samedi 1 mai 2021

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15, 1-8

 Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.

Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage.  Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.

Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.  Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.  Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.  Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.

Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

 Piste réflexion

 1- Quel est le mot qui revient sept fois dans le texte? Demeurer

2- Que signifie demeurer en Jésus?

3- Comment demeurez unis à Jésus?

4- Mais comment, aujourd'hui, peut-on demeurer unis à Jésus? (Pour rester unis à Jésus, il est important de le connaître et pour cela il faut passer du temps avec lui (prière, relation intérieure, évangiles). Il faut aussi avoir envie de suivre son chemin. Nous sommes toujours libres d'accepter ou de refuser ce qu'il nous propose. Il faut enfin lui faire confiance et se laisser faire: laisser sa vie circuler en nous (prière, sacrements).

5- Comment porter du fruit, des fruits savoureux ? …

5e dimanche de Pâques B

 Branchés sur le Christ

 Aujourd’hui, le Ressuscité se présente à nous comme la vraie vigne, comme celui qui nous donne la vie en abondance. Branchés sur lui, nous pouvons porter des fruits, aimer comme lui, dire au monde sa présence

Petit commentaire Extrait

Ce passage de l’évangile de Jean nous révèle le degré d’intimité que Jésus veut avoir avec chacun de ses disciples. Jésus invite ses disciples à entrer en communion avec Lui, à demeurer en Lui pour porter beaucoup de fruit.  Il  leur dit: « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments… Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche.» Dans la logique du monde moderne, l’être humain doit être laissé à lui-même pour gérer tout seul sa vie en dehors du plan divin. En atrophiant l’être spirituel, les hommes et les femmes de notre temps se créent un grand vide intérieur et se dessèchent parce qu’ils pensent assouvir leur soif de bonheur que par des besoins terrestres. En dehors du Dieu de la Vie nous sommes comme les sarments qui ne portent pas de fruit parce que nous sommes  coupés de la Source qui donne Vie à toute chose. Sommes-nous branchés à la vraie source de vie? Dans le langage techno, les jeunes se disent branchés 24h/24 parce qu’ils dorment avec leur gadget. En informatique nous  savons que si nous ne sommes pas branchés sur le bon serveur nous ne pouvons pas accéder à aucune information pour bien gérer nos fichiers. Il en est de même pour nous chrétiens dans le domaine spirituel. Si nous embrassons la logique du monde et si nous ne sommes pas branchés 24h/24 sur Jésus qui est la Source de vie, nous devenons comme une terre asséchée et aride. En suivant la logique du monde nous nous enlisons dans nos divisions et nos laideurs qui entrainent la mort sur notre passage. Par contre si nous suivons la logique de Dieu qui est Amour et qui donne le vrai bonheur à ses enfants,  notre aveuglement s’estompe. Si nous restons  branchés sur Jésus qui nous a rachetés de la mort spirituelle et qui nous donne sa paix et sa joie et si nous faisons confiance à l’Esprit-Saint qui éclaire nos chemins ténébreux, notre âme s’élèvera à la grandeur du cœur de Dieu pour donner la vie en abondance.

Seigneur Jésus, Toi la source de vie,
Saisis-nous de Ta lumière.
Ne permets pas que les escadrons de la mort
Nous entrainent dans notre laideur.
Aide-nous à demeurer en ton Amour.

Seigneur Jésus, Toi, notre arbre de vie,
Garde-nous branchés à l’Esprit créateur de l’univers.
Fais que cette énergie d’amour,  de paix et de miséricorde
Nous propulse vers nos frères et sœurs afin de faire advenir
Ton règne de justice et de vie abondante. Karine

https://alecoutedesevangiles.mobi/2015/04/21/moi-je-suis-la-vigne-et-vous-les-sarments-jn-15-1-8/

jeudi 29 avril 2021

Marie de l'Incarnation (1599-1672) fête le 30 Avril 2021

 


