samedi 11 janvier 2020

LE BAPTÊME DE JÉSUS histoire


Ce soir, Jésus range un à un tous les outils de l’atelier : scie à main, maillet, ciseau à bois… Il pense à Joseph, son père. C’est avec lui qu’il a appris le métier de charpentier ; à clouer, raboter, scier les planches. Il regarde les mots écrits sur le bois à côté de la porte : « Écoute Israël, tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force. » Il pense à Marie, sa mère, qui lui a appris toutes ces prières. Jésus habite le village de Nazareth depuis toujours. Il connaît tout le monde ici. Les petites rues étroites du village lui rappellent les parties de cache-cache interminables avec les autres enfants. Les champs d’oliviers tout autour lui rappellent les heures passées à discuter avec son cousin Jean. Demain, il partira, avant même que le soleil se lève. C’est décidé, il va rejoindre son cousin Jean.

Jésus marche longtemps. Jean habite maintenant au bord du fleuve Jourdain, à la limite du désert. Il est devenu un prophète, il parle au nom de Dieu. Toute la journée, Jean annonce le Royaume de Dieu, qui est proche. Des foules entières viennent l’écouter et lui demandent ce qu’il faut faire pour se préparer. Jean les baptise dans l’eau, il les plonge dans le Jourdain pour laver leur cœur des méchancetés et les aider à changer de vie. Tous attendent avec impatience le Royaume de Dieu.

 Jésus s’avance vers Jean. Comme la foule, Jésus veut lui aussi être plongé dans le Jourdain. Jean est étonné. Il connaît bien Jésus. Il n’a pas besoin d’être baptisé. Il est si proche de Dieu ! Jésus insiste. Alors Jean entre dans l’eau avec lui. Ils avancent jusqu’au milieu du Jourdain. Jean met la main sur la tête de Jésus et le plonge entièrement dans le fleuve. Jésus disparaît un instant dans l’eau, puis il se redresse, relève la tête. Ses cheveux dégoulinent.

Alors, Jésus ferme les yeux et se met à prier Dieu, son Père des Cieux. Le ciel s’ouvre : une forme d’oiseau, d’une blancheur éblouissante, descend vers eux. Comme une colombe, l’Esprit de Dieu vient se poser sur Jésus et une voix venue d’en haut dit : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j’ai mis toute ma joie. » Tous entendent la voix et ils répètent les mots venus du ciel : — Tu es mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis toute ma joie. Ils se disent entre eux : — Jean disait vrai, le Royaume de Dieu est tout proche. Jésus, le fils de Joseph et de Marie, est aussi le fils bien-aimé de Dieu le Père ! Ils sont tous émerveillés et le cœur de Jean est plein de joie. Jésus remonte sur la rive. Ce soir, il ne retournera pas chez lui, à Nazareth. Son travail de charpentier est terminé. Il commence une nouvelle vie. L’Esprit de Dieu le pousse sur d’autres chemins. Il est temps pour lui d’aller annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Il est temps pour lui d’aller à la rencontre des hommes et des femmes que Dieu le Père aime tant.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 3,13-17


Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour.

Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »



Question

Qui a baptisé Jésus? 
Où est-ce que Jésus a été baptisé?

Pourquoi Jésus a-t-il été baptisé?
Pourquoi Jean voulait-il empêcher Jésus?
À qui la voix du ciel a-t-elle parlé?
Quel symbole a montré que Dieu était satisfait du baptême de Jésus? 


Résumé de l'histoire:


Jésus a été baptisé dans le Jourdain par son cousin Jean. Il avait 30 ans. Jésus n'a pas été baptisé parce qu'il avait besoin de se repentir de son tort, mais parce qu'il voulait faire tout ce qui était juste. Il a «accompli toute justice». Son Père céleste était «bien content».

