vendredi 3 février 2023

Le miracle survient…

 


Seigneur, même si on ose peu en parler, tu continues de réaliser des miracles dans notre monde.

Le miracle survient quand une personne en aide une autre à  s’affranchir d’une peur ou d’une dépendance qui la paralysait.

Le miracle survient quand un agresseur s’engage dans un processus de justice réparatrice et reconnaît les souffrances qu’il a causées.

Le miracle survient quand une sorte de grand calme envahit une personne malade qui perçoit la profonde sympathie de Dieu à son égard.

Le miracle survient quand une personne trouve enfin une solution devant une situation qui lui semblait sans issue.

Le miracle survient quand des pas sont franchis vers une véritable réconciliation entre peuples, les nations et les communautés.

Aide-nous Seigneur  à percevoir les signes du Royaume et à contribuer à la transformation de notre monde.

Amen

D’après des propos d’André Myre, en conclusion du livret : Ô miracle! Jésus et les malades, Paulines, 1990

Source Le messager de Saint-Antoine de Janvier-Février 2023

mercredi 1 février 2023

L’ORIGINE DE LA CHANDELEUR

 


Chaque année, en février, on mange des crêpes pour le plaisir de tous, des petits comme des grands. Mais au fait d’où vient cette tradition, qu’est-ce que la chandeleur ?

Quelle est la définition de la Chandeleur et pourquoi mange-t-on des crêpes ce jour-là ?

Et quel est le rapport avec le mot Chandelle ?

L’HISTOIRE DE LA CHANDELEUR

La Chandeleur est fêtée le 02 Février 2023, soit 40 jours très précisément après Noël. Son nom tire son origine du mot « chandelle ».

 La Chandeleur est une fête populaire d'origine païenne liée à la lumière, elle correspond aussi à une fête religieuse chrétienne autrement appelée la Présentation du Christ au Temple. On disait aussi autrefois Hypapante. Elle est actuellement fixée au 2 février. Le nom de cette fête, Chandeleur, ou fête des chandelles, a une origine latine et païenne : la festa candelarum. La festa candelarum tire son nom d'une coutume consistant à allumer des cierges à minuit en symbole de purification. Ce texte est tiré de www.chouette-calendrier.com .

Le saviez-vous ? La Chandeleur

Respectant la coutume juive, Marie et Joseph présentent Jésus au Temple 40 jours après sa naissance. Dans le Temple, vivait le prophète Siméon qui savait que Jésus n’était pas un enfant comme les autres. Il aurait dit que Jésus était  « la lumière qui se révèle aux nations ».

Célébrée d'abord en Orient, la présentation de Jésus au Temple a été commémorée à Rome à la fin du Ve siècle. On organisait alors une procession à travers la ville avec des chandelles allumées. La Chandeleur vient de l’expression latine « festa candelarum » qui signifie « fête des chandelles », car la bénédiction des cierges se déroulait ce jour- là. La tradition rapporte que pour récompenser les pèlerins venus à Rome pour la Chandeleur, le pape Gélase Ier fit distribuer des crêpes.

Populaires sur l'ensemble du territoire français, les crêpes ont différents noms selon les régions : "Roussettes" en Anjou, "Tantimolles" en Champagne ou "Crupets" en Gascogne.

La superstition voulait qu'autrefois on fasse sauter la première crêpe de la main droite tout en serrant un louis d'or dans la main gauche. La pièce était ensuite enroulée dans la crêpe et portée en procession dans la chambre à coucher des parents où elle était déposée en haut de l'armoire jusqu'à l'année suivante. La pièce assurait alors une bonne récolte ou une prospérité tout au long de l'année.

A l’époque Romaine, il s’agissait d’une fête en l’honneur du Dieu Pan. Toute la nuit, les gens parcouraient les rues de la ville de Rome avec des flambeaux.

Au Ve siècle, en 472, le pape la remplace par la Présentation de Jésus au temple. La tradition voulait que l’on fasse des crêpes avec la farine de l’année précédente, symbole de prospérité. Des processions aux chandelles sont organisées le jour de la Chandeleur, selon une technique très précise : chaque croyant doit récupérer un cierge à l’église et le ramener chez lui en faisant bien attention à le garder allumé !

