télécommande et mis fin à la terrible rétrospective.

Instinctivement, je craquai une allumette et donnai vie au cierge de l'artisan.

La flamme chaude et lumineuse vacilla quelques secondes et puis se dressa, 
belle et régulière devant l'écran que j'avais volontairement aveuglé.

Complètement étranger au brouhaha des 
enfants et à l'intense activité de ma maîtresse de maison préférée, je me mis alors à comprendre le message du cierge de l'artisan du marché de Noël.


La flamme de ce cierge était lumineuse comme le soleil de l'autre côté d'un tunnel : elle était l'ESPOIR                  
              
La flamme de ce cierge était chaude comme le bien-être d'un véritable foyer :
elle était la FAMILLE.

La flamme de ce cierge était droite et semblait vouloir m'éclairer le temps qu'il faudrait :
elle était la 
BONNE VOLONTE.

La flamme de cierge était pure, sans fumée, sans odeur, sans bruit : 
elle était le RESPECT.

La flamme de ce cierge m'avait réconforté :
elle était la PAIX.

Toute cette 
nuit de Noël, elle diffuserait sa lumière au sein de notre famille, et à tous ceux qui ne la percevraient pas, je raconterais mon histoire du marchand de cierges.

Lorsque je me suis arrêté devant sa crèche, cet artisan savait que je pourrais comprendre le 
message du cierge de Noël.

Lorsque je lui ai souri, il avait estimé que je l'avais payé.

Le 
message de Noël ne se vend pas, il se donne, il se partage.

Pour tout 
homme capable d'oublier quelques instants son statut de consommateur pour offrir un sourire ou tendre une main, il y aura toujours un cierge de Noël.

Tout cela finalement était très simple.

Simple comme une flamme de bougie mais que l'émotion de Noël peut doter de la plus 
belle des facultés, celle de ranimer l'espoir...