Étude de fond:


Le baptême de Jésus a marqué le début officiel de son ministère. C'est le moment où Jésus a publiquement montré son choix de suivre la volonté de Dieu. Jusqu'à cette époque, il vivait probablement à Nazareth en tant que charpentier comme Joseph. Jésus a probablement marché environ 70 miles de Nazareth au Jourdain près de Jéricho. Il devait savoir qu'il était important d'être baptisé.
Jean n'était pas encore sûr que Jésus soit le Messie, mais il savait qu'il serait plus approprié que Jésus le baptise ( Luc 3: 3 ). Jean et Jésus se sont probablement connus personnellement, même s'ils vivaient loin l'un de l'autre. Leurs mères étaient apparentées ( Luc 1:36 ), et ils se sont peut-être vus lorsqu'ils sont allés à Jérusalem pour la Pâque et d'autres fêtes. Il est possible que les parents de Jean lui aient parlé de la naissance miraculeuse de Jésus.
Jésus n'avait pas besoin de se repentir ni de se faire pardonner car il n'avait jamais rien fait de mal. Mais il voulait tout faire correctement. Quand Jésus expliqua cela, Jean le baptisa. Les raisons de son baptême étaient:
·         Cela montrait qu'il remplissait toutes les exigences du Messie.
·         Lors du baptême, il fut officiellement annoncé comme étant le Messie.
·         Jésus s'est complètement identifié avec les défauts de l'homme ( 2 Corinthiens 5:21 ).

·         Son baptême était un exemple pour ses disciples. Rappelez-vous qu'il s'agissait du «baptême de Jean» et non du même baptême que celui décrit dans Actes 2. Le baptême de Jean était un baptême montrant le repentir. Le baptême après la résurrection de Jésus était - et est - un acte qui nous identifie à la mort, à l'inhumation et à la résurrection de Jésus ( Romains 6: 1-14 ).

Jean avait baptisé beaucoup de gens, mais il n'avait jamais rien vu de tel auparavant! Il y avait une ouverture dans le ciel et l'Esprit de Dieu, le Saint-Esprit, est descendu pour se poser sur Jésus. Nous ne savons pas à quoi ressemblait l'Esprit ni comment les gens savaient qu'il s'agissait de l'Esprit. Cela ressemblait-il à une colombe ou est-il simplement descendu? Peut-être que l'Esprit a pris un corps comme une colombe pour que Jean et Jésus puissent le voir. Quand Jean le vit, il sut que Jésus était le Christ, le roi dont Jean avait parlé aux gens ( Jean 1: 32-33 ). Le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont tous été révélés ensemble à cette occasion.
La venue du Saint-Esprit aurait suffi à laisser savoir à Jean que Jésus était vraiment le Christ, le roi, mais Dieu ajouta aussi sa propre déclaration. Il a déclaré non seulement que Jésus était son fils, mais aussi qu'il était satisfait de son fils (Matthieu 3:17). Bien sûr, Dieu avait déjà été heureux avec Jésus, mais maintenant, il était particulièrement heureux parce que Jésus voulait faire tout ce qui était juste. Jésus a accompli toute la justice.

