samedi 12 janvier 2019

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (3, 15-16. 21-22)


Baptême du Seigneur



En  ce temps-là, le peuple venu auprès de Jean Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : “Moi, je vous baptise avec de l’eau; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu.”

Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il eut une voix venant  ciel : “ Toi tu es mon Fils bien-aimé, en toi, je trouve ma joie”

Commentaire


Le dimanche qui suit l’Épiphanie, l’Église nous invite à célébrer le baptême de Jésus. C’est le premier acte de sa vie publique, pourquoi Jésus se fait-il baptisé?

Le baptême de Jésus nous enseigne l’importance de connaître la vie du Sauveur et de la considérer comme un modèle à suivre. Alors que nous observons la façon dont Il a obéit aux commandements, la façon dont Il a traité ses prochains, et la façon dont Il prenait ses décisions, nous comprenons un peu mieux ce que Dieu attend de nous. Nous apprenons, d’après son baptême, comment le nôtre devrait être célébré, par immersion et par une personne détenant l’autorité de célébrer le baptême. En choisissant de se faire baptiser au début de sa mission, Il est devenu un exemple à suivre. Nous savons que nous devons tous respecter les commandements de Dieu, même Notre Sauveur. S’Il a eu besoin de se faire baptiser pour accomplir tout ce qui est juste, alors il en est de même pour nous.

La fête du baptême de Jésus est donc une occasion spéciale de rappeler notre propre baptême et à nous rappeler que dans la naissance du Christ, c’est notre propre naissance que nous fêtons. Que l’enfant que nous avons accueillis à Noël, c’est nous-mêmes renouvelés et recréés dans l’Esprit Saint reçus à notre baptême. Ce premier sacrement reçu est la base de l’alliance constamment renouvelée, personnellement et en communauté chrétienne, avec notre Dieu.  Nous sommes baptisés en Jésus avec la présence du Père qui nous redit sa tendresse et de l’Esprit sous la forme d’une colombe.  Baptisés en Jésus. C’est toi mon Fils: aujourd’hui je t’ai engendré nous dit Luc. Ces mots, repris différemment, sont ceux dit par le Père au baptême de Jésus et sont merveilleux à entendre.  Tu es mon enfant bien-aimé et en toi j’ai mis tout mon amour. C’est toute la tendresse de Dieu mais aussi celle de parents et de grands-parents qui s’exprime en nous disant Dieu.

Questions à partager:

Si vous deviez expliquer cet évangile en quelques mots à l’un de vos amis, que diriez-vous?
Pouvez-vous dire la phrase (ou les mots) qui vous a le plus frappé dans cet évangile? Et pouvez-vous dire en quelques mots pourquoi c’est important pour vous?
«Le peuple était en attente»: Selon vous, pouvez-vous dire pourquoi ?
Quelle «attente» devrait avoir quelqu’un qui veut se faire baptiser?
À votre avis, que signifie: «tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ»?
Dans cet évangile, Jean nous dit la différence entre le baptême donné par lui et le baptême donné par Jésus. Quelle est la principale différence entre les deux?
 » Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » Qui est-ce qui parle ici? À qui parle-t-il?
Pouvez-vous nous dire quel message avez-vous reçu dans cet évangile?
Que nous dit cet évangile à propos de Dieu?
Auriez-vous une autre question à propos de cet évangile?

Le peuple était en attente… Et nous, de quoi, de qui sommes-nous en attente ? Qu’est-ce qui nous fait courir ?
Jean-Baptiste baptise dans l’eau, mail il annonce un baptême de feu, qui sera donné par Jésus. Je demande au Seigneur de vivre mon baptême dans son feu pour enflammer le monde à sa suite.
 Avec Jésus, l’Esprit Saint promis vient se déverser sur le monde. Mais tant de personnes ne connaissent pas l’Esprit Saint et n’en vivent pas… Est-ce que je prie l’Esprit Saint ? Est-ce que je confie ma vie, mes relations, le monde à la puissance de son Amour ?
La voix du Père se fait entendre. Je demande au Seigneur de m’aider à méditer davantage sa Parole et à me laisser interpeller par elle.




vendredi 11 janvier 2019

Les neiges éternelles [conte hivernal] par ANNE M.


Il était une magicienne, qui du désert était gardienne. Mais, ironie ou bien  malheur, elle avait comme petite sœur, une fée de neige et de glace qui, bien qu’elle ne manquât de grâce, passait ses mois, ses jours, ses heures au fond d’un grand congélateur.

« C’en est assez ! C’est insensé ! » Dit la magicienne excédée. « J’aimerais avoir le bonheur de partager avec  ma sœur des chansons, des rires et des jeux  sans qu’elle ne fonde sous mes yeux ! Mais comment faire venir l’hiver dans ce gigantesque désert ? »

Elle avait entendu parler de neiges qui jamais ne mourraient. Mais ce qu’elle ignorait encore c’était où trouver ce trésor. Elle ouvrit chacun de ses livres. De phrases, de mots elle était ivre ! A mesure que tournaient les pages se dessinait un long voyage.

