dimanche 6 janvier 2019

Les Habits neufs de l’Empereur Hans Christian Andersen


Les habits neufs de l’empereur d’Hans Christian Andersen est un conte réaliste, on n’y trouve aucun élément surnaturel, magique. Andersen y raconte l’histoire d’un empereur aveuglé par son obsession de l’apparence, des vêtements. Bien que ce texte date de 1834, son sujet semble toujours d’actualité dans un monde qui accorde une grande place au paraître et à la mode.



Il y a de longues années vivait un empereur qui aimait par-dessus tous les beaux habits neufs ; il dépensait tout son argent pour être bien habillé. Il ne s’intéressait nullement à ses soldats, ni à la comédie, ni à ses promenades en voiture dans les bois, si ce n’était pour faire parade de ses habits neufs. Il en avait un pour chaque heure du jour et, comme on dit d’un roi : « Il est au conseil », on disait de lui : « L’empereur est dans sa garde-robe. »

La vie s’écoulait joyeuse dans la grande ville où il habitait ; beaucoup d’étrangers la visitaient. Un jour arrivèrent deux escrocs, se faisant passer pour tisserands et se vantant de savoir tisser l’étoffe la plus splendide que l’on puisse imaginer. Non seulement les couleurs et les dessins en étaient exceptionnellement beaux, mais encore, les vêtements cousus dans ces étoffes avaient l’étrange vertu d’être invisibles pour tous ceux qui étaient incapables dans leur emploi, ou plus simplement irrémédiablement des sots. « Ce seraient de précieux habits, pensa l’empereur, en les portant je connaîtrais aussitôt les hommes incapables de mon empire, et je distinguerais les intelligents des imbéciles. Cette étoffe, il faut au plus vite la faire tisser. »

Il donna d’avance une grosse somme d’argent aux deux escrocs pour qu’ils se mettent à l’ouvrage. Ils installèrent bien deux métiers à tisser et firent semblant de travailler, mais ils n’avaient absolument aucun fil sur le métier. Ils s’empressèrent de réclamer les plus beaux fils de soie, les fils d’or les plus éclatants, ils les mettaient dans leur sac à eux et continuaient à travailler sur des métiers vides jusque dans la nuit. J’aimerais savoir où ils en sont de leur étoffe, se disait l’empereur, mais il se sentait très mal à l’aise à l’idée qu’elle était invisible aux sots et aux incapables.

Il pensait bien n’avoir rien à craindre pour lui-même, mais il décida d’envoyer d’abord quelqu’un pour voir ce qu’il en était. Tous les habitants de la ville étaient au courant de la vertu miraculeuse de l’étoffe et tous étaient impatients de voir combien leurs voisins étaient incapables ou sots.

Je vais envoyer mon vieux et honnête ministre, pensa l’empereur. C’est lui qui jugera de l’effet produit par l’étoffe, il est d’une grande intelligence et personne ne remplit mieux sa fonction que lui. Alors le vieux ministre honnête se rendit dans l’atelier où les deux menteurs travaillaient sur les deux métiers vides. Mon Dieu ! pensa le vieux ministre en écarquillant les yeux, je ne vois rien du tout ! Mais il se garda bien de le dire. Les deux autres le prièrent d’avoir la bonté de s’approcher et lui demandèrent si ce n’était pas là un beau dessin, de ravissantes couleurs. Ils montraient le métier vide et le pauvre vieux ministre ouvrait des yeux de plus en plus grands, mais il ne voyait toujours rien puisqu’il n’y avait rien. « Grands dieux ! se disait-il, serais-je un sot ? Je ne l’aurais jamais cru et il faut que personne ne le sache ! Remplirais-je mal mes fonctions ? Non, il ne faut surtout pas que je dise que je ne vois pas cette étoffe. » Eh bien ! Vous ne dites rien ? dit l’un des artisans. Oh ! c’est vraiment ravissant, tout ce qu’il y a de plus joli, dit le vieux ministre en admirant à travers ses lunettes. Ce dessin ! … ces couleurs ! …

Oui, je dirai à l’empereur que cela me plaît infiniment. Ah ! Nous en sommes contents. Les deux tisserands disaient le nom des couleurs, détaillaient les beautés du dessin. Le ministre écoutait de toutes ses oreilles pour pouvoir répéter chaque mot à l’empereur quand il serait rentré, et c’est bien ce qu’il fit. Les escrocs réclamèrent alors encore de l’or et encore des soies et de l’or filé. Ils mettaient tout dans leurs poches, pas un fil sur le métier, où cependant ils continuaient à faire semblant de travailler.

