samedi 21 décembre 2019

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 1, 18-24

 `` Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse! ``

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.
Quatrième dimanche de  l’Avent : Faire confiance


Dans l’agitation du quotidien, nous sommes invités, comme Joseph, Paul et Isaïe, à grandir dans l’espérance en faisant confiance à Dieu et en le laissant agir de concert avec nous.

C'est le dernier dimanche de notre préparation pour Noël, l'anniversaire de la naissance du Christ. Comme Joseph, nous pouvons tous nous sentir indignes de l'honneur de l'accueillir dans nos cœurs et nos foyers.
 
Nous faisons bien souvent face à des situations délicates. Il nous arrive de partager quelque-chose du silence gêné de Joseph face à sa fiancé, Marie. À trois jours de la Nativité du Sauveur, nous avons, comme Joseph, à ne pas nous laisser troubler et à ouvrir notre cœur au Mystère, à l’inédit de Dieu. C’est justement dans la confiance en Dieu, en le laissant agir de concert avec nous, que l’on grandit dans l’espérance. Suivons l’exemple de Joseph et de tant d’autres après lui.

Piste de réflexion

Qu'est ce qui est le plus important pour moi à Noël, la fête commerciale ou la fête du partage et des retrouvailles?
 Entre recevoir un cadeau fait mains ou un cadeau acheté, quelle est ma préférence?
 J'ai combien d'argent à mettre pour les achats entourant cette fête, cadeaux, bouffe, alcool, vêtements, décoration?
Oserais-je proposer à mes proches d'y aller mollo sur les emplettes?
 Est-ce qu’offrir du «temps» en cadeau est une manière originale de montrer que je les aime?


Prière pour l'Avent 2020

Dieu a choisi de se faire attendre
Dieu, tu as choisi de te faire attendre tout le temps d'un Avent.
Moi je n'aime pas attendre dans les files d'attente.
Je n'aime pas attendre mon tour.
Je n'aime pas attendre le train.
Je n'aime pas attendre pour juger.
Je n'aime pas attendre le moment.
Je n'aime pas attendre un autre jour.
Je n'aime pas attendre parce que je n'ai pas le temps et que je ne vis que dans l'instant.
Tu le sais bien d'ailleurs, tout est fait pour m'éviter l'attente : les cartes bleues et les libre services, les ventes à crédit et les distributeurs automatiques, les coups de téléphone et les photos à développement instantané, les télex et les terminaux d'ordinateur, la télévision et les flashes à la radio...
Je n'ai pas besoin d'attendre les nouvelles, elles me précèdent.
Mais Toi Dieu, tu as choisi de te faire attendre le temps de tout un Avent.
Parce que tu as fait de l'attente l'espace de la conversion, le face à face avec ce qui est caché, l'usure qui ne s'use pas.
L'attente, seulement l'attente, l'attente de l'attente, l'intimité avec l'attente qui est en nous parce que seule l'attente réveille l'attention et que seule l'attention est capable d'aimer.
Tout est déjà donné dans l'attente, et pour Toi, Dieu, attendre se conjugue Prier.
Père Jean Debruynne

mercredi 18 décembre 2019

LA PETITE SOURIS ET LA BOUGIE, conte de Noël


Il était une fois une pauvre petite souris qui vivait dans une belle et vaste église.
Mais dans une église, il fait froid et la nourriture est rare.
Alors, lorsqu’à quelques jours de Noël, un doux parfum de miel flottât tout à coup dans l’édifice, la petite souris fut-elle attirée.