Jean Marcelle        


lundi 3 décembre 2018

Contes de l'Avent : Le Noël du petit tacot*** -Carmen Montet



« Le tacot « était le nom donné à un petit train à vapeur qui parcourait les campagnes du Pilat il y a environ 100 ans. On l'appelait aussi « la Galoche ».Il transportait pas mal de monde : des paysans venus en ville à Saint -Chamond et à Saint Étienne, des ouvriers des fabriques, des collégiens en pension à Saint-Étienne, des ouvrières, des apprentis, de jeunes servantes, des familles, et aussi des animaux. Tout un petit monde qui vivait dans des villages éloignés, loin, dans la montagne.
C'était la veille de Noël. Il faisait très doux. Le petit train à vapeur était parti de bon matin comme tous les jours, quand le temps était clément. Il déchargea à Saint -Chamond bon nombre de personnes, puis reprit sa route...
Le notaire de Pélussin, maître Renaud, était assis à côté de la jeune Louise, servante dans une maison stéphanoise, très riche. La famille Castel, avec ses quatre enfants, discutait avec le garde-chasse Marcus. Les collégiens Charly et Louis, fils des notables bien connus et fortunés, faisaient connaissance avec Michel apprenti boulanger à peine plus âgé qu'eux. Ce dernier, après un apprentissage, certes bien réussi, désirait reprendre des études et interrogeait les collégiens sur leur la vie au pensionnat. Une brave paysanne prénommée Marguerite s'entretenait avec Auguste le chef cheminot. A la Terrasse-sur-Dorlay un groupe monta : six jeunes ouvrières fileuses, et deux hommes : un illusionniste avec sa mule et un marchand ambulant.
- Attendez-moi attendez-moi ! cria l'homme à la mule !
- Hâtez -vous ! Je repars de suite, lui répondit Auguste.
L'homme tenta de faire monter la bête dans un wagonnet du fond mais elle refusa. Elle secouait son chargement d'où sortaient d'étranges cris. Tout à coup une petite tête sortit du sac accroché à la mule : un singe ! Les enfants et les gens qui regardaient par la fenêtre le spectacle, se mirent à crier et à rire !
- Un singe ! Un singe !
Deux petits chiens sortirent aussi du gros sac : deux caniches très jolis et habillés en danseuses qui montèrent de suite dans les wagons et se mirent à courir dans tous les sens ! Les enfants jubilaient ...Mais la mule, elle, refusait toujours de monter. Plusieurs hommes du train descendirent et poussèrent la bête ! Impossible !
-« Ça commence bien !« lança Auguste ! On n'est pas arrivé !
Alors, Marguerite la paysanne eut l'idée de montrer à la bête deux belles carottes rouges. Cette dernière, fascinée, suivit Marguerite et grimpa dans le train en un éclair pour se régaler de la récompense méritée.
Le petit train put enfin redémarrer. ..Il roulait, roulait avec tous ses voyageurs si différents les uns des autres. Au bout d'une bonne demi-heure le temps changea : le vent, venu du Nord, devint glacial. De gros nuages noirs obscurcirent le ciel. A cette altitude dans le Pilat, en décembre, c'était la neige et non la pluie ! Et il se mit à tomber de la neige drue tandis que Petit Tacot poursuivait sa route. La neige recouvrit le paysage alors que le petit train continuait son ascension...Le brouillard s'invita. Le Petit tacot fut bloqué par d'énormes congères qui s'étaient formées soudainement, et l'empêchait d'avancer plus avant.. Tout le monde descendit alors avec des pelles, les filles et les garçons, et on se mit à repousser la neige. Le froid était vif et plus on jetait de la neige de côté, plus la congère se reformait plus loin. Au bout d'une bonne heure de travail, Auguste le cheminot fit remonter tous les passagers et leur dit :
- Mes amis, cela ne sert à rien de déblayer ! La congère est trop épaisse et se reforme au fur et à mesure ! De plus, il fait très froid et bon nombre d'entre vous sont mal chaussés et pas assez vêtus ! Prenez votre mal en, patience. Je crains que nous ne soyons bloqués ici pour la nuit !
- Quoi ? Nous allons rester ici ? Questionna Louis, un des deux collégiens. Je veux rejoindre Pélussin et mes parents !
- Moi aussi s'écria l'autre collégien Charles, suivi des jeunes ouvrières.
- Eh comment allez- vous faire ? Nous sommes au moins à dix kilomètres de Pélussin.
- Nous sommes à peine à 3 km de Chuyers. En suivant les rails nous arriverons dans moins d'une heure. Là nous demanderons de l'aide et nous reviendrons déblayer la voie ! Proposa Charles.
- Il fait trop froid et trop nuit déjà ! Riposta le cheminot.
- Nous serons de retour dans moins d'une heure, promis ! lança encore Charly.
- Pure folie ! Il neige et puis... Le cheminot regarda autour de lui : il y avait les enfants Castel blottis dans les bras de papa et maman.
- Eh bien quoi ? Qui y a-t-il d'autre ? Insista Louis qui se préparait à rejoindre le groupe des marcheurs …