Quelque temps après, l’empereur envoya un autre fonctionnaire important pour voir où on en était du tissage et si l’étoffe serait bientôt prête. Il arriva à cet homme la même chose qu’au ministre, il avait beau regarder, comme il n’y avait que des métiers vides, il ne voyait rien. N’est-ce pas là une belle pièce d’étoffe ? disaient les deux escrocs, et ils recommençaient leurs explications. « Je ne suis pas bête, pensait le fonctionnaire, c’est donc que je ne conviens pas à ma haute fonction. C’est assez bizarre, mais il ne faut pas que cela se sache. »

Il loua donc le tissu qu’il ne voyait pas et les assura de la joie que lui causait la vue de ces belles couleurs, de ce ravissant dessin. C’est tout ce qu’il y a de plus beau, dit-il à l’empereur. Tous les gens de la ville parlaient du merveilleux tissu. Enfin, l’empereur voulut voir par lui-même, tandis que l’étoffe était encore sur le métier.

Avec une grande suite de courtisans triés sur le volet, parmi lesquels les deux vieux excellents fonctionnaires qui y étaient déjà allés, il se rendit auprès des deux rusés compères qui tissaient de toutes leurs forces - sans le moindre fil de soie. N’est-ce pas magnifique, s’écriaient les deux vieux fonctionnaires, que Votre Majesté admire ce dessin, ces teintes. Ils montraient du doigt le métier vide, s’imaginant que les autres voyaient quelque chose.

« Comment ! pensa l’empereur, je ne vois rien ! Mais c’est épouvantable ! Suis-je un sot ? Ne suis-je pas fait pour être empereur ? Ce serait terrible ! Oh ! de toute beauté, disait-il en même temps, vous avez ma plus haute approbation. » Il faisait de la tête un signe de satisfaction et contemplait le métier vide. Il ne voulait pas dire qu’il ne voyait rien. Toute sa suite regardait et regardait sans rien voir de plus que les autres, mais ils disaient comme l’empereur : « Oh ! de toute beauté ! » Et ils lui conseillèrent d’étrenner l’habit taillé dans cette étoffe splendide à l’occasion de la grande procession qui devait avoir lieu bientôt. Magnifique ! Ravissant ! Parfait ! Ces mots volaient de bouche en bouche, tous se disaient enchantés.

L’empereur décora chacun des deux escrocs de la croix de chevalier pour mettre à leur boutonnière et leur octroya le titre de gentilshommes tisserands. Toute la nuit qui précéda le jour de la procession, les escrocs restèrent à travailler à la lueur de seize chandelles. Toute la ville pouvait ainsi se rendre compte de la peine qu’ils se donnaient pour terminer les habits neufs de l’empereur. Ils faisaient semblant d’enlever l’étoffe de sur le métier, ils taillaient en l’air avec de grands ciseaux, ils cousaient sans aiguille et sans fil, et à la fin ils s’écrièrent : Voyez, l’habit est terminé ! L’empereur vint lui-même avec ses courtisans les plus haut placés.

Les deux menteurs levaient un bras en l’air comme s’ils tenaient quelque chose : Voici le pantalon, voici l’habit ! Voilà le manteau ! et ainsi de suite. C’est léger comme une toile d’araignée, on croirait n’avoir rien sur le corps, c’est là le grand avantage de l’étoffe. Oui oui, dirent les courtisans de la suite, mais ils ne voyaient rien, puisqu’il n’y avait rien.