mercredi 8 janvier 2020

Conte Chantons la vie PETIT HOMME


Petit Homme est triste. Il est seul. Il n'a pas de couleur. Personne ne joue avec lui. Il n'est pas comme Abédi qui a la peau noire. Il n'est pas comme Sahim qui a la peau bronzée ou comme Alice aux beaux cheveux blonds. Il n'a pas de couleur. Alors un beau matin Petit Homme se décide. Il faut que cela change. Il part chercher des amis.
Petit Homme marche, marche longtemps. Bientôt, il arrive dans un pays baigné de soleil. Il est fatigué et trouve agréable de se reposer à l'ombre d'un grand arbre. Il s'allonge dans les hautes herbes et bientôt, il s'endort.
Tout à coup, une douce voix le réveille :
- Bonjour, qui es-tu ?
- Petit Homme. Et toi, qui es-tu ?
- Moi, je m'appelle Dandé. Que fais-tu là ?
- Je cherche des amis. Là d'où je viens, je suis si seul parce que je n'ai pas de couleur.
- Je ne peux pas te donner de ma couleur, ni celle du soleil mais, suis-moi, le sage de mon village t'aidera.
Arrivés au village, Dandé et Petit Homme s'approchent de la case du sage. Dandé explique l'aventure de son ami Petit Homme. Le sage écoute avec attention et réfléchit longtemps. Puis il va chercher une petite boite qu'il donne à Petit Homme :
- Voici une boite magique, mais tu ne l'ouvriras que lorsque tu seras de retour chez toi.
Petit Homme salue ses amis noirs, regarde une dernière fois ce pays baigné de soleil et s'en va. Il est un peu moins triste en pensant à Dandé. Il se demande ce que peut bien contenir sa boite magique.
Petit Homme marche, marche longtemps… et un matin, il arrive dans un immense pays bercé par les vents. Une petite fille joue avec un magnifique cerf-volant rouge. Il s'approche tout près d'elle mais n'ose pas lui parler. Tout à coup la petite fille s'aperçoit de sa présence et se retourne. Elle a de beaux yeux bridés.
- Oh ! Tu es drôle, toi, tu n'as pas de couleur ! Bonjour, je suis Tchin-Tchan. Et toi, qui es-tu ?
- Oh, moi, je suis Petit Homme. Il allait repartit tout triste quand Tchin-Tchan lui demanda :
- Que veux-tu ?
- Je cherche des amis. Là d'où je viens, je suis si seul parce que je n'ai pas de couleur.
- Je ne peux pas te donner la couleur de ma peau, ni celle du cerf-volant, mais, suis-moi, le sage de ma famille t'aidera.
Tchin-Tchan et Petit Homme arrivent bientôt chez le sage. Tchin-Tchan raconte l'histoire de son ami. Le sage écoute avec attention et réfléchit longtemps. Puis il donne un petit paquet mystérieux à Petit Homme.
- Voici un paquet magique, mais tu ne l'ouvriras que lorsque tu seras de retour chez toi.
Petit Homme salue ses amis aux yeux bridés, joue avec le magnifique cerf-volant rouge et s'en va. En marchant, il pense à Dandé dans son pays de soleil et à Tchin-Tchan avec son magnifique cerf-volant rouge. En pensant à ses amis, il a le cœur gai.
Bientôt, il arrive dans un immense désert. Pas un arbre, pas un seul nuage dans le ciel tout bleu. Petit Homme aimerait bien se reposer. C'est alors que derrière une colline de sable, il aperçoit un petit village. Près du puits, il rencontre un enfant à la peau mate, tout de bleu vêtu.
- Bonjour, je suis Petit Homme. J'ai beaucoup marché car je cherche des amis. Là d'où je viens, je suis si seul parce je n'ai pas de couleur.
- Bonjour, moi, je m'appelle Ali. Je veux bien être ton ami. Je ne peux pas te donner la couleur de ma peau ni celle du ciel, mais suis-moi, le chef de mon village t'aidera.
Ali et Petit Homme arrivent près de la maison du chef. Ali explique l'aventure de son ami. Le chef écoute avec attention et réfléchit longtemps. Puis il va chercher une petite boite qu'il donne à Petit Homme :
- Voici une boite magique, mais tu ne l'ouvriras que lorsque tu seras de retour chez toi.
Petit Homme salue ses amis tout de bleu vêtus et s'en va. Il a hâte de retourner chez lui. I veut savoir ce que contiennent ces trois boites magiques. Tout en pensant à Dandé, Tchin-Tchan et Ali, il arrive chez lui.
Tous les enfants entourent Petit Homme et lui demandent de raconter son aventure. Petit Homme parle de ses rencontres avec Dandé, Tchin-Tchan et Ali. Il montre les trois boites magiques.
Un des enfants lui dit :
- Allez, Petit Homme, ouvre-les maintenant tes boites, puisque tu es de retour chez toi.
Alors, Petit Homme, avec beaucoup de précaution, ouvre les trois boîtes magiques. Et…oh ! Surprise ! De chaque boîte s'envole un rayon de couleur, le jaune du soleil de Dandé, le rouge du cerf-volant de Tchin-Tchan, le bleu des habits d'Ali. Ces trois rayons de couleur tourbillonnent et enveloppent Petit Homme.
- Bravo, bravo, disent les enfants. Comme tu es beau ! Tu ressembles à l'arc en ciel.
Petit Homme est tout heureux. Il n'est plus seul. Ses nouveaux amis l'entraînent dans une joyeuse farandole…