« Mhum, d’où peut bien venir ce délicieux parfum »?
Elle se laissa guider par son odorat et ne tarda pas à se trouver face à une grande bougie autour de laquelle on avait disposé des branches de sapin.
« Oh ! Que tu sens bon » s’exclama la petite souris ».
« Qu’est-ce que mon parfum à côté de ma lumière » ?  répliqua la bougie.
« J’aimerais tant te voir allumée »,  rajouta la souris.
« Je ne viens dans cette église que lorsqu’il y fait sombre ».
Alors, la bougie décida de briller pour la souris et rien que pour elle.
A l’issue d’un office, parce qu’elle n’avait pas été correctement mouchée,  la bougie retint dans sa mèche, une faible étincelle.
Quand plus personne ne prit garde à elle, elle se remit à brûler, aidée par un léger courant d’air.
Quand la souris la vit, dans cette grande et obscure église, sa voix s’étrangla. Jamais elle n’avait vu pareille beauté.
La faible lueur de la bougie transformait l’obscurité de l’église en un jeu d’ombre et de lumière prodigieux.
« Oh, que c’est beau », chicota la petite souris, tout en s’approchant de la bougie dont la lumière éclairait tout ce qui l’entourait.
La pauvre souris se sentait tellement bien près d’elle.

C’était comme en été, lorsqu’elle trouvait une pierre bien chaude pour se reposer.
« Merci », chuchota la souris
« Merci. Jamais mon église n’avait été aussi belle ».
Cette remarque fit sourire la bougie et ce sourire la fit paraître plus petite.
Longtemps, longtemps, la souris se tint assise à côté de la bougie près de laquelle tout n’était que chaleur, lumière et beauté. Elle avait l’impression de baigner dans sa lumière et sa chaleur. Elle jouissait pleinement de cette nuit
Soudain, la souris fut prise de panique.
« Mais tu es devenue toute petite »
« Et ce n’est que maintenant que tu le remarques », répondit la bougie d’une voix faible.
« Approche toi, je vais te dévoiler un secret », murmura-t-elle.
La petite souris dressa les oreilles.
Alors, la bougie en cire d’abeille commença à parler.
« Petite souris, le bonheur c’est de brûler et  se consumer. Tu comprends » ?
Pour toute réponse, la petite souris secoua la tête.
« Je t’explique : ce que nous avons vécu ensemble, petite souris, n’a été possible que parce que je n’ai pas hésité à diminuer.
Si j’avais voulu rester grande, belle et odorante,  jamais je n’aurais eu le plaisir de lire le bonheur dans tes jolis petits yeux. Jamais, je n’aurais pu partager ta joie, si je n’avais pas permis à une petite étincelle de raviver ma mèche pour  me faire briller pour toi.
Sans ma lumière, l’église serait à présent obscure et froide et non pas chaleureuse et illuminée ».
« Je comprends », dit la souris. « C’est parce que tu te consumes et que tu diminues, que je suis contente. Par ta lumière et ta chaleur, tu te donnes à moi. »
« C’est bien dit », répliqua la petite bougie en cire d’abeille.
« Oui, je m’offre à toi pour te rendre heureuse ».
La petite souris fixa de ses yeux écarquillés la petite bougie qui ne cessait de rétrécir :
« Le bonheur, c’est de brûler et se consumer », murmura-elle.

La bougie approuva par un signe affirmatif et resplendit, pendant quelques instants, d’une clarté encore plus vive. Sa lueur éclairât le visage de bois du Christ crucifié sur la croix posée sur l’autel. Dans ce visage, la souris crut deviner un sourire.
Par la suite, à maintes reprises, elle profita de moments de tranquillité pour venir regarder ce Jésus, tout en songeant à la bougie en cire d’abeille et à la phrase qu’elle avait prononcée :
« Je m’offre à toi afin que tu sois heureuse ».