L’empereur enleva tous ses beaux vêtements et les escrocs firent les gestes de lui en mettre. Dieu ! Comme cela va bien ! Comme c’est bien pris, disait chacun. Quel dessin, quelles couleurs, voilà des vêtements luxueux. Les chambellans qui devaient porter la traîne du manteau de cour tâtonnaient de leurs mains le parquet et les élevaient ensuite comme s’ils ramassaient cette traîne. C’est ainsi que l’empereur marchait devant la procession sous le magnifique dais, et tous ses sujets s’écriaient : Dieu ! Que le nouvel habit de l’empereur est admirable. Personne ne voulait avouer qu’il ne voyait rien, puisque cela aurait montré qu’il était incapable dans son emploi, ou simplement un sot. Jamais un habit neuf de l’empereur n’avait connu un tel succès. Mais il n’a pas d’habit du tout ! cria un petit enfant dans la foule. Grands dieux ! Entendez, c’est la voix de l’innocence, dit son père. Et chacun de chuchoter de l’un à l’autre : Il n’a pas d’habit du tout … Il n’a pas d’habit du tout ! Cria à la fin le peuple entier. L’empereur frissonna, car il lui semblait bien que tout son peuple avait raison, mais il pensait en même temps qu’il fallait tenir bon jusqu’à la fin de la procession. Il se redressa encore plus fièrement, et les chambellans continuèrent à porter le manteau de cour et la traîne qui n’existait pas.

vendredi 4 janvier 2019

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2, 1-12


Épiphanie du Seigneur



Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez-vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Petit commentaire

Aujourd'hui est la fête de l'Épiphanie qui est la célébration de l'entrée de Dieu dans nos vies.  L'histoire de la naissance de Jésus nous enseigne beaucoup de choses. Nous apprenons à être agréable à Dieu de la Vierge Marie. Lorsque nous vivons une vie agréable à Dieu et aux autres, Dieu peut nous utiliser de manière merveilleuse. Joseph nous enseigne qu'en menant une vie juste, Dieu nous aidera dans les moments difficiles et nous montrera le chemin. Le long et fatigant voyage vers Bethléem et la crèche nous enseigne comment Dieu tiendra toujours ses promesses et que nous avons de l'espoir et de l'assurance en Jésus. Comme l'ange l'a dit aux bergers, "N'ayez pas peur. Je vous apporte une bonne nouvelle d'une grande joie qui sera pour tout le monde. Aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur est né." Enfin, la visite des mages, ou des sages, nous montre qu’il est naturel et attendu d’adorer notre Seigneur et Sauveur. Rappelons-nous de mettre Jésus en premier et de l'adorer pendant cette période de l'année.

Questions de discussion:

1. Qu'est-ce que les mages ont vu qui les a poussés à rechercher Jésus? 
2. Comment le roi Hérode savait-il que les mages trouveraient Jésus à Bethléem? 
3. Quels dons les mages ont-ils offerts à Jésus? 
4. Pourquoi les mages ont-ils donné ces cadeaux au lieu de cadeaux "normaux" comme des vêtements ou de la nourriture? 
5. En plus des cadeaux, que faisaient les mages quand ils voyaient Jésus? 
6. Comment voyez-vous Dieu dans votre vie chaque jour? Qu'est-ce qui te rappelle que Dieu est avec vous?
7. Qui ou qu'est-ce qu'une étoile vous guide chaque jour vers Dieu?
8. Quels cadeaux as-tu à offrir à Dieu

Complétez le paragraphe en remplissant les espaces vides avec le bon mot de la banque de mots  de l'histoire.


BethléemHérode - or Mages- myrrhe-  d’Orient - naître – joie-  enfant - encens- Marie- étoile- le Grand- prosterner Jérusalem – secret- endroit

Après la naissance de Jésus à _____________ en Judée, à l'époque du roi Hérode, des __________  venus _________ arrivèrent à Jérusalem et demandèrent :<< "Où est  le roi des Juifs qui vient de ________? Nous avons vu son __________ à l'orient et nous sommes venus  nous ___________ devant lui. " En apprenant cela, le roi ________ fut bouleversé, et tout _______________ avec lui.  Alors Hérode convoqua les mages en _________ pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue; puis les envoya à Bethléem. Allez- vous renseigner avec précision sur l’_________________. Et voici que l'étoile, qu’ils avaient vu à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’ _____________ où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une grande _______. Ils entrèrent dans la maison, ils ont vu l'enfant avec sa mère __________, et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Puis ils ont ouvert leurs coffrets et lui offrirent  leurs présent : de l’__________  de l’___________ et de la __________. Et ayant été avertis en  songe de ne pas retourner chez Hérode, ils sont retournés dans leur pays par un autre chemin.