Un dicton de Franche-Comté dit d’ailleurs :

Celui qui la rapporte chez lui allumée

Pour sûr ne mourra pas dans l’année

Ce cierge béni est censé avoir d’autres pouvoirs. On dit que quelques gouttes de sa cire versée sur des œufs à couver en assurent une bonne éclosion. Et également que sa flamme protège de la foudre si on l’allume pendant l’orage.

Entre temps une autre tradition a vu le jour : celle des crêpes ! Cette tradition se rapporte à un mythe lointain selon lequel si on ne faisait pas de crêpes le jour de la chandeleur, le blé serait carié pour l’année.

On dit d’ailleurs :

Si point ne veut de blé charbonneux,

Mange des crêpes à la Chandeleur.

Il y a aussi une autre coutume à respecter lorsque nous faisons des crêpes, celle de la pièce d’or. Les paysans faisaient sauter la première crêpe avec la main droite tout en tenant une pièce d’or dans la main gauche. Ensuite, la pièce d’or était enroulée dans la crêpe avant d’être portée en procession par toute la famille jusque dans la chambre où on la déposait en haut de l’armoire jusqu’à l’année suivante. On récupérait alors les débris de la crêpe de l’an passé pour donner la pièce d’or au premier pauvre venu.

D’après la coutume, les paysans parcouraient les champs en portant des flambeaux pour purifier la terre avant de semer.

Si tous ces rites étaient respectés, la famille était assurée d’avoir de l’argent toute l’année. Celui qui retourne sa crêpe avec adresse, qui ne la laisse pas tomber à terre ou qui ne la rattrape pas sous la forme navrante de quelque linge fripé, celui-là aura du bonheur jusqu’à la Chandeleur prochaine. Aujourd’hui, les processions aux chandelles et autres rites n’existent plus mais on a conservé la tradition des crêpes et on a bien raison, car qu’est-ce que c’est bon ! Et d’ailleurs voici quelques délicieuses recettes de pâte à crêpes !  sur assiettedechef.com

ENFIN, N’OUBLIONS PAS LES CROYANCES LIÉES À LA MÉTÉO

En de nombreux pays, on croit que le jour de la Chandeleur, un ours sort de sa tanière. Si la température est douce et qu’il voit le soleil, il retourne vite reprendre son hibernation, car il sait que le beau temps ne durera pas. Un proverbe dans le Calendrier des bons laboureurs en 1628 disait :

Si fait beau et luit Chandeleur
Six semaines se cache l’ours

Un autre proverbe français dit :

Si le deuxième de février

Le soleil apparaît entier

L’ours étonné de sa lumière

Se va mettre en sa tanière

Et l’homme ménager prend soin

De faire resserrer son foin

Car l’hiver tout ainsi que l’ours

Séjourne encore quarante jours

Dans certains pays c’est la marmotte qui sort. Si elle voit son ombre, cela signifie qu’il y a du soleil, alors elle retourne vite continuer à hiberner car elle sait que l’hiver va encore durer.

En effet : Soleil de la Chandeleur Annonce hiver et malheur Mais quoi qu’il arrive : qu’en ce 2 février il fasse beau, froid, pluvieux ou neigeux, n’hésitez surtout pas à faire des crêpes !

En dépit des proverbes et dictons, vous passerez un agréable moment autant à faire les crêpes qu’à les déguster !

Source :www.regal.fr         

 

lundi 30 janvier 2023

La Présentation du Jésus au Temple

 



40 jours après Noël, Joseph et Marie se sont agglutinés au cortège compact de ceux qui, patiemment, piétinent en attendant de franchir la porte monumentale du Temple. Cela donne au moins le temps de s’émerveiller. Songer que la surface du Temple couvre plus de 14 hectares. Songer que l’enceinte extérieure mesure au nord 320 mètres ; au sud, 280 ; à l’est, 485 ; à l’ouest, 515.

Joseph et Marie ont enfin franchi la porte monumentale. Ils se sont perdus dans le labyrinthe des parvis et des enceintes. Tout cela est colossal, écrasant, bouleversant.