lundi 6 janvier 2020

La rencontre des Mages


Le mage Gaspard est assis sur la margelle d'un puits. Il regarde le reflet d'une grande étoile danser à la surface de l'eau. Maintenant que la nuit est tombée, l'étoile brille d'un éclat extraordinaire. Parmi toutes les étoiles, c'est la seule à se refléter dans l'eau noire du puits...
Soudain, son reflet disparaît. Levant les yeux, Gaspard voit que l'étoile s'est déplacée dans le ciel.
Comme chaque soir, il réveille son chameau : "Allons, Tabriz, en route. L'étoile nous invite à continuer le voyage !"
Un autre chameau s'approche du puits, conduit par un homme noir. Dans les yeux de cet inconnu brille le reflet de l'étoile...

"La paix soit avec toi, ami voyageur ! dit l'homme noir à Gaspard. Je m'appelle Balthazar. J'arrive du sud de la Terre en suivant cette étoile. D'après ma connaissance des astres, elle annonce la naissance d'un grand roi...
- Nous allons donc au même endroit, répond Gaspard. J'ai quitté mon pays à l'est de la Terre, pour voir cet enfant royal. Nous pourrions finir le voyage ensemble ?
- Bien sûr ! " dit Balthazar.
C'est alors qu'un troisième homme atteint le puits. Son chameau est chargé d'un coffre d'or sur lequel brille le reflet de la grande étoile.
"La paix soit avec vous ! Je m'appelle Melchior. J'arrive d'un pays lointain, guidé par cette étoile.
- Elle brille donc partout, dit Gaspard, rêveur. Elle annonce sa bonne nouvelle au monde entier. Vraiment, le roi qui va naître sera grand !"

Les trois hommes lèvent ensemble la tête vers l'étoile scintillante et se remettent en route. Gaspard demande à ses compagnons : "Avez-vous préparé des cadeaux pour l'Enfant Roi ?
- Oui, dit Melchior. Dans mon coffre se trouvent des pépites d'or, car l'or est le métal le plus précieux qui existe.
- Moi, dit Balthazar, je lui apporte de l'encens.
- Mais c'est à Dieu qu'on offre de l'encens ! S'étonne Melchior.
- J'ai pensé que c'était un cadeau digne de ce grand roi, répond Balthazar... Et toi, ami Gaspard ? Quel cadeau apportes-tu ?
De la myrrhe, répond Gaspard.

- Malheureux ! s'exclame Balthazar. Ne sais-tu pas, dans ton pays, que cette résine précieuse sert à parfumer le corps des morts ? Quel étrange cadeau pour un nouveau-né !
- Oui, dit Gaspard en hochant la tête. Mais un jour, qui sait ? Ce grand roi mourra. Je ne serai plus là pour l'honorer. Alors..."
Gaspard s'interrompt. Les mages continuent leur route en silence sous l'étoile, remuant dans leur coeur des pensées joyeuses et des pensées tristes.


                                                                        
        Tirée du livre "24 histoires de Noël pour attendre Jésus" Edition 

samedi 4 janvier 2020

Le Noël des Rois Mages


Qui étaient-ils ?
D’où venaient-ils ?

 Du fin fond de l’Orient, et ils étaient trois, dit-on, venus chacun de leur pays lointain jusqu’à Bethléem.
Le premier avait la barbe blanche des vieux sages, le second était dans la force de l’âge, le troisième très jeune encore.
Portaient-ils un bonnet phrygien, un chapeau de magicien, un turban de sultan ?
Le plus jeune était-il noir ? Était-il blanc ?
Personne ne le sait vraiment.
Les Mages firent naître bien des légendes et bien des peintres en firent le portrait.
On les nomma Melchior, Gaspard et Balthazar.
Au fil du temps, les trois savants reçurent une couronne, ce qui en fit des rois. Les Rois Mages, nobles et généreux mais avant tout curieux…
Chaque soir, de leur longue lunette d’astronome, ils scrutaient le ciel. La lune, le soleil, les étoiles, les constellations, les comètes. Ce monde céleste, si beau, était plein de mystères.