Réponses : Bethléem- le Grand- Mages- d’Orient- naître- étoile – prosterner- Hérode- Jérusalem- secret- enfant- endroit- joie- Marie-or-encens- myrrhe


Quiz 74 : Les mages

1. Quel évangile raconte l’histoire des mages ?
Marc
Matthieu
 Luc

2. D’où proviennent les mages ?
 De l’est
 De l’ouest
 Du sud

3. Dans leur voyage, les mages suivent un astre. À quel endroit cet astre disparaît-il ?
 Bethléem
 Jérusalem
 Nazareth


4. Quels sont les autres mages du Nouveau Testament
 Balaam seulement
 Simon et Elymas
 Il n’y en a pas d’autres

5. Selon leurs paroles, qui les mages cherchent-ils à rencontrer ?
 Le roi de Judée/roi des Juifs
 Le Messie
 Le Fils de Dieu

6. Que demande Hérode aux mages ?
 Où est-ce que l’enfant va naître ?
 À quel moment est apparue l’étoile ?
 Pourquoi voulez-vous lui rendre hommage ?

7. Quels sont les experts qu’Hérode consulte pour connaître le lieu de la naissance du Christ ?
 Les pharisiens
 Les sadducéens
 Les scribes et les prêtres

8. Quel livre prophétique associe Bethléem comme lieu de naissance du Messie ?
 Isaïe
 Michée
 Jérémie

9. Où est-ce que l’astre mène les mages pour qu’ils rencontrent Jésus ?
Dans la maison de la famille à Bethléem
 Dans une étable de Bethléem
 Dans une grotte de Bethléem

10. Pourquoi les mages retournent-ils par un autre chemin ?
Ils ont peur d’Hérode
 Ils ont été avertis par un songe
 Ils ont une autre destination à visiter

Réponse : 1- Matthieu 2- De l’est 3- Jérusalem  4-  Simon et Elymas  5-  Le roi de Judée/roi des Juifs 6-  À quel moment est apparue l’étoile ? 7- Les scribes et les prêtres  8-  Michée 9- Dans la maison de la famille à Bethléem 10- Ils ont été avertis par un songe

Conte pour l’Épiphanie. Ronald Barakat


Alors que les mages étaient en route, par cette froide nuit étoilée, vers Bethléem pour adorer le Roi Sauveur, munis, comme chaque année, de leurs traditionnels présents – l’or, l’encens et la myrrhe – un ange du Seigneur leur apparut pour les informer que l’Enfant ne désirait plus recevoir ces cadeaux. Melchior, Gaspard et Balthazar furent à la fois surpris et attristés :
Melchior : Mais pourquoi ? Mon or ne plaît-il plus à mon Sauveur ?
Gaspard : Ni mon encens ?
Balthazar : Ni ma myrrhe ?
L’Ange : Non pas que vos cadeaux ne lui plaisent plus, mais il en a assez reçu et demande à ce qu’ils soient offerts, cette fois-ci, à ceux qui en auront besoin. Le meilleur cadeau que vous puissiez lui faire, c’est d’offrir vos présents aux plus petits de ses frères.
Gaspard : Mais il fallait nous prévenir à l’avance ! Nous sommes en route et nous ne pouvons retourner en ville pour faire don de ces cadeaux ! Il est tard et nous ne voulons pas rater ce merveilleux rendez-vous annuel !

L’Ange : Désolé, je n’y peux rien. Vous êtes les bienvenus à la crèche sans cadeaux.
Et l’Ange disparut. Les mages étaient fort perplexes, ne sachant que faire de ces présents. Ils ne pouvaient balancer des cadeaux si précieux dans la nature ! Ils décidèrent, toutefois, de poursuivre leur chemin en se fiant à leur bonne étoile. Tout comme la nuit, la marche porte conseil, se dirent-ils. Au lieu de prendre le raccourci habituel, ils firent un détour pour prolonger leur temps de réflexion.
Et voici qu’en cheminant, ils tombèrent sur un voyageur en détresse, victime d’une malencontreuse chute qui lui avait causé une blessure profonde. Ils étaient tout interdits, ne sachant que faire, lorsque Melchior eut l’idée de proposer à Balthazar de verser sa myrrhe sur la plaie du blessé.