Everest dans l’Himalaya, Mont-Blanc ou bien Aconcagua,  Annapurna, Chimborazo, mythique Kilimandjaro… Autant de sommets enneigés sur lesquels elle pourrait trouver ces neiges rares et immortelles que l’on appelait éternelles.

Elle choisit sa destination avec la plus grande attention, puis dans son grand jardin secret elle ramassa un beau bouquet : roses de Noël et fleurs d’hiver pour qu’enfin la magie opère. Elle se saisit de sa baguette et prononça d’une voix nette :

Hamamélis, fleurs de bruyère, camélias blancs et primevères,
Que mille pétales sur mon costume d’oiseau royal deviennent plumes.
  Que je déploie mes grandes ailes, jusqu’à vous neiges éternelles !

Des ailes poussèrent dans son dos, elle s’envola presqu’aussitôt. Juste le temps de prendre une chose : un grand bocal de verre rose. Un nuage de poussière dorée l’entoura comme pour la guider. A la vitesse de la lumière elle quitta son brûlant désert.

Tout devint blanc, tout devint froid, un vent glacé la pétrifia. Puis elle sentit sur ses épaules comme un manteau poilu très drôle. Le Yéti qui habitait là d’une main velue la réchauffa. « Que fais-tu là ? » demanda-t-il « tu es si petite et fragile ! »

La magicienne lui raconta qu’elle habitait au Sahara, et que pour libérer sa sœur d’un tiroir de congélateur, elle avait quitté son Afrique grâce à une formule magique et  voulait ramener chez elle un bocal de neiges éternelles.

C’était une  surprenante histoire que le Yéti peinait à croire. Qui a déjà vu une fée rangée à côté des sorbets ? Pourtant l’animal imposant proposa son aide sur-le-champ. Contrairement à ce qu’on dit les Yétis sont doux et gentils.

Il ramena de sa tanière sa pelle et des bocaux en verre, les remplit de neige pérenne, les donna à la magicienne. Elle avait au fond de ses poches du sable d’or et une broche qu’elle offrit à son bon ami pour lui dire un très grand merci !

Hamamélis, fleurs de bruyère, camélias blancs et primevères,
Que mille pétales sur mon costume d’oiseau royal deviennent plumes.
  Que je déploie mes grandes ailes, jusqu’à vous neiges éternelles !

De retour dans le Sahara, la magicienne vérifia que la neige de l’Himalaya même au soleil ne fondait pas. Puis elle sortit sa petite sœur de cet affreux congélateur  pour lui offrir un coin d’hiver dans un immense bocal en verre.
Sous une cloche transparente la fée était enfin contente. Au milieu des flocons légers, on la voyait rire et danser ! C’est donc ainsi qu’il y a longtemps, après un voyage étonnant, Au beau milieu d’un désert beige, furent créées les boules à neige !

mardi 8 janvier 2019

Le charpentier devenu roi de l'amour


26.11.11 - L’enfant Jésus. Il est né dans la pauvreté, sur la paille d’une étable. Trente ans plus tard, ce Jésus est venu sur le devant de la scène en faisant des miracles étonnants et en enseignant un message de pardon, d’amour inconditionnel et de changement de vie. Charpentier, Jésus s’est même proclamé Roi et a invité les gens de son temps à le suivre. Crucifié puis ressuscité, Jésus a aujourd’hui changé la vie de millions d’individus au cours de l’histoire. Pourquoi?

La nuit de Noël, l’enfant Jésus est né à Bethléem. Avec pour décor la pauvreté, la simplicité. La Bible rapporte ce récit avec des détails étonnants. Si l’on en croit le récit biblique, il s’est produit des choses mystérieuses le soir de cette naissance. Des anges sont apparus à quelques bergers occupés à veiller sur les troupeaux, dans la région de Bethléem. Ils leur ont annoncé la naissance du Sauveur. A peu près dans le même temps, des astrophysiciens de Mésopotamie, ceux que l’on appelle les rois mages, ont aperçu une étoile particulière. Tellement particulière, d’ailleurs, qu’elle les a incités à se mettre en route. Elle les a conduits à Bethléem.

Le jour de la présentation de l’enfant au Temple, des prophètes ont déjà reconnu en lui le Messie annoncé, celui qui devait venir libérer les humains d’un problème grave: une relation brisée entre eux et Dieu.

Des voies venues du ciel

Dans les années qui ont suivi, ce fils de charpentier n’a pas fait beaucoup de bruit. Il a grandi à Nazareth. Lors d’un voyage à Jérusalem, alors qu’il avait tout juste douze ans, il a disparu courtement. Ses parents l’ont cherché pendant trois jours, sans succès, avant de le retrouver dans le Temple. Il était en compagnie de théologiens auxquels il posait des questions bien étonnantes pour son jeune âge!