 Une nuit pourtant…

Une nuit, tandis qu’ils observaient la voie lactée comme à l’accoutumée, un astre étrange apparu au firmament, plus lumineux que tous les autres.
Aussitôt, les Mages sortirent leurs compas, leurs cartes d’Orient et se mirent à faire de savants calculs. Tout semblait annoncer la naissance du nouveau roi que les prophètes avaient prédite.
Sans hésiter, ils appelèrent leurs valets, firent seller leurs montures et préparer des cadeaux. Puis ils se mirent en chemin.
Un long voyage les attendait. En bateau, contre vents et marées, ils traversèrent des forêts profondes, à dos de chameau, des déserts sans fin, suivant sans relâche l’étoile qui, de là-haut, guidait leurs pas. Une longue caravane les suivait.
 À peine étaient-ils arrivés en Judée, que l’astre disparut.
Les Mages s’en allèrent donc au palais royal trouver Hérode, qui régnait sur le pays, et lui demandèrent :
« Où est l’enfant-roi qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile apparaître en Orient et sommes venus l’adorer. »
« Un nouveau roi ? »
Hérode sursauta les maîtres de la loi.
« Allez à Bethléem et cherchez ce nouveau roi, leur dit-il. Et quand vous l’aurez trouvé, faites-le moi savoir afin que j’aille, moi aussi l’adorer. »
En vérité, la jalousie lui rongeait le cœur.

Les Rois reprirent la route et voilà que l’étoile réapparut au-devant d’eux, ce qui les remplit d’une grande joie. Lorsqu’elle s’arrêta au-dessus d’un pauvre toit de bois, ils s’étonnèrent cependant.
Une étable ? Était-ce possible ? C’est un château qu’ils avaient cru trouver ! À l’intérieur, ils aperçurent bien l’enfant avec sa mère, Marie, et Joseph de Nazareth. Le Messie ! Couché à même la paille, entre un bœuf et un âne gris…

Des bergers, qui gardaient leurs moutons non loin de là, étaient déjà à ses côtés, arrivés les premiers pour le vénérer.
Chacun d’eux avait apporté un cadeau : une peau de mouton, une touffe de laine, un peu de lait dans un panier.
Ils offrirent même un agneau à l’enfant.
 Pour lui, rien n’était trop doux.
 Lorsque les bergers se retirèrent, les Mages s’approchèrent à leur tour et se mirent à genoux pour adorer le nouveau-né. Eux aussi avaient des présents qu’ils sortirent de leurs bagages : le premier, l’or des rois. Le second, l’encens de la prière. Le troisième, la myrrhe de l’éternité.
Pour ce petit Roi, rien n’était trop beau.
Ce furent- là les premiers cadeaux du premier Noël…
 Tandis que Balthazar ôtait sa couronne, Gaspard observait le fin visage de Marie. Qui était-elle pour devenir ainsi la mère du Sauveur ?
Elle était jeune, presque aussi jeune que lui. Enveloppée dans son beau manteau bleu, elle suivait la scène en silence, sans rien manquer de ces moments qui resteraient gravés dans sa mémoire. Tant de richesses, tant d’honneurs pour son fils premier-né qu’elle avait mis au monde dans un tel dénuement. Pensive, presque inquiète, elle le serrait contre elle.
Dans ses bras, il était protégé du monde entier.
 Derrière les Rois, la foule se pressait. On bavardait, on riait, on criait, on se bousculait. Chacun voulait voir l’enfant. Chacun voulait être le premier près de la crèche.
Les bêtes étaient tout excitées elles aussi. Que se passait-il ? Quelque chose de particulier, elles le sentaient.
 La nuit, un songe avertit les Rois de ne pas révéler à Hérode l’endroit où se trouvait l’enfant. Sa jalousie était telle que les jours du nouveau-né se trouvaient en danger. Les Mages prirent donc une autre route pour rentrer chez eux, profondément émus et heureux.
Une chose était sûre et certaine : de toute sa vie, jamais le vieux Roi n’oublierait cette menotte posée sur sa tête tandis que dans sa main, il tenait le petit pied du roi nouveau-né…