samedi 14 décembre 2019

PRÉPARONS NOËL


J’ai lu, je ne sais plus dans quelle revue, l’histoire suivante. Dans un temps de disette, par une rude et froide journée d’hiver, une pauvre femme inconnue avait parcouru le village, mendiant de porte en porte.
Ses vêtements étaient propres, mais bien usés et rapiécés. Comme la neige tombait en abondance et que le vent soufflait avec force, la pauvre femme avait serré autour de sa tête un fichu qui cachait en partie ses traits. Elle tenait à la main droite un bâton et au bras gauche un panier. Dans la plupart des maisons, on ne lui donnait qu’une misérable aumône ; quelques fermiers - à leur aise cependant - la renvoyèrent même avec dureté. Un seul villageois - et non un des plus riches - la fit entrer dans la cuisine où régnait une douce chaleur, et la fermière, qui sortait du four un beau gâteau doré à point, en donna un gros morceau à la mendiante, qui, réchauffée, réconfortée, reprit sa route.
  Quelques jours plus tard, les villageois furent tout surpris de recevoir une invitation de Mme la Comtesse, qui les priait à souper à son château. C’était bien la première fois que la châtelaine faisait une telle invitation ! Les braves paysans mirent leurs plus beaux atours et, un peu intimidés, arrivèrent au château à l’heure indiquée.
 Des domestiques, bien stylés, les aidèrent à ôter manteaux, chapeaux et galoches et les introduisirent dans la salle du festin. Une grande table avait été dressée, elle était couverte de pièces d’argenterie, de cristaux, de fleurs. Chacun trouva sa place indiquée par une jolie carte fleurie.
 Mais quelles ne furent pas la surprise et l’indignation des convives, de voir les valets leur apporter des assiettes contenant quelques croûtes de pain, un bout de fromage moisi, ou un os …
  Seule une famille, assise près de la châtelaine, était servie de mets succulents : poulet rôti, salade, légumes rares.
 Des murmures s’élevèrent dans la salle :
  - On se moque de nous ! C’est honteux ! …
  La châtelaine s’était levée, tous les yeux se fixèrent sur elle : l’énigme allait être expliquée.
  - Mes amis, dit-elle, la mendiante qui s’est présentée chez vous, il y a quelques jours, c’était moi ! J’ai voulu mettre à l’épreuve votre bienfaisance. Hélas ! J’ai été déçue, car seule, dans tout le village, une famille m’a reçue avec bonté et a partagé avec moi ce qu’elle possédait. Les autres …  voyez ce que vous avez donné, tout est là.
   On imagine facilement les sentiments que ces invités ont pu éprouver en écoutant ces paroles : Oh ! S’ils avaient su qui ils recevaient ce jour-là !
 Il y a près de vingt siècles que le Roi des rois est venu dans ce monde en prenant une forme de serviteur. Au moment où nous nous préparons à célébrer ce grand événement de l’histoire, fixons nos regards sur Jésus qui, de riche qu’il était, s’est fait pauvre pour nous, et offrons-lui notre adoration. Mais que nos regards se tournent aussi vers l’avenir, vers ce second Noël qui sera l’avènement du Fils de Dieu, dans la puissance et dans la gloire. Et puisque Dieu nous a aimés jusqu’à envoyer son Fils unique pour nous sauver, que Jésus n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en devenant semblable aux hommes, soyons les messagers de cet amour autour de nous, et que nos yeux soient ouverts sur les autres. Car Jésus a dit : « Toutes les fois que vous avez fait du bien à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11, 2-11


Es-tu Celui qui doit venir ?

 En ce temps-là,  Jean le Baptiste  entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisés par le Christ. Il lui envoya ses disciples  et, par eux, lui demanda: `` Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? `` Jésus leur répondit :``Allez  annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et  les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent  la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute! `` Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : ``Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? Un roseau agité par le vent ?…Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme habillé de façon raffinée? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi’. Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont né d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que  Jean le Baptiste;  et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. ``

Question


 Quelle avait été la mission de Jean-Baptiste selon Matthieu 3: 3 ? 
Qu'est-ce que Jean-Baptiste demandait à ses disciples de découvrir sur Jésus?
Est-ce que je regarde avec le cœur et me réjouis des jolies choses dans ma vie et celle des autres ?
Que fait Jean-Baptiste de sa prison? Pourquoi envoie-t-il ses disciples vers le Christ?
À quoi les invite Jésus?
Et nous quels signes avons-nous de la présence et de la venue de Jésus?


La joie de l’espérance

La joie est au rendez-vous pour ceux et celles qui se laissent interpeller par les promesses annoncées par les prophètes de bonheur. Jésus Christ est bien celui qui doit venir, car ses œuvres manifestent  que le royaume des Cieux est déjà présent.

