dimanche 13 octobre 2019

Un conte pour l'automne et la fête des Récoltes


Fillette et le langage de la forêt
Il était une fois, à la lisière des bois, une petite cabane de bois. Fillette l’habitait, et s’occupait tout à côté d’un petit potager. Tout l’été, Fillette se régalait des légumes de son jardin. Mais lorsque le froid arrivait, les récoltes se raréfiaient…
Ainsi, un jour d’automne où elle n’avait plus rien à manger, elle alla visiter son potager pour voir ce qu’il y restait. Malheureusement, on n’y voyait plus rien, plus rien qu’un chou-rave… Mais elle avait tant pris soin de lui pendant les dernières semaines, qu’il était vraiment beau, et gros, et paraissait croquant et juteux à souhait ! Alors Fillette décida de le vendre au marché. Elle mit le chou-rave dans son panier, et se dirigea d’un pas décidé vers la ville la plus proche. Elle n’avait pas avancé plus de dix minutes lorsqu’elle rencontra, sur le bord du chemin, une petite vieille toute ridée, assise sur une grosse pierre, et qui se lamentait…
« Que vous arrive-t-il, bonne vieille, demanda Fillette ?
·         Oh, ma petite, répondit la petite vieille toute ridée, si tu savais comme je suis fatiguée, comme j’ai froid, comme j’ai faim ! Je crois que je vais me laisser mourir au bord du chemin… »
Fillette ne pouvait pas faire grand-chose pour la petite vieille, qui paraissait si pauvrette et fragile… Alors elle détacha son bon châle de laine, qu’elle posa sur les épaules de la petite vieille, afin qu’elle ait moins froid. Et puis, elle regarda son chou-rave, dans son panier, et pensa une dernière fois à tout ce qu’elle aurait pu acheter en le vendant au marché… Et avec un dernier soupir, elle le prit et le déposa dans les mains de la petite vieille.
« Voici, ma bonne vieille, au moins vous pourrez manger ce chou-rave ce soir, il vous ragaillardira, et fera s’envoler toutes vos mauvaises pensées ! Allez vite le déguster !
·         Chère petite, quelle générosité ! Pour te remercier de ce si doux cadeau, je voudrais moi aussi te donner quelque chose…
·         Quelque chose ? Mais vous ne possédez rien, bonne vieille, répondit Fillette étonnée !
·         Oh, je n’ai peut-être l’air de rien, mais je peux tout de même te faire un grand cadeau : à partir d’aujourd’hui, tu entendras le langage de la forêt. A partir d’aujourd’hui, tu comprendras le langage des arbres… »
Et avant que Fillette ait eu le temps d’ouvrir la bouche, la bonne vieille s’était évaporée ! Peut-être était-ce un esprit de la forêt ? Mais ce n’était pas cela qui allait remplir son panier ! Alors Fillette reprit le chemin de sa petite cabane de bois, son panier vide, ne sachant trop ce qu’elle allait bien pouvoir manger…
Mais à peine s’était-elle avancée de quelques pas, qu’elle entendit comme un murmure… « Mmmmmmmh »… Elle s’arrêta, posa son panier à terre et tendit l’oreille : « Grrrmlllblmmmrrbllll »… C’était plutôt un grommellement, en fait ! Fillette s’approcha de l’arbre d’où semblait s’échapper le bruit, colla son oreille au tronc, et entendit :
« Une pierre à mes pieds
Qui m’empêche de respirer…
Une pierre à mes pieds
Qui m’empêche de respirer… »
Fillette n’en revenait pas : elle avait compris ce que venait de dire cet arbre grognon ! Et effectivement, il y avait de quoi être de mauvaise humeur : une grosse pierre venait écraser sa plus belle racine ! Alors Fillette rassembla toutes ses forces pour pousser cet énorme caillou un peu plus loin…
Elle entendit l’arbre tout entier se mettre à respirer amplement, et lui souffler « Meeeeerciiii Fiiiiillette », tandis que ses branches s’agitaient doucement, pour faire tomber des pommes rouges dans son panier.