Ils s’avancent, ces petites gens de Nazareth, humbles comme toujours, prêts à demander pardon à ceux qui les heurtent. La règle veut que l’on apporte aux prêtres un agneau que l’on sacrifiera. Si l’on est trop pauvre, deux tourterelles suffisent. Joseph les a achetées à l’entrée.

Dans les bras de Marie, le bébé dort. Mais pourquoi, parmi ces milliers de fidèles qui les entourent, un vieil homme, en les voyants, sursaute-t-il ? Pourquoi fait-il des pieds et des mains pour fendre la foule et s’approcher d’eux ?

Il s’appelle Siméon. Au Temple, on le connaît bien. Depuis des années, il vit dans la prière et les sacrifices. Il ressent si fortement la présence de Dieu qu’il est persuadé de voir, avant de mourir, le Messie. De toute son âme, il en espère la venue.

Le voici devant Marie. Il ne quitte plus des yeux l’enfant Jésus. Un bonheur sans limites illumine son visage. Sans que Marie songe à résister, il lui arrache le bébé, l’élève dans ses bras. Les paroles qu’il profère ressemblent à un chant. C’est à Dieu qu’il s’adresse :

- Maintenant, laisse ton serviteur s’en aller en paix !... Mes yeux ont vu la Lumière qui éclairera les nations et fera la gloire des enfants d’Israël !

Tout autour, les gens se sont arrêtés. Avec un étonnement que nous pouvons comprendre, ils entendent les étranges paroles de Siméon. Parmi eux, il y a une femme. Très vieille, elle aussi. Elle s’approche. Son nom est Anne, elle ne quitte jamais le Temple. Avec une voix dont la puissance surprend chez une femme aussi âgée, elle se met à louer Dieu. Elle s’écrie :

-Voici celui qui sauvera Israël !

Source : Alain Decaux raconte Jésus aux enfants

La fête de ce jour a un double objet, célébrer la Purification de Marie et la Présentation de Jésus au Temple selon la loi de Moïse. Cette loi fixait le temps où les mères devaient se présenter avec leurs nouveau-nés devant les autels, et elle exigeait une offrande pour le rachat des enfants mâles. Ni Marie, toute pure dans sa maternité, ni Jésus, Fils de Dieu, n’étaient obligés à cette cérémonie ; cependant par humilité, et pour donner aux hommes un éclatant exemple d’obéissance aux lois divines, Marie, accompagnée de Joseph et portant Jésus en Ses bras, se rendit au Temple de Jérusalem.

La fête chrétienne qui nous conserve le souvenir de cette cérémonie porte, dans le langage populaire, le nom de la Chandeleur, à cause de la procession qui se fait ce jour-là dans nos églises avec des cierges allumés.

Les cierges symbolisent Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lumière du monde ; la procession représente le passage de la sainte Famille dans le Temple et la rencontre des deux vieillards Siméon et Anne. Saint Anselme, développant ce mystère, nous dit qu’il y a trois choses à considérer dans le cierge : la cire, la mèche et la flamme. La cire, ouvrage de l’abeille virginale, est la Chair du Christ ; la mèche, qui est intérieure, est Son Âme ; la flamme, qui brille en la partie supérieure est Sa Divinité.

La procession de la Chandeleur nous apparaît comme la marche du peuple chrétien à la lumière du Christ, figuré par les cierges que porte le clergé, la portion choisie de l’Église, comme Jésus même était porté entre les bras de Marie, entre ceux du saint vieillard Siméon et du pontife qui L’offrit au Seigneur.



Les cierges de la Chandeleur sont bénits avec une solennité toute particulière et avec l’emploi des prières les plus touchantes. Conservés dans la maison des chrétiens, ils sont un gage de la protection divine. Il est dans l’esprit de l’Église d’allumer les cierges de la Chandeleur pour repousser les esprits de ténèbres, dans les dangers corporels et spirituels, au lit des mourants, pour éloigner d’eux l’ennemi des hommes, qui fait alors son suprême effort afin d’arracher les âmes à Dieu. C’est bien alors surtout, en effet, que l’homme a besoin du recours du Rédempteur, vraie lumière des âmes, pour illuminer les derniers instants de sa vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

samedi 28 janvier 2023

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 1-12

Les Béatitudes ou Sermon sur la montagne


 En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la  montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.

