lundi 6 juillet 2020

Nestor et le non-départ en vacances - Conte pour enfant Par Marc Colmar


" Et toi Nestor, tu pars où, à la mer ou à la montagne ?
- Je ne pars pas, je reste ici.
- C'est nul !
- Je sais mais c'est comme ça, laisse-moi maintenant... "
Les derniers jours d'école avaient été pénibles pour Nestor, vraiment très pénibles. Tous ses camarades de classe lui avaient posé la même question et, plutôt que de mentir, plutôt que de répondre " On part un mois à New-York et un mois à Tahiti ", il avait préféré dire la vérité. Pas pour qu'on le plaigne mais pas non plus pour qu'on lui dise " c'est nul ", ça, il le savait déjà. C'était la première fois que ça arrivait. Sa maman avait longtemps hésité avant de lui avouer. Et puis, un soir de mai, elle l'avait rejoint dans sa chambre, s'était assise au bord du lit, lui avait caressé les cheveux.
" Tu sais Nestor, on ne peut pas partir en vacances cet été. Tu te rappelles les problèmes avec la voiture le mois dernier, ça a coûté plus cher que prévu et on ne peut vraiment pas se permettre de partir...
- Mais qu'est-ce que je vais faire ? Tous mes copains partent ! Je vais m'ennuyer tout seul....
- Ne t'inquiète pas, je suis certaine que tu sauras te débrouiller, je te fais confiance.
- C'est nul...
- Bonne nuit mon grand.
Deux minutes après, c'était au tour de son papa.
" Ne t'en fais pas, on se rattrapera cet hiver, on partira skier... Bonne nuit ma puce. "
Dès le départ de son papa, Nestor se mit à pleurer à chaudes larmes. Tous les étés il partait trois semaines. Une année à la mer, une année à la montagne. Et Nestor adorait les vacances, les longs trajets en voiture, il adorait découvrir de nouveaux lieux, se faire des copains anglais ou allemands, goûter des plats inconnus - il gardait un souvenir ému de son premier Kouing amman. Et cette année, rien...

Les deux premiers jours, Nestor resta dans sa chambre à lire et à jouer avec sa Game Boy. Mais ce n'était pas amusant, il faisait beau dehors : un grand soleil, un ciel tout bleu, ça ne donnait pas envie de rester enfermé. D'autant plus qu'il lui arrivait d'entendre des enfants aux voix inconnues jouer juste à côté de la maison. Et ces voix l'intriguaient beaucoup...
Le troisième jour, il fut dehors dès qu'il entendit ces voix inconnues. Deux garçons et une fille de son âge jouaient à la pétanque dans le square voisin. Il ne les avait jamais vus auparavant. Ils n'arrêtaient pas de rire tous les trois et Nestor s'approcha d'eux tranquillement.
" Eh toi, lui lança l'un des garçons - il avait un fort accent du midi. Ça te dirait de venir jouer avec nous, on pourrait faire deux équipes comme ça.
- Pas de problème, moi c'est Nestor. "
Ils se présentèrent les uns aux autres, il y avait donc Rémy de Perpignan avec sa sœur Léa, et Patrice de Toulouse. Ils passèrent tout l'après-midi ensemble, à jouer aux boules d'abord, puis à se promener dans le centre-ville à la recherche d'une glace. Il était sept heures du soir, l'heure de rentrer dîner, quand la bande des quatre se sépara mais ils se donnèrent évidemment rendez-vous pour le lendemain matin.
Le soir, Nestor se posa des questions. Il regarda sur la carte où se trouvaient Toulouse et Perpignan. Cinq cents kilomètres au sud... Qu'est-ce qu'ils venaient donc faire ici, si loin de chez eux ? Il se promit de leur demander dès le lendemain. Ils éclatèrent de rire quand Nestor posa sa question.
" Bé, on est en vacances, qu'est-ce que tu croyais ?
- En vacances ? Ici ? "
Nestor n'en revenait pas qu'on puisse faire cinq cents kilomètres pour passer ses vacances dans sa ville...
- Et vous êtes déjà venu ici ?
- Bé non, c'est la première fois.
- Vous voulez que je vous fasse visiter ? Je suis né ici, je connais plein d'endroits. Vous allez voir, c'est une ville géniale. "
Les trois compères le suivirent aussitôt et ils ne se quittèrent plus de toutes les vacances. Nestor leur fit découvrir tous ses endroits préférés, la promenade près de la rivière et les ruines du château fort, il leur raconta toutes les légendes de la ville et des villages alentour, la maison hantée, le bois du sorcier et bien d'autres encore... A la fin du mois d'août, ils firent une grande fête dans le jardin de Nestor et ils s'échangèrent leurs adresses, ils promirent de s'écrire tous les mois et de se retrouver l'été suivant.
" Tu étais où en vacances ?
- Bé, ici.
- C'est nul.
- Bé non, c'est génial ! " Et même si ses camarades d'école avaient du mal à le croire, Nestor était sincère, il venait de passer les plus chouettes vacances qui soient...
FIN