« Mon panier n’est plus vide à présent », s’écria Fillette tout excitée ! Et elle reprit sa route vers la cabane de bois, le cœur moins lourd. A peine avait-elle fait une dizaine de pas qu’elle entendit de nouveau comme un murmure… « Mmmmmmmh »… Elle s’arrêta, posa son panier à terre et tendit l’oreille : « Grrrmlllblmmmrrbllll »… C’était plutôt un grommellement, en fait ! Fillette s’approcha de l’arbre d’où semblait s’échapper le bruit, colla son oreille au tronc, et entendit :
« Mon tronc troué
Laisse ma sève s’écouler…
Mon tronc troué
Laisse ma sève s’écouler… »
Fillette n’en revenait pas : elle avait compris ce que venait de dire cet arbre grognon ! Et effectivement, il y avait de quoi être de mauvaise humeur : un trou sur son tronc laissait couler la sève de l’arbre ! Alors Fillette ramassa un peu de boue, la mélangea à quelques herbes séchées, et l’appliqua sur le trou, pour le boucher et empêcher la sève de couler…
Elle entendit l’arbre tout entier se mettre à respirer amplement, et lui souffler « Meeeeerciiii Fiiiiillette », tandis que ses branches s’agitaient doucement, pour faire tomber des poires jaunes dans son panier.
« Mon panier est à moitié rempli maintenant », s’écria Fillette tout excitée ! Et elle reprit sa route vers la cabane de bois, le cœur presque léger. A peine s’était-elle avancée sur le chemin qu’elle entendit de nouveau comme un murmure… « Mmmmmmmh »… Elle s’arrêta, posa son panier à terre et tendit l’oreille : « Grrrmlllblmmmrrbllll »… C’était plutôt un grommellement, en fait ! Fillette s’approcha de l’arbre d’où semblait s’échapper le bruit, colla son oreille au tronc, et entendit :
« La lumière cachée
Je ne peux respirer…
La lumière cachée
Je ne peux respirer… »
Fillette n’en revenait pas : elle avait compris ce que venait de dire cet arbre grognon ! Et effectivement, il y avait de quoi être de mauvaise humeur : un enchevêtrement de branches mortes et de feuillages secs s’était accumulé au-dessus de lui, et la lumière ne pouvait plus venir jusqu’à lui ! Alors Fillette s’appliqua à faire, un peu plus loin, un tas avec tous les branchages et les feuilles morts… Et le soleil put à nouveau inonder l’arbre de sa lumière !
Elle entendit l’arbre tout entier se mettre à respirer amplement, et lui souffler « Meeeeerciiii Fiiiiillette », tandis que ses branches s’agitaient doucement, pour faire tomber des prunes bleues dans son panier.
« Mon panier est presque plein à présent », s’écria Fillette tout excitée ! Et elle reprit sa route vers la cabane de bois, le cœur moins lourd. A peine avait-elle tourné au coin du chemin qu’elle entendit de nouveau comme un murmure… « Mmmmmmmh »… Elle s’arrêta, posa son panier à terre et tendit l’oreille : « Grrrmlllblmmmrrbllll »… C’était plutôt un grommellement, en fait ! Fillette s’approcha de l’arbre d’où semblait s’échapper le bruit, colla son oreille au tronc, et entendit :
« L’eau s’est arrêtée,
Ma gorge est desséchée…
L’eau s’est arrêtée,
Ma gorge est desséchée… »
Fillette n’en revenait pas : elle avait compris ce que venait de dire cet arbre grognon ! Et effectivement, il y avait de quoi être de mauvaise humeur : le petit ruisseau qui venait baigner ses racines avait été détourné par un éboulis de cailloux ! Alors Fillette s’appliqua à déplacer un à un tous les cailloux qui empêchaient l’eau de couler en direction de l’arbre… Et bientôt, le petit ruisseau chantait de nouveau gaiement, en baignant les racines de l’arbre assoiffé.
Elle entendit l’arbre tout entier se mettre à respirer amplement, et lui souffler « Meeeeerciiii Fiiiiillette », tandis que ses branches s’agitaient doucement, pour faire tomber des noix brunes dans son panier.
« Mon panier est débordant maintenant, s’écria Fillette tout excitée ! Décidément, que la nature est généreuse quand on sait l’écouter ! Que la nature est généreuse quand on prend le temps de s’en occuper… »
Et Fillette reprit sa route vers la cabane de bois, le cœur léger et joyeux, persuadée qu’à présent, elle ne manquerait jamais de rien, simplement parce qu’elle s’appliquerait à écouter les murmures de la forêt...
En espérant que cela vous ait plu !