Il disait :

  Heureux les pauvres de coeur : car le Royaume des cieux est à eux !

Heureux les doux : car ils recevront la terre en héritage!

Heureux ceux qui pleurent : car ils seront consolés !

Heureux ceux qui ont faim et soif de  La justice : car ils seront rassasiés ! 

Heureux les miséricordieux : car ils obtiendront miséricorde !

Heureux les coeurs purs : car  ils verront Dieu !

Heureux les artisans de paix : car ils seront appelés fils de Dieu ! 

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : car le Royaume des cieux est à eux !

Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.  Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux .


29 janvier 2023

4e dimanche du temps ordinaire A

Un chemin pour tous et toutes

Dieu aime les humbles et les pauvres de cœur, ceux et celles qui cherchent Dieu et s’ouvrent à la grâce. Jésus nous propose de les regarder pour découvrir le chemin du bonheur.

 Repères…

 « La montagne » : Cette localisation rappelle le don des 10 Paroles à Moïse au Sinaï.

 « Heureux ! » : Dans la Bible, ce cri félicite celui qui, mettant à profit les dons de Dieu, éprouve dès aujourd'hui un certain bonheur et qui, restant fidèle à la voie choisie, sera déclaré juste lors du jugement divin.

« Les pauvres de cœur » : Ceux qui savent reconnaître : - leur indigence et leur besoin de l’autre pour vivre et grandir, - leur dépendance entière envers Dieu.

« Les doux » : Ceux qui sont dans le refus d’écraser les autres par le pouvoir.

 « Justice » : Il est ici question de sa dimension religieuse. C’est la fidélité en esprit à la Loi, expression de la volonté de Dieu.

 « Les miséricordieux » : Ceux qui sont pris aux entrailles devant une situation de mal ou de misère.

« Les cœurs purs » sont des êtres non divisés qui vivent dans la confiance absolue en Dieu et sont donc assurés d’être en communion avec lui.

Jésus est le pauvre, le doux, l’affligé, l’affamé, le miséricordieux, le cœur pur, l’artisan de paix, le persécuté pour la justice. En nous donnant les clés du bonheur, Matthieu dessine le portrait de Jésus.

Sources : - Les évangiles –Textes et commentaires - Biblia n°11 – Bienheureux êtes-vous… - Cahier Evangile n° 94, Marcel Dumais, Service biblique Evangile et Vie, éd du Cerf

 Résonance…

 En hébreu, être heureux peut se traduire par la possibilité pour quelqu’un de se tenir debout, en quelque sorte d’être libre. On pourrait entendre les Béatitudes de façon dynamique et les actualiser comme suit :

 Ils se tiennent debout et ils sont libres ceux dont le cœur est pauvre et détaché.

Ils se tiennent debout et ils sont libres ceux dont le cœur est accueillant et rempli de douceur.

Ils se tiennent debout et ils sont libres ceux qui savent pleurer avec ceux qui pleurent et se réjouir avec ceux qui sont dans la joie.

Ils se tiennent debout et ils sont libres ceux que tenaillent la soif et la faim de justice et qui souffrent pour elles.

Ils se tiennent debout et ils sont libres ceux qui pardonnent envers et contre tout sans compter ni limiter le nombre de leurs pardons.

 Ils se tiennent debout et ils sont libres ceux dont le regard est pur, rempli de droiture et de bienveillance.

Ils se tiennent debout et ils sont libres ceux qui vivent sans armes et travaillent sans relâche à la paix.

Ils sont couchés et prisonniers ceux dont le cœur est replié, enchaîné.

Ils sont couchés et esclaves ceux dont le cœur s’enferme dans la haine et la violence.

 Ils sont couchés et pitoyables ceux dont le cœur est fermé au malheur et au bonheur des autres.

 Ils sont vautrés et esclaves ceux qui sont repus d’injustice, ceux qui applaudissent à son triomphe et persécutent les justes. Ils sont tristes et prisonniers ceux qui sont obsédés de vengeance et s’endorment dans leurs rancœurs.

 Ils sont sournois et tordus ceux dont le regard est malveillant, ceux qui se complaisent à vouloir du mal.