samedi 4 juillet 2020

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11, 25-30.


 le fardeau léger

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : `` Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits.  Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m'a été remis par mon Père : personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.  `` Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.  Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. ``



Petit commentaire

Il rejoint tous ceux et celles dont la vie est un fardeau très lourd à porter. Je veux pensez plus particulièrement à ceux qui portent le poids de la journée dans la pauvreté, le mépris et la santé défaillante, à ceux que nous rencontrons par le Secours Catholique.

Ils sont nombreux ceux qui sont accablés par les soucis et les ennuis de toutes sortes.

C'est à toute cette foule de tous les temps, que Jésus adresse son message d'Espérance.

Ce message est très simple : "Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau ! "

Venir à Jésus c'est croire en lui, c'est adhérer à sa personne, c'est le suivre et lui faire une totale confiance. Il nous conduira sur des chemins que nous n'avions peut-être pas prévus. Mais ce sera toujours pour nous combler des richesses de sa grâce et de son amour. Venir à Jésus est un chemin de libération. Comme nous le dit l'apôtre Pierre, ses paroles sont celles de la Vie Éternelle.

"Prenez sur vous mon joug" nous dit encore Jésus. Pas besoin d'explications compliquées pour comprendre cette expression. Même si nous ne sommes plus dans une civilisation à majorité agricole, même si nous ne savons plus ce qu'est un joug sinon un curieux appareil rencontré sur les brocantes, il suffit d'avoir vu les paysans des anciennes générations pour comprendre.

Ils travaillaient avec des bœufs reliés l'un à l'autre au moyen d'un joug. A deux, ils étaient bien plus forts pour tirer de lourds fardeaux, chars de foin. Personne n'aurait eu l'idée de dire que le joug est un fardeau de plus. C'est le moyen pour être plus forts.

Ce que Jésus nous propose c'est le moyen d'être plus fort avec lui. Il nous invite à nous lier à lui par la prière, les sacrements, l'accueil de sa parole et l'exercice de la charité.

Le lourd fardeau de nos péchés qui nous accable, il veut le porter avec nous. Rappelons-nous son baptême : Il est descendu dans l'eau du Jourdain innocent de tout péché. Il en est sorti porteur de tous les péchés du monde. Il les prend sur lui pour nous en libérer. Il veut nous décharger de tout ce mal. Il nous demande de lui donner tout ce qu'il y a de méchant dans notre vie, nos mensonges, nos calomnies, nos lâchetés, nos cruautés. Il veut nous en décharger car il désire que nous vivions heureux. Il veut nous montrer le chemin de son cœur et il attend de nous que nous venions le voir tous les jours. C'est en fréquentant le sacrement de la Réconciliation que nous pouvons nous décharger de nos fardeaux, de nous libérer de nos péchés par le pardon que nous offre le Christ par l'intermédiaire du prêtre. 