- Les loups ! Lâcha le cheminot ! Les loups qui habitent nos bois. Nous sommes sur leur territoire. Le froid et la faim risquent de les attirer.
Les enfants poussèrent des cris de terreur !
- Ne craignez rien, les petits ! dit le cheminot. Ici, dans le train, pas de danger ! Nous allons faire un grand feu avec le poêle que je transporte. Nous serons au chaud et à l'abri. Nous allons mettre des bougies et des feux autour du train et les loups ne s'approcheront pas. Ils craignent le feu !
Les marcheurs s'étaient tus et se consultèrent. La moitié renonça mais quatre d'entre eux, Charles, Louis, Ann, une petite ouvrière, et Michel l'apprenti boulanger, étaient bien décidés à tenter l'aventure. Malgré les mises en garde...ils prirent la décision de rejoindre à pied Chuyers.
- Il n'y a plus de loup ici ! Dit Charles ! Nous en avons parlé au collège ! Ils ont quitté notre région ! Peut-être allons-nous rencontrer l'homme des neiges ? Ajouta-t-il en riant !
- Ne riez pas et restez ici ! Ordonna un des hommes ! Je fais office d'homme de loi. Je suis le notaire de Pélussin. Je connais vos familles. Louis et Charles ! Je suis persuadé que vos pères vous interdiraient de partir ainsi et de prendre de tels risques !
Mais les jeunes gens ne l'écoutèrent pas et descendirent du train.
- Je ne peux les laisser partir sans fusil ! Intervint Marcus le garde forestier. Et comme on ne peut attacher cette jeunesse écervelée, alors je vais avec eux. C’est mon devoir ! ajouta-il avant de descendre rejoindre le groupe de marcheurs.
Les voyageurs parurent rassurés. Marcus était un grand chasseur courageux et il portait sur l'épaule son grand fusil. La petite troupe partit donc dans un brouillard épais et givrant.. Dans le train, le cheminot Auguste aidé du notaire et du père de famille installèrent le poêle à bois et le mirent en route. Il chauffait bien. Pendant ce temps nos quatre téméraires marchaient vivement derrière Marcus.
- Restez groupés, à un mètre de distance, et silence !
Ils venaient de faire cinq cents mètres quand ils sentirent une présence inquiétante : quatre yeux les observaient : des loups. Le hurlement de l'un d'entre eux, terrifia les quatre jeunes :
- Derrière moi ! Hurla Marcus !
Et il tira une fois, deux fois, trois fois. Un loup fut touché et l'autre blessé s'enfuit en boitant.
- Il ne restait que deux vieux couples de loups dans le Pilat d'après les recherches ! Dit Marcus .Ces mâles ont leur compte !
- Que faire à présent ? Dit Charly
La neige s'était remise à tomber de plus belle et le froid intense glaçait les visages.
- Demi-tour immédiatement ! Ordonna le garde. Nous n'allons pas aller de l'avant : deux dangers potentiels : les louves vont venir sur les traces de leurs mâles, et la neige et le froid s'intensifient ! Chuyers est encore à deux kilomètres 500 ! Trop loin ! Trop risqué !
Dans le train on avait entendu au loin les détonnations. Tous scrutaient la voie de chemin de fer. A leur grand soulagement ils virent enfin les quatre jeunes gens réapparaître avec Marcus en tête. Ils racontèrent aux voyageurs leur épopée.
- Allez ! Dit le cheminot, réchauffez-vous et buvez le vin chaud du Jarez.
- Partageons le repas de Noël tous ensemble, ici ! Proposa la mère de famille.
- Bonne idée ! Répondit Marguerite la paysanne
- Hourra crièrent les jeunes collégiens affamés.
- J'ai de la soupe des légumes, dit joyeusement Louise la jeune domestique placée à Saint-Étienne. J’en ai beaucoup : deux barriques car mes maîtres devaient faire le réveillon chez eux et ils ont changé d'avis. Ils m'ont alors autorisée à prendre tout ce que je voulais. C'est de la très bonne soupe c'est moi qui l'ai faite ce matin. Avec du lard de la Haute Loire !
- Réchauffons-la ! Dit le cheminot. Mais comment la manger, nous n'avons point de couverts et d'assiettes ?
- J'ai ce qu'il faut ! Dit la jeune maman. J'ai des couverts dans cette malle ! Et assez pour tous !
- Je vous propose mes saucissons à l'ail et aux cèpes, dit Renaud le notaire ! C'est mon frère qui me les a préparés. Ils viennent du Mézenc ! J'ai également des terrines de canard d'Usson et un morceau de fourme de Montbrison ! Tout le repas de réveillon que je devais rapporter !
- Moi, j'ai du bon pain ! Ajouta l'apprenti boulanger ! Du pain que j'ai fait ! Nous en aurons assez !
Et il montra ses grosses couronnes dorées.
- J'ai aussi des brioches et la bûche comme on dit !