Ils sont vils et dangereux, ils font le malheur du monde ceux qui aiment les armes et la guerre.

 Michel Scouarnec – La foi, une affaire de goût

 
Partager : • Le mot « heureux » est répété 9 fois… Mais c’est quoi être heureux ? • Est-ce que être chrétien ça rend heureux ? • Puis-je associer des personnes à certaines de ces béatitudes ? • Sur lequel de ces chemins je me sens appelé(e) à suivre Jésus pour y trouver le bonheur ?


vendredi 27 janvier 2023

BIENHEUREUX LE PÈRE Georges Madore

 

Bienheureux le père
qui prend le temps de voir grandir ses enfants,
car ce temps ne reviendra jamais !

Bienheureux le père
qui apprend à ses enfants à être autonomes,
car il ne sera pas toujours là !

Bienheureux le père
qui aide ses enfants à devenir ce qu’ils sont,
car ainsi naît l’avenir du monde.

Bienheureux le père
qui sait dire des paroles d’encouragement et de tendresse,
car elles sont pour l’enfant irremplaçables.

Bienheureux le père
qui sait reconnaître ses torts devant son enfant,
car il lui apprend la beauté du pardon.

Bienheureux le père
qui sait aimer sagement, parfois en disant
oui, parfois en disant non, car l’amour,
comme le ciel, n’a pas toujours la même couleur.

Bienheureux le père
qui sait s’asseoir près de Dieu pour l’écouter et l’accueillir,
car il puise à la source de toute paternité.

Bienheureux le père
qui est fidèle à sa foi, à ses valeurs et aux belles traditions,
car ce sera son plus bel héritage.

Bienheureux le père
qui sait gagner non seulement le respect,
mais l’amitié de ses enfants, car il connaît le bonheur de Dieu.

https://www.lavictoiredelamour.org/prieres/bienheureux-le-pere-2?cat=21

mercredi 25 janvier 2023

Béatitudes d’André Bisaillon

 


Ai-je assez fait, mon Dieu, pour mes frères, pour mes amis, pour ceux que j’aime et pour les mal-aimés?
Ai-je assez fait, Seigneur, pour insuffler en eux ce trop-plein de tendresse que Tu as mis en moi?
Pour prodiguer ce regard de lumière, ces gestes d’accueil et d’affection que Tu m’inspirais?

Ai-je toujours judicieusement mis à profit ce que la vie m’avait appris sur l’amour et ses deuils, sur l’amitié et ses exigences, sur la vie et se aléas?
Je ne sais plus trop bien et ce doute m’accable.

Au moins, ai-je su dresser la table pour celui qui avait faim du pain de ta Parole?
Ai-je toujours servi mon meilleur vin, le vin chambré de l’amitié, à qui venait vers moi avec un cœur de pauvre?

Ai-je su déposer doucement sur mes yeux brûlants et sur mon front fiévreux une serviette fraîche à qui venait de si loin et avait tant marché?
Ai-je prêté une oreille attentive, miséricordieuse, compatissante et dénués de préjugés à qui venait confier les secrets de son âme?

Ai-je cédé mon meilleur fauteuil pour qu’il puisse reposer son corps épuisé par trop de souffrances et de rejets?
Me suis-je fait silence pour ne point interrompre le flot des aveux?
Ai-je trouvé pour lui les mots priés qui consolent, les paroles justes et les gestes apaisantes?

Ai-je ouvert grand mes bras pour accueillir tous les exclus, les mal-aimés?
Puis les rouvrir plus grand encore s’il se peut pour qu’ils puissent repartir libérés, réconfortés, à leur gré et à leur heure?

Et ne plus attendre que Tu frappes à nouveau à ma porte pour mieux Te retrouver, pour mieux Te reconnaître.