Lorsque ses parents lui ont demandé ce qu’il faisait là, il leur a laissé entrevoir ses origines: il a dit que le Temple était la maison de son Père et qu’il devait s’occuper des affaires de son Père. L’enfant a grandi sans histoire jusqu’à ce qu’il revienne sur le devant de la scène, vers l’âge de trente ans. Mais avant de devenir une célébrité, il s’est encore fait baptiser. Des témoins racontent qu’ils ont vu «l’Esprit de Dieu descendre sur lui sous la forme d’une colombe» lorsqu’il est ressorti de l’eau et qu’ils ont entendu une voix venue du ciel, disant: «Tu es mon fils bien aimé, qui me remplit de joie». Décidément, ce Jésus avait quelque chose de spécial...

Il s’est vu comme un roi

Il s’est rapidement fait remarquer par des miracles qu’il a accomplis. Le premier d’entre eux, il l’a fait pendant un mariage, en transformant de l’eau en vin. Les trois années suivantes ont été mouvementées: Jésus a guéri des malades incurables, des aveugles et des personnes possédées par des démons. Il a même rappelé des morts à la vie et marché sur l’eau.

Comme si cela ne suffisait pas, il a promis le pardon des fautes et la possibilité d’avoir une relation avec Dieu. Ses enseignements étaient révolutionnaires. Dans un discours devenu célèbre, le Sermon sur la Montagne, il a par exemple appelé ses auditeurs à aimer sans retenue. Les foules qui accouraient pour l’écouter plaçaient de nombreux espoirs en lui. Il est vrai que beaucoup attendaient un «roi des Juifs» qui délivrerait le pays de l’oppression des Romains.

Mais Jésus a voulu leur montrer que le Royaume qu’il venait inaugurer sur la terre par ses miracles et ses enseignements n’était ni géographique, ni politique. Il s’est présenté comme le roi attendu, mais comme un roi des cœurs, un roi qui accepte dans son Royaume tous ceux qui lui font confiance.

Car pour entrer dans son Royaume, il faut faire un pas important: changer de direction de vie. Jésus a parlé de conversion, d’un retour à Dieu, celui qu’il présente comme son Père. Il a dit de lui-même qu’il est le Chemin, la Vérité et la Vie et que ceux qui veulent être amis de Dieu et obtenir la vie éternelle n’ont qu’une solution: croire en son envoyé, Jésus, et le suivre.

Croire que cet envoyé parfait est le seul capable de réconcilier les hommes avec Dieu. C’est pourquoi Jésus a répété à plusieurs reprises qu’il allait mourir crucifié à la place des hommes et qu’il reviendrait à la vie. Il a parlé aussi de son retour à la fin des temps.

Au-delà de la mort

Les discours de Jésus n’ont laissé personne indifférent, surtout pas les chefs politiques ou religieux. Il n’a pas hésité à s’en prendre à l’establishment. De façon directe. Il leur a reproché par exemple d’aimer l’argent plus que leur prochain. L’élite religieuse a donc tenté de détourner la population de ses idées et même de la retourner contre lui, en le faisant passer pour un traître. Ponce Pilate, procurateur romain, a écouté ces voix et condamné Jésus à mort par crucifixion. «Tout est accompli», s’est écrié Jésus avant de mourir. Pour ceux qui l’ont suivi, tous leurs espoirs se sont évanouis en un instant. Jusqu’à ce que la nouvelle de son retour à la vie -sa résurrection- leur parvienne trois jours plus tard: Jésus a quitté le tombeau, a rencontré ses disciples et leur a demandé de rapporter cette «Bonne Nouvelle» au monde entier. Avec une promesse à tous ceux qui se tourneraient vers lui: «Je serai avec vous tous les jours et jusqu’à la fin du monde.»


dimanche 6 janvier 2019

Les Habits neufs de l’Empereur Hans Christian Andersen


Les habits neufs de l’empereur d’Hans Christian Andersen est un conte réaliste, on n’y trouve aucun élément surnaturel, magique. Andersen y raconte l’histoire d’un empereur aveuglé par son obsession de l’apparence, des vêtements. Bien que ce texte date de 1834, son sujet semble toujours d’actualité dans un monde qui accorde une grande place au paraître et à la mode.



Il y a de longues années vivait un empereur qui aimait par-dessus tous les beaux habits neufs ; il dépensait tout son argent pour être bien habillé. Il ne s’intéressait nullement à ses soldats, ni à la comédie, ni à ses promenades en voiture dans les bois, si ce n’était pour faire parade de ses habits neufs. Il en avait un pour chaque heure du jour et, comme on dit d’un roi : « Il est au conseil », on disait de lui : « L’empereur est dans sa garde-robe. »