samedi 12 octobre 2019

ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT LUC 17,11-19


Jésus guérit dix lépreux
En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » À cette vue, Jésus leur dit : « Allez- vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés. L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

RELÈVE-TOI
Rendre grâce

Voilà une étonnante leçon de désobéissance ! Non seulement les dix lépreux sont guéris, mais voilà que Jésus nous donne en exemple le seul homme guérit qui ne lui obéit pas puisqu’il ne se rend pas au Temple pour se présenter aux prêtres… On comprend vite la raison : il est samaritain et donc n’a pas spécialement envie de traîner du côté de
Jérusalem ?... Alors pourquoi un tel témoignage ? Le Temple est le lieu de la présence divine. En venant se prosterner aux pieds de Jésus, le lépreux guéri reconnaît en lui l’origine de cette guérison, l’habitation divine… Il rend grâce au sens premier du terme, il rend à Dieu la grâce qu’il a reçue de Dieu : le don de la vie, la guérison, le souffle. Et nous, prenons-nous chaque jour le temps de rendre grâce pour tout ce que Dieu nous donne ? Au lieu de voir tout ce qui ne va pas, émerveillons- nous du don quotidien de la vie humaine et de la vie divine ? Que d’occasions de rendre grâce, surtout quand tout va mal. Non, pas comme une méthode « Coué », mais comme une opération « vérité » sur ce que nous sommes. Rendons grâce et rendons gloire à Dieu par nos chants, nos louanges et par toute notre vie !

Debout !
Le seul désir de Dieu est de voir l’homme debout, vivant, aimant. Saint Irénée de Lyon nous dit : « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant ; la vie de l’homme, c’est de contempler Dieu. » Certes chaque être humain sur cette terre désire une vie meilleure, une vie en plénitude, mais tous ces désirs sont souvent vains car ils s’égarent avant d’avoir trouvé la source. Entre erreur, absurdité, addiction, abandon, consommation…, l’homme lépreux reste enfermé dans sa grotte. Mais Dieu désire encore plus que nous cette vie en plénitude pour laquelle il nous a créés. La clé de cette libération : se laisser regarder par Lui. Le laisser nous remettre debout. Lâcher nos chaînes. Immense défi, mais quel bonheur lorsque nous surmontons nos peurs pour se faire relever par le Christ, et lorsque nous offrons nos mains et nos cœurs pour relever nos frères.

La source
Vous l’avez compris, la source de cette vie nouvelle, de cette vie debout : c’est le Christ. Il est venu pour notre salut. « Ta foi t’a sauvé ! » Ce n’est pas un simple coup de main pour un bout de chemin, c’est la porte de la vie éternelle qui s’ouvre. Est-ce que je désire cette vie d’éternité ? Ai-je l’audace de parler de Dieu, du salut, du Ciel à tous ceux qui croisent ma route ? Ai-je le désir que tous les hommes puisent à l’unique Source ?

Pistes pour méditer les évangiles des dimanches du mois missionnaire mondial

Extrait du livret d’animation : Mois Missionnaire octobre 2019

Dix lépreux : Luc 17: 11-19 : voici les mots : prêtres, contagieuse, distance,  Samaritain, lèpre, foi, Jérusalem, infectieuse, crièrent, pitié


1. Un lépreux est une personne atteinte de la maladie appelée _________.
2. Lorsqu'une maladie peut se transmettre d'une personne à une autre, on dit qu'elle ___________ ou _____________.
3. Jésus était en route pour  ______________________________ quand il vit les dix lépreux venir à sa rencontre.
6. Les lépreux s’arrêtèrent à ______________et lui ___________.
7. Les hommes ont appelé: "Jésus, Maître, prends  _______________ de nous."
8. Jésus leur a dit d'aller se montrer aux ______________________________.
9. L'homme qui est revenu remercier Jésus était un ___________________.
10. Jésus dit à l'homme: "Relève-toi et va ta  ________________ t’a sauvé.