Ils dorment aujourd’hui, les Rois Mages, pour l’éternité, dans les parfums d’encens d’une grande cathédrale construite pour eux il y a bien longtemps.
Un magnifique reliquaire d’or, décoré de pierres précieuses et de camées, y abrite leurs reliques, apportées de Milan jusqu’à Cologne en l’an 1164. Des visiteurs du monde entier viennent depuis en Allemagne pour les vénérer.
Les Mages venus d’Orient ont aussi traversé le temps…
 Chaque année, le 6 janvier, l’Épiphanie est l’occasion de les fêter. Dans certains pays, des enfants y collectent des dons pour d’autres enfants du monde, habillés en rois. Ailleurs, des défilés sont organisés dans les rues.
Chez nous, une galette des Rois est partagée entre les convives, le plus jeune désignant à chacun sa part, caché sous la table. Les présents des Rois, eux, se trouveraient en Grèce, au Mont Athos. Un souvenir de cadeaux ravivé chaque année à Noël…
 ♣ ♣ ♣
 La fête des Rois…
 Le 6 janvier, jour des galettes, l’Épiphanie vient clore la période de Noël et nous rappelle le long voyage des Mages venus d’Orient, guidés par une mystérieuse étoile, jusqu’à l’enfant qui vient de naître sur la paille d’une étable. Dans leurs bagages, trois cadeaux : l’or, l’encens et la myrrhe. Qui étaient-ils ? Seul un bref épisode de la Bible nous rapporte leur histoire (Matthieu, 2), mais bien des légendes s’y rattachent, et nombreuses sont leurs représentations dans l’art. Celles-ci accompagnent aujourd’hui le récit de leur périple vers Bethléem.

Géraldine Elschner
Le Noël des rois mages
Paris, Minedition, 2013



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2, 1-12


La visite des mages

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez-vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Petit commentaire 

Le voyage des sages ou des mages est l'une des histoires préférées de l'Évangile. C'est l'histoire du voyage de la vie, des conseils sur le chemin, du plaisir de trouver la foi et Dieu, de l'intrigue d'un roi avide et jaloux, et du bien qui bat le mal. Nous aimons la fin de l'histoire quand les sages ont déjoué Hérode.
Star, au début et à la fin 
L'étoile les a initiés au voyage et les a guidés jusqu'à la fin. Comme notre foi. L'étoile qui a brillé à notre baptême est la promesse de Dieu pour nous guider à travers la vie. La foi grandit à travers les événements ordinaires de la vie. Ce qui peut sembler des événements ordinaires peut être une grâce extraordinaire - la naissance d'un enfant dans votre famille, la première fois que vous tombez amoureux, les personnes que vous rencontrez qui font une grande différence dans votre vie, le succès dans un emploi, devenir grand-parent, tante, un oncle, quelque chose de créatif dans votre vie est un don de la grâce de Dieu. 

La présence de votre étoile peut vous frapper lors d'une retraite et vous avez appris à prier, un moment de vocation ou de toute autre manière vous avez vraiment aidé certaines personnes, ou vraiment écouter et parler avec quelqu'un et vous réalisez que vous n'êtes pas le seul un dans la vie avec des problèmes.
Les gens sont des étoiles de Dieu 

Dans les moments difficiles où l'étoile semblait faible mais où les gens aidaient - deuil, crime dans la famille, addiction à la drogue ou à la boisson, suicide ou abus, maladie - toutes les petites et grandes choses qui obscurcissent la vie et assombrissent l'étoile. Mais encore pouvez-vous demander alors - ce qui était et quelle est votre étoile? La lumière de la foi est brillante dans les bons et les mauvais moments de la vie. La parole de Dieu et l'aide d'une autre est l'étoile qui éclaire votre voyage.
Chacun de nous a sa propre étoile personnelle qui nous guide - l'étoile de la prière, de l'amour, de l'amitié, du soutien ... l'étoile a un nom différent à différents moments. Soyez reconnaissants pour votre étoile - et soyez reconnaissants que vous avez été une star pour les autres. Dans le livre de Dieu, chacun de nous est une étoile.
Conduis-nous, ô Dieu, et protège-nous gentiment maintenant, et à l'heure de la mort. Amen.
 Donal Neary SJ