Aller au Christ et le rencontrer c'est vraiment LA chance de notre vie. Nous ne sommes plus seuls. Le Seigneur est là pour porter avec nous le fardeau de nos vies. Nous avons pu l'entendre de la part de certains : "S'il n'y avait pas eu ma foi au Christ, je n'aurais pas tenu le coup". Notre Dieu est un Dieu libérateur. Sa parole nous apporte cette force extraordinaire qui vient de la certitude d'être aimés par le Seigneur.  L'Évangile est exigeante mais cette exigence est la clé d'un dépassement de soi, d'un bonheur de vivre une vie donnée. Il est source d'épanouissement joyeux.

Ce que Jésus fait pour nous, nous sommes invités à le faire pour les autres. C'est saint Paul qui nous le demande à sa manière : Portez les fardeaux les uns des autres. En Jésus, nous sommes tous membres d'une même famille. C'est lui qui nous rassemble et qui fait de nous un "peuple de frères". Si nous sommes divisés entre nous, s'il y a des jalousies, si nous accablons celui qui va mal, c'est le Christ que nous rejetons, c'est son amour que nous refusons. Il nous faut veiller à éviter ce travers qui fait que l'on est très exigeant pour les autres et très conciliants pour nous-mêmes.

Chaque dimanche, nous venons à l'Eucharistie  pour déposer le poids de nos vies auprès du pain et du vin offerts en sacrifice. Les offrandes que nous faisons à la Messe, c'est aussi les offrandes de notre travail, de notre quotidien. C'est aussi cela la signification de mon ministère diaconal à l'Eucharistie : présenter à Dieu les souffrances des hommes ; présenter au prêtre, signe du Christ Pasteur, les offrandes de l'humanité ; verser l'eau de l'humanité dans le vin qui deviendra Sang du Christ.

Tout à l'heure au moment de regagner nos maisons pour partager le repas dominical, soyons heureux de témoigner que l'Évangile est  un fardeau léger qui nous porte bien plus que nous le portons, soyons des témoins heureux de la présence du Christ à nos côtés.

Rendons grâce à Dieu d'avoir caché tout cela aux sages et aux savants et de l'avoir livré aux tout-petits que nous sommes.

Amen

(Jean-Pierre)

PRIÈRE


Donne-nous, Seigneur d’avoir le cœur ouvert.
Un cœur ouvert et non pas une intelligente brillante. Nous voici devant toi, en esprit et en vérité.
Donne-nous le silence qui permet d’écouter.
Donne-nous aussi un cœur suffisamment ouvert pour accueillir ta Parole.
Et un esprit suffisamment attentif pour entendre, pour entendre ce que tu ne cesses de vouloir nous dire au sujet de ton Royaume.
Que maintenant, par ton Esprit, ta Parole s’enracine en nos cœurs.
Et que ton ciel vienne sur la terre !
Amen


jeudi 2 juillet 2020


Se reposer
Jésus, tu nous dit:
« Venez à l’écart, dans un lieu désert, et reposer-vous un peu. »
Ouf ! Quelle joie !
Notre guide, notre premier de cordée, nous invite au repos...
Le travail est de plus en plus technique.
Les engagements sont de plus en plus prenants.
Nos agendas sont de plus en plus chargés.
Notre idéal est de plus en plus pressant : il vaudrait mieux, il faudrait, il faudra bien....
Ouf ! Tu nous invites au repos !
Se re-poser devant soi-même : que deviens-tu ?
Que veux-tu ? Que peux-tu ? Que décides-tu ?
Nous re-poser devant la nature,
premier livre que tu as écrit avec le Père et le Saint-Esprit.
Par la nature, tu nous dis tant de choses
sur la vie et les saisons,
sur la sève et les floraisons,
sur le soleil et les mûrissements,
sur le temps des labours et le temps des moissons....
Nous re-poser devant les autres.
Où en sont nos relations ? Où en est notre dialogue ?
Qu’est devenue notre joie d’être ensemble ?
Nous reposer devant Toi, nous re-poser devant Toi, le guide,
le premier de cordée, le premier des ressuscités...
Merci pour ce repos qui est consolation.
Merci pour ce repos qui renouvelle notre espérance.
Nous t’écoutons nous redire :
« Il en est du règne de Dieu comme d’un homme
qui jette le grain dans son champs :
nuit et jour qu’il dorme ou qui il se lève,
la semence germe et grandit, il ne sait comment.
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe,
puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
Et dès que le grain le permet
on y met la faucille, car c’est le temps de la moisson. »
Dieu créateur, Dieu re-créateur,
sois loué pour ce temps de repos,
pour ce temps de tourisme et de loisirs.
Aide-nous à devenir tout neufs devant toi.
Pour mieux servir ton œuvre de création.
Mgr Marcel Perrier