Les deux étoiles


Il était une fois deux étoiles qui vivaient dans deux mondes différents...
L'une était une étoile de mer qui nageait dans les eaux chaudes des tropiques, elle passait ses journées à jouer avec les animaux marins, elle avait pour ami, le grand coquillage sacré avec qui elle aimait partager les trésors colorés de la vie.
L'autre, était une étoile céleste, elle brillait et scintillait dans le ciel, elle passait ses nuits à réchauffer de sa lumière argentée la terre et le coeur des hommes, elle avait pour amie, la lune d'opale avec qui elle aimait par-dessus tout rêver...Rêver en secret l'une de l'autre car elles étaient amoureuses.
Toutes les nuits, l'étoile de mer se posait sur son rocher pour admirer l'étoile brillante au-dessus d'elle qui illuminait le ciel de ses nuits. Ce qu'elle ne savait pas, c'est que l'étoile de la nuit la regardait aussi et la trouvait tellement belle dans les reflets de lune. Un soir d'été où elles rêvaient toutes les deux l'une à l'autre, leurs coeurs  plein d'amour et d'espoir, on ne sait par quel miracle, l'étoile céleste entendit une voix très douce, venue d'un nuage de l'océan, lui chuchoter à son oreille : je te vois , j'ai entendu ta sérénade pour moi, je suis impatiente de te serrer dans mes bras...Viens me rejoindre...Viens...
Bouleversée, l'étoile céleste avait reconnu la voix de son aimée, mais comment puis-je faire pour arriver jusqu'à toi... Monte sur le rayon de ton amie la lune, descends jusqu'à l'océan, guidée par l'éclat de mon ami le grand coquillage sacré, suis  mon sillage féerique et viens danser avec moi sur la vagues cristallines. Guidée par la douce mélodie de l'appel du coeur, l'étoile céleste se décrocha du firmament et dans une traînée de lumière dorée, elle rejoignit sa bien-aimée au coeur de l'océan...
C'est ainsi que les deux étoiles apprirent que l'amour naît dans les rêves les plus fous et les plus inaccessibles et qu'il suffit de patience et de foi pour que soient abolies les distances et s'enrichissent les différences.
En venant rejoindre sa bien-aimée, l'amour de l'étoile filante a marqué le coeur des hommes pour toujours et c'est pour cela que nous voyons briller de la poussière d'étoiles dans les yeux des êtres qui s'aiment.
Que se passe- t-il quand Dieu dépose un rêve dans notre coeur ?
Le rêve se transforme en désir, puis en espoir, puis en prière qui avec la foi devient réalité...Le tout baigné par une grande dose de persévérance face à l’adversité ! mais si nous persévérons et poursuivons ce rêve jusqu’au bout. Nous serons vainqueurs.
A celui qui vaincra je donnerai à manger du fruit de l’arbre de la vie qui est dans le paradis de Dieu.(Apocalypse 2:7)
Que Dieu nous donne la sagesse de réaliser que ce rêve qui brûle dans notre coeur vient de Lui. Qu’Il nous donne la sagesse de suivre Son tempo pour la mise en place de ce rêve pour qu’il devienne réalité et nous permette ainsi de rentrer dans les projets de Dieu pour notre vie.




lundi 7 octobre 2019

Et maintenant une histoire ! Si j’étais millionnaire ! Auteur : Hunermann, Père Guillaume