SAINTE MARIE de l'INCARNATION
 Femme de Dieu pour aujourd'hui


Le 28 octobre 1599 naissait à Tours la quatrième enfant de Jeanne Michelet et du boulanger Florent Guyart. On lui donna le nom de Marie. Dieu avait des desseins très précis sur la jeune Marie Guyart. Il allait en faire une des plus grandes mystiques de l'Église, une missionnaire exceptionnelle et la mère de l'Église canadienne. Cheminement spirituel Dès l'âge de sept ans, elle voit, dans un songe, Jésus qui vient vers elle et lui demande: « Voulez-vous être à moi ? » Avec toute sa spontanéité d'enfant, elle lui répond: « Oui! » Un « oui » libre et ardent qui ne s'est jamais démenti. À dix-sept ans, ses parents, selon la coutume du temps, la donnent en mariage à Claude Martin, marchand en soieries. Son mari meurt, deux ans plus tard, la laissant avec le soin d'un enfant de six mois, le petit Claude, et tous les embarras d'un commerce en faillite. Avec courage, elle fait face à cette nouvelle situation. Le 24 mars 1620, vieille de l'Annonciation, en marchant sur la rue, elle se voit soudainement arrêtée par la puissance de l'action de Dieu en elle. Elle prend conscience, dans une grande lumière, des péchés et des imperfections de sa vie passée et, en même temps, elle se voit plongée dans le Sang du Christ et sauvée personnellement par son Amour miséricordieux. Elle ressort de cette expérience toute renouvelée, conscient d'être devenue une nouvelle créature. Le Verbe incarné l'appelle à l'union avec lui en l'attirant d'abord à la contemplation des mystères de sa vie terrestre, puis en l'unissant profondément à sa Personne. Il lui donne de pénétrer dans l'intimité de la Trinité. En 1627, lors d'une expérience profonde de la Trinité, il la prend pour son épouse et l'unit à lui de façon inexprimable. Le plus extraordinaire est qu'elle a vécu ce cheminement spirituel au milieu d'une vie très occupée. En 1621, elle avait accepté de travailler au commerce de son beau-frère qui gérait une entreprise importante de transport. Peu à peu, ce dernier, voyant le talent de la jeune veuve pour l'administration, lui confiait parfois la direction de son entreprise. On voit alors Marie, dans les rues de Tours, en train de négocier, de s'occuper des employés ou de prendre soin de soixante chevaux. Parfois il est minuit et elle est encore sur les quais à faire charger et décharger la marchandise. Elle vit sa relation à Dieu au coeur du monde, dans une existence débordante d'activités. On pourrait dire qu'elle vit la Trinité dans les affaires.

Missionnaire en Nouvelle-France

En 1631, à la suite des appels répétés du Seigneur, elle entre chez les Ursulines de Tours où elle prend le nom de Marie de l'Incarnation. Là, Dieu continue de la préparer à la vocation missionnaire qu'il a préparée pour elle. En 1634, dans un nouveau songe, elle voit « un lieu très difficile » qu'elle reconnaîtra à son arrivée à Québec, et perçoit que la Vierge Marie et son fils Jésus semblent l'appeler à une mission qu'elle ne connaît pas encore. L'année suivante, elle reçoit de Dieu le don de « l'esprit apostolique » qui la fait voyager en esprit à travers le monde, « au Japon, dans l'Amérique, dans l'Orient, dans l'Occident » et partout où il y a des personnes qui attendent le salut par la Sang du Christ. Son désir d'aller annoncer la Bonne Nouvelle s'intensifie. Elle entre en contact avec quelques jésuites missionnaires de la Nouvelle-France. Finalement, le 25 janvier 1639, elle quitte son monastère de Tours, en route pour Québec. Elle est accompagnée de Madame de la Peltrie, une veuve qui est prête à la suivre et à l'aider financièrement dans son projet de fonder une école pour les jeunes filles amérindiennes et françaises. De 1639 à 1672, elle vit dans son monastère à Québec, au coeur de la nouvelle Église canadienne. L'activité qu'elle déploie au service de la Mission est tout simplement prodigieuse. En plus d'accueillir les jeunes filles pour leur enseigner les fondements de la religion chrétienne, elle reçoit au parloir un grand nombre de visiteurs amérindiens et français. En outre, elle se met à l'étude des langues du pays et compose des dictionnaires, des catéchismes et des histoires saintes dans au moins trois langues amérindiennes. C'est à elle que revient tout le soin du matériel: la construction du monastère et la reconstruction après l'incendie de 1650, le souci d'assurer la nourriture et les vêtements pour les religieuses et les jeunes pensionnaires. Le soir, à la chandelle, elle écrit des milliers de lettres à son fils, à ses amis et aux bienfaiteurs de France. En 1654, elle répond aux demandes insistantes de son fils Claude, devenu bénédictin, en lui envoyant la Relation de sa vie. Cet écrit, qui est parvenu jusqu'à nous, est l'un des grands chefs-d'oeuvre de la littérature mystique de langue française. Au dire de Bossuet, Marie est la « Thérèse du Nouveau Monde et de notre temps ». Elle est appelée à juste titre « mère de l'Église canadienne » puisqu'elle a aidé à mettre au monde cette jeune Église, dans des circonstances particulièrement épineuses, par sa présence et son engagement dans la jeune colonie, de 1639 à 1672. Elle meurt à Québec le 30 avril 1672. Le Pape Jean-Paul II l'a proclamée bienheureuse en 1980. Sa célébration liturgique a lieu le 30 avril.