Jésus invite les amis de Jean Baptiste à être des témoins : ils doivent aller lui dire ce qu’ils ont vu de leurs propres yeux et entendu de leurs propres oreilles : ces aveugles qui voient, ces boiteux qui marchent… Ainsi, Jean Baptiste sera rassuré, heureux. Même s’il est en prison, grâce aux signes que ses amis ont vus, il saura que Jésus est le Sauveur promis par Dieu. Croire que Dieu vient nous sauver, cela s’appelle la foi. Cela nous aide à supporter nos peines de chaque jour et cela nous donne une joie plus grande encore.

La Bonne Nouvelle ! Qu’annonce la Bonne Nouvelle de Jésus ? …………………………………………………………………………………………………………………………
Aujourd’hui, la Bonne Nouvelle de Jésus est-elle facilement réalisable ? .......................................................................................................................



Prions

Noël arrive, je veux me préparer
Je voudrais remplir ma maison de lumières !
J’accrocherai des étoiles
Dans MES YEUX pour mieux voir toutes les lumières qui m’entourent
Dans MES OREILLES pour entendre plus clairement ceux qui me parlent et même ceux qui sont silencieux
Dans MES MAINS pour donner quelques étincelles de courage et de tendresse à ceux qui sont tristes
Sur MA BOUCHE pour que mes mots ne soient jamais remplis d’obscurité, de laideur.
Noël, viens Jésus étoile du cœur !
Rends droits mes chemins pour que je marche vers toi, dans la joie et l'espérance.