La vie s’écoulait joyeuse dans la grande ville où il habitait ; beaucoup d’étrangers la visitaient. Un jour arrivèrent deux escrocs, se faisant passer pour tisserands et se vantant de savoir tisser l’étoffe la plus splendide que l’on puisse imaginer. Non seulement les couleurs et les dessins en étaient exceptionnellement beaux, mais encore, les vêtements cousus dans ces étoffes avaient l’étrange vertu d’être invisibles pour tous ceux qui étaient incapables dans leur emploi, ou plus simplement irrémédiablement des sots. « Ce seraient de précieux habits, pensa l’empereur, en les portant je connaîtrais aussitôt les hommes incapables de mon empire, et je distinguerais les intelligents des imbéciles. Cette étoffe, il faut au plus vite la faire tisser. »

Il donna d’avance une grosse somme d’argent aux deux escrocs pour qu’ils se mettent à l’ouvrage. Ils installèrent bien deux métiers à tisser et firent semblant de travailler, mais ils n’avaient absolument aucun fil sur le métier. Ils s’empressèrent de réclamer les plus beaux fils de soie, les fils d’or les plus éclatants, ils les mettaient dans leur sac à eux et continuaient à travailler sur des métiers vides jusque dans la nuit. J’aimerais savoir où ils en sont de leur étoffe, se disait l’empereur, mais il se sentait très mal à l’aise à l’idée qu’elle était invisible aux sots et aux incapables.

Il pensait bien n’avoir rien à craindre pour lui-même, mais il décida d’envoyer d’abord quelqu’un pour voir ce qu’il en était. Tous les habitants de la ville étaient au courant de la vertu miraculeuse de l’étoffe et tous étaient impatients de voir combien leurs voisins étaient incapables ou sots.

Je vais envoyer mon vieux et honnête ministre, pensa l’empereur. C’est lui qui jugera de l’effet produit par l’étoffe, il est d’une grande intelligence et personne ne remplit mieux sa fonction que lui. Alors le vieux ministre honnête se rendit dans l’atelier où les deux menteurs travaillaient sur les deux métiers vides. Mon Dieu ! pensa le vieux ministre en écarquillant les yeux, je ne vois rien du tout ! Mais il se garda bien de le dire. Les deux autres le prièrent d’avoir la bonté de s’approcher et lui demandèrent si ce n’était pas là un beau dessin, de ravissantes couleurs. Ils montraient le métier vide et le pauvre vieux ministre ouvrait des yeux de plus en plus grands, mais il ne voyait toujours rien puisqu’il n’y avait rien. « Grands dieux ! se disait-il, serais-je un sot ? Je ne l’aurais jamais cru et il faut que personne ne le sache ! Remplirais-je mal mes fonctions ? Non, il ne faut surtout pas que je dise que je ne vois pas cette étoffe. » Eh bien ! Vous ne dites rien ? dit l’un des artisans. Oh ! c’est vraiment ravissant, tout ce qu’il y a de plus joli, dit le vieux ministre en admirant à travers ses lunettes. Ce dessin ! … ces couleurs ! …

Oui, je dirai à l’empereur que cela me plaît infiniment. Ah ! Nous en sommes contents. Les deux tisserands disaient le nom des couleurs, détaillaient les beautés du dessin. Le ministre écoutait de toutes ses oreilles pour pouvoir répéter chaque mot à l’empereur quand il serait rentré, et c’est bien ce qu’il fit. Les escrocs réclamèrent alors encore de l’or et encore des soies et de l’or filé. Ils mettaient tout dans leurs poches, pas un fil sur le métier, où cependant ils continuaient à faire semblant de travailler.

Quelque temps après, l’empereur envoya un autre fonctionnaire important pour voir où on en était du tissage et si l’étoffe serait bientôt prête. Il arriva à cet homme la même chose qu’au ministre, il avait beau regarder, comme il n’y avait que des métiers vides, il ne voyait rien. N’est-ce pas là une belle pièce d’étoffe ? disaient les deux escrocs, et ils recommençaient leurs explications. « Je ne suis pas bête, pensait le fonctionnaire, c’est donc que je ne conviens pas à ma haute fonction. C’est assez bizarre, mais il ne faut pas que cela se sache. »

Il loua donc le tissu qu’il ne voyait pas et les assura de la joie que lui causait la vue de ces belles couleurs, de ce ravissant dessin. C’est tout ce qu’il y a de plus beau, dit-il à l’empereur. Tous les gens de la ville parlaient du merveilleux tissu. Enfin, l’empereur voulut voir par lui-même, tandis que l’étoffe était encore sur le métier.

Avec une grande suite de courtisans triés sur le volet, parmi lesquels les deux vieux excellents fonctionnaires qui y étaient déjà allés, il se rendit auprès des deux rusés compères qui tissaient de toutes leurs forces - sans le moindre fil de soie. N’est-ce pas magnifique, s’écriaient les deux vieux fonctionnaires, que Votre Majesté admire ce dessin, ces teintes. Ils montraient du doigt le métier vide, s’imaginant que les autres voyaient quelque chose.