Mages quiz ; Lecture: Matthieu 2: 1-12

1- Qu'est-ce que les mages ont suivi?
2- Quels cadeaux les mages ont-ils apportés?
3- Combien y avait-il de mages?
4- Quels étaient leurs noms?
5- Qu'est-ce que les mages ont fait?
6- D'où viennent-ils?
7- Pouvez-vous nommer le pays?
8- Qui sont-ils allés voir avant Jésus?
9- Où ont-ils trouvé Jésus?
10- Les mages sont rentrés chez eux par un autre chemin. Pourquoi?
11- Que veut dire "Mages"?
12- Traditionnellement, combien de mages l'église orthodoxe orientale pense-t-il?

Réponses : 1- une étoile 2- Or, encens, myrrhe 3- trois- 4- Melchior, de Caspar et de Balthazar 5- L’ont adoré 6- De l'est 7- La Perse ou l'Iran, l'empire parthe 8- Roi Hérode 9- Dans une maison 10- Ils ont été prévenus dans un rêve 11- 'astrologue', ' astronome', 'magicien' ou Zoroastrien 12- douze



ÉPIPHANIE: Texte à trous.

Complète avec les mots: en secret. joie. d'inquiétude. se prosternèrent. les précédait. me prosterner. son étoile. mages. le Messie. Marie. Hérode Le Grand. avertissez-moi. offrirent. un autre chemin. au-dessus du lieu. Bethléem. Jérusalem.

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi .................... Or, voici que des ............ venus d'Orient arrivèrent à .................... et demandèrent: "Où est le roi des juifs qui vient de naître? Nous avons vu se lever .................. et nous sommes venus nous prosterner devant lui."

 En apprenant cela, le roi Hérode fut pris ......................, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître ................... Ils lui répondirent: "A ..................... en Judée" Alors, Hérode convoqua les mages .................. pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue; puis, il les envoya à Bethléem, en leur disant: "Allez- vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, ........................... pour que j'aille moi aussi.......................... devant lui."

Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever ............................ Elle vint s'arrêter ....................... où se trouvait l'enfant. Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande ................ En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec .................. sa mère; et tombant à genoux, ils ........................... devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets et ....................... leurs présents: de l'or, de l'encens, de la myrrhe. Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par ........................