Balthazar : Tiens ! Quelle bonne idée ! Et dire que j’étais sur le point d’arroser les plantes avec !
Et il embauma avec soin, de sa précieuse résine, la blessure qui se referma plus vite que prévu. Les mages étaient autant soulagés que le blessé du bon usage de ce cadeau. Le voyageur les remercia chaleureusement et poursuivit son chemin, en rendant grâce à Dieu.
Les trois se remirent en route et, pendant qu’ils traversaient un endroit brumeux et obscur, virent surgir un désespéré qui se mit à hurler à leur endroit, les accusant d’être des démons. Les mages furent saisis de frayeur et leurs montures s’agitèrent dangereusement. Armé de foi et de sang-froid, Balthazar demanda à Gaspard de brûler au plus vite son encens et d’agiter son encensoir en direction du forcené. « Il est loin de Dieu ! Parfume-le  de Sa présence ! » S’écria-t-il. Et Gaspard de s’exécuter illico presto, trouvant l’idée tout aussi géniale. Enfumé par l’encens, le malheureux s’apaisa, et ses traits se détendirent pour afficher un sourire. De malheureux, il était devenu, comme par miracle, heureux, les salua fraternellement et poursuivit son chemin, désormais illuminé. Heureux à leur tour d’avoir fait un converti par ce cadeau, les mages poursuivirent leur voyage. Il ne leur restait plus qu’un cadeau à faire… auquel Melchior tenait fermement, espérant ne pas avoir à s’en défaire de sitôt.

Mais, pour sa malchance, ils rencontrèrent en chemin une famille misérable, vivant dans une hutte délabrée, grelottant de froid dans cette nuit chaleureuse. Les mômes avaient, cependant, des yeux aussi brillants que l’or… de Melchior. La mère et le père ressemblaient, à s’y méprendre, aux parents de l’Enfant qu’ils allaient adorer. Gaspard lorgna du côté de Melchior, qui frémit :
Melchior : Ah ! Ne me demande pas de leur offrir mon or ! Cela dépasse, et de loin, leurs besoins ! Nous pouvons leur donner volontiers de nos vêtements et de notre nourriture, mais l’or aussi ?
Gaspard : Tu sais bien que nous ne pouvons garder cet or, qu’il nous faut arriver les mains vides ! Quoi de mieux que cette opportunité ? Cette famille, si sainte, saura le partager. La mère tombe du ciel et le père est appelé à y monter.
Rendu à l’évidence et à l’Espérance, Melchior céda son précieux trésor. Et les trois offrirent ce qui était, en la circonstance, plus précieux et vital encore: des vêtements, des couvertures et de la nourriture.

Après avoir laissé ce reflet de la Sainte Famille, ils remontèrent, allègrement, vers la source. Arrivés sur les lieux saints, ils furent agréablement surpris par l’accueil qui leur était réservé, contre toute attente. Eux qui étaient gênés à l’idée de débarquer les mains vides, ils n’en revenaient pas. C’est comme s’ils apportaient avec eux des présents inestimables ! La Sainte Famille était plus enchantée que jamais de les recevoir… et surtout l’Enfant, qui leur faisait un signe lumineux de sa petite main. Joseph et Marie, rayonnants, les invitèrent à s’approcher encore plus de la mangeoire pour adorer l’Enfant de tout près. Les bergers, leurs moutons, l’âne et le bœuf se pressèrent affectueusement contre eux. Ils étaient reçus comme des rois ! Quant à l’Ange, perché au haut de la crèche, il contemplait la scène avec fierté. Les mages reconnurent le messager qui leur était apparu en chemin. Ils comprirent, par son air entendu, qu’ils avaient fait de leurs présents le meilleur usage. Comme le souhaitait l’Enfant.
R.B.