« Aujourd’hui vous allez faire une rédaction », dit le maître en classe de Sixième. « Prenez vos cahiers et écrivez : Ce que je ferais si j’étais millionnaire. »
Oh ! Pour une fois, c’était un sujet formidable, et les enfants se mirent au travail avec enthousiasme. Les plumes grinçaient avec zèle sur le papier, et çà et là, un garçon ou une fillette rêvait, le bout du porte-plume entre les dents, avant de continuer. Comme c’était intéressant de décrire ce qu’on entreprendrait si, par hasard, on gagnait un million à la loterie.
À la fin du cours, le professeur ramassa les cahiers. Rentré chez lui, il alluma sa pipe et commença à lire. Ceci, c’était la rédaction de Roger, un joyeux petit garçon à la bouche et aux yeux rieurs, et qui prenait la vie du bon côté.
« Si j’avais un million », écrivait le garçon, « je m’achèterais un magnifique chalet sur les bords du lac des Quatre-Cantons et une auto grande comme un camion de déménagement. Il me faudrait également un yacht de luxe avec un moteur. Je sillonnerais alors le lac du matin au soir, comme une flèche, et les gens nageant dans l’eau, seraient épouvantés quand je m’amuserais à les frôler. Par mauvais temps, je prendrais place dans ma voiture du tonnerre et je parcourrais à cent à l’heure, tous les cantons, et tous les gens me regarderaient et diraient : c’est Roger, le millionnaire. Voilà qui serait chic ! Comme j’aimerais être millionnaire ! »
Le professeur ferma le cahier avec un sourire, saisit le suivant qui appartenait au gros Jeannot.
« Si j’étais millionnaire, j’épouserais la cuisinière de l’hôtel de la Rose, parce qu’elle cuisine comme pas une. Il faudrait qu’elle me serve chaque jour mes mets préférés, du veau froid, en entrée, un grand plat de nouilles au gruyère, de l’oie rôtie et des fraises à la crème fouettée. Si je recevais cela tous les jours, je serais content. Je n’aurais pas d’autre désir. Ah ! si, il me faudrait encore, bien entendu, une glace aux fruits chaque jour. »
« Quel affreux gourmand », murmura le professeur, en souriant. Puis, il prit le devoir de Rosette, qui avait tendance à être coquette.
« Si j’avais un million », y lisait-on, « je m’achèterais les plus beaux vêtements, comme on en voit au cinéma. Je changerais de robe trois fois par jour, avec l’aide d’une femme de chambre, toujours comme dans les films. Et puis, je ferais moi-même du cinéma, naturellement, parce que, quand on a beaucoup d’argent, on arrive à ce que l’on veut. Je jouerais les plus beaux rôles, et les gens diraient : c’est la millionnaire, voyez comme elle joue merveilleusement bien. »
« Eh bien ! » murmura le maître, en hochant la tête « Que de rêves dans cette petite tête ». Puis venait la rédaction du petit Frédéric, le fils du forestier.
« Si je gagnais un million, je serais forestier comme mon père, car il n’y a rien de plus beau que d’être forestier, même si on est millionnaire. Mais j’achèterais alors toute la forêt, ainsi elle m’appartiendrait avec tout le gibier, et j’irais à la chasse tout seul, parce que je ne veux pas que les chasseurs du dimanche blessent le gibier. »
« Voilà qui n’est pas mal du tout, ce petit Frédéric fera son chemin », se dit le maître en lui-même. Il eut encore bien des cahiers en mains, et les châteaux en Espagne que les enfants se construisaient s’échafaudaient toujours plus haut. Enfin, il ne resta plus que le cahier de Rosine, une petite fille pauvre, dont la maman était malade. Le père était mort par accident quelques années auparavant.