« Comment ! pensa l’empereur, je ne vois rien ! Mais c’est épouvantable ! Suis-je un sot ? Ne suis-je pas fait pour être empereur ? Ce serait terrible ! Oh ! de toute beauté, disait-il en même temps, vous avez ma plus haute approbation. » Il faisait de la tête un signe de satisfaction et contemplait le métier vide. Il ne voulait pas dire qu’il ne voyait rien. Toute sa suite regardait et regardait sans rien voir de plus que les autres, mais ils disaient comme l’empereur : « Oh ! de toute beauté ! » Et ils lui conseillèrent d’étrenner l’habit taillé dans cette étoffe splendide à l’occasion de la grande procession qui devait avoir lieu bientôt. Magnifique ! Ravissant ! Parfait ! Ces mots volaient de bouche en bouche, tous se disaient enchantés.

L’empereur décora chacun des deux escrocs de la croix de chevalier pour mettre à leur boutonnière et leur octroya le titre de gentilshommes tisserands. Toute la nuit qui précéda le jour de la procession, les escrocs restèrent à travailler à la lueur de seize chandelles. Toute la ville pouvait ainsi se rendre compte de la peine qu’ils se donnaient pour terminer les habits neufs de l’empereur. Ils faisaient semblant d’enlever l’étoffe de sur le métier, ils taillaient en l’air avec de grands ciseaux, ils cousaient sans aiguille et sans fil, et à la fin ils s’écrièrent : Voyez, l’habit est terminé ! L’empereur vint lui-même avec ses courtisans les plus haut placés.

Les deux menteurs levaient un bras en l’air comme s’ils tenaient quelque chose : Voici le pantalon, voici l’habit ! Voilà le manteau ! et ainsi de suite. C’est léger comme une toile d’araignée, on croirait n’avoir rien sur le corps, c’est là le grand avantage de l’étoffe. Oui oui, dirent les courtisans de la suite, mais ils ne voyaient rien, puisqu’il n’y avait rien.

L’empereur enleva tous ses beaux vêtements et les escrocs firent les gestes de lui en mettre. Dieu ! Comme cela va bien ! Comme c’est bien pris, disait chacun. Quel dessin, quelles couleurs, voilà des vêtements luxueux. Les chambellans qui devaient porter la traîne du manteau de cour tâtonnaient de leurs mains le parquet et les élevaient ensuite comme s’ils ramassaient cette traîne. C’est ainsi que l’empereur marchait devant la procession sous le magnifique dais, et tous ses sujets s’écriaient : Dieu ! Que le nouvel habit de l’empereur est admirable. Personne ne voulait avouer qu’il ne voyait rien, puisque cela aurait montré qu’il était incapable dans son emploi, ou simplement un sot. Jamais un habit neuf de l’empereur n’avait connu un tel succès. Mais il n’a pas d’habit du tout ! cria un petit enfant dans la foule. Grands dieux ! Entendez, c’est la voix de l’innocence, dit son père. Et chacun de chuchoter de l’un à l’autre : Il n’a pas d’habit du tout … Il n’a pas d’habit du tout ! Cria à la fin le peuple entier. L’empereur frissonna, car il lui semblait bien que tout son peuple avait raison, mais il pensait en même temps qu’il fallait tenir bon jusqu’à la fin de la procession. Il se redressa encore plus fièrement, et les chambellans continuèrent à porter le manteau de cour et la traîne qui n’existait pas.

vendredi 4 janvier 2019

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2, 1-12


Épiphanie du Seigneur



Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez-vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Petit commentaire

Aujourd'hui est la fête de l'Épiphanie qui est la célébration de l'entrée de Dieu dans nos vies.  L'histoire de la naissance de Jésus nous enseigne beaucoup de choses. Nous apprenons à être agréable à Dieu de la Vierge Marie. Lorsque nous vivons une vie agréable à Dieu et aux autres, Dieu peut nous utiliser de manière merveilleuse. Joseph nous enseigne qu'en menant une vie juste, Dieu nous aidera dans les moments difficiles et nous montrera le chemin. Le long et fatigant voyage vers Bethléem et la crèche nous enseigne comment Dieu tiendra toujours ses promesses et que nous avons de l'espoir et de l'assurance en Jésus. Comme l'ange l'a dit aux bergers, "N'ayez pas peur. Je vous apporte une bonne nouvelle d'une grande joie qui sera pour tout le monde. Aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur est né." Enfin, la visite des mages, ou des sages, nous montre qu’il est naturel et attendu d’adorer notre Seigneur et Sauveur. Rappelons-nous de mettre Jésus en premier et de l'adorer pendant cette période de l'année.

Questions de discussion:

1. Qu'est-ce que les mages ont vu qui les a poussés à rechercher Jésus? 
2. Comment le roi Hérode savait-il que les mages trouveraient Jésus à Bethléem? 
3. Quels dons les mages ont-ils offerts à Jésus? 
4. Pourquoi les mages ont-ils donné ces cadeaux au lieu de cadeaux "normaux" comme des vêtements ou de la nourriture? 
5. En plus des cadeaux, que faisaient les mages quand ils voyaient Jésus? 
6. Comment voyez-vous Dieu dans votre vie chaque jour? Qu'est-ce qui te rappelle que Dieu est avec vous?
7. Qui ou qu'est-ce qu'une étoile vous guide chaque jour vers Dieu?
8. Quels cadeaux as-tu à offrir à Dieu

Complétez le paragraphe en remplissant les espaces vides avec le bon mot de la banque de mots  de l'histoire.