Après quatre siècles, l'exemple de sa vie et sa doctrine continuent de rayonner et d'attirer à Dieu ceux et celle qui apprennent à la connaître. Son expérience mystique et missionnaire, enracinée dans le terreau de la vie concrète quotidienne, exerce une fascination et lance un appel à plusieurs de nos contemporains. (Robert Michel, o.m.i.)

mercredi 28 avril 2021

« Par l’Ave Maria, le grand Jésus règnera ! »

| Ouvrage : Le Courrier des Croisés .

Temps de lecture : 8 minutes

- Oh ! Bonjour, chère amie ! Comme je suis contente de vous rencontrer ! Comment allez-vous ?

- Beaucoup mieux que les jours précédents ! Le docteur de Révot m’a donné un remède formidable. Mes maux de tête ont disparu, comme par enchantement ! Me voilà en pleine forme !

- Quelle merveilleuse nouvelle ! J’ai bien regretté votre absence, l’autre jour, au dîner organisé par la famille Pagé.

- Comment donc c’est passé cette fameuse soirée ?

- Ma foi, je n’ai pas fort apprécié la fête. Figurez-vous que mademoiselle Pagé et plusieurs de ses amis en sont venus à parler du brave Monsieur de Montfort. Sans aucune charité, ils se sont mis à le critiquer, à le ridiculiser…

- Comment ? Ils se sont moqué d’un prêtre si dévot ? Mais pour quel motif ?

- Oh ! Ce n’est pas compliqué ! Vous savez comme moi, le bien que fait ce saint prêtre dans toute la région. Il secoue tellement les âmes que beaucoup se convertissent et changent de vie. Il n’a pas peur de dire les choses.

Dernièrement, il a même osé critiquer la toilette d’une jeune demoiselle en plein sermon. La mère de celle-ci était tellement furieuse que lorsque le bon père est sorti de l’église, la dame, en furie, s’est jeté sur lui et lui a donné plusieurs coups de canne. Le bon Monsieur de Montfort n’a même pas essayé de se défendre, il a simplement attendu que la tempête se calme. Puis il a dit, avec beaucoup de douceur : « Madame, j’ai fait mon devoir ; il fallait que votre fille fasse le sien ! ». Je pense que les solides leçons de ce saint homme dérange la mentalité de mademoiselle Pagé et de ses amis !

- C’est évident ! Pourtant tout ce que l’on raconte sur Monsieur de Montfort devrait les faire réfléchir ! Pour moi, mon opinion est faite, c’est un saint ! Il suffit de suivre une de ses missions pour en être convaincue ! Vous souvenez-vous de celle qu’il a prêché dans l’église des dominicains l’an dernier ?

- Oh oui ! Pour rien au monde je ne l’aurai manqué ! L’église était bondée, nous étions bien trois mille femmes à l’écouter… Je ne peux oublier la façon dont il nous parla du rosaire ! Et son amour pour Notre-Dame…

- Vous a‑t-on raconté dans quelle circonstance le bon père Grignion de Montfort a pu prêcher une mission sur l’île d’Yeu, dernièrement ?