jeudi 2 janvier 2020

Les Mages


Matthieu rapporte qu’après la naissance de Jésus des mages s’en vinrent d’Orient à Jérusalem. Ils étaient à la recherche du roi des Juifs qui venait de naître et dont une étoile leur avait annoncé la venue. Ces mages pourraient avoir été des astrologues babyloniens, experts dans l’interprétation des songes ; des membres de la caste sacerdotale perse, qui se distinguaient par un savoir surnaturel. Les Juifs chassés à Babylone avaient sans doute parlé aux astrologues du lieu de leur attente d’un Messie. L’art du christianisme primitif a représenté les Mages comme des prêtres de la religion de Mithra, la principale concurrente de l’Église naissante.
       Il faut voir dans ce fait une signification toute particulière. Matthieu et les Pères de l’Église ont interprété l’adoration de ces Mages comme le signe que les sages et les initiés du monde entier venaient vers le Christ pour lui rendre hommage et lui apporter des présents. Tout ce que les hommes avaient jamais pu amasser de savoir et d’expérience débouchait sur l’adoration de l’Enfant divin.
       C’est une très ample vision que Matthieu nous transmet ainsi. Où et de quelque façon que l’on soit en quête, quelque expérience que l’on accumule, en astrologie ou dans l’interprétation des songes, dans la magie ou les pratiques ésotériques, peu importe : ce que l’on retrouve au fond de tout cela, c’est la nostalgie de l’Enfant divin, du dieu qui devient visible en s’incarnant. Il y a toujours eu dans l’Église des courants qui, dans leur inquiétude, distinguaient radicalement le christianisme de toutes les autres religions et condamnaient toutes les autres voies vers le divin. Matthieu nous montre, lui, un autre chemin.
       Il s’agit de penser jusqu’au bout le savoir du monde. On aboutit alors à ces questions : quel est le but de l’astrologie ? Que recherche l’ésotérisme, dans toutes ses branches si nombreuses et si diverses ? Le but, c’est de déchiffrer le mystère de la vie : qu’est-ce que l’homme, et qui est Dieu ? D’où venons-nous, où allons-nous ? Celui qui va jusqu’au bout de son savoir arrivera toujours au Dieu fait homme ; c’est au Christ que le mène son savoir.
       C’est pourquoi nous n’avons pas à considérer avec inquiétude les autres voies vers le divin. Elles ne représentent aucun danger pour notre foi chrétienne. Au contraire : toutes, elles témoignent du profond désir de trouver le Roi nouveau-né, l’Enfant divin à travers lequel rayonne la majesté de Dieu.
       Les Mages ne représentent pas seulement les autres peuples, les autres civilisations, les autres chemins de la religion, mais aussi notre propre quête. Où que celle-ci se tourne, nous sommes en route vers le Roi qui vient de naître ; en dernière analyse, tous les chemins mènent à lui. Même celui de la magie, que figurent les Mages, peut nous conduire jusqu’au Dieu fait homme.
       Il y a une magie qui désire s’emparer du divin, en faire sa chose. Ce n’est pas elle qui nous conduira vers Dieu ; avec elle, nous nous cramponnons à notre Moi. La magie originelle, au contraire, croit que Dieu se manifeste dans ce monde, et que nous pouvons donc le connaître en accordant notre attention à l’existence terrestre et en la vivant de façon concrète. Par la naissance du Christ, Dieu s’est révélé en vérité dans la sphère de ce monde, dans la chair, dans l’être humain.
       Mais les Mages ne parviennent jusqu’au Christ qu’en se mettant en route et en renonçant à s’emparer de Dieu par les pratiques de la magie. Leur chemin sera long, ils devront laisser derrière eux tout leur savoir et se prosterner, dans un étonnement absolu, devant le mystère de Dieu qui rayonne à travers l’enfant de Marie.
       Dans l’Écriture, les Mages sont également qualifiés d’astrologues. Ils interprètent les étoiles du ciel, et aussi celles qui se lèvent dans nos cœurs. Si nous interprétons correctement les astres de notre destinée, nous verrons partout présente dans notre vie la main de Dieu qui, au-dessus de nous, nous protège et nous guide. Dieu lui-même nous prend par la main sur les chemins tortueux de notre vie, pour nous conduire, par-delà nos heures de chance et nos heures de déception, jusqu’à l’Étoile qui brille au-dessus de l’Enfant divin.
       Même si souvent, dans notre nuit obscure, nous ne la voyons plus, quand nous nous sentons abandonnés de Dieu sur notre route, Dieu nous conduit jusqu’au lieu où nous nous prosternerons, où nous pourrons nous oublier nous-mêmes, libérés de nos ruminations sur le chemin parcouru. Là où nous parvenons à nous oublier, nous sommes au but, tout à nous-mêmes et tout en Dieu.
       L’étoile au firmament de ton cœur, c’est l’image de la nostalgie qui te meut. Fais confiance à ta nostalgie, suis-la jusqu’au bout. Elle ne te laissera pas de trêve avant que tu n’aies trouvé Dieu, son but ultime et le tien. La route sera parfois difficile ; le désir se fera pure douleur, parce que le véritable objet de la quête ne sera pas encore atteint.
       Mais tu trouveras Dieu si tu te laisses conduire par ta nostalgie ; elle te mènera jusqu’à la maison où se trouvent Marie et l’Enfant divin. Là où tu prendras celui-ci dans tes bras maternels, tu seras vraiment à la maison — chez toi.
 
 
Anselm Grün