samedi 27 juin 2020

Histoire inspirante : un verre d'eau dans la main


Un jour, un professeur de chimie a décidé d'enseigner à ses élèves une leçon différente de celles qu’il avait l’habitude de donner.

Tenant un verre d'eau à la main, il a demandé aux élèves:

« Selon vous, combien peut bien peser ce verre d’eau ? »
« 500 grammes ! » s’exclama une voix au fond de la classe.
« 600 ! » a déclaré un autre étudiant.
« Je ne le sais pas vraiment. » répliqua le professeur, le verre dans sa main bien en évidence pour s'assurer que tout le monde pouvait le voir.
« Si nous ne le pesons pas, nous ne le saurons pas. Peu importe le poids, ce qui compte, c’est de savoir que ce n’est pas bien lourd. »
Avec le verre toujours dans sa main, le bras tendu, le professeur poursuivi :
«Qu'est-ce qui se passera si je le tiens comme ça pendant quelques minutes ? »
«  Rien! » rétorqua une étudiante.
« Bon, et si je le tiens pendant une heure comme ça, ce qui pourrait arriver ? »
«  Votre bras va commencer à faire mal », a déclaré un autre étudiant.
« En effet. Et que se passerait-il si je tenais le verre dans ma main comme ça pendant une heure, quatre heures, une journée entière ? »
« Vous risquez d’avoir de plus en plus mal ! », scanda une étudiante.
« Votre main va s’engourdir », dit un autre.
« Votre bras risque de se paralyser et on devra vous amener à l’hôpital ! » cria un jeune du fond de la classe.
« C'est vrai » dit le professeur.
« Mais notez que, pendant tout ce temps, le poids du verre d’eau n’a pas changé. Quelles sont alors les causes des douleurs ? »

Pendant un long moment les élèves se turent. Ils semblaient perplexes.

« Que dois-je faire pour éviter la douleur ? » enchaîna le professeur.

« Ben, posez le verre... » murmura un étudiant timidement.

« Exactement ! » s'écria le professeur.

« C'est une leçon que je veux que vous reteniez : les problèmes et les soucis de la vie sont comme ce verre d'eau. Pensez à eux pendant un court moment, rien ne se passera. Mais pensez-y un peu plus longtemps et ils commenceront à faire mal. Et si vous y pensez toute la journée, vous vous sentirez paralysé, incapable de faire quoi que ce soit. Il est important de se rappeler de laisser aller vos problèmes. N'oubliez pas de déposer le verre ! »

Sachez poser votre verre d’eau.
Et ce verre ne représente pas que les problèmes ou les soucis, il peut aussi représenter les blessures, les peurs et les trahisons. En le gardant, elles grandissent et nous provoquent angoisse et douleur. Apprendre à pardonner n'est pas seulement bon pour les autres, c’est avant tout libérateur pour vous, c’est vous faire un cadeau à vous-même.

Quelqu'un peut vous avoir donné un « verre d’eau » à tenir quand nous étions enfants. Et beaucoup d’entre nous continuent à le porter avec loyauté.
« Je ne peux pas » devient alors une pensée qui persiste dans l’esprit pour devenir une conviction.
Il est temps de déposer votre verre. Il n’est pas si lourd que ça, mais cela fait trop longtemps que vous le portez à bout de bras...