Tous se précipitèrent pour voir ces trésors. Marguerite proposa ses crêpes aux oeufs frais qu'elle avait faites avant de partir, et les couvrit de bonne confiture d'airelles, de framboise et de miel. Le jeune couple proposa un jambon cru, et des noix. Ann la petite ouvrière offrit des oranges, ses amies Bertille, Sophie, Lucie, Jeanne et Manon des fruits secs, du nougat, du vin doux des chocolats, de la pâte de coing, et des fruits déguisés .Toutes ces bonnes choses, nos jeunes ouvrières les avaient achetées avec leurs petites payes au marché de la ville. C'étaient les cadeaux pour leur famille. Marcus ouvrit ses bonnes bouteilles du Jarez. Le cheminot Auguste son cognac et son café. Bref. Ce fut un joyeux réveillon très gourmand où rien ne manqua. Les deux collégiens quant à eux n'avaient rien à offrir à manger. Ils proposèrent d'interpréter à minuit les chants de Noël appris à la chorale du lycée et qu'ils auraient dû interpréter à l'église de Pélussin cette nuit ! L'illusionniste Jeannot proposa son spectacle, n'ayant lui aussi rien à partager comme nourriture ! Le marchand ambulant restait étrangement muet. Il avait sa petite idée derrière la tête !
Après le repas, Jeannot fit un spectacle comique avec ses animaux et ses tours de magie et connut un très grand succès ! La colombe dans le chapeau, la pièce de monnaie qui disparaît... Il fit danser le singe avec les deux petits chiens, fit retrouver des objets cachés. Puis il prit son accordéon et tout le monde se joignit à lui pour chanter...
A minuit, les collégiens invitèrent tout le monde à descendre du train. Tous s'exécutèrent sauf le marchand ambulant Pierre qui profita de l'absence des voyageurs pour lui aussi partager Noël et donner ce qu'il avait. Dans sa malle il y avait pas mal d'objets et de jouets. Il mit sur le siège des deux petites filles de belles poupées en porcelaine, sur ceux des garçons un bel ours pour le plus jeune et un train en bois pour l’aîné. A la place de la jeune maman ainsi que sur les sièges des jeunes ouvrières, de petits parfums et d'adorables savonnettes à l'eau de rose. Pour les hommes Marcus, Auguste et Renaud, le jeune papa, et l'artiste, il déposa sur leurs sièges de belles pipes sculptées et du très bon tabac. Pour les deux collégiens, des livres:« Les Misérables « et le « Comte de Monte Cristo » et pour Michel un nécessaire à écrire : plumier, encre et feuille pour l'inviter à reprendre des études.
Pendant ce temps à l'extérieur, le ciel s'était dégagé de ses gros nuages et la lune belle brillait. Alors Charly et Louis chantèrent « Douce nuit », « Le divin enfant, » et « Les anges dans nos campagnes » « Prenez vos musette gentils pastoureaux, », » La marche des Rois ». Le ciel se vida, et devint encore plus clair. La lune brilla plus fort. Le vent se fit doux, si doux : ce vent venu du sud qui sait si bien effacer la neige tombée au solstice d'hiver à Noël ! Une étoile filante traversa la voie lactée et tous firent un vœu, remerciant le ciel de les avoir protégés. Ils remontèrent dans le train et ce fut l'enchantement !
- Maman ! Maman ! criaient les enfants ! C'est le petit Jésus qui est venu pendant que nous chantions ! Disaient-ils, ravis. Les parents souriaient, les larmes aux yeux. Les adultes adressèrent à Pierre un regard de reconnaissance. Tous avaient été très gâtés cette nuit magique de Noël !
- Merci ! Dirent-ils
- Merci à vous mes amis ! Dit Pierre ! Oui, le petit Jésus est passé ici cette nuit ! Ou c'est l'étoile filante qui a illuminé notre cœur ! Cette nuit m'a offert le plus beau cadeau de ma vie : des amis! Nous avons partagé ce que nous avions : certains avaient beaucoup, d'autres peu, mais l'essentiel était que nous soyons ensemble et unis dans les épreuves ! C'est cela Noël, le message de Noël ! L'esprit de Noël ! Quelle que soit notre condition, si nous savons nous entraider dans les moments difficiles comme dans les moments faciles, alors nous pourrons construire, ensemble, un monde meilleur où l'amour, la solidarité et l'espoir seront les plus forts !
Tous l'applaudirent.
- Eh bien ! dit maître Pierre, je ne savais pas que vous parliez aussi bien ! Un vrai prophète et un poète !
Tous saluèrent encore Pierre, et se souhaitèrent un joyeux Noël, avant d'aller se coucher. Les enfants et les femmes s'allongèrent sur les banquettes tenant leurs précieux cadeaux serrés contre leur cœur. Un tour de garde fut organisé par les hommes...La nuit passa vite. Une très douce nuit. Le lendemain, le vent du sud soufflait toujours et avait fait disparaître toute trace de neige. Ce vent de Noël qui s'invite en ce jour si particulier de la nativité ! Plus de neige sur la voie ni sur les arbres : elle avait disparu, comme effacée. On fit réchauffer du café, du lait et on finit les brioches de Michel. Puis, dans un nuage de vapeur, le Petit tacot put reprendre sa route. Une heure plus tard il arrivait à Pélussin au grand soulagement de toute la population. Tous les voyageurs, étaient sains et saufs et venaient de passer le plus extraordinaire Noël, un Noël qu'ils n'oublieraient jamais....