« Si j’avais un million », écrivait l’enfant, « j’achèterais une petite maison avec un toit rouge et des volets verts. Et c’est là que je voudrais vivre avec ma mère, et il y aurait beaucoup de fleurs aux fenêtres. J’appellerais aussi le médecin le plus réputé auprès de ma mère, afin qu’il la guérisse. Je ne désirerais rien de plus pour moi, parce que quand je serai grande et si maman est en bonne santé, nous gagnerons assez d’argent pour ne pas souffrir de la faim. Le reste de l’argent, je l’emploierais pour les pauvres, afin qu’eux aussi n’aient plus faim et qu’ils puissent également se soigner et guérir s’ils sont malades. Ainsi, je pourrais faire beaucoup de bien, car, il me semble que celui qui possède un million doit aussi faire le bien et secourir les pauvres là où il peut. Voilà ce que j’aimerais réaliser, si j’étais millionnaire. »
Le lendemain, le professeur rendit les cahiers.
« Vous avez tous employé le million à des fins différentes », dit-il, tandis que les enfants dressaient l’oreille. « Certains d’entre vous ont écrit des choses réellement insensées, et il faut se réjouir sincèrement qu’ils n’aient point gagné le million à la loterie. Roger, avec son yacht, deviendrait probablement fou de vitesse et ne ferait rien de bien de toute sa vie. Il est plus sage pour lui d’apprendre un métier honorable, pour devenir un maître adroit et il sera ainsi plus utile à ses semblables que s’il était un millionnaire qui avale des kilomètres. »
Roger regarda son professeur d’un œil un peu sceptique. Tout cela ne lui semblait pas tellement vrai.
« Jeannot, lui, n’aspire qu’à la bonne chère. S’il faisait de tels festins chaque jour, il aurait vite une maladie d’estomac qui lui provoquerait d’horribles douleurs et il finirait bientôt à l’hôpital ou même au cimetière. Pour celui-là aussi, il vaut mieux qu’il ne gagne pas le million. »
Les enfants jetèrent un regard malicieux à Jeannot qui, à son tour, ne paraissait pas très convaincu par les paroles du maître.
« Rosette aimerait de beaux vêtements, devenir une élégante et embrasser la carrière de star de cinéma. C’est bien la chose la plus idiote, à mon avis. Tout mannequin de mode ne devient pas forcément une bonne actrice, et il vaut mieux, sans nul doute, qu’elle apprenne à cuisiner, à raccommoder et à repriser des bas. Et elle sera plus heureuse. »
Rosette baissa la tête, son joli visage tout empourpré.
« Ce qu’a écrit Frédéric, me plaît beaucoup. Il veut devenir forestier, malgré le million, et prouve son bon cœur vis-à-vis des animaux de la forêt. Je lui souhaiterais volontiers le million. Cependant, c’est Rosine qui en ferait le meilleur usage. Elle secourrait sa mère malade, et se procurerait pour elle-même une aisance modeste, donnant le reste aux pauvres. Et elle a bien raison, parce que celui qui est riche, doit faire beaucoup de bien. Et les autres n’y ont même pas pensé. Nous restons, même avec un million de fortune, les régisseurs de Dieu sur la terre. C’est pourquoi nous n’avons pas le droit de penser uniquement à nous-mêmes, mais au contraire, nous devons aider notre prochain dans toute la mesure du possible. Parce que nous devrons rendre compte à Dieu de nos biens terrestres comme du reste. C’est pourquoi je souhaiterais le million à Rosine. Elle en a fait le meilleur usage dans sa rédaction.
Les enfants rentrèrent pensifs à la maison. Le maître avait raison, sans aucun doute ; c’est Rosine qui seule avait pensé qu’avec une telle somme d’argent on devait penser également à rendre heureux ses semblables. Roger, cependant, dit à son ami, le fils du forestier :
« Dis, Fredy, tu sais, je m’achèterais quand même une auto et un yacht. Je ne serais pas forcé de faire des randonnées chaque jour, et il me resterait encore assez d’argent pour les pauvres. »