Merveilleuse journée positive à vous !

Michel POULAERT.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10, 37-42.

Qui vous accueille, m’accueille
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;  celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.  Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la trouvera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.  Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste.  Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

Commentaire « CELUI QUI NE PREND PAS SA CROIX N’EST PAS DIGNE DE MOI. QUI VOUS ACCUEILLE M’ACCUEILLE » (MT 10, 37-42)


Ce que Jésus nous demande, au début de cet Évangile, peut paraître démesuré surtout si nous croyons qu’il nous demande de moins aimer notre père, notre mère, notre fils et notre fille pour plus l’aimer Lui.
Mais aimer Dieu et aimer les membres de sa famille n’est pas du même ordre.
Nous devons aimer Dieu d’un amour réservé à Dieu, un amour total en pensée, en parole et en action. Le premier des dix commandements nous dit : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force »
L’amour porté à nos parents, nos amis vient de l’amour de Dieu : Il nous aime tellement que nous sommes capables d’aimer à notre tour.
Et de plus nos parents et nos enfants ne sont pas des dieux !
Dans la suite de ce passage de l’Évangile, Jésus continue en nous disant que, pour le suivre, il faut porter sa croix. Les disciples avaient de quoi être scandalisés. « Porter sa croix » voulait dire marcher à la mort, comme un esclave.
Mais porter sa croix, c’est renoncer à être le seul maître de notre existence, c’est aussi accepter de prendre la place de l’esclave, du serviteur et de marcher vers la mort de notre égoïsme.
Porter sa croix …, oui, mais la porter avec Jésus.
Porter sa croix pour accueillir notre frère et ainsi accueillir le Christ envoyé du Père:  “Qui vous accueille m’accueille”,
Accueillir c’est tout simplement « donner à boire, même un simple verre d’eau fraîche », en reconnaissant dans notre frère un envoyé de Dieu.

Questions

Qu’est-ce qui me questionne, me surprend, ou m’émerveille dans ce texte ?
Et nous, quelle place voulons-nous donner à Dieu, à nos frères dans notre vie ? une place fluctuante au grès de nos humeurs ou la première place ?
Quelle est la croix que nous portons avec Jésus ?
Comment accueillir nos frères avec bienveillance et les aider à porter leur croix comme Simon de Cyrène a aidé Jésus à porter la sienne ?
Qu’est-ce que je retiens pour cette semaine ?

https://www.amiens.catholique.fr/dossiers/361197-les-fmp-partagent-la-parole-de-dieu-du-dimanche-28-juin/

Autre Façon D'exprimer cette parole
«Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits, amen, je vous le dis: non, il ne perdra pas sa récompense.
Un verre d'eau fraîche à l'un de ces tout petits a une signification éternelle. Cette vérité met en évidence la dignité de chaque être humain, Jésus montre qu’il ne nous appelle pas à un amour de Dieu excluant les autres. Donner un verre d’eau au moindre de nos frères et sœurs sera récompensé et dès lors reconnu.
Il ne s’agit pas forcément de faire de grandes choses, mais d’accueillir l’autre comme si j’accueillais le Seigneur lui-même. Je cherche quel «verre d’eau» je peux offrir aujourd’hui à ceux     qui m’entourent! Seigneur, que mon cœur sache accueillir comme tu as accueilli.
Pistes de réflexion

1- Est-ce qu'on accepte facilement les personnes qui sont différentes de nous?
Les personnes qui n'ont pas les mêmes opinions que nous?
Les personnes qui n'ont pas la même culture que nous?
2- Est-ce que Jésus nous a parlent de l'accueil des uns et des autres?
3- Comment pouvons-nous accueillir l'autre?