samedi 1 décembre 2018

Avent 2018 - Semaine 1


L’homme du garage

Ce matin-là, ça a été bizarre. Nous venions à peine d’entrer en classe. Nous n’avions même pas ouvert nos sacs à dos. Madame Laura nous a demandé de mettre nos vestes et de ne pas oublier nos écharpes et nos bonnets. Nous allions partir tous ensemble ! J’ai mis ma veste et mon écharpe, puis j’ai aidé Beka. Il ne sait pas encore nouer ses lacets tout seul, et ses lacets se défont tout le temps.
Nous sommes partis vers la maison de repos. À Noël, nous chanterons avec les personnes âgées. Elles apprennent des chants de Noël et nous en apprenons aussi. « Un jour, nous ferons la fête tous ensemble », a dit madame. Nous chanterons tous ensemble, puis nous chanterons chacun à notre tour.
Nous sommes passés par la rue que je n’aime pas. Parce que, dans cette rue, il y a un homme qui s’assied toujours à l’entrée d’un garage. Il met une petite boite vide devant lui et il attend. Il est sale. Il sent mauvais. Pourtant, des gens lui donnent parfois un peu d’argent.
Moi, je préfère rester sur l’autre trottoir.
Avec la classe, je n’ai pas pu choisir et nous sommes passés sur le trottoir de l’homme. J’ai retenu mon souffle et je suis passé devant lui sans le regarder. Madame Laura ne l’a pas vu, je pense. En tout cas, elle ne lui a pas donné de pièce.
Après ce matin-là, nous sommes retournés plusieurs fois à la maison de repos. Là-bas, il y a une vieille dame qui m’aime bien, Lydie. Elle vient toujours vers moi dès que j’arrive. « Alors, mon petit pirate, ça va ? Tu n’as peur de rien, hein, toi ? » Elle m’appelle comme ça, petit pirate ! Et c’est vrai que je n’ai peur de rien. Enfin, presque. Je n’aime pas passer devant l’homme du garage et pourtant, madame Laura nous fait toujours marcher sur ce trottoir-là.
Jusqu’ici, personne n’a vu que je retiens mon souffle quand on passe devant lui.
Aujourd’hui, c’est le jour de la maison de repos. On était en retard. Nous avons dû nous dépêcher pour partir. J’ai oublié mon écharpe et j’ai fermé ma veste quand nous avions déjà quitté l’école. Comme d’habitude, madame Laura a choisi le trottoir de l’homme du garage.
Elle le fait exprès ou quoi ? Quand on s’est approchés de l’homme du garage, j’ai pris mon souffle et … et c’est alors que Beka a trébuché. Ses lacets étaient défaits ! Je n’avais pas eu le temps de les lui nouer avant de partir, il fallait tellement se dépêcher ! Beka est tombé.
L’homme du garage s’est levé en un bond. Plus vite que l’éclair ! Il a aidé Beka à se relever et Beka a dit merci dans sa langue, j’ai juste compris didi, puis il a encore dit merci en français.
L’homme du garage a dit quelques mots que je n’ai pas compris. Mais Beka, lui, il a compris.
Ils ont commencé à parler et personne ne comprenait rien, sauf Beka, et l’homme souriait tout le temps. Il ne sentait pas si mauvais que ça. Pas mauvais du tout, même. Madame s’est arrêtée. Elle a adressé la parole à l’homme et j’ai vu qu’il savait parler français aussi. Beka a demandé en montrant l’homme :
- Il est de mon pays. Il peut venir écouter nos chansons ?
- Je ne sais pas, a dit madame. Je demanderai à la directrice de la maison de repos.
- Et si on chantait ici, pour mon nouvel ami ? a demandé Beka.
Ça alors, Beka ! Quelle drôle d’idée ! Mais c’était une bonne idée…
Maintenant, quand nous passons devant le monsieur du garage, je prends toujours mon souffle. Mais c’est pour chanter. Je crois que je suis devenu un vrai petit pirate : je n’ai plus peur ! Et madame a dit que l’homme du garage pourrait venir à la maison de repos. C’est normal, elle l’avait bien dit : « Un jour, nous ferons la fête tous ensemble ! »

