vendredi 16 avril 2021

Sainte Kateri Tekakwita, 1656 – 1680

 


Temps de lecture : 5 minutes

Parmi les missionnaires français qui se rendirent au Canada (Nouvelle France), se trouvent les Pères Jésuites Isaac Jogues (1607 – 1646), René Goupil (1608 – 1642) et Jean de la Lande (1620 – 1646), tous trois, prêtres, massacrés par les Iroquois pour avoir converti ces indiens sauvages à la foi catholique. Ils feront partie des huit prêtres canonisés en 1930 par Pie XI. On dit que le sang des martyrs devient une semence de chrétiens. On verra que cela fut vrai aussi en terre américaine.

Dix ans plus tard, un lys de pureté appartenant à la nation iroquoise, Kateri, devenue la « Protectrice du Canada », naissait à Ossernenon (aujourd’hui Auriesville) dans l’état de New York en 1656. Son père est un Mohawk (Iroquois païen), chef de son Clan. Sa mère (Kahenta, Fleur de la Prairie), est une Algonquine, baptisée et élevée par des Français à Trois-Rivières. Prise par une attaque d’Agniers, elle deviendra la femme du chef (Kenhonwonkha, du Clan des Tortues). Elle transmettra à ses deux enfants, Kateri et son petit frère, l’exemple d’une mère chrétienne. Kateri verra sa maman prier tous les jours, suivre les préceptes d’une vie chrétienne et certainement, ces premières années seront très importantes pour la vie future de Kateri.

À l’âge de quatre ans, Kateri perd sa famille (ses parents et son frère) à cause d’une épidémie de petite vérole. Elle échappe à la mort, mais gardera le visage avec des tâches de rougeur violette. C’est un oncle (Grand-Loup) et une tante qui la recueillent et vont habiter à Kahnawaké. Kateri fut bien soignée. À ce moment, on lui donna le nom de « Tekakwita » qui signifie en iroquois, celle qui avance en hésitant.

Elle restera 16 ans avec eux. De santé délicate, elle travaillait bien mieux que la plupart des jeunes filles de cette époque. Même sans être baptisée, elle continuait à vivre comme une vraie chrétienne. À ses heures libres, elle entrait dans la forêt et se mettait à genoux en prières au pied d’une croix qu’elle avait fabriquée.

Mais ses tantes décidèrent de la marier à un guerrier (le Renard). Un soir, le Renard s’assoie près d’elle et lui demande de lui apporter la sagamité, signe du mariage ! Tout à coup, comprenant la ruse, elle sortit et refusa net de se marier. C’était la première fois chez les Indiens qu’une jeune fille refusait de se marier !

Kateri fit alors vœu de virginité. Ce fut le début d’une persécution contre elle. On l’appelait « l’Algonquine et on la maltraitait. Kateri souffrait en silence de ses mauvais traitements et demandait dans son cœur le baptême.

Dieu l’exaucera mais plus tard. Après une attaque punitive des Français (par M. de Tracy) en 1667, les Iroquois acceptèrent de recevoir des « Robes-noires » (des prêtres !). Elle reçut le jour de Pâques (18 avril 1676) le saint baptême qu’elle désirait depuis si longtemps.

À ce moment, elle prit le nom de Kateri (Catherine). Elle avait 20 ans. Dans l’enquête préparatoire au baptême, Kateri avoua que par miséricorde de Seigneur, elle n’avait jamais terni la pureté de son corps, et qu’elle n’appréhendait point de recevoir aucun reproche sur cet article au jour du jugement.

Mais comme la persécution continua contre elle en l’appelant maintenant : « la chrétienne », le Père de Lamberville l’aida à s’échapper de son village pour se rendre à la Mission Saint-François-Xavier près de Montréal.

Portait par le père Claude Chauchetière, 1690

Arrivée à la Mission en 1677, Le Père Cholenec reçut la lettre que le Père de Lamberville faisait envoyer par Kateri : C’est un trésor que nous vous donnons, comme vous connaîtrez bientôt. Gardez-le bien, et faites profiter à la Gloire de Dieu et pour le salut d’une âme qui lui est assurément bien chère.

Kateri était heureuse de pratiquer sa foi librement. Bientôt, elle se prépara à la première communion qu’elle reçut à Noël 1677. Elle resta fidèle à ses communions régulières, ses confessions hebdomadaires et passait son temps libre à la chapelle. Jamais elle n’oubliait son chapelet et ses réunions de la confrérie de la Sainte-Famille qui rassemblaient l’élite du village. Ses pénitences redoublaient. La contemplation de la Croix de Jésus attirait en elle de nombreuses pratiques de pénitence. En voilà une parmi tant d’autres : dès quatre heure du matin, elle se rendait pieds nus à l’église pour y faire une oraison. Elle restait des heures entières à genoux, immobile. Elle visitait les malades à l’Hôtel-Dieu Ville-Marie et y rencontra les sœurs Augustiniennes, fondées par Mère Bourgeois. Ce don de soi à la vie religieuse donna des idées à Kateri qui assembla autour d’elle treize jeunes filles souhaitant participer à cette même vie. Mais le Père Cholenec ne permit pas une congrégation religieuse.

En mars 1680, une fièvre devint incessante et lui causait d’atroces souffrances. Mais elle était heureuse de se sentir avec Jésus sur la Croix. Le Mercredi saint 17 avril 1680, tout le village l’entourait pour qu’elle puisse rendre sa belle âme à Dieu. Quinze minutes après son décès, le Père Choienec, regardant le visage de Kateri, s’aperçut qu’il était lisse et nulle trace de petite vérole !

Kateri apparut par la suite au Père Cholenec lui faisant voir l’église de la Mission en feu, ainsi que la mort en 1690 d’Étienne Tegananokoa, premier martyr iroquois, comme le seront Françoise Gonnanhatenha et Marguerite Garongoüas. Devant ces miracles, l’Église a canonisé Kateri le 21 octobre 2012. Elle est vraiment la Protectrice du Canada.

Extrait du Carnet du Croisé

 

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