- Non ! Racontez moi…

-Eh bien, voici ce qu’un ami de mon frère, marin de Saint-Gilles, nous a raconté… Écoutez-moi, c’est assez édifiant…

Monsieur de Montfort avait décidé de partir évangéliser l’île d’Yeu. La chose était périlleuse car des corsaires anglais, en ce début d’année 1712, infestaient les parages. Arrivé aux Sables‑d’Olonne, le missionnaire chercha un patron de chaloupe prêt à le mener sur l’île. Personne ne voulut l’y conduire. Mais cela ne le découragea nullement. Il prit le chemin d’un autre port breton : Saint-Gilles. Là aussi, les matelots refusèrent de le passer. Le prêtre ne se tint pas pour vaincu. Avant repartir vers La Rochelle, il pria avec grande ferveur le rosaire, puis fit une dernière tentative. Il retourna voir le patron de la plus grande chaloupe du port, lui promit, au nom du Ciel, que le voyage se passerait sans problème puis le supplia tellement que le brave capitaine finit pas accepter.

Le lendemain, le père Grignion de Montfort embarquait joyeusement avec les hommes d’équipage. Ils étaient à peine à trois lieues en mer quand ils aperçurent deux vaisseaux corsaires approcher de l’embarcation à toutes voiles. Le bateau breton avait le vent contraire et n’avançait qu’à la force des rames !

Les matelots s’écrièrent, terrifiés : « Nous sommes pris ! nous sommes pris ! » Pendant ce temps, Monsieur de Montfort chantait des cantiques, paisiblement, et invitait ses compagnons d’infortune à faire de même, mais les pauvres marins, angoissés, gardaient le silence.

« Puisque vous ne pouvez pas chanter, récitons donc tous ensemble notre chapelet. Notre-Dame nous protège, mes amis ! » s’écria le prêtre. Répondant à cette invitation, les pauvres matelots se mirent à prier avec ferveur. Quand le chapelet fut fini, Monsieur de Montfort rassura ses compagnons d’infortune : « Nous n’avons plus rien à craindre. La sainte Vierge nous a exaucés, nous sommes hors de danger ». Alors qu’il affirmait cela, leur bateau se trouvait déjà à portée des canons des vaisseaux ennemis ! Un des mousses s’écria :

- « Hors de danger ? Mais regardez !!! L’ennemi est sur nous prêt à fondre sur notre barque. Préparons-nous plutôt à faire le voyage en Angleterre et à pourrir dans l’une de leurs prison !

Alors Monsieur de Montfort lui répliqua :

- « Ayez de la foi, mes amis, les vents vont changer. »

Effectivement, la chose arriva, comme il l’avait prédit. Tout à coup, les matelots virent les vaisseaux ennemis virer de bord et, les vents ayant complètement changés de direction, les embarcations s’éloignèrent les unes des autres. Sur le bateau français, l’équipage reprit espoir. Bientôt tous se mirent à chanter de bon cœur le Magnificat en action de grâces ! A leur arrivée sur l’île d’Yeu, les marins furent reçus en triomphe.

- On l’imagine bien ! Quel beau récit, ma chère amie, et comme vous le contez avec talent ! Je regrette bien que vous ne fussiez pas à la fête chez les Pagé. Vous auriez réussi, mieux que moi, à faire taire toutes ces railleries sur cet homme de Dieu.

- Ces malheureux voulaient peut-être simplement faire un peu d’esprit sans penser réellement à mal.

- C’est probable pour certains mais mademoiselle Bénigne Pagé a osé parier devant toute l’assemblée qu’elle irait écouter le prochain sermon de monsieur de Montfort à l’église Saint-Sulpice, pour en rire ostensiblement. Elle espère, a‑t-elle affirmé, désarçonner l’orateur et lui couper “le fil du discours” !

- Mon Dieu ! Quelle sottise et quelle impertinence ! Ma chère amie, j’ai une idée. Puisque le saint homme prêche avec tant de ferveur la puissance du chapelet, prions-le et encourageons nos proches à le dire dans cette intention : Que cette triste farce tourne à la Gloire de Dieu et de Notre-Dame !