BethléemHérode - or Mages- myrrhe-  d’Orient - naître – joie-  enfant - encens- Marie- étoile- le Grand- prosterner Jérusalem – secret- endroit

Après la naissance de Jésus à _____________ en Judée, à l'époque du roi Hérode, des __________  venus _________ arrivèrent à Jérusalem et demandèrent :<< "Où est  le roi des Juifs qui vient de ________? Nous avons vu son __________ à l'orient et nous sommes venus  nous ___________ devant lui. " En apprenant cela, le roi ________ fut bouleversé, et tout _______________ avec lui.  Alors Hérode convoqua les mages en _________ pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue; puis les envoya à Bethléem. Allez- vous renseigner avec précision sur l’_________________. Et voici que l'étoile, qu’ils avaient vu à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’ _____________ où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une grande _______. Ils entrèrent dans la maison, ils ont vu l'enfant avec sa mère __________, et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Puis ils ont ouvert leurs coffrets et lui offrirent  leurs présent : de l’__________  de l’___________ et de la __________. Et ayant été avertis en  songe de ne pas retourner chez Hérode, ils sont retournés dans leur pays par un autre chemin.

Réponses : Bethléem- le Grand- Mages- d’Orient- naître- étoile – prosterner- Hérode- Jérusalem- secret- enfant- endroit- joie- Marie-or-encens- myrrhe


Quiz 74 : Les mages

1. Quel évangile raconte l’histoire des mages ?
Marc
Matthieu
 Luc

2. D’où proviennent les mages ?
 De l’est
 De l’ouest
 Du sud

3. Dans leur voyage, les mages suivent un astre. À quel endroit cet astre disparaît-il ?
 Bethléem
 Jérusalem
 Nazareth


4. Quels sont les autres mages du Nouveau Testament
 Balaam seulement
 Simon et Elymas
 Il n’y en a pas d’autres

5. Selon leurs paroles, qui les mages cherchent-ils à rencontrer ?
 Le roi de Judée/roi des Juifs
 Le Messie
 Le Fils de Dieu

6. Que demande Hérode aux mages ?
 Où est-ce que l’enfant va naître ?
 À quel moment est apparue l’étoile ?
 Pourquoi voulez-vous lui rendre hommage ?

7. Quels sont les experts qu’Hérode consulte pour connaître le lieu de la naissance du Christ ?
 Les pharisiens
 Les sadducéens
 Les scribes et les prêtres

8. Quel livre prophétique associe Bethléem comme lieu de naissance du Messie ?
 Isaïe
 Michée
 Jérémie

9. Où est-ce que l’astre mène les mages pour qu’ils rencontrent Jésus ?
Dans la maison de la famille à Bethléem
 Dans une étable de Bethléem
 Dans une grotte de Bethléem

10. Pourquoi les mages retournent-ils par un autre chemin ?
Ils ont peur d’Hérode
 Ils ont été avertis par un songe
 Ils ont une autre destination à visiter

Réponse : 1- Matthieu 2- De l’est 3- Jérusalem  4-  Simon et Elymas  5-  Le roi de Judée/roi des Juifs 6-  À quel moment est apparue l’étoile ? 7- Les scribes et les prêtres  8-  Michée 9- Dans la maison de la famille à Bethléem 10- Ils ont été avertis par un songe

Conte pour l’Épiphanie. Ronald Barakat


Alors que les mages étaient en route, par cette froide nuit étoilée, vers Bethléem pour adorer le Roi Sauveur, munis, comme chaque année, de leurs traditionnels présents – l’or, l’encens et la myrrhe – un ange du Seigneur leur apparut pour les informer que l’Enfant ne désirait plus recevoir ces cadeaux. Melchior, Gaspard et Balthazar furent à la fois surpris et attristés :
Melchior : Mais pourquoi ? Mon or ne plaît-il plus à mon Sauveur ?
Gaspard : Ni mon encens ?
Balthazar : Ni ma myrrhe ?
L’Ange : Non pas que vos cadeaux ne lui plaisent plus, mais il en a assez reçu et demande à ce qu’ils soient offerts, cette fois-ci, à ceux qui en auront besoin. Le meilleur cadeau que vous puissiez lui faire, c’est d’offrir vos présents aux plus petits de ses frères.
Gaspard : Mais il fallait nous prévenir à l’avance ! Nous sommes en route et nous ne pouvons retourner en ville pour faire don de ces cadeaux ! Il est tard et nous ne voulons pas rater ce merveilleux rendez-vous annuel !

