lundi 2 mars 2020

Le chemin de Dieu passe par l’homme


On dit que tu nous parles
mais je n’ai jamais entendu ta voix de mes
propres oreilles.

Les seules voix que j’entende
ce sont des voix fraternelles
qui me disent des paroles essentielles.

On dit que tu te manifestes
mais je n’ai jamais vu ton visage de mes
propres yeux.

Les seuls visages que je vois
ce sont les visages fraternels
qui rient, qui pleurent et qui chantent.

On dit que tu t’assoies à notre table
mais je n’ai jamais rompu avec toi le pain de
mes propres mains.

Les seules tables que je fréquente
ce sont des tables fraternelles
où il fait bon se restaurer de joie et d’amitié.

On dit que tu fais route avec nous
mais je ne t’ai jamais surpris à mêler tes pas à
ma propre marche.

Les seuls compagnons que je connaisse
ce sont des êtres fraternels
qui partagent le vent, la pluie et le soleil.

On dit que tu nous aimes
mais je n’ai jamais senti ta main sur mes
propres épaules.

Les seules mains que j’éprouve
ce sont des mains fraternelles
qui étreignent, consolent et accompagnent.

On dit que tu nous sauves
mais je ne t’ai jamais vu intervenir dans mes
propres malheurs.

Les seuls sauveurs que je rencontre
ce sont des cœurs fraternels
qui écoutent, encouragent et stimulent.

Mais si c’est toi, ô mon Dieu,
qui m’offre ces voix, ces visages,
ces tables, ces compagnons,
ces mains et ces cœurs fraternels,
alors, au cœur du silence et de l’absence,
tu deviens, par tous ces frères, parole et
présence.
Jacques Musset


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