Car maintenant je sais. Je sais que c’était toi qui venais chaque fois t’incarner dans l’enfant qui pleurait, dans mon frère éploré, le mourant alité, le vieillard esseulé, dans mon ami chagrin, dans mon amour blessé.
Maintenant je le sais…

<<Celui qui n’accueille pas Dieu et son Royaume à la manière d’un enfant n’y entrera pas. >> (Marc 10, 16)

Source Le Messager de Saint-Antoine Janvier-Février 2023

lundi 23 janvier 2023

Fête de la Saint François de Sales 24 janvier


En hommage à notre saint patron, saint François de Sales. Issu d’une famille noble de Savoie, François de Sales (1567-1622) consacre très tôt sa vie à Dieu dans le sacerdoce. Devenu prêtre, il devient, en pleine période de Réforme, un prédicateur infatigable, témoin de la bonté de Dieu. Théologien, écrivain, évêque, il fonde l’ordre de la Visitation. Proclamé docteur de l’Eglise, il est aussi le saint patron des journalistes et des écrivains.

Biographie de Saint François de Sales

François de Sales, c’est avant tout une vie dédiée à l’apostolat. Homme de cœur, il fait preuve d’un puissant charisme de directeur spirituel. Proclamé Docteur de l’Église par Pie IX, saint François de Sales développe une spiritualité évangélique à la portée de tous, qui fait de lui un véritable Prophète de l’Amour.

Une vie dédiée à l’apostolat

François est né le 21 août 1567 au château de Sales, sur la commune actuelle de Thorens, à une vingtaine de kilomètres d’Annecy en Haute-Savoie. Il est baptisé le 28 août en l’église paroissiale de Thorens, où il sera sacré évêque le 14 décembre 1602. Originaire de la petite noblesse campagnarde de Savoie, terre alors indépendante, François de Sales a rapidement développé des qualités humaines indéniables lors de ses études d’humanités et de droit à Paris, puis à Padoue. Devenu prêtre malgré les réticences de son père, il s’illustra courageusement dans une mission de quatre ans (1594 – 1598) en terre chablaisienne (région du nord de la Savoie et du sud du lac Léman) envahie par les Bernois calvinistes, avant de devenir évêque du diocèse de Genève en résidence à Annecy de 1602 à 1622. Il mourut à Lyon, épuisé par la tâche apostolique.

Un charisme de directeur spirituel

 François de Sales et Jeanne de Chantal Homme de relations, prédicateur apprécié dans son diocèse et au-delà, médiateur entre les princes du monde, conseiller dans les discussions théologiques (surtout entre jésuites et dominicains) au sujet de la liberté humaine et de la providence divine, François est connu comme fondateur, avec Jeanne de Chantal, de la Visitation Sainte-Marie (en 1610), foyer d’oraison qui connaîtra une rapide expansion au XVIIe siècle en France puis à travers le monde (en particulier en Amérique latine).

Prêchant, catéchisant, il a pris soin de visiter toutes les paroisses de son diocèse, ce qui nous paraît aujourd’hui normal ; ce l’était moins au sortir d’une époque où les évêques étaient plus princes que pasteurs et où les communications dans une région montagneuse et menacée étaient souvent périlleuses. Monseigneur de Genève, puisque tel était son titre, ne put jamais célébrer dans sa cathédrale Saint-Pierre devenue réformée en 1536, mais il rayonna depuis sa terre d’exil, Annecy, où de nombreuses congrégations religieuses avaient trouvé refuge. À l’image de son modèle, saint Charles Borromée, François de Sales fut un bel exemple de pasteur selon le cœur de Dieu et dans l’esprit du concile de Trente. Au milieu des transformations culturelles de la Renaissance et des réformes religieuses (protestante puis catholique), il a promu une voie spirituelle ouverte à tous.

Il nous a laissé de nombreux sermons et entretiens ainsi qu’une intéressante correspondance (plus de 2000 lettres), témoin de son charisme de directeur spirituel et de son inlassable activité apostolique. L’Introduction à la vie dévote (1608), rassemblant des lettres adressées à une Philothée (amie de Dieu), connut plusieurs éditions de son vivant et fut un best-seller du XVIIe.