jeudi 25 juin 2020

Un jour de vacances


Julie et Mariette se réveillent dans la maison de tante Annie à la campagne. Mariette regarde par la fenêtre: Lève-toi vite, Julie ! Il fait beau, et c'est aujourd'hui que nous allons pique-niquer.
François, lui, est déjà descendu sans faire de bruit pour ne pas réveiller les filles. Il boit son café au lait dans la cuisine, près du chat qui se lèche les moustaches. Tante Annie va nous préparer un panier bien rempli et c'est moi qui le porterai, dit-il.
Nous mangerons du saucisson et du poulet, dit Mariette, des oeufs durs, de la tarte aux prunes, du bon pain blanc, des tomates, de la salade, du pâté, de la confiture de fraises, du fromage, des bananes et des cerises. Ouf ! ! ! J'ai rempli la cruche de limonade et d'eau fraîche, ajoute tante Annie.
 Voyez ! Le chien nous a suivis. Gentil Doogie, va ! Si nous allions dans les bois ? dit Mariette. Plutôt vers la rivière..... Je crois que c'est dans un pré que nous serons le mieux, dit François.
Heureusement que Doogie est là pour nous aider à tout manger ! dit Julie en mettant le couvert. J'espère qu'il ne viendra pas de vache, ni de chèvre, ajoute Mariette. Ni de mouches, ni de courants d'air, poule mouillée.
Après le déjeuner sur l'herbe, une sieste à l'ombre des arbres paraît bien bonne. Comme c'est joli, les ronds de lumière que fait le soleil au travers des branches ! François, lui, n'a pas envie de dormir : J'ai trouvé un trèfle à quatre feuilles ! crie-t-il.
 La sieste finie, on cueille de jolies fleurs, marguerites, boutons d'or, coquelicots, violettes. Voyez, les miennes sont les plus belles ! Je me ferai une couronne...... Et moi, une guirlande.
Avec ma couronne sur la tête, c'est moi la reine...... Vive Mariette la reine des champs!
Au secours, crie Mariette, je vois une énorme vache ! Sauvons-nous vite !
N'ayez pas peur ! Je prends la nappe et je suis toréador. Heureusement, une clôture électrique empêche François d'aller taquiner la vache de plus près.
 Oh ! La jolie petite chèvre !
Elle a l'air aussi gentille que celle de Monsieur Seguin.
Comme elle doit s'ennuyer, attachée à un pieu toute la journée !
Si nous la détachions ? propose Mariette.
Ah ! Tu as eu vraiment une bonne idée ! crie Julie.
J'ai pris un coup de soleil, dit Julie sur le chemin du retour et mes fleurs sont fanées.
Les fourmis rouges m'ont piqué, dit François. Je suis fatiguée, dit Mariette.
Moi aussi, je suis fatigué, ............pense Doogie ..... Mais nous sommes bien contents et prêts à repartir pique-niquer dès demain........