samedi 5 octobre 2019

Le conte de la grand-mère qui inventa un mot nouveau et rare"


Grand-mère ! dit le petit garçon, apprends-moi des mots neufs. Des mots encore plus beaux que ceux d'hier, plus beaux que ka-léi-dos-co-pe, plus rigolos que ceux qui font des bruits comme cla-po-tis, chu-cho-te-ments... Encore, grand-mère, encore ! La vieille femme sourit. Le temps est venu, se dit-elle. Il est prêt !
Oui, j'ai un beau mot pour toi. Je vais t'aider à le trouver...
Oh ! Oui, j'adore les devinettes, dit l'enfant en sautillant.
Voilà. C'est un mot qui contient les plus belles valeurs du monde...Un mot qui est présent en toi et tout autour de toi si tu sais le ressentir.
C'est facile ! C'est...la Vie ! Ce qui est présent en moi et tout autour de moi, c'est la Vie !
Oui bien sûr, il y a de la vie dans ce mot, d'abord de la vie. De la vie vivante, toute joyeuse. De celle qui chante dans tes oreilles chaque matin, avant même que tu ouvres les yeux. Un élan de vie qui te fait dire en regardant le ciel chaque jour : Merci pour ce bleu. Tant mieux pour cette pluie, la terre a soif. Quel vent ce matin ! Ça nettoie tout le ciel, mais fermez un peu les portes en haut, ça fait courant d'air ! Un mot qui peut dire l'élan, la fougue, l'enthousiasme. Imagine-toi grimpant vers le haut d'une colline. Tu es presque au sommet, c'est tout clair, c'est tout rond d'herbe verte. Tu marches, il y a l'air vif qui souffle à tes oreilles, tout autour s'étend à perte de vue l'immensité du paysage. C'est tellement beau que tu en as le souffle coupé. Ton cœur déborde presque. Tu te sens fort, grand et petit en même temps, léger comme un oiseau, tu te sens aussi libre que le vent. Tiens, tu pourrais t'envoler, être le vent toi-même...
C'est le bonheur, grand-mère ?
Il y a du bonheur dans le mot, oui, mais cherche encore... Quand tu mets du bon dans tout ce que tu fais, quand tu sais ouvrir tes yeux pas seulement pour voir, mais pour regarder, alors tu peux t'émerveiller de tout et d'un rien, du gazouillis d'une mésange, d'un sourire reçu, de la force du brin d'herbe qui pousse dru dans le bitume du trottoir, de la lumière d'or des étoiles. Quand une fleur devient le plus beau des bouquets du monde, que ton regard se fait caresse pour dire en silence toute ton émotion, quand tu accueilles les bras qui t'aiment et que tu es si plein de désir et d'amour que tu rayonnes comme un soleil...
J'ai trouvé, j'ai trouvé, c'est Soleil d'Amour ! C'est un petit nom que tu me donnais, grand-mère, quand j'étais petit !
Oui, tu es ce soleil-là et il y a de l'amour dans ce mot, mais cherche encore, cherche... C'est un mot qui te dit aussi d'avoir du courage, même quand il y a du gris dans ta vie. Un mot lucide qui n'exclut pas les peines et les difficultés. Un de ceux qui te permettra aussi de trouver toi-même dans chaque évènement difficile, le petit bout de ciel bleu, l'infime lumière qui te redonnera confiance en toi, et surtout en la vie qui est en toi.
C'est l'espérance !
Tu y es presque, continue, continue... Un mot qui contient la Vie, la Joie, l'Enthousiasme, la Tendresse des petits bonheurs, le Courage, le Désir, l'Amour, la Confiance, l'Espérance !
Il existe, grand-mère, ce mot qui dit tout ça à lui tout seul ?
Oui, mon petit... C'est le mot Vivance. C'est la Vivance dans la vie !
C'est un joli mot Vivance, grand-mère !
Murmure-le, écoute-le... Tu l'entends rire dès que tu le prononces...
Vivance !
C'est un mot précieux, tu sais...
Un mot près-des-cieux ?
Oui, dit-elle en souriant. Il vient certainement du ciel, peut-être même du pré-des-cieux... C'est un mot si précieux qu'il est mon héritage pour toi ! C'est qu'il me vient de loin, tu sais, de mon enfance, de ma maman à moi, de mon histoire... Il vient de toute ma lignée et je te l'offre aujourd'hui car le temps est venu... Cette Vivance, elle est la force vive qui donnera plus de vie à ta vie. Je la dépose en toi comme une graine pour qu'elle germe, qu'elle éclose, qu'elle resplendisse, qu'elle fructifie, afin qu'un jour toi aussi tu puisses à ton tour la transmettre à d'autres, à ceux que tu aimeras, que tu aideras, que tu accompagneras... Ouvre la bouche, tire la langue, ferme les yeux, mon petit Soleil d'Amour...Et...hop ! dit la grand-mère, en riant, la graine de Vivance est en toi ! N'oublie pas, c'est pour toute ta vie. La Vivance de la vie, c'est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ta propre vie.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17, 5-10


La foi comme un grain de moutarde

En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : `` Augmente en nous la foi ! ``  Le Seigneur répondit : `` La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : « Déracine-toi et va te planter dans la mer ``, et il vous obéirait
                                                                   `` Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des  champs : `` Viens vite à table `` ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : `` Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour. `` Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : `` Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir. ``  



QUESTIONS DE DISCUSSION

1. Etes-vous conscient d'un moment difficile de votre vie où votre foi semblait abondante? Êtes-vous aussi au courantdes moments difficiles où votre foi semblait mince ou peut-être inexistante?
2. Comment savez-vous si vous vivez dans la foi aujourd'hui?
3. A quoi comparerais-tu ta foi? Quel serait un bon symbole?
4. Pensez-vous de la foi plus comme une confiance en Dieu ou comme un service dévoué?
5. Que pensez-vous que Jésus essayait d'enseigner aux disciples sur leur rôle de disciples?
6. Que se passe-t-il en vous lorsque vous commencez à vous concentrer sur les récompenses ou les remerciements des autres? Est-ce que jamaisporter sur votre relation avec Dieu?