Son rayonnement spirituel

St François de Sales et st Vincent de Paul, "Berceau de st Vincent de Paul", Landes François fréquenta à Paris le cercle Acarie, qui rassembla de hautes figures spirituelles comme Bérulle et Vincent de Paul, qui devint son ami et nous livra cette confidence : "J’étais porté à voir en lui l’homme qui a le mieux reproduit le Fils de Dieu sur terre". François confia à Vincent la direction spirituelle de la Visitation qu’il venait de fonder à Paris tandis que, de leur côté, les "Filles de la Charité" de saint Vincent de Paul et de Louise de Marillac devaient étudier l’Introduction à la vie dévote. La postérité spirituelle de François fut grande, en particulier à travers l’École Française et, au XIXe, par les congrégations et sociétés spirituelles qui se sont inspirées de son œuvre (Missionnaires et oblats, oblates de saint François de Sales, salésiens et salésiennes de Don Bosco, sociétés saint François de Sales) à l’heure où Pie IX le proclama "Docteur de l’Église" (1877). Patron des écrivains et journalistes catholiques, François est d’abord un communicateur et un maître spirituel que découvrent de plus en plus de laïcs qui participent à des retraites salésiennes ou des groupes de lecture de ses œuvres.

Un homme de cœur

En lui, tout est harmonieux ; c’est un humaniste à la riche personnalité et au grand équilibre. François est un affectif, mais jamais victime de sensiblerie : c’est un homme de cœur. Il paraît fragile et vulnérable, mais sait être souvent ferme et courageux. Il aime la sérénité, mais sent parfois monter en lui une violence qu’il apprend à maîtriser. Sa douceur est acquise à force de patience et de remise de soi dans les mains de Dieu. Il est homme de justice tout en sachant être indulgent, conciliateur mais pas naïf. Il affectionne la multiplicité qu’il gère avec humour et il a l’art de simplifier ce qui est compliqué. On fera souvent appel à ses talents de médiation. Il se méfie de l’affectation et des apparences et valorise la motivation et la qualité du cœur, comme l’illustre cette remarque concernant la prédication : "Il faut que vos paroles soient enflammées, non par des cris et des actions démesurées, mais par l’affection intérieure. Il faut qu’elles sortent du cœur plus que de la bouche. On a beau dire mais le cœur parle au cœur, la bouche ne parle qu’aux oreilles" (lettre à Mgr Frémyot, 1604). C’est un réaliste qui privilégie la voie de la simplicité et de l’humilité : "Ce n’est pas par la grandeur de nos actions que nous plaisons à Dieu, mais par l’amour avec lequel nous les faisons".

Une spiritualité évangélique à la portée de tous

Sa spiritualité est profondément évangélique et accessible : parlant la langue du peuple, utilisant de nombreuses images tirées de la nature ou de l’expérience humaine, en particulier conjugale et familiale, il sait nous révéler un Dieu cordial, amoureux de notre humanité. Familier du Cantique des cantiques dont un commentaire l’a enflammé lors de ses études parisiennes, il insiste sur la convenance qui existe entre Dieu et le cœur de l’homme, convenance qui trouve son origine dans la ressemblance que Dieu y a inscrite en le créant. Sa vision de Dieu est celle de l’Écriture, en particulier des prophètes de l’alliance : un Dieu "jalousement" amoureux de l’homme, un Dieu "maternellement paternel" qui est communion d’amour. Dieu n’a qu’un désir : communiquer son amour et solliciter une réponse dans la liberté qu’il accompagne de sa grâce ; François utilise volontiers des images maternelles pour dire cette sollicitude : "Les enfants, à force d’ouïr leurs mères et de bégayer avec elles, apprennent à parler leur langage ; et nous, demeurant près du Sauveur par la méditation et observant ses paroles, ses actions et ses affections, nous apprendrons, moyennant sa grâce, à parler, faire et vouloir comme lui".

1ère édition du Traité

L’homme, travaillé par l’Esprit Saint, est sans cesse ramené à son cœur pour y consentir au Dieu vivant et y vivre le "trépas". François entend par là la nécessité de consentir à la dimension pascale de l’existence chrétienne. Dans le Traité de l’Amour de Dieu (1616), ouvrage "pour les âmes avancées en dévotion", il exprime sa vision de l’amour de Dieu et montre que "trépasser en la volonté de Dieu" est le sommet de l’adhésion au Christ. Loin d’appuyer comme d’autres spiritualités sur le caractère mortifiant du sacrifice du Christ, il en retient surtout la logique d’amour. François se méfiera toujours des manifestations mystiques exceptionnelles : "Elles ne sont nullement nécessaires pour bien servir et aimer Dieu, ce qui doit être notre unique prétention". Faisant écho au double commandement évangélique, François dira que l’amour de Dieu et l’amour des frères sont "sortis comme jumeaux des entrailles de la miséricorde de Dieu". L’amour fraternel est le lieu le plus familier des petits "trépas" que Dieu nous propose chaque jour pour rencontrer l’autre en mourant à nous-même.