mercredi 24 juin 2020

La tête de saint Jean-Baptiste. Légende pour nos arrières-petits-neveux, en 1980


RÉSUMÉ : Un grand-père du futur (1980) raconte la visite sur Terre du vrai saint Jean-Baptiste lors de la célébration de la fête nationale le 24 juin 1880. [1] SUR L’ŒUVRE : [2], [3] ÉDITIONS : Le Vingt-quatre juin 1880, publication spéciale à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste, L.J. Demers & frère, imprimeurs-éditeurs, p. 7. ; Le Monde illustré, volume 14, numéro 685 (19 juin 1897), p. 116[4]. ; Imagine, volume 5, numéro 19 (octobre-novembre 1983), p. 9-12.
— Grand-père, diront les futurs petits-fils d'un de nos futurs arrière-neveux, contez-nous donc quelque chose.
— Je le veux bien, mes enfants, répondra le bonhomme en bourrant sa pipe. Qu’est-ce que vous désirez entendre ?
— Un conte ! s'écrieront les plus jeunes.
— Des aventures de Sauvages ! Renchériront les petits hommes de quinze ans.
— Non pas, grand-père, une histoire instructive, quelque légende du bon vieux temps ! demanderont les sages, les moustaches naissantes.
— Soit ! fera le vieillard, s'adressant à ces derniers.
La scène se passera le soir du 24 juin 1980, dans une de ces grandes paroisses formées sur les riches terrains d'alluvion que recouvre aujourd'hui le lac Saint-Jean.
Après que le conteur aura soigneusement allumé sa pipe et que le cercle se sera rétréci autour de sa chaise, il commencera ainsi :
— Mes enfants, il y a de ça aujourd'hui juste cent ans, nos ancêtres célébraient, eux aussi, la Saint Jean-Baptiste dans la ville de Québec. — Il faut vous dire, entre parenthèses, que Québec était loin d'être alors ce qu'il est aujourd'hui. C'était une humble ville qui n'avait pas même cent mille âmes et dont le commerce était encore à l'état d'enfance. On y passait le temps à se chamailler à propos de politique, au lieu de travailler à la colonisation, comme cela s'est fait plus tard. Deux beaux grands ponts ne reliaient pas, comme aujourd’hui, la rive sud à la rive nord ; le chemin de fer du Lac n'était qu'en projet ; ceux de Québec à Tadoussac et de Tadoussac à Chicoutimi n'avaient pas la plus petite chance d'être construits. Tout annonçait la misère dans notre pauvre pays. On laissait les choses aller au hasard, sous l'œil de Dieu. Croiriez-vous, mes enfants, qu'à l'endroit même où nous sommes, il y avait autrefois un grand lac vaseux de plus de cent milles de tour et qu'on n'avait pas même songé à l'assécher en creusant le canal de la Grande Décharge ? C'est pourtant comme je vous le dis. Pour me résumer en deux mots, le pays tout entier — je parle du pays français — ne comptait guère plus d'un million de Canadiens, tandis qu'aujourd'hui la province du Saguenay seule en donne trois millions et qu'il y a au moins sept millions de nos gens dans ce que nous appelons la Vieille Province.
À cette révélation surprenante, les petits-fils du conteur ouvriront les yeux et se diront que nous, leurs ancêtres, nous étions de fiers crétins. Avouons modestement que nous n'aurons pas volé cette épithète.
Le grand-père futur reprendra :
— La misère était donc grande chez nos ancêtres d'il y a cent ans. Cela ne les empêcha pourtant pas de célébrer magnifiquement notre fête nationale, en 1880. On avait invité tous les Canadiens de l'Amérique, et il en arriva plus qu'on ne l'espérait même, — si bien que la ville de Québec parut, ce jour-là, un immense camp de pèlerins, tout comme La Mecque, la ville sainte des Musulmans.
Saint Jean-Baptiste, du haut du ciel, contemplait avec amour ce spectacle de tout un peuple réuni pour le célébrer. Il souriait doucement, le bon saint, mais il y avait une pointe de tristesse dans son sourire. Il se disait que ses amis canadiens se mettaient là pour lui en bien grands frais, et il cherchait le moyen de faire tourner à leur profit cette générosité un peu forte pour leur bourse. Une idée lui vint tout à coup, et il se dirigea de suite vers le trône du bon Dieu. Là se tenaient une foule de saints de sa connaissance : saint Pierre, saint Joseph, saint Mathieu, et bien d’autres. Voyant la mine renfrognée de saint Jean-Baptiste, le propre jour de sa fête, ceux-ci se doutèrent bien que leur camarade avait quelque chose à demander.
Ils ne se trompaient pas. Le bon Dieu, lui, souriait paternellement.
Saint Jean-Baptiste se prosterna et dit :
— Père-Éternel, accordez une faveur à votre pauvre Jean.
— Que veux-tu, mon bon Jean? Je ne te refuserai rien aujourd'hui.
— Père-Éternel, je voudrais aller sur la Terre.
— Vas-y. Qui t'en empêche ?
— C'est que...
— Parle sans crainte.
— Je voudrais y aller avec mon corps terrestre.