mercredi 11 décembre 2019

L’épicéa de Noël Conte de l'Avent


Il était une fois un petit arbre chétif perdu dans une grande et vaste forêt peuplée de grands arbres fiers. Le malheureux était écrasé par la hauteur et la puissance de ses voisins. Il avait à subir leurs moqueries tout autant que leur mépris. Il s’en désolait d’autant que lorsque des enfants passaient non loin de lui, ils n’avaient pas un regard pour lui
Le brave petit sapin voulait qu’on lui accorde un peu de considération, lui qui contrairement aux feuillus prétentieux gardait ses épines toute l’année. Il en vint à les jalouser, se mit à croire que c’est parce que, à l’automne, ils se parent de toutes les couleurs avant de perdre leurs feuilles qu’ils étaient ainsi l’objet de l’admiration de tous.
Il en appela à Merlin, le mage de la nature, le brave sorcier qui vivait non loin de là. « Gentil Merlin, accorde-moi des épines de toutes les couleurs. Que l’on me regarde enfin ! » Merlin s’amusa de cette requête, elle lui sembla quelque peu déplacée, le vert sied aux arbres pour assurer la fonction chlorophyllienne, mais le sapin était bien trop petit pour comprendre cela. Il demanda aux lutins de la forêt de venir peindre les aiguilles de leur ami à la condition de prendre une peinture à l’eau pour ne pas le tuer.
Ainsi fut fait selon le désir du petit arbre. Les lutins firent si bien que les enfants s’arrêtaient devant le sapin, s’exclamant devant cet arbre de toutes les couleurs. Ils firent grande ronde autour de lui. Mais l’hiver approchait, la pluie chassa tout les gamins de l’endroit et quand ils revinrent, ses épines avaient retrouvé leur couleur verte.
Le petit sapin avait connu son heure de gloire, il devait s’en satisfaire. C’est alors qu’il remarqua qu’à l’approche de Noël, les adultes venaient dans les bois ramasser des branches de houx et du buis pour décorer leurs demeures. Il en fut jaloux et s’interrogea sur cette curieuse préférence. « Voilà deux plantes qui gardent leurs feuilles, qu’ont-elles de plus que moi ? »
Il se gratta le faîtage avant de comprendre que les petites boules rouges devaient égailler les intérieurs austères au moment de cette belle fête. Il sollicita une fois encore son ami Merlin. « S’il te plaît gentil mage, demande à tes lutins d’aller chercher des pommes de toutes les couleurs dans les bois et de les accrocher à mes branches ! » Ce qu’on demande à Merlin quand on est sage, on l’obtient toujours.
Les lutins choisirent des petites pommes rouges et d’or qui donnèrent à notre épicéa fière allure. Une fois encore, les enfants se précipitèrent pour l’admirer. Ils s’exclamèrent avant que de voler un à un les jolis fruits pour les dévorer. Le petit sapin se retrouvait à nouveau nu et abandonné, n’ayant plus de raison d’attirer l’attention.
La Nuit de Noël arriva, le ciel se para cette nuit -là de milliers d’étoiles. Que c’était beau, que c’était émouvant. Le petit sapin levait les yeux au ciel. Il se dit que jamais il n’avait vu plus merveilleux spectacle. Il eut alors une idée et une fois encore sollicita Merlin. « Gentil mage, pourrais-tu ordonner à tes lutins de décrocher quelques étoiles au ciel pour venir les poser sur mes branches ? ».
Merlin ne voulut pas contrarier l’épicéa. Dans sa naïveté, il ignorait sans doute que l’on ne peut décrocher pas plus la Lune que les étoiles. Il se dit qu’il pouvait mettre à l’ouvrage ses lutins et leur demanda de découper des étoiles dans des cartons dorés et pour faire bonne mesure, de leur associer des bougies éclairées pour leur donner la lumière du ciel.
Les lutins firent ainsi et le lendemain, jour de Noël, le petit sapin brillait de mille flammes. Les enfants, qui en ce temps lointain n’étaient pas couverts de cadeaux, avaient encore du temps après avoir mangé le pain d’épices et l’orange qu’on leur avait offerts, pour courir les bois. Ils se précipitèrent autour du sapin magnifique. Lui firent des compliments pour sa beauté. Le petit sapin était aux anges.
Les bougies finirent par s’éteindre, les étoiles en carton doré tombèrent elles aussi au fil du temps. Le sapin pourtant avait cette fois conservé l’amitié d’un enfant qui avait aimé toutes ses transformations. Il venait chaque jour lui rendre visite, lui parlait, lui disait qu’il avait une belle idée et qu’il devait patienter une année pour retrouver son jour de gloire.
Le sapin était heureux. Il avait un ami. Il n’en demandait pas plus. Le temps passa ainsi jusqu’au Noël suivant. Quelques jours avant, l’ami du sapin arriva avec son père. L’homme avait une pelle à la main. Il fit un grand trou autour de l’arbre, le déposa délicatement dans une vaste caisse remplie de terre. Puis tous deux flanqués du sapin, rentrèrent chez eux.
Durant cette curieuse journée, le gamin accrocha des pommes de toutes couleurs sur les branches de son ami, il ajouta des brins de laine pour retrouver les couleurs de l’automne et découpa à son tour des étoiles dorées. Il fixa aussi quelques bougies et ainsi fit le premier sapin de Noël. La maison de l’enfant brillait dans la nuit. Tout autour, des curieux vinrent regarder par la fenêtre cet arbre qui donnait de la couleur à la plus longue nuit de l’année.
Parmi eux, Merlin vint lui aussi faire le curieux, flanqué de ses lutins. C’est l’une de ses petites créatures qui glissa quelque chose à l’oreille du vieux magicien. Le temps était passé pour lui de créer le monde. Il s’ennuyait depuis quelques temps et la belle idée du lutin fit son chemin. L’année suivante, la nuit précédant Noël, toutes les maisons du pays avait leur sapin décoré. Des sapins dans des caisses remplies de terre afin de les replanter ensuite.
Merlin, quant à lui s’habilla d’une grande cape rouge, demanda à ses lutins de préparer des pains d’épices et des oranges pour tous les enfants du Monde. Toute la nuit, là où un sapin était décoré, il déposa à ses pieds quelques friandises pour les gamins de la maison. Merlin n’était plus, il devint ce soir-là le Père Noël, il restait un gentil magicien et cette fois, il aurait désormais du travail pour les temps à venir.
C’est ainsi que cette merveilleuse histoire n’aurait jamais débuté si un petit sapin n’avait pas voulu se faire beau. Merlin retint la leçon et mit désormais comme condition pour récompenser les enfants qu’ils aient été sages durant l’année. J’espère qu’il n’a pas oublié cette réserve, de nos jours, ils ont trop tendance à penser que tout leur est dû.
Sylvestrement leur

mardi 10 décembre 2019

La chaleur de Noël (Conte de Noël)