Geneviève Bergé

Mot clé : juger / justice

Pour aller plus loin…

- Juger. De juger à préjuger, il n’y a qu’un pas. Mais un pas qui supprime toute possibilité de justice. Dans l’histoire, le « petit pirate » pense que l’homme du garage sent mauvais. C’est un préjugé. Pourquoi est-ce un préjugé ? Qu’est-ce qu’un préjugé ? Tu peux en citer un exemple ?
- Est-ce vraiment possible de ne pas avoir de préjugés, penses-tu ?
- Si tu as un préjugé et que tout à coup tu te rends compte que tu t’étais vraiment trompé(e), que tu avais jugé trop vite, comment te sens-tu ? Soulagé(e), joyeux(-se), vexé(e), honteux(-se)… ?
- Un préjugé peut être un signe de peur. On a peur de ce qu’on ne connaît pas. Qu’est-ce qui permet à Beka de surmonter la peur de l’inconnu ?
- Dans les récits de l’Évangile, on voit souvent que Jésus se moque bien des préjugés. Il va vers les personnes sans préjugé. Tu te souviens de l’un ou l’autre exemple ?
Comment réagissent les gens autour de lui ?

 Source : Vivre Ensemble


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 21, 25-28 ; 34-36

L’attente de la venue du Fils de l’homme


En ce temps- là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête.
Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.

Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »

Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s'alourdisse dans la débauche, l'ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l'improviste.
Comme un filet, il s'abattra sur tous les hommes de la terre.
Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l'homme. »

Question


Qu'attendez-vous de cette saison de l'Avent?
Qu'attendez-vous de ce Noël?
Quels sont vos objectifs et les espoirs et les peurs que vous avez pour votre avenir?
Comment vous préparez-vous pour l'avenir?
Quelles sont les choses qui comptent vraiment pour vous?
Quelles sont les choses qui vous distraient de ces questions importantes?
Quelles sont les choses dans votre vie qui pourraient nous empêcher de rester confiants devant Christ?

Petit commentaire

Avent signifie que le Seigneur vient. Ce temps préparatoire à la Nativité du Sauveur est donné pour que chacun s’éveille à la prévenance de Dieu.

Ce premier dimanche de l’avent donne d’emblée le ton pour l’année liturgique qui commence, en nous faisant entendre la parole de Jésus qui nous invite à nous redresser, et à nous tenir debout avec lui, comme des veilleurs, confiants au milieu de cette nuit qui tire à sa fin, et où nous sommes déjà vainqueurs avec le Christ, en dépit des épreuves et des échecs inévitables. .

L'Avent nous appelle à prendre du recul et à prendre davantage conscience de notre façon de penser, d'agir et d'être au cours de cette saison du calendrier de l'église. L’Avent est l’occasion de ralentir et de prendre davantage conscience de notre bien-être spirituel et des besoins des personnes qui nous entourent. L'Avent est un temps de préparation à la venue du Seigneur

Pourquoi l'Avent? Pour nous aider à voir au-delà de notre présent. Pourquoi l'Avent? Pour nous donner un objectif à travers lequel nous pouvons voir Dieu à l’œuvre alors qu’il semble que seul le mal soit sous le feu des projecteurs. Pourquoi l'Avent? Pour nous assurer que Dieu nous a assuré un avenir qui entre dans notre présent et qui change véritablement notre ici et maintenant.

Les œuvres de l’Avent

L’Avent nous secoue et nous tire de notre torpeur. Quels sont les œuvres que chacun de nous devons accomplir cette année ? Nous sommes invités à préparer nos cœurs et nos vies à l’avènement dans sa grandeur sublime dans la chair. Qu’attendons-nous de la vie ? Pour quelles vertus ou quels dons prions-nous cette année ? Quels biens matériels tentons-nous d’obtenir ? Les personnes, les qualités, les choses espérées nous offrent un bon aperçu de notre personne. L’Avent, à l’opposé d’un temps de pénitence ou d’un temps de désespoir, est plutôt un temps pour se réjouir dans l’espérance, dans une attente patiente. Dieu sait que nous sommes un peuple et des individus impatients. Néanmoins, la patience est une sainte vertu pour laquelle nous devons prier durant l’Avent.