L’Ange : Désolé, je n’y peux rien. Vous êtes les bienvenus à la crèche sans cadeaux.
Et l’Ange disparut. Les mages étaient fort perplexes, ne sachant que faire de ces présents. Ils ne pouvaient balancer des cadeaux si précieux dans la nature ! Ils décidèrent, toutefois, de poursuivre leur chemin en se fiant à leur bonne étoile. Tout comme la nuit, la marche porte conseil, se dirent-ils. Au lieu de prendre le raccourci habituel, ils firent un détour pour prolonger leur temps de réflexion.
Et voici qu’en cheminant, ils tombèrent sur un voyageur en détresse, victime d’une malencontreuse chute qui lui avait causé une blessure profonde. Ils étaient tout interdits, ne sachant que faire, lorsque Melchior eut l’idée de proposer à Balthazar de verser sa myrrhe sur la plaie du blessé.

Balthazar : Tiens ! Quelle bonne idée ! Et dire que j’étais sur le point d’arroser les plantes avec !
Et il embauma avec soin, de sa précieuse résine, la blessure qui se referma plus vite que prévu. Les mages étaient autant soulagés que le blessé du bon usage de ce cadeau. Le voyageur les remercia chaleureusement et poursuivit son chemin, en rendant grâce à Dieu.
Les trois se remirent en route et, pendant qu’ils traversaient un endroit brumeux et obscur, virent surgir un désespéré qui se mit à hurler à leur endroit, les accusant d’être des démons. Les mages furent saisis de frayeur et leurs montures s’agitèrent dangereusement. Armé de foi et de sang-froid, Balthazar demanda à Gaspard de brûler au plus vite son encens et d’agiter son encensoir en direction du forcené. « Il est loin de Dieu ! Parfume-le  de Sa présence ! » S’écria-t-il. Et Gaspard de s’exécuter illico presto, trouvant l’idée tout aussi géniale. Enfumé par l’encens, le malheureux s’apaisa, et ses traits se détendirent pour afficher un sourire. De malheureux, il était devenu, comme par miracle, heureux, les salua fraternellement et poursuivit son chemin, désormais illuminé. Heureux à leur tour d’avoir fait un converti par ce cadeau, les mages poursuivirent leur voyage. Il ne leur restait plus qu’un cadeau à faire… auquel Melchior tenait fermement, espérant ne pas avoir à s’en défaire de sitôt.

Mais, pour sa malchance, ils rencontrèrent en chemin une famille misérable, vivant dans une hutte délabrée, grelottant de froid dans cette nuit chaleureuse. Les mômes avaient, cependant, des yeux aussi brillants que l’or… de Melchior. La mère et le père ressemblaient, à s’y méprendre, aux parents de l’Enfant qu’ils allaient adorer. Gaspard lorgna du côté de Melchior, qui frémit :
Melchior : Ah ! Ne me demande pas de leur offrir mon or ! Cela dépasse, et de loin, leurs besoins ! Nous pouvons leur donner volontiers de nos vêtements et de notre nourriture, mais l’or aussi ?
Gaspard : Tu sais bien que nous ne pouvons garder cet or, qu’il nous faut arriver les mains vides ! Quoi de mieux que cette opportunité ? Cette famille, si sainte, saura le partager. La mère tombe du ciel et le père est appelé à y monter.
Rendu à l’évidence et à l’Espérance, Melchior céda son précieux trésor. Et les trois offrirent ce qui était, en la circonstance, plus précieux et vital encore: des vêtements, des couvertures et de la nourriture.

Après avoir laissé ce reflet de la Sainte Famille, ils remontèrent, allègrement, vers la source. Arrivés sur les lieux saints, ils furent agréablement surpris par l’accueil qui leur était réservé, contre toute attente. Eux qui étaient gênés à l’idée de débarquer les mains vides, ils n’en revenaient pas. C’est comme s’ils apportaient avec eux des présents inestimables ! La Sainte Famille était plus enchantée que jamais de les recevoir… et surtout l’Enfant, qui leur faisait un signe lumineux de sa petite main. Joseph et Marie, rayonnants, les invitèrent à s’approcher encore plus de la mangeoire pour adorer l’Enfant de tout près. Les bergers, leurs moutons, l’âne et le bœuf se pressèrent affectueusement contre eux. Ils étaient reçus comme des rois ! Quant à l’Ange, perché au haut de la crèche, il contemplait la scène avec fierté. Les mages reconnurent le messager qui leur était apparu en chemin. Ils comprirent, par son air entendu, qu’ils avaient fait de leurs présents le meilleur usage. Comme le souhaitait l’Enfant.
R.B.