L’autre jour, en traversant la forêt enneigée, j’ai vu filer devant moi un renard, rapide comme l’éclair. Avant de disparaître derrière un monticule de neige, il se retourna vers moi, me faisant un clin d’œil. Quelle ne fut pas mon étonnement quand je remarquai qu’autour de son cou, il portait une écharpe rousse brillant de mille feux. Il s’enfuit ensuite dans une gerbe de neige et je me retrouvai à nouveau seule. Avançant péniblement sur le chemin dans lequel je m’enfonçais, j’écoutais les oiseaux s’en donner à cœur joie, distillant au sommet des branches des mélodies gracieuses qui me rappelaient confusément certains chants de mon enfance.
Sur une branche de sapin lourdement chargée de neige et traînant presque à terre, une mésange, dont le charmant pépiement surpassait les autres notes, battit des ailes à mon passage. Je vis que son tout petit cou était orné d’une minuscule étoffe jaune et noire. Étonnée, je continuai cependant mon avancée, sentant confusément que flottait partout un parfum de mystère.
Alors que je peinais de plus en plus sur le chemin, je remarquai qu’une piste s’enfonçait dans le sous-bois sur ma droite. Impossible pour moi de rester sur ma route, une force invisible me poussait à emprunter ce nouveau sentier. Je tentai de me retourner mais sans succès et il fallut donc me résoudre à accepter cette invitation. C’est alors que je distinguai devant moi une biche gracieuse qui gambadait avec agilité. Un bonnet surmonté d’un gros pompon de la couleur de son pelage ornait sa tête délicate et ses yeux noirs, lorsqu’elle se retourna pour voir si je la suivais, me lancèrent un regard espiègle.
Je ne compris pas comment je me retrouvai une seconde plus tard au milieu d’un cortège d’animaux : des chevreuils devisaient entre eux, un gros blaireau se dandinait en compagnie d’un hérisson, un chamois racontait ses escapades montagnardes à un bouquetin qui l’écoutait l’air un peu jaloux pendant qu’une ribambelle d’écureuils distribuaient des noisettes à tout le défilé. Des merles et des mésanges voletaient entre les branches pendant qu’un casse-noix jacassait en compagnie d’une marmotte bien boulotte et un majestueux cerf élaphe paradait au milieu d’un parterre de louveteaux fougueux. Un faon s’approcha de moi, glissant sa charmante tête sous ma main pour une caresse. Mais ce qui me sembla le plus fabuleux, c’était que chaque animal portait un vêtement en laine assorti à la couleur de son plumage ou de son pelage. Ainsi, l’ours qui marchait à ma gauche paradait avec une superbe pelisse en laine épaisse et brune et à ma droite un mouflon trottait, son puissant cou emmitouflé dans une étole somptueuse. En me retournant pour voir qui devisait derrière moi d’une petite voix si aigüe, je ne pus que m’extasier sur le manteau d’une blancheur étincelante de Dame hermine.