- Vous avez raison ! Prions…

Huit jours après, Mademoiselle Pagé, fille d’un des plus importants fonctionnaires des finances de la ville de la Rochelle, entrait, en grande toilette, à l’église Saint-Sulpice, pour y suivre l’office dirigé par Monsieur de Montfort. Plusieurs de ses amis mondains l’accompagnaient. Elle se plaça bien en vue, au milieu de l’assistance, directement sous les yeux du missionnaire. La jeune femme espérait bien être apostrophée par le prédicateur. Ce serait l’occasion rêvée de se moquer publiquement de ce prêtre bien trop sévère, à ses yeux. Mais le missionnaire ne tomba pas dans le piège. Il jeta juste un regard de compassion sur la jeune mondaine puis se tournant vers le Saint-Sacrement, il fit une courte prière et commença son sermon.

Les paroles qu’il dit alors furent si belles que l’émotion gagna peu à peu tout l’auditoire. Même les curieux étaient captivés. Les grandes dames de la belle société ne retenaient plus leurs larmes et la jeune fille frondeuse, qui croyait rire et faire rire, se mit, elle aussi, à pleurer au premier rang sans aucun respect humain !

Après l’office, elle resta prier longtemps dans l’église. Quand, enfin, elle quitta l’église, elle avertit ses amis qui l’attendaient avec impatience qu’elle avait décidé de changer de vie ! Ceux-ci furent atterrés par la nouvelle. Elle se dirigea tout droit vers la maison du saint prêtre. Elle lui parla plus de deux heures. Le soir même, sa résolution était prise. Il lui fallait quitter le monde. La nuit même elle prépara ses affaires et le lendemain elle se présenta au monastère des Clarisses pour y faire une retraite. Celle-ci se termina par une bonne confession. Ensuite, au grand étonnement de la supérieure, mademoiselle Pagé lui demanda la faveur d’être admise dans la communauté.

Sa vocation semblait sérieuse. Elle fut donc acceptée avec joie. A La Rochelle, cette nouvelle fit grand bruit. La famille de la jeune fille ne pouvait comprendre se changement si brutal ! Certains de ses amis parlèrent même de brûler le couvent des Clarisses. Bénigne Pagé, devenue sœur Saint-Louis, resta inébranlable et fit comprendre à ses proches qu’elle avait trouvé au couvent le vrai bonheur.

Dans toute la région on parla longtemps de la belle victoire obtenue par le prêtre “au long chapelet” ! Mais lui ne s’en soucia guère, il continua, humblement, à sillonner les routes de Bretagne et à chanter avec ardeur la grande et belle dévotion au Rosaire !

Par l’Ave maria
Le péché se détruira,
Par l’ave Maria
Le grand Jésus régnera.

Verax

Sources : Saint Louis-Marie Grignion de Monfort, Louis Le Crom, éditions Clovis, 2003.

https://www.maintenantunehistoire.fr/par-lave-maria-le-grand-jesus-regnera/

dimanche 25 avril 2021

La prière pour la journée des vocations 2021

 


Prière pour toutes les vocations

Seigneur, nous te rendons grâce pour ton appel à la vie, à l'amitié avec toi, à la sainteté. Fais de nous des hommes et des femmes qui s'approprient la fragilité des autres, qui ne permettent pas qu'émerge une société d'exclusion mais qui se font proches. Donne-nous le témoignage d'amour de couples confiants en ta présence et fortifiés dans le lien du mariage. Accorde-leur de construire une famille unie, missionnaire, pleine de foi et attentive aux besoins des autres. Donne à notre monde les prêtres dont il a besoin, témoins de ta Parole et de ta présence dans les sacrements, Accorde-nous des diacres permanents passionnés de l'Évangile et au service de leurs frères. Donne au monde les consacrés : religieux, religieuses, ermites, vierges consacrées… qui dans la prière et l'engagement sauront être acteurs d'une transformation de la société dans l'amour. Donne à chacun de nous de vivre avec plénitude ton appel à la sainteté et de transmettre la joie de l'Évangile au cœur du monde. Amen

 

samedi 24 avril 2021

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10, 11-18

Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis

En ce temps-là, Jésus déclara : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.  Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse.  Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.  Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent,  comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.  J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.

Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau.

Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

JE SUIS le bon berger Jean 10: 11-18

 Questions de discussion:

 1. Quand vous pensez aux moutons, quelles sont les caractéristiques que vous admirez? Qu'est-ce que tu n'es pas si fou à propos de?

Lisez Jean 10: 11-13

2. Pourquoi Jésus se d’écrit-il comme le bon berger?

3. Qui pourrait être le<<mercenaire>>en ce qui concerne ce passage?

4. En quoi le mercenaire et le Bon Pasteur sont-ils différents?

Lisez Jean 10: 14-18

5. Que pensez-vous que cela signifie que le Bon Pasteur connaît ses brebis et que les brebis connaissent le Bon Berger? Que signifie entendre la voix du berger?

6. En quoi cette distinction est-elle différente des autres perspectives de foi en Dieu?

7. Lisez le Psaume 23 ... de quelles manières le Seigneur prend-il soin des brebis dans ce passage? Énumérez les façons dont vous voyez le Berger s'occupant des moutons…

8. Jésus dit à plusieurs reprises que le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis, qu'est-ce que cela signifie?

9. Jésus a-t-il été forcé de faire cela?

10. Qui sont les moutons d'un autre enclos?

Petit commentaire

 Avril 2021 : « Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis » (Jean 10,11-18)

 Dans la vie actuelle, les images bibliques nous semblent bien éloignées de nos exigences modernes d’efficacité ! Pourtant, ne ressentons-nous pas parfois le besoin d’un lieu de repos, d’une rencontre avec quelqu’un nous accueillant tels que nous sommes ?

Jésus se présente comme celui qui, plus que tout autre, est prêt à nous écouter et même à donner sa vie pour chacun de nous.

Dans ce passage d’évangile, le Seigneur nous assure de sa présence dans la vie de chacun de nous, comme promis à Israël par les prophètes 1.

Jésus est le pasteur, le guide qui connaît et aime ses brebis, c’est-à-dire le peuple fatigué et parfois égaré. Ce n’est pas un étranger, qui ignore les besoins du troupeau, ni un voleur, qui vient pour emporter, ni un brigand, qui tue et disperse, ni un mercenaire, qui n’agit que pour son propre compte.

 « Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis »

 Le troupeau que Jésus ressent comme sien, ce sont non seulement ses disciples, tous ceux qui ont reçu le baptême, mais bien d’autres encore. Il connaît chaque créature humaine, l’appelle par son nom et prend soin d’elle avec tendresse.

Il est le vrai pasteur. Non seulement il nous guide vers la vie et vient nous chercher chaque fois que nous nous égarons 1, mais il a déjà donné sa vie pour accomplir la volonté du Père, c’est-à-dire la plénitude de la communion personnelle avec lui et la reconstruction de la fraternité entre nous, alors qu’elle avait été mortellement blessée par le péché.

Efforçons-nous de reconnaître la voix de Dieu, d’entendre sa parole adressée à chacun, et de la suivre avec confiance. Soyons sûrs que nous sommes aimés, compris et pardonnés sans condition par celui nous dit :

 « Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis »

 Quand nous reconnaissons, au moins un peu, cette présence silencieuse, mais puissante, dans notre vie, nous éprouvons le désir de la partager, de faire grandir notre capacité d’accueil et d’attention aux autres. À l’exemple de Jésus, essayons alors de mieux connaître les membres de notre famille, nos collègues de travail, nos voisins, et de nous laisser bousculer par les exigences de ceux qui nous entourent.

Laissons libre cours à l’imagination de l’amour, en impliquant autant les autres que nous-mêmes. Contribuons ainsi à la construction de communautés fraternelles ouvertes et accompagnons avec patience et courage le cheminement de tous.