 
Prophète de l’Amour

Telle est la sainteté à laquelle tout homme est appelé, une sainteté pour tous, adaptée à la profession, l’histoire et la vocation de chacun : "C’est une erreur, une hérésie, de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés…. Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite" ; toute son œuvre comme pasteur et guide spirituel est une éducation à la sainteté, une sainteté qu’on pourrait qualifier de cordiale et ordinaire. Comme les fleurs qui, par la diversité de leurs formes, couleurs et parfums, font l’harmonie d’un bouquet, ainsi "les plantes vivantes de son Église" sont appelées à produire des fruits de dévotion, "un chacun selon sa qualité et vocation". À l’heure actuelle où, pour beaucoup, Dieu semble étrangement silencieux, ce prophète de l’Amour qu’est François de Sales nous propose un chemin divin à hauteur d’homme : "Tout faire par amour et rien par force" (lettre à Jeanne de Chantal du 14 octobre 1604). Au milieu des difficultés et des doutes, il nous prend doucement par la main pour nous accompagner dans cette disponibilité à la grâce de Dieu qui "est si gracieuse et saisit si gracieusement nos cœurs pour les attirer, qu’elle ne gâte rien en la liberté de notre volonté".

Extrait de l’article : "Saint François de Sales, Maître spirituel" par le Père Alain VIRET, publié dans la revue "FRANCE CATHOLIQUE", N°2859 - 6 décembre 2002.

Petite histoire

L’enfant sorti du tombeau

 Une femme, qui venait de perdre son mari, attendait un enfant. Elle vouait une grande confiance à saint François de Sales. Sentant sa mort prochaine, elle était glacée d’épouvante à la pensée que son bébé, la suivant dans la tombe, serait privé du sacrement de baptême. Elle adressa donc cette instante prière au ciel :

« Grand saint François de Sales, je vous recommande mon âme et je vous voue le fruit de mes entrailles ; je vous supplie que mon enfant reçoive le baptême, faites-moi, s’il vous plaît, cette grâce ! »

Le mal s’aggrava et la mort fit son œuvre. On enterra la malheureuse. Or, une nuit, une de ses voisines reçut la visite de son âme qui la supplia d’aller voir Monsieur le Curé pour lui demander de faire retirer son corps de terre et d’en sortir son enfant qui, n’étant pas mort, pourra être purifié par les eaux salvatrices.

La voisine fit aussitôt la démarche demandée auprès du prêtre qui la renvoya, pensant qu’elle racontait des fables.

Mais la vision se reproduisit quatre fois et, chaque fois, la pauvre femme allait inlassablement en rendre compte à son pasteur.

Enfin, ce dernier commença à penser qu’il ne s’agissait peut-être pas de rêveries. Il alla trouver son évêque, Monseigneur Charles Auguste de Sales pour lui demander conseil en cette affaire et se retrancher derrière son autorité. Le prélat lui fit cette réponse :

« Si Dieu veut manifester sa puissance par la vertu de notre saint, Il le peut. Allez voir et revenez me dire ce que vous aurez fait ».

Le curé va trouver la voisine qui, heureuse de se voir enfin prise au sérieux, ameute toute la paroisse. C’est donc en présence de nombreux témoins que l’on ouvrit le tombeau.

Le corps de la morte était déjà corrompu, à l’exception toutefois du ventre qui était entièrement conservé. On l’ouvre et l’incroyable est bien vrai : le petit enfant, frais et rose, est en pleine vie.

On amena le bébé au domicile de l’évêque qui fut très touché de ce prodige. On procéda ensuite au baptême, sur la tombe même de saint François de Sales, dont il reçut le prénom. Cet enfant mourut à l’âge de trois mois, mais cette fois, l’âme de sa mère reste en paix, sachant qu’elle allait le retrouver pour toujours.

Source : Le monde merveilleux des saints