mercredi 2 janvier 2019

Un conte pour l'Épiphanie


Il y a bien longtemps, dans les lointaines terres d'Afrique, vivait un homme sage et savant, qui passait beaucoup de temps à étudier. Une nuit, alors qu'il observait le ciel pour en déchiffrer les secrets, il aperçut une étoile. Une étoile qu'il n'avait jamais vue auparavant. Une étoile plus grosse, une étoile plus brillante que toutes les autres ! Cette nouvelle étoile si particulière devait annoncer un événement exceptionnel... La naissance d'un grand roi, qui changerait beaucoup de choses sur Terre !
Tout excité, le sage étudia plus exactement le ciel, pour savoir où était né ce roi. Et dès qu'il eut trouvé, il empaqueta quelques livres, des provisions et des couvertures chaudes, monta au dos d'un chameau, et prit la route pour aller à la rencontre de l'enfant à l'avenir si spécial. En plus de tout le nécessaire à son voyage, il prit aussi un présent de haut prix, de la myrrhe la plus pure...
Il parcourut de nombreuses régions, marcha de nombreuses nuits, lorsque l'air est moins chaud. Chaque soir, l'étoile brillait dans la direction qu'il devait suivre, lui montrant le chemin tout au long de la nuit. Au matin, il cherchait un endroit où se restaurer un peu avant de dormir quelques heures. Un jour, dans l'auberge dans laquelle il venait de s'arrêter, il rencontra un autre homme, venu d'Asie. Lui aussi avait vu l'étoile apparaître une belle nuit, et avait décidé de rendre visite au roi, afin de lui présenter lui aussi un cadeau de grand prix : de l'encens. Partageant le même but, ils continuèrent leur route ensemble.
Bientôt, ils rejoignirent un vieil homme venant d'Europe, un savant qui avait lui aussi découvert dans le ciel une étoile particulièrement brillante qui l'avait poussé à prendre la route pour rencontrer l'enfant dont elle annonçait la naissance. Chargé d'or à lui offrir, il se joignit aux deux mages, pour encore de nombreuses nuits de marche, guidés par l'étoile qui continuait de briller dans le ciel.
 Alors qu'ils arrivaient en Judée, ils se rendirent chez Hérode, le gouverneur de la province, qui devait forcément savoir où était né le roi qu'ils cherchaient. Ils lui exposèrent donc le but de leur voyage. Hérode interrogea à son tour les érudits du pays, qui étudièrent leurs livres, et finirent par répondre que le roi annoncé par l'étoile devait naître à Bethléem, une toute petite cité tranquille. Alors, les Mages reprirent leur route, joyeux de savoir qu'ils étaient désormais tout près de leur but !
Quand ils atteignirent Bethléem, ils cherchèrent tout d'abord une riche demeure, un endroit où pouvait naître un futur roi. Mais ils n'en trouvèrent pas. Bethléem était une bien trop petite ville pour avoir de grandes et belles maisons. Ils ne trouvèrent que des maisons de terre, des fermes et quelques auberges. Étonnés, ils interrogèrent alors les habitants de la ville. On leur répondit que la seule femme enceinte qu'ils avaient vue depuis plusieurs semaines était une toute jeune femme du nom de Marie, qui était arrivée à dos d'âne avec son mari Joseph, un modeste charpentier. Marie avait d'ailleurs donné naissance à son enfant dans une étable, car lorsqu'ils étaient arrivés en ville, les auberges n'avaient pas pu les accueillir, faute de place. Depuis, on leur avait trouvé une petite chambre à louer chez un marchand de légumes, afin que la mère et l'enfant puissent se reposer quelques semaines avant de reprendre la route pour rejoindre leur village natal.
Les Trois Mages se rendirent donc à l'adresse indiquée, et y découvrirent, comme le leur avaient expliqué les habitants du village, une modeste famille : Joseph, sa femme Marie et leur petit garçon, Jésus. Tout d'abord, ils n'osèrent pas s'approcher d'eux et les déranger. Alors ils les observèrent : dans la petite cour ombragée devant la porte de leur chambre, Joseph taillait habilement quelques objets dans des morceaux de bois, certainement pour pouvoir les vendre au marché et subvenir à leurs besoins pendant leur séjour à Bethléem. Marie, souriante, était assise et regardait tendrement le petit enfant qu'elle tenait dans ses bras. Quelle belle famille, quelle tendresse entre eux ! Mais se pouvait-il que cet enfant soit le roi qu'ils venaient chercher ? S'interrogeant, les Mages ne virent pas le soir tomber.
Mais alors que l'obscurité devenait plus intense, l'étoile qu'ils avaient suivie depuis leur si lointain pays se mit à briller de plus belle, juste au-dessus de la petite maison de terre... L'enfant était donc bien celui pour qui le ciel s'était paré d'une nouvelle perle étincelante !
Ils s'approchèrent donc de la porte, et se présentèrent devant l'enfant et ses parents surpris... Ce petit garçon souriant et babillant était promis à un avenir exceptionnel, et ils venaient l'adorer depuis des contrées plus lointaines que Joseph et Marie pouvaient l'imaginer ! Ils lui offrirent aussi l'or, l'encens et la myrrhe qu'ils avaient emmenés, symboles de leur dévotion et de l'importance de cet enfant à l'étoile...
Quelques jours plus tard, ils repartirent, le coeur joyeux, l'esprit en paix, pour porter dans leurs pays l'annonce de la naissance de l'enfant Jésus, qui deviendrait roi et changerait le monde 

samedi 29 décembre 2018

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2, 41-52


Marie retrouve Jésus au temple

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?

Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.



Questions :

 Où Marie et Joseph ont-ils trouvé Jésus?
Que faisait Jésus dans le temple?
Que pensez-vous que Marie et Joseph ont ressenti lorsqu’ils n’ont pas pu trouver Jésus?  Que pensez-vous qu’ils ont ressenti lorsqu’ils l’ont trouvé au Temple?
À quoi ressemblait Jésus à l'adolescence?
 Quel était son niveau d'alphabétisation biblique?
Était-il conscient de son père, de Dieu ou de sa mission?
Comment a-t-il traité ses parents?
Que pouvons-nous apprendre de Jésus le garçon Messie?
Comment pouvons-nous montrer l'amour de Jésus à nos parents?
 Comment pouvons-nous montrer l'amour de Jésus aux personnes âgées qui ne sont pas nos parents



 Petit commentaire

 C'est la seule histoire que nous trouvons dans les évangiles qui nous dit quoi que ce soit à propos de Jésus pendant sa jeunesse. Ici, il rejoint ses parents pour leur voyage annuel à Jérusalem à l'occasion de la célébration de la Pâque... et il est laissé pour compte lorsque ses parents partent pour leur voyage de retour. Ce que nous découvrons en lisant attentivement, c'est que, même à l'âge de douze ans, Jésus comprend qui il est et ce qu'il est censé faire. Jésus prend volontairement ses distances avec ses parents. On pourrait penser à une fugue, à une recherche d’indépendance et de liberté. Marie et Joseph sont dans l’angoisse ! Nos absences imprévues ou non motivées peuvent aussi mettre nos parents dans l’angoisse. Pensons à leur éviter cette souffrance inutile en gardant toujours le contact avec eux : c’est si facile avec notre téléphone portable… La mission de Jésus, c’est de nous rendre libres et responsable. La confusion et la frustration de ses parents reflètent notre propre frustration et confusion dans la vie, lorsque nous ne parvenons pas à voir qui est Jésus et quel était son but. «Trouver Jésus» signifie voir qui il est et ce qu’il était - Dieu dans la chair est venu nous sauver et nous a donné la famille - pour que nous puissions trouver la paix, la joie et la réalisation, la plénitude de la vie promise par Jésus.

vendredi 28 décembre 2018

Conte du Nouvel An Rédigé par Miniritou et publié depuis Overblog


Dans une famille de Carmaux, 1er janvier 2017…

Le petit garçon s’approcha de ses parents qui étaient assis dans la cuisine :
  • Papa, maman, puisque aujourd’hui, c’est une nouvelle année qui commence, est-ce qu’on peut souhaiter plein de bonnes choses aux gens qu’on aime ?
  • Oui, Teddy, un vœu, c’est une parole qui vient du cœur, qui donne de la joie à celui qui le reçoit et qui engage celui qui le dit à tout faire pour qu’elle se réalise !
  • Oui mais il y a des vœux que personne ne peut exaucer : la santé, le bonheur, la paix dans le monde…
  • Tu as bien raison, c’est pour cela qu’il y a des vœux qu’on ne peut adresser qu’à Dieu !
  • Eh bien, aujourd’hui, mon papounet, je vais aller prier devant la crèche à l’église. Veux-tu  venir avec moi ?
  • Avec grand plaisir, mon fils, j’ai moi aussi deux ou trois bricoles à confier au bon Dieu !
  • Je vais dire à Jésus que je l’aime, et je vais d’abord lui demander d’exaucer mes vœux les plus fous même si c’est un peu nul de prier comme ça… Mais surtout, je vais prier afin que moi, je sache exaucer les vœux de Dieu. Parce que Dieu, lui, il sait ce qu’il nous faut pour que le bonheur nous gagne, même si on n’a rien demandé !
  • Tu as compris l’essentiel, Teddy, exaucer les vœux de Dieu, c’est ce que Jésus appelle : faire la volonté du Père ! Et si tous les hommes le font ensemble, alors je crois que l’amour grandira dans le cœur de tous les hommes !
  • Dans le cœur de tous les hommes … !!? Ouahhh, ça va être tip top ça ! Que l’amour gagne du terrain, partout, ici et ailleurs ! Dans le cœur de tous les hommes… Et d’abord dans mon cœur ! C’est un chouette vœu ça !
Xavier CORMARY, votre curé