 Méditant cette phrase même de l’Évangile, Chiara Lubich écrivait : « Jésus disait : “Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime” (Jn 15,13). Il a vécu son offrande jusqu’au bout. Son amour est un amour oblatif, c’est-à-dire un amour effectivement prêt à donner sa vie […]. Dieu nous demande, à nous aussi, […] des actes d’amour qui ont, au moins dans l’intention, la mesure de son amour […]. Seul cet amour est chrétien. Ce n’est pas un amour quelconque, une apparence d’amour, mais un amour si grand qu’il est prêt à donner réellement sa vie […]. En agissant ainsi, notre vie de chrétiens connaîtra un saut de qualité. Et nous verrons alors venir autour de Jésus, attirés par sa voix, des hommes et des femmes de tous les pays 2 »

1 Cf. Lc 15,3-7 ; Mt 18,12-24.

2 D’après C. Lubich, Parole de Vie d’avril 1997, in Parole di Vita, éd. Fabio Ciardi, Città Nuova, Rome 2017, pp. 576-577.

 https://www.parole-de-vie.fr/2021/03/avril-2021-je-suis-le-bon-berger-le-bon-berger-se-dessaisit-de-sa-vie-pour-ses-brebis-jean-1011/

mardi 20 avril 2021

Prière de la terre,

 

La Création te loue  

Nous t'adorons,
toi qui nous as mis dans le monde
et qui nous donnes de dominer sur tout ce qui s'y trouve.

Les vents te louent,
lorsqu'ils lancent les eaux à l'assaut.

La terre te loue,
elle qui ouvre son sein et donne ses fruits en leur saison.

Les mers te louent,
par la bouche de leurs flots,
lorsque leur voix proclame que tu les domines.

Les arbres te louent,
lorsqu'ils sont contraints par le souffle du vent
à fleurir et à donner des fruits.

Elles te bénissent aussi,
les plantes si variées et les fleurs colorées,
suçant la pluie qui les inonde et les vapeurs de la rosée.

Elles se rassemblent et unissent leurs voix pour ta louange,
gratifiées de toutes tes bontés
et unies dans la paix pour te bénir.

SAINT EPHREM de Nisibe (v. 306-373)

dimanche 18 avril 2021

St Joseph travailleur

 Le berceau de Jésus ou le dernier songe de joseph (conte)

« L’enfant qui grandit en Marie, est l’oeuvre de l’Esprit Saint ; tu l’appelleras Jésus sauveur » Tel fut le message du premier songe de Joseph. Et peut-on mettre en doute la parole d’un ange, même s’il apparait dans un rêve ? Alors Joseph prit Marie chez lui.

A Nazareth on le nommait Joseph le juste.

C’est qu’il s’y entendait pour AJUSTER les poutres, les solives, les planches, étant menuisier artisan charpentier… Mais il pratiquait surtout la justice du coeur, celle qui ne se mesure pas et que l’on nomme compassion, aumône, miséricorde.

Ce n’était pas un bavard Joseph, on n’a pas une seule parole de lui dans tout l’Évangile… Non il ne causait pas, il écoutait, regardait, réfléchissait, évaluait, décidait en s’ajustant au bon vouloir de Dieu, aux personnes rencontrées, aux évènements, à leurs circonstances.

Joseph prit donc Marie dans sa maison à Nazareth, mais alors quel remue-ménage ! En premier lieu il fallait préparer une chambre pour Marie et l’enfant qui allait naître, refaire le dallage, rénover les boiseries, les meubles, les tapisseries : tout devait être propre, digne, accueillant dans la simplicité.

Et puis il y avait le berceau ! Joseph prit une journée pour y penser, car les meubles, les planches, les portes, c’était son travail habituel, mais un berceau… et pour qui… cela demande réflexion.

Peu à peu, un plan s’élabora dans sa tête : il choisit des bois différents les uns des autres par leur dureté, leur souplesse, leur résistance, leur odeur, et, dans ses mains habiles, les outils se mirent à danser, à sautiller, à aller et venir, courir, crier, chanter…Scies, râpes, rabots, gouges, ciseaux, tarières, chacun laissait sa trace dans le bois, et laissait des copeaux sur le vieil établi.

Tenons, mortaises et chevilles s’ingénièrent à rassembler le tout harmonieusement.

Poncé, verni, spacieux, équilibré, stable et léger, ce berceau était une oeuvre d’art.

Quand Joseph le présenta à Marie elle s’extasia : « Comme il est beau son berceau ! Je vais l’habiller à l’intérieur d’ouate, de coussins, de couvertures légères. Notre enfant y reposera en faisant des rêves merveilleux. Merci Joseph »

Ni l’un ni l’autre ne savait ce qui les attendait.