— Mais ta tête a été coupée, tu le sais bien !
— Père-Éternel, vous m'en prêterez une autre semblable.
— C’est facile.
— Et j'apporterai ma vieille tête sous mon bras.
— Accordées les deux têtes.
— Seulement, je voudrais que cette dernière fut convertie en diamant.
— Vaniteux ! fit en souriant le Père-Éternel. Accordée aussi la tête de diamant.
Saint Jean-Baptiste se prosterna de nouveau et partit aussitôt pour notre planète. Les saints, ses amis, le croyant toqué, souriaient dans leur barbe en le voyant ainsi agrémenté d'une tête de rechange. Mais saint Jean, qui avait son projet, les laissa rire et fila vers la Terre avec la vitesse du regard de Dieu.
Il arriva à Québec en moins d'une seconde.
Tout y était en émoi. L'immense procession s‘organisait ; les chars allégoriques de toutes sortes se mouvaient ci et là ; les bannières, les banderoles et les drapeaux flottaient au vent... C’était beau, c’était grand... pour l’époque.
Soudain, une étrange rumeur circule : le personnage principal de la procession, le petit saint Jean-Baptiste, a disparu !... On l'a cherché en vain... Il s'est évanoui comme une fumée, comme un brouillard... Il faut le remplacer ; mais le temps presse, la foule s'impatiente, et les lourds chariots sont déjà partout en mouvement.
Le président — il s'appelait Jacques Rhéaume — est au désespoir ; il s'arrache les cheveux... Peut-être va-t-il se dépouiller lui-même, revêtir une peau de bête et remplacer le personnage manquant.
Mais, à ce moment même, un homme jeune encore se présente, arrivant on ne sait d'où. Il ressemble « comme deux gouttes d'eau » au vrai saint Jean-Baptiste des Écritures et est revêtu comme lui « de poils de chameau ». Une ceinture de cuir entoure ses reins, et il cache sous son étrange vêtement un objet assez volumineux.
Sans mot dire, l'inconnu saute dans le char principal, et fouette, cocher ! La procession s’ébranle.
Le président, tout ébahi, n'en revenait pas ; il croyait rêver... Mais la foule se mit à crier : vivat ! Et le char triomphal disparut sous les arches de verdure, entre les décorations de toutes sortes, au son des fanfares éclatantes et escorte de plus de cinquante mille personnes.
Ce fut un beau jour pour notre peuple, mes enfants. Bien des cœurs forts battirent à l'unisson et bien de douces larmes coulèrent pendant cette grande exaltation du précurseur de Jésus-Christ.
Le remplaçant du petit saint Jean-Baptiste surtout paraissait ému ; et, quand la procession fut finie, son visage était radieux et sa tête semblait entourée d‘une auréole...
Le président, venu pour le complimenter et le remercier, se troubla à son aspect...
Une inspiration d'En-Haut fut pour lui une révélation, et il tomba à genoux, s’écriant :
— Vous êtes saint Jean-Baptiste, le vrai saint Jean-Baptiste !
— Je le suis, en effet, répondit le saint. J'ai vu mon peuple pauvre, mais toujours croyant... J'ai voulu venir moi-même le récompenser.
Puis, entrouvrant son manteau rustique :
— Voici ma tête, qui fut coupée à la prière d'Hérodiade... Dieu l'a convertie en diamant... Je la donne à mon peuple, à ce peuple qui m'est demeuré fidèle... Faites-en usage pour la plus grande gloire de Dieu et le plus grand avantage de ceux qui aiment saint Jean-Baptiste !
Ces paroles prononcées, une grande lumière se fit, qui aveugla tout le monde, et le saint remonta au ciel ...........
Et voilà comment il se fait, mes enfants, que, grâce à la générosité de notre céleste patron, la population canadienne s'est décuplée et tout le pays s’est colonisé en moins d'un siècle .........
Le vieillard secouera sur son pouce la cendre de sa pipe... Et nos arrière-petits-neveux sentiront redoubler leur amour pour saint Jean-Baptiste, patron des Canadiens français !
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