dimanche 23 décembre 2018

Un conte pour le solstice d'hiver


Un conte pour le solstice d'hiver, à raconter entre le 21 et le 23 décembre :
La naissance du soleil De Starhawk dans Circle Round, p.98
C’était le milieu de l’hiver et le soleil était rendu très vieux. Toute l’année, le soleil avait travaillé très fort. Jour après jour, il se couchait et se levait. Toute l’année, le soleil avait nourri tous les habitants de la terre en donnant de l’énergie aux arbres et aux fleurs et à l’herbe afin qu’ils puissent pousser et nourrir les animaux, les oiseaux, les insectes et les gens.
Maintenant, le pauvre soleil était fatigué et avait de la difficulté à se lever le matin. Peu de temps après être sorti du lit, il avait déjà besoin de retourner se coucher. Les journées raccourcissaient donc de plus en plus, et les nuits allongeaient, jusqu’à ce que le jour soit si court que ça ne valait presque plus la peine de se lever.
La nuit était triste pour le soleil. « Viens te reposer dans mes bras, mon enfant, dit-elle. Après tout, je suis ta mère. Tu es né de ma noirceur, il y a des millions d’années. Laisse-moi te bercer maintenant, comme je berce chaque étoile dans l’univers. »
La nuit enveloppa donc le soleil de ses grands bras, et la nuit fut effectivement très longue. « Pourquoi est-ce qu’il fait noir si longtemps, demandaient les enfants partout sur la terre. Quand le soleil sera-t-il de retour? »
« Le soleil est très fatigué, disaient les adultes. Mais peut-être que si vous, les enfants, le remerciez pour tout ce qu’il fait pour nous, la lumière reviendra peut-être au matin. »
Les enfants chantèrent de belles chansons au soleil. Puis, ils pensèrent à toutes les choses que le soleil leur donnait. « Merci de faire pousser les laitues et le maïs et le riz et le blé, dirent-ils » « Merci de faire pousser les arbres dans les forêts et les algues dans les océans et le krill qui nourrit les baleines. Merci de créer le vent qui amène la pluie.»
Chaque fois qu’un enfant disait merci, le soleil commençait à se réchauffer un petit peu et à donner un peu de lumière. Bien en sécurité dans les bras de la nuit, le soleil rajeunissait de plus en plus.
Finalement les enfants durent aller se coucher. « Nous allons rester réveillés pour voir le soleil se lever à nouveau, dirent les adultes. » « Est-ce qu’on peut rester debout nous aussi ?, demandèrent les enfants. » « Vous pouvez essayer, mais vous tomberez de fatigue, répondirent les adultes. Mais vous pouvez tous allumer une bougie, parce que chaque flamme est une étincelle du feu du soleil. Mettez votre chandelle dans un endroit bien choisi et elle veillera pour vous tandis que vous dormez et que vous rêvez au retour du soleil. »
Les enfants allumèrent leurs chandelles et les déposèrent dans un endroit sécuritaire et chaque flamme était une étincelle du feu du soleil. Puis, le soleil jeta un coup d’œil par-dessus les bras de la nuit, et vit les petits feux qui brillaient et commença à se réchauffer un peu plus, à donner un peu plus de lumière et à se sentir encore un peu plus jeune.
Tôt le matin, les adultes réveillèrent les enfants. Ensemble, ils grimpèrent jusqu’au sommet d’une colline et firent face à l’Est, en direction du soleil levant. Ils chantèrent de belles chansons au soleil et courraient partout pour se réchauffer. Ils attendaient pour voir ce que l’aurore apporterait.
Le ciel commença à passer du noir, à l’indigo, au bleu. Peu à peu, le ciel s’éclaircissait. Une lumière dorée apparut à l’horizon. La nuit entrouvrit ses grands bras, et dans un éclat de clarté, le soleil apparut, nouveau, fort et brillant.
Comme le soleil s’était bien reposé pendant la longue nuit et qu’il avait rajeunit grâce aux chansons et aux remerciements des enfants, il redevint jeune comme un petit bébé, né de la nuit une fois de plus.
« Le soleil revient ! Le soleil renaît aujourd’hui ! S’écriait tout le monde. Et ils dansèrent et ils chantèrent encore pour célébrer la naissance d’un nouveau jour, d’une nouvelle année.