Commentaire extrait du livre d’animation octobre 2019 Mois Missionnaire extraordinaire

Folie du pardon Pour bien comprendre ce cri du c œ u r « Augmente en nous la foi », il faut se rappeler les versets précédents où le Christ invite à pardonner sept fois par jour à celui qui a péché contre nous… Il est bon de commencer ce mois missionnaire par un petit examen de conscience bidirectionnel: envers qui j’ai péché et à qui dois-je pardonner? D’ailleurs, si chacune de nos eucharisties commencent par la liturgie pénitentielle, c’est que ce prélude n’est pas facultatif, mais est l’occasion d’une plus grande liberté intérieure pour écouter la Parole et plonger dans le mystère eucharistique. Demandons au Seigneur de nous éclairer, nous illuminer pour chasser l’obscurité de nos cœurs, de nos pensées, de nos paroles, de nos actions… et même de nous révéler les omissions qui sont souvent liées à nos manques de foi!

Une petite graine de foi Si un petit grain de folie met de l’ambiance dans nos vies, une petite graine de foi peut bouleverser toute notre vie! Jésus nous rappelle que la foi n’est pas d’abord une question quantitative: il n’y a pas de curseur, de poids, de coût… il est juste question d’abandon, de confiance totale au-delà du visible: un arbre qui se jette dans la mer pour s’y planter?! On frôlerait l’absurdité, si on ne comprenait que sur l’océan de nos péchés, Dieu peut planter un arbre qui produira du fruit. C’est choisir le Logos divin et non la logique humaine. Malgré et avec mes faiblesses, Dieu, par pure grâce, peut faire des miracles… Alors, face à toutes les questions qui me bousculent, face aux souffrances des hommes et à l’apparent silence de Dieu, je suis invité non pas à dire: « où es-tu Seigneur car je ne te vois pas? » mais bien, « où demeures-tu car je veux te suivre ? »

Des serviteurs pas si simples que cela Dieu nous prend au sérieux quand nous acceptons de le suivre. Partir en mission, n’est pas si simple que cela… Ou alors, c’est très simple: savoir tout donner! Il le rappellera à ses disciples: «Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera » (Mt 16, 24). Le témoignage des missionnaires est là pour nous dévoiler comment Dieu agit. Bien souvent, ils sont arrivés sur les terres de mission en simples serviteurs, soignant et nourrissant… Et progressivement le Christ est venu s’enraciner dans le cœur de ceux qui les voyaient vivre ainsi. Osons témoigner du Christ vivant, sans trop se préoccuper de notre «niveau» de foi, mais en plongeant dans l’amour miséricordieux de Jésus.

mercredi 2 octobre 2019

La Rose et la Vigne


Vous qui me lisez,
Permettez  que je vous conte
La merveilleuse histoire de mon amie la rose.
Somptueuse et éphémère,
Enivrant de son parfum capiteux
La brise qui au passage lui prodigue sa caresse.
Histoire de vigne, histoire de Dieu !
La plus humble, la plus modeste des roses
Celle que le vent se plaît à si aisément chavirer,
Se vit attribuer le plus beau rôle du monde !

 Sur les pentes arides d’un coteau raboteux,
Une vigne entrelaçait ses ramures
Une vigne comme jamais on n’en vit
Tant, de soins attentifs, l’entourait son Seigneur :
Émondée, surveillée, étayée,
Ses grappes gorgées de jus vermeil
Donnaient  au travailleur assoiffé
La plus pure des  merveilles :
Un exquis vin grenat
A l’arôme puissant, rare, exceptionnel.
Curieux destin assigné à ma rose
Intimement lié à celui de la vigne.
Ma rose, ma fragile rose, de toute tradition
Garante de la vitalité de la robuste vigne
Attirant sur elle maladies et nuisibles
Afin que vive et s’épanouisse
Celle dont elle se voulait  la gracile protectrice.

 L’histoire de ma rose est celle de notre Christ.
Comme elle Il prend  sur lui
Nos infirmités, nos tares les plus cruelles,
Pour se porter garant de notre humanité.
A ses risques et périls,
Se porter garant de la vraie vie  de l’homme
Entre les mains du divin créateur.
Car nous sommes la Vigne du Seigneur.
Le vigneron n’est-il pas Notre Père lui-même ?
Mais la vigne c’est aussi le sang du Christ qui réconforte
Mais la vigne c’est aussi la force de Son Esprit qui édifie.

 Alors ma rose, fragile, odorante, éphémère
Tu récapitules  à travers ta petitesse, ta simplicité
La sublime histoire de l’Alliance éternelle
L’Alliance de Dieu et de l’humanité !

 E.Boissière