Notre procession a duré longtemps. Soudain, un chalet en bois surgit dans la clairière où se reposaient de nombreux moutons. De la fumée sortait de la cheminée alors que des ombres furtives s’affairaient à l’intérieur. La porte s’ouvrit et un très vieil homme barbu salua de la main tous les animaux réunis. Un énorme tonnerre d’applaudissement retentit et se répercuta très loin à la ronde.
Des lutins surgirent alors derrière le gros bonhomme et m’apportèrent une écharpe blanche et scintillante. Il me fit signe de l’enrouler autour de mon cou, ce que je fis et à l’instant même, je fus envahie d’une douce et intense chaleur. Le bonhomme affable me fit entrer ensuite à l’intérieur et je compris enfin. Dans une ambiance féérique qui sentait le pain d’épice, une multitude de lutins tricotaient des habits pour tous les habitants de la forêt mais également pour les gens de passage venus de très loin. Les moutons donnaient la précieuse laine qui était ensuite travaillée, colorée et tricotée par des mains expertes. Dès la fin de l’automne, chaque animal prenait le chemin du chalet en bois et recevait son cadeau, l’hiver étant ainsi bien plus chaud et douillet pour chacun d’entre eux. Et la demeure était devenue un havre de paix et de chaleur où ils se retrouvaient régulièrement pour se reposer dans une douce ambiance.
Ce jour-là, solstice de l’hiver, la cohorte des animaux était venue spécialement remercier leur bienfaiteur et tous ses ouvriers. Une fanfare de farfadets se mit alors en place et les animaux reprirent en chœur des mélodies de Noël, pendant que des enfants bien emmitouflés et venant de tous les pays du monde distribuaient biscuits et autres friandises.
S’approchant de moi, le vieil homme murmura une requête à mon oreille. Puis, quand il me serra la main, je sentis une force prodigieuse qui me renvoya directement au milieu de mon salon, comme hébétée, à l’ombre de mon sapin de Noël.
Pendant tout cet hiver-là, j’ai porté la belle écharpe et aujourd’hui, en souvenir du vieux bonhomme, je vous livre son message : « N’oubliez jamais de donner la chaleur de votre cœur à toutes celles et ceux qui croisent votre chemin et qui ont froid tout au fond d’eux ».

samedi 7 décembre 2019

Conte : l'étoile de Noël


`` Il y a très longtemps, dans un village perdu au creux d’une vallée, vivait un homme si méchant et si dur que les enfants du village l’avaient surnommé "Cœur de pierre".
Sa maison était la dernière du village et ses volets étaient toujours clos. Quand l’hiver arrivait, il passait ses journées à compter l’argent que ses récoltes lui avaient rapporté. Seule une bougie éclairait ses pièces d’or ; le reste de la maison était plongé dans l’obscurité.
Tout le monde fuyait "Cœur de pierre". Les oiseaux ne chantaient jamais au-dessus de sa maison. Même la neige semblait hésiter à déposer ses blancs flocons. La veille de Noël arriva. Au village, toutes les rues étaient illuminées. Le soir, malgré la neige et le froid, les enfants voulurent aider leurs parents à décorer le grand sapin qui trônait sur la place.
Ils attendaient avec impatience le moment où ils verraient l’étoile scintiller au sommet de l’arbre. Soudain, l’étoile fut là, belle et lumineuse. `` Oh ! dirent les enfants, que c’est beau ! `` Les façades des maisons se mirent à briller. Les cinq branches de l’étoile s’étiraient pour rayonner davantage encore, tant et tant que leurs rayons se faufilèrent entre les volets de la maison de "Cœur de pierre".
Ébloui, il hurla : "Mais que se passe-t-il donc ?" La lumière éclairait ses murs gris. "Mon Dieu, que ma maison est triste ! ", se dit-il. "Cœur de pierre" s’aperçut alors que personne n’y venait jamais et que son argent ne lui servait à rien. Il se mit à pleurer. Cela ne lui était jamais arrivé. A ce moment-là, il entendit des pas dehors. Guidés par l’étoile, les enfants venaient le voir, un peu inquiets. Lorsqu’ils poussèrent la porte de sa maison, ils découvrirent des larmes dans les yeux de celui qu’ils appelaient "Cœur de pierre".
L’homme avait levé la tête. Il lui semblait que c’était la première fois qu’il voyait ces enfants. Il les invita à entrer. Alors, l’étoile se retira doucement pour aller éclairer d’autres maisons tristes. Mais l’homme garda en lui cette lumière. Le lendemain matin, tous les gens du village trouvèrent une pièce d’or devant leur porte.
Et quand l’homme revint chez lui, il entendit les oiseaux qui chantaient pour lui au-dessus de sa maison. ``