mercredi 2 janvier 2019

Un conte pour l'Épiphanie


Il y a bien longtemps, dans les lointaines terres d'Afrique, vivait un homme sage et savant, qui passait beaucoup de temps à étudier. Une nuit, alors qu'il observait le ciel pour en déchiffrer les secrets, il aperçut une étoile. Une étoile qu'il n'avait jamais vue auparavant. Une étoile plus grosse, une étoile plus brillante que toutes les autres ! Cette nouvelle étoile si particulière devait annoncer un événement exceptionnel... La naissance d'un grand roi, qui changerait beaucoup de choses sur Terre !
Tout excité, le sage étudia plus exactement le ciel, pour savoir où était né ce roi. Et dès qu'il eut trouvé, il empaqueta quelques livres, des provisions et des couvertures chaudes, monta au dos d'un chameau, et prit la route pour aller à la rencontre de l'enfant à l'avenir si spécial. En plus de tout le nécessaire à son voyage, il prit aussi un présent de haut prix, de la myrrhe la plus pure...
Il parcourut de nombreuses régions, marcha de nombreuses nuits, lorsque l'air est moins chaud. Chaque soir, l'étoile brillait dans la direction qu'il devait suivre, lui montrant le chemin tout au long de la nuit. Au matin, il cherchait un endroit où se restaurer un peu avant de dormir quelques heures. Un jour, dans l'auberge dans laquelle il venait de s'arrêter, il rencontra un autre homme, venu d'Asie. Lui aussi avait vu l'étoile apparaître une belle nuit, et avait décidé de rendre visite au roi, afin de lui présenter lui aussi un cadeau de grand prix : de l'encens. Partageant le même but, ils continuèrent leur route ensemble.
Bientôt, ils rejoignirent un vieil homme venant d'Europe, un savant qui avait lui aussi découvert dans le ciel une étoile particulièrement brillante qui l'avait poussé à prendre la route pour rencontrer l'enfant dont elle annonçait la naissance. Chargé d'or à lui offrir, il se joignit aux deux mages, pour encore de nombreuses nuits de marche, guidés par l'étoile qui continuait de briller dans le ciel.
 Alors qu'ils arrivaient en Judée, ils se rendirent chez Hérode, le gouverneur de la province, qui devait forcément savoir où était né le roi qu'ils cherchaient. Ils lui exposèrent donc le but de leur voyage. Hérode interrogea à son tour les érudits du pays, qui étudièrent leurs livres, et finirent par répondre que le roi annoncé par l'étoile devait naître à Bethléem, une toute petite cité tranquille. Alors, les Mages reprirent leur route, joyeux de savoir qu'ils étaient désormais tout près de leur but !
Quand ils atteignirent Bethléem, ils cherchèrent tout d'abord une riche demeure, un endroit où pouvait naître un futur roi. Mais ils n'en trouvèrent pas. Bethléem était une bien trop petite ville pour avoir de grandes et belles maisons. Ils ne trouvèrent que des maisons de terre, des fermes et quelques auberges. Étonnés, ils interrogèrent alors les habitants de la ville. On leur répondit que la seule femme enceinte qu'ils avaient vue depuis plusieurs semaines était une toute jeune femme du nom de Marie, qui était arrivée à dos d'âne avec son mari Joseph, un modeste charpentier. Marie avait d'ailleurs donné naissance à son enfant dans une étable, car lorsqu'ils étaient arrivés en ville, les auberges n'avaient pas pu les accueillir, faute de place. Depuis, on leur avait trouvé une petite chambre à louer chez un marchand de légumes, afin que la mère et l'enfant puissent se reposer quelques semaines avant de reprendre la route pour rejoindre leur village natal.
Les Trois Mages se rendirent donc à l'adresse indiquée, et y découvrirent, comme le leur avaient expliqué les habitants du village, une modeste famille : Joseph, sa femme Marie et leur petit garçon, Jésus. Tout d'abord, ils n'osèrent pas s'approcher d'eux et les déranger. Alors ils les observèrent : dans la petite cour ombragée devant la porte de leur chambre, Joseph taillait habilement quelques objets dans des morceaux de bois, certainement pour pouvoir les vendre au marché et subvenir à leurs besoins pendant leur séjour à Bethléem. Marie, souriante, était assise et regardait tendrement le petit enfant qu'elle tenait dans ses bras. Quelle belle famille, quelle tendresse entre eux ! Mais se pouvait-il que cet enfant soit le roi qu'ils venaient chercher ? S'interrogeant, les Mages ne virent pas le soir tomber.
Mais alors que l'obscurité devenait plus intense, l'étoile qu'ils avaient suivie depuis leur si lointain pays se mit à briller de plus belle, juste au-dessus de la petite maison de terre... L'enfant était donc bien celui pour qui le ciel s'était paré d'une nouvelle perle étincelante !
Ils s'approchèrent donc de la porte, et se présentèrent devant l'enfant et ses parents surpris... Ce petit garçon souriant et babillant était promis à un avenir exceptionnel, et ils venaient l'adorer depuis des contrées plus lointaines que Joseph et Marie pouvaient l'imaginer ! Ils lui offrirent aussi l'or, l'encens et la myrrhe qu'ils avaient emmenés, symboles de leur dévotion et de l'importance de cet enfant à l'étoile...
Quelques jours plus tard, ils repartirent, le coeur joyeux, l'esprit en paix, pour porter dans leurs pays l'annonce de la naissance de l'enfant Jésus, qui deviendrait roi et changerait le monde