A midi, coup de trompette, galop de cheval dans la rue. Un officier romain

proclame : « Avis à la population… » Et une affiche fut placardée contre la porte du gouverneur : « Tous les habitants de l’empire doivent se faire inscrire sur un registre de la ville où sont nés ses ancêtres » !!

Et Joseph se prépara à prendre la route. Marie lui dit : « Je pars avec toi. » On prépara quelques affaires : linge, couvertures, ravitaillement, on équipa l’âne d’un double bât, et, dès l’aube, ce fut le début d’un long voyage : plus de 100 km à travers la Galilée, la

Samarie, la Judée. L’âne les aidait beaucoup et parfois portait Marie très fatiguée.

Arrivés à Bethléem, pas de place pour eux à l’auberge !... par bonheur ce sont les pauvres bergers qui les accueillent… Dans la nuit, Marie met au monde Jésus, l’enveloppe de couvertures et le couche sur la paille dans une mangeoire à bestiaux. Et

Joseph pensait :

« A Nazareth, nous avions un si beau berceau ! »

Puis ce fut le joyeux défilé des bergers qui dansaient et chantaient avec les anges…

Et puis la caravane des Mages…

Mais dans la nuit, Joseph sentit qu’on le secouait, c’était l’ange. « Debout Joseph !

Hérode veut faire assassiner l’enfant…alors prends Jésus et sa mère et fuyez en

Égypte…départ immédiat, direction plein ouest. L’âne vous guidera. »

On attache avec ses langes l’enfant Jésus sur le dos de l’âne, on réunit quelques provisions, et c’est une longue marche, sous le soleil, en direction de la mer, du Sinaï, du Nil, des pyramides… Pendant des années ils vécurent en exilés, dans des abris de fortune, Joseph faisant des petits boulots, avec Marie regardant Jésus et rêvant :

« Tout de même, nous avions un si beau berceau pour lui ! »

Enfin une nuit, une petite tape sur l’épaule réveilla Joseph… c’était l’ange. « Les tyrans qui voulaient tuer Jésus sont morts. Vous pouvez rentrer à Nazareth. » Ce fut le  troisième songe de Joseph, plein d’espérance.

Et la caravane reprit la piste du bord de mer, l’âne trottinant à côté de Jésus, Marie et

Joseph à quelques pas en arrière, surveillant leur trésor. C’est ainsi qu’au bout de huit jours, on arriva en Galilée, à Nazareth. Là, rien n’avait changé ; l’atelier de Joseph, les outils, les copeaux, tout était en place. La chambre de Marie était intacte avec le berceau dans un coin.

On renoue avec les voisins, les amis, Joseph trouva du travail, et Jésus grandissait au milieu de nombreux copains.

Quand il eut 12 ans, toute la famille ainsi que la moitié du village se mirent en route pour un grand pèlerinage à Jérusalem…et c’est dans le temple que Jésus dit à ses parents des mots qu’ils n’oublièrent pas : « Je dois m’occuper du royaume de mon 
Père. »

Ils rentrèrent à Nazareth et Joseph, chaque jour jetait un oeil au berceau qu’il avait construit avec amour et où Jésus n’avait jamais dormi…et Jésus avec application, apprit le métier d’artisan charpentier, et il se faisait beaucoup d’amis. Parmi eux il y avait un émigré, Louka, qui se confiait à lui ; et Jésus parla à Joseph : « Ses parents arrivés depuis peu habitent la petite maison près de la fontaine, ils sont très pauvres et attendent la naissance d’un bébé. » Joseph écouta sans dire un mot, mais dans ses yeux brillait une lumière. Le lendemain le berceau avait changé de domicile.

Et dans la nuit, Joseph eut un songe, le dernier…, une voix qui n’était pas celle d’un ange, murmura à son oreille : « Heureux sois-tu Joseph, de donner aux pauvres ce que tu as de meilleur, de plus précieux, de plus beau. »

 

Père Joseph COURRIER

Maison diocésaine

Place C